1941-2021 : BON ANNIVERSAIRE WONDER WOMAN !

Steve Trevor dans le cartoon The Brave and the Bold / L’Alliance des héros :

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Très beau

On a déjà évoqué, ici, Femzine, un fanzine édité par Bill Black sur la quatrième de couverture duquel Wonder Woman apparaît, avec Black Canary et Supergirl, dessinées par Terry Austin.

Bill Black n’en était pas à son galop d’essai puisqu’il a édité, en 1971, 1975 et 1978, trois numéros de Fem Fantastique. Wonder Woman apparaît en couverture de la troisième livraison, au milieu d’autres héroïnes, dessinée par Dick Giordano.

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Cover by Dick Giordano. Edited by Bill Black. One of the first publications by AC Comics, showcasing the lines early emphasis on Good Girl art. This issue focues on the female superheroes of past eras, including Wonder Woman, Phantom Lady, and Sheena, Queen of the Jungle. 8.5-in. x 11-in. 48 pages, B&W.

Un aperçu du mag :

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Wonder Woman par Dick Giordano :

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Et Wonder Woman et Black Canary contre Red Sonja :

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En Australie, à partir de 1965 le label Colour Comics publie Superman Presents Wonder Comic Monthly, où évoluent différents personnages DC, dont Tomahawk (qui fait la une de certains des premiers numéros), Elongated Man, Aquaman, Jimmy Olsen, Superboy, Lois Lane, Congorilla…

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Wonder Woman apparaît dans le sommaire au numéro 25 de mai 1967, et a droit à sa première couverture au numéro suivant.

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Le titre changera d’éditeur au numéro 104 en 1973, passant aux mains de la K. G. Murray Publishing Company (collection « Planet Comics »).

Puis il changera de titre au 128 de novembre 1975, devenant simplement Wonder Woman, avant de s’arrêter au #132, de juillet 1976.

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Illustration de Mike Wieringo pour Wonder Woman Gallery #1, de 1996 :

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Wonder Woman par Arvell Jones :

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Donc, au milieu des années 1980, Pérez découvre que DC a es plans pour Wonder Woman… des plans pas bien clairs, ils ne savent pas où ils vont, ils cherchent, et notamment ils envisagent de confier le destin graphique du personnage à un dessinateur qui, selon lui, est « davantage habitué à dessiner comme dans Penthouse » (“The man is more used to drawing stuff like a Penthouse magazine”).
Je me suis demandé de qui il pouvait s’agir, et j’avais deux noms en tête : d’une part Mark Texeira, qui à l’époque avait fait des adaptations des Maîtres de l’Univers dans les mini-comics accompagnant les jouets (avec Gary Cohn, collaborateur régulier de Dan Mishkin, lui-même scénariste de Wonder Woman peu de temps avant Crisis), ainsi que la version futuriste de Jonah Hex. Il était donc connu des services, chez DC.
L’autre nom auquel je pensais, c’était Mark Beachum, qui a fait des Web of Spider-Man avec Peter David, par exemple, et qui, comme Texeira, a un style assez reconnaissable (il y a des similitudes entre les deux, d’ailleurs), avec des cases éclatées et de jolies nanas sexys, cambrées et sur hauts talons).
Je n’avais pas bien regardé les dates, afin de vérifier si cela pouvait coller… et j’avais un peu oublié tout ça. Et puis là, en cherchant autre chose (comme toujours), je découvre que Mark Beachum a dessiné des épisodes de la back-up consacrée à Huntress, dans Wonder Woman #314 à 318, sous la direction éditoriale d’Alan Gold.

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Au début, avec l’encrage limpide de Gary Martin, le trait de Beachum est encore timide. Les positions sont lascives, on sent bien qu’il aime cadrer ses personnages féminins de dos, mais au final, ça ne dépasse pas tellement le stade du fameux « good girl art » qui, dans l’esprit des lecteurs Américains, est presque un genre en soi.

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Mais bien vite, l’illustrateur gagne en hardiesse et s’ingénie à multiplier les cases afin de représenter son héroïne sous tous les angles (et quand le script de Joey Cavalieri implique qu’elle doive être ligotée, c’est la fête).

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Dans le cinquième épisode qu’il livre pour la série, Beachum s’en donne à cœur joie en représentant des jolies femmes sculpturales dans des tenues à la mode (pas obligatoirement dénudées, d’ailleurs, ce qui témoigne d’un talent évident dans le suggestif…).

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Et Helena Wayne continue à prendre la pose, dans des attitudes qui ne sont pas particulièrement narratives, c’est certain.

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Le dernier chapitre livré par Mark Beachum est encré par Stan Woch. Le résultat est très beau, alliant des ombres travaillées, des trames qui donnent du cachet, des cernés qui délimitent bien les plans, des drapés qui donnent de la vie à l’ensemble, plein d’effets de matière du meilleur goût. D’ailleurs, Woch réalisera quelques chapitres tout seul après le départ de Beachum, et ce sera également très beau.

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Bref, si les épisodes que Mark Beachum consacre à Huntress sont plutôt sympathiques, l’illustrateur cède bien souvent à la tentation de réaliser une case où l’héroïne prend la pose, dans une logique illustrative qui met en valeur la séduction du personnage et ses atouts physiques, mais pas tellement l’histoire.
Sa présence au générique de Wonder Woman #314 à 318, en 1984, démontre que Beachum était en relation avec la rédaction. Son style, dont les traits racoleurs vont s’amplifier avec le temps (on peut le voir ici), est déjà présent, et comme il dessine très bien les jolies femmes, il n’est pas saugrenu de penser que l’équipe éditoriale songe à lui… et que ce soit à lui que pense Pérez quand il parle d’un illustrateur « davantage habitué à dessiner comme dans Penthouse ».

