“Our intention is to restore Superman to his pre-eminent place as the greatest super-hero of all and to topple Spawn and every Marvel comic that’s currently in his way.” – Superman 2000
Mais inventé avant. Et les généalogies du super heros d’ eco comme celle de Fournier, qui sont tres proches, ne passent pas du tout par la guerre.
Ca je retiens. Je n avais jamais pensé à cette opération qu il a fallu faire
Ca s inscrit tout à fait dans cette vision.
Le zeitgeist des années 70, caractérisé par le nouvel hollywood et son absence de heros, que superman n a pas su ou pu intégrer contrairement à spider man et le monde marvel qui y sont parvenus en en donnant une version toute gentillette.
J ai en effet cette impression avec superman, le yoyo ne peut pas dépasser les années 60.
Cette répétition signerait précisément l integration ratée des années 70 pour le perso
C est ça.
Et ce n est pas une critique de ces dessinateurs. Cela aurait même plutôt tendance à pointer la sûreté de leur goût esthétique : ils sauraient que ce superman ne peut plus fonctionner sans cette dose de pastiche.
Oui.
Marvel a bêtement copié mais aussi parce que marvel etait dans une forme d impasse. Comment intégrer les 90 au monde marvel, la solution n a été trouvé que tres tardivement via l epoque jemas de créativité : on est allé chercher vertigo plutôt que image, puis après par la stabilisation quesada via l omniprésence du shield qui avait été élaboré dans l univers ultimate.
Et là, le superman mcguiness, la metropolis sf, on ne cherche même plus à s articuler à l epoque. C est la version pastiche ultime. Aujourd’hui, avec waid on revient à un pastiche plus doux via la nostalgie mais on reste toujours dans le pastiche, je trouve.
La période qu il s agirait de déterré serait peut-être celle des 70 précisément, il doit bien y avoir quelque chose à en tirer tout de même.
Ce qui me frappe et toi aussi pour l avoir déjà dit, c est l opération qui a fait passer Bruce, comme osborn chez spider man d ailleurs, du statut de notable fortuné à celui de milliardaire.
Il me semble que ce fut une opération d adaptation reussie pour le perso de batman, permettant ensuite de décliner le batman James bond, le batman one man army/crs.
Concernant le super heros, je n en suis vraiment pas sur.
Oui. Et il y aurait tant à dire sur toutes les tentatives pour repenser superman sans vraiment y arriver.
Le superman 2000, comme le superman all star, comme celui de dk2 et ses suites de Miller, tentent de pousser à fond le superman comme non humain, comme pensant et ressentant differement des humains, comme se pensant et se ressentant différent des humains.
Ce n est pas le cas du superman new 52 de momo qui est tres humain et d ailleurs va chercher quelque chose dans les années 70, ce look jeans. Par contre superman est rajeuni.
Aaron rajeunit aussi son absolute superman comme le new 52 et il renforce le côté alien comme le superman 2000.
Une version que j aime beaucoup est le superman pulp de momo dans superman et authority. Je trouve qu il fonctionne tres bien, comme s il avait fallu remonté avant le super heros pour créer un superman qui puisse intégrer les années 70 et de la redevenir pertinent à notre époque.
Mais c est un superman plus âgée.
Donc, on a Superman alien, superman plus jeune, superman plus vieux, et tous les combos possibles entre mais on n a pas un superman d aujourd’hui et de son âge sauf à le pasticher. Je propose une explication : parce qu on a toujours pas reussi à lui faire intégrer les 70 et peut-être est ce impossible. Peut-être, pourrions nous conclure, que superman doit avoir son chapeau pour une raison ou une autre.
Je pensais surtout à la lame de fond qui arrivait depuis le StormWatch d’Ellis, mais j’ai écrit ça sans regarder les dates.
En pleine période de crise économique et de menace de guerre.
Sans exagérer son importance, ça me semble un angle mort à considérer.
Le genre tel qu’on le connaît est né en 1938 mais il s’est formalisé en 1940 (arrivée de Robin, du premier Captain Marvel) et 1941 (l’engagement dans la guerre, même si à venir, était dans l’esprit de tous…). Donc d’un côté un genre adressé aux enfants (ce qui contredit, ou complète, les deux premières années) et placé dans un contexte belliqueux.
Je suis d’accord, pour moi, le genre est avant tout adulte et déconnecté de la guerre, mais ces deux ajouts à la sauce arrivent tellement tôt qu’il me semble important d’en tenir compte, notamment dans la perspective de son évolution.
Chez Marvel, il me semble que les séries retombent dans la pensée géopolitique (« on va mettre des méchants communistes, ça marchait quand on mettait des méchants nazis ») quand Lee délègue le scénario (à son frère ou à d’autres). Et on sent la tension, l’espèce de va-et-vient, au sein des séries (une tension qui nous a valu Black Widow : rien que ça…).
Je pense que Lee et Schwartz se sont réellement posé plein de question sur la manière de faire revenir les super-héros sans que ce soit pareil qu’avant. Martian Manhunter a précédé le premier Flash, et il s’est greffé sur le polar classique. L’hybridité entre genres a été une des clés d’entrée (voir le travail sur Rawhide Kid ou Doctor Droom/Druid chez Marvel).
Faut-il voir aussi des affaires de générations ?
Schwartz était plus vieux que Lee, et Lee a reniflé un truc que Schwartz ne sentait pas.
Les Image Boys, ce sont des gamins, ils flairent un truc qui échappe à la rédaction Marvel.
Là, tu parles surtout de l’esthétique ? De la matérialisation du zeitgeist dans l’esthétique ?
La difficulté d’imposer une Metropolis moderne (la version Y2K a duré un peu, mais pas si longtemps), comme pour Gotham (qui est peut-être trop polymorphe pour tenir…) te donnerait raison.
Et sa conservation sous forme d’une voie stérile à ne pas suivre : dès que Clark quitte le Planet, il y a un souci, ça ne marche plus, ça s’éloigne du schéma. On conserve l’idée, on l’exploite, mais comme repoussoir.
Le « back to basis » de DeFalco, donc.
Là où Shooter, en encourageant ses scénaristes à aller au bout de leurs idées, maintenait un contact avec une représentation moderne. Les variations de costume (USAgent, le costume noir, Iron Monger, War Machine…) en seraient une expression.
Si l’on s’arrête au succès populaire, ça fausse le regard, je crois.
En tout cas, ça rend le personnage de Superman complexe à considérer : Superman serait mal perçu, car trop boy-scout, trop à l’ancienne, mais il fonctionnerait mieux commercialement s’il s’inscrit dans un pastiche (donc, d’une certaine manière, dans les clous « à l’ancienne »). Ce qui constitue un paradoxe qu’on est obligés de considérer si on ne découple pas le succès public et l’air du temps. Si on découple, c’est plus simple.
On n a pas eu dans les années 70 l invention d une esthétique opérationnelle pour superman et metropolis qui aurait intégré le zeitgeist des 70. On n a pas su à l époque trouver son équivalent d un batman devenant milliardaire.
Du coup le superman post 70 a besoin d une dose de pastiche pour rester opérationnel.
Et personne ne sait actuellement comment donner forme à un superman d aujourd’hui qui n aurait pas recourt au pastiche.
D où toutes les tentatives mentionnées au dessus mais qui échouent toutes à un niveau ou un autre. Plus jeune, plus vieux, plus alien, bref pas superman.
On peut aimer le pastiche mais l idée serait que ça nuirait tout de même à la pertinence du perso tout en le maintenant malgré tout opérationnel certes mais incapable de briller comme il a pu briller.
Dans la perspective de sa création elle-même si on considère que ces différents moments : adulte, enfant, guerre, coupure du géopolitique font partie de la création elle-même.
C est sur.
Ou l on voit le rôle bénéfique ou non d un éditoriale qui sent ou non.
La place du journalisme dans sup est pour l instant anachronique. On est dans le journalisme du watergate, celui d une époque qui croit que la vérité peut changer les choses alors que l époque 2000/2020 est plutôt celle de la crise de la vérité, celle où la révélation de la vérité n est qu un moment comme un autre du faux.