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Ian Churchill :

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Hommage à la couverture de Fantastic Four #249 par Ian Churchill, pour la couverture de Teen Titans #18, en 2015 :

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La période succédant au Wonder Woman #300 est marquée par le tandem que forment le scénariste Dan Mishkin et le dessinateur Don Heck (qu’il va falloir que je creuse plus avant, çaa fait partie de la vaste période inédite en France). Mais j’ai récemment découvert l’existence d’un épisode fill-in écrit par Kurt Busiek et publié dans Wonder Woman #318, sous une couverture très chouette d’Eduardo Barreto.

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L’épisode est illustré par Irv Novick, vétéran de la rédaction de DC, connu pour des récits de guerre mais aussi pour de nombreux épisodes de Flash. Son style est réaliste, classique, académique comme on disait récemment, mais un petit peu plat. Ici, il est associé à l’encreur Rick Magyar, qui donne de jolis volumes à son trait, un côté lumineux, le tout pour un résultat très agréable.

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Tout commence alors que Diana rêve, par une nuit d’orage qui secoue son appartement à Georgetown, banlieue de Washington (dont j’ai appris l’existence en voyant L’Exorciste pour la première fois, mais ceci est une autre histoire). Hantée par des visions de l’Île du Paradis ravagée (et des Amazones enchaînées), notre héroïne revêt ses couleurs à l’aide de son lasso et projette de partir là-bas voir si tout va bien.

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Ici intervient une courte séquence que je ne m’explique pas trop, à savoir que le tourbillon du lasso ne provoque pas seulement la métamorphose, mais aussi que la vision de l’île ravagée apparaît dans la boucle du lasso, et que celui-ci permet à Wonder Woman de se téléporter là-bas. Diana elle-même a l’air surpris, mais je ne sais pas trop ce qui l’étonne : est-ce l’image qui apparaît, est-ce aussi la capacité de transport du lasso ?

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Je n’ai pas lu grand-chose de cette période, mais je restais persuadé qu’il lui fallait soit voler soit prendre son avion invisible pour aller rendre visite à la Reine Hippolyte. Dans cette page, sont-ce deux capacités hors-normes du lasso, comme la fin de l’histoire pourrait le suggérer ? Il va falloir que je lise cette période pour savoir. Et gageons qu’Alexa saura nous éclairer.

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Donc, Wonder Woman arrive sur l’île et découvre que celle-ci a été envahie par des extraterrestres. On en conclut qu’ils s’agit de mâles, puisque l’invasion a déclenché les événements catastrophiques annoncés par la prophétie, à savoir la disparition de la magie et l’emprisonnement des Amazones. Des indices signalent qu’en fait, Wonder Woman s’est non seulement déplacée dans l’espace, mais aussi dans le temps.

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Après une rapide altercation avec un groupe d’envahisseurs, Wonder Woman obtient des informations et peut retrouver sa mère, qui, toute étonnée de retrouver une fille qu’elle pensait à jamais disparue, lui apprend qu’elle est désormais au 64e siècle. Ragaillardie par la présence de Diana, Hippolyte mène les dernières Amazones au combat et repousse les envahisseurs.

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Cependant, après cette victoire, les Amazones, subissant une sorte de dépression post-traumatique, s’estiment indignes de la protection d’Aphrodite et se dévaluent. Ce qui nous vaut alors le meilleur moment de ce court épisode (quinze pages), quand Wonder Woman engueule proprement ses sœurs Amazones.

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Et quand celles-ci retrouvent enfin leur confiance et leur sens du devoir, c’est alors que la déesse apparaît, redonnant à ces guerrières du futur tous leurs attributs.

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Le récit se conclut sur une petite morale un brin simpliste mais sympathique, à savoir que l’amour n’est efficace que tant qu’il est accepté. Petite manière rapide, pour la déesse, de faire la leçon à une Hippolyte dont la foi a vacillé.

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Kurt Busiek signe là un récit rapide, dense, sympathique, qui convoque une réalisation contemporaine (on est à l’été 1984) et une intrigue assez classique, que n’aurait peut-être pas reniée William Moulton Marston. Un brin old school, son épisode est une sorte de déclaration d’amour à une héroïne et à son histoire éditoriale.

Rappelons pour les plus curieux que Busiek signera également un autre fill-in, commandé aussi par Alan Gold, et intitulé « Dangerous Lady ». Dessiné par Richard Howell, ce récit ne verra le jour que des décennies plus tard, à l’occasion d’un épisode d’Action Comics. On en parle ici et .

Jim

Comment a t on pu passer de cette qualité de dessin dans la production aux horreurs qu on.a pu rencontrer dans les 90 ?

Il y a une réflexion qui revient souvent (des deux côtés de l’Atlantique, au demeurant) et qui fournit un début d’explication.
Grosso modo, il y aurait des générations de lecteurs qui auraient découvert (ou redécouvert) la bande dessinée par l’entremise de certains succès colossaux et la médiatisation qu’ils ont générée. Une partie du lectorat qui, par exemple, serait tombée dans la marmite avec McFarlane, avec Liefeld, dont le succès a rendu les œuvres plus visibles, et attiré des lecteurs qui n’avaient pas la culture, l’historique, le bagage… et donc pas la possibilité de comparer…
Ça a donc amplifié les succès. Et l’industrie du comic book étant un métier de copieurs, les gens se sont mis à dessiner comme Jim Lee ou comme Rob Liefeld (en d’autres époques, on dessinait comme Jack Kirby, comme Neal Adams ou comme Frank Miller, ça n’a rien de nouveau).

Jim

Il