Comme une délégation à ces versions secondaires de s articuler au zeitgeist de l époque.
« You’ll believe a super-hero can leave in the 70’s »
Metropolis n’existe pas. Elle est remplacé par le New-York de l’époque et un Superman des années 50 cryogénisé durant les années 60/70 pour ressortir frais comme un gardon capable d’affronter la big apple.
Il y a ici une invention basée sur la réflexion primordiale ayant été une des clé de la réussite artistique du film. Clark est un anachronisme dans une époque clairement moderne et actuelle (Luthor aussi au passage). Brillant mais n’engendrant jamais une refonte et une influence sur le reste de la production à la fois au cinéma et en BD contrairement au Batman de Burton dont la déflagration courre jusqu’au début des années 2000
Imposer Clark (et Lex, pourquoi pas…) en anachronisme, afin de mettre en valeur, par contraste, un monde modernisé qui continue d’avancer, ça pourrait peut-être fonctionner.
Auquel cas les autres personnages seraient l’occasion d’évoluer avec le monde, là où Clark représente un socle immuable, mais vieillissant. Potentiellement, une double accroche pour le lecteur : le vieux lecteur se reconnaît en Clark, le jeune lecteur retrouve son monde.
On a un peu ça dans la version post-Crisis de Carlin. Cat Grant et sa rubrique mondaine remplacent Steve Lombard et sa rubrique sportive, ça sert de moteur à certaines intrigues et permet aussi de saisir l’une des facettes de l’air du temps. Jimmy tente d’écrire, d’aller sur le terrain, de ne pas être qu’un simple photographe, et il occupe une fonction parallèle. Dans les deux cas, Clark (et Lois d’une certaine manière) officie en mentor. C’est donc la rédaction qui sert de courroie de transmission entre la réalité et la fiction.
Je crois que l’occasion manquée dans la version nioufiftitou, c’est justement de n’avoir pas cette fonction de mentor. Clark est rajeuni, il devient le pote de Jimmy au sens propre. Comme il est web-reporter, il n’a plus Perry comme mentor, et comme Jimmy a fait un bel héritage, il ne lui sert plus de mentor. Donc l’évolution que constitue le passage du journalisme papier au journalisme en ligne n’est plus marquée comme une avancée à laquelle le héros doit s’adapter, qu’il doit même parfois rattraper. Et ça semble confirmer l’idée qu’il faille un Clark légèrement anachronique pour montrer l’évolution du monde.
(Après, ça donne de l’eau à mon moulin quand je dis que c’est l’identité secrète qu’il faut qu’on revoie souvent dans les comics, pas le costume coloré…)
Je trouve que c est ambivalent. C est finalement l explication intradiegetique du pastiche, en fait.
Ca témoigne de l obstacle que representent les années 70 pour le perso ou, autre explication pour tenir compte de lz remarque de marko, cela témoigne que le relance post crisis a éliminé les 70 du perso.
Aujourd’hui, smallville vote trump, le monde de smallville est aujourd’hui un monde plus dure que le monde de la grande ville. C est la grande ville qui est désormais cocon protecteur comparé à une Amérique rurale souvent restée plus âpre.
C est peut-être de ce changement là dont il faudrait tenir compte pour adapter Clark sans pastiche à notre époque
Si tu te mets dans la perspective du lecteur d’aujourd’hui : une vision rétrospective.
Mais le succès du film de Donner ne s’explique pas seulement par la qualité des effets spéciaux (réponse à l’accroche promo). Il s’explique aussi par la qualité de la mise en scène (assez johnfordienne), par le portrait de l’Amérique en tension entre sa tradition et sa modernité (en gros : entre la ferme et la ville), et par le portrait d’un homme qui est toujours écartelé par deux aspects (l’extraterrestre / l’homme, le fermier / l’urbain, le journaliste / le héros…).
Cette tension, il faut la rétablir (et là, tu te doutes bien que je ne parle pas seulement de Superman, même si je parle d’abord de Superman). Le Superman pré-Crisis (ou plus précisément le Superboy pré-Crisis) a commencé à tourner à vide quand les parents ont abandonné la ferme pour la petite droguerie au centre de Smallville. C’est logique : si l’on veut que Superboy interagisse avec la société avant d’arriver à Metropolis, il faut créer les conditions vaudevillesques à l’intérieur de Smallville. Mais du coup, on passe du fermier au commerçant, du paysan au péri-rural, et on perd le contact avec la terre donc avec la figure du pionnier.
L’un des coups de génie de la version post-Crisis de Byrne et Wolfman (qui a des défauts aussi…), c’est de laisser vivre les parents. Ils sont toujours là quand Clark est adulte, journaliste et habitant de Metropolis. C’est son jardin secret, sa vraie forteresse de solitude, son havre de paix. Et du coup, ça recrée une tension typiquement américaine (la ferme et l’horizontalité des grandes plaines contre la ville et la verticalité des gratte-ciel), et ça lui permet de poser chaque pied sur un des aspects identitaires de son pays : la ruralité comme traditionnelle, l’urbanité comme moderne (rappelons-nous le générique de Dallas, qui mixe les deux).
Chez Donner, la ferme est vieillissante, c’est la retraite de la « Génération Grandiose », le musée, la mémoire. Version conservée plus ou moins par Carlin, et assez longtemps (jusqu’à Johns, en fait, et la mort de Pa Kent sur papier).
Récemment, en survolant, je découvre que Waid revient sur l’idée de la ferme et des difficultés de ses exploitants : les emprunts, les remboursements difficiles… Ce qui change un peu du perpétuel ouragan ravageur propre à la « hurricane belt », faut avouer.
Conserver d’un côté la ferme et de l’autre côté la ville, ça permet de jouer sur les anachronismes d’une société en mutation, d’interroger la place de Clark, et de faire le portrait de l’Amérique.
Elle a intégré les années 1980, années du pognon, de la bourse, de la gagne reaganienne, via la réfection de Lex Luthor.
Intéressant.
Comme j’ai dit, je n’ai fait que survoler des pages de la version Waid récente. C’est comme tu le décris, dans les comics actuels ?
Une bonne piste, oui : la même tension campagne / ville, mais inversée.
Oui, et les années 80 sont aussi un retour au cinéma fordien apres le nouvelle hollywood, avec Spielberg et Lucas si j en crois les analyses de Thoret.
Oui, c est cette tension qui n existerait plus que comme pastiche avec des versions et de la ville et du rural qui n existe plus.
En inversant, ca ne donne plus un clark qui sait voir le bon en chacun même ceux “corrompu” par la ville, mais un clark qui saurait voir la dureté de la vie même sous les apparences feutrées de la ville safe space de metropolis. Un clark qui saurait de son enfance que la vie est toujours dure et qu on ne peut affronter cette dureté ineliminable de la vie qu en étant solidaire.
Ce clark affranchi des illusions de la ville heureuse pourrait tout à fait intégrer thématiquement easy rider comme taxi driver qui sont du côté de la dureté de la vie.
Je pense que oui, le côté smallville havre de PAIX pour superman doit sans doute etre conservé vu la fascination de waid pour le superman de donner
Précisons que dans ce cas là, la décennie est très fluctuante. Si on peut en voir la clôture du nouvel Hollywood symboliquement avec l’échec de La porte du paradis en 1980, il est assez évident que le retour de « l’ancien » s’effectue dès 1977 (voire 1975). Le film de Donner étant d’ailleurs avec Star Wars les deux piliers du retour de l’héroïsme.
Je découvre avec un brin d’effarement la page wikipédia française consacré au Nouvel Hollywood. Je dis effarement car par une sorte d’étirement que même M Fantastic n’oserait pas, certains voit une continuation du Nouvel Hollywood dans les séries télé des années 2000.
(comme quoi faut faire gaffe avec les analyses et concepts)
Les films Rambo montrent assez bien cette bascule, là où le 1er conserve des aspects des 70’s (l’âpreté du new Hollywood), les suites sont à fond dans le zeitgiest des années Reagan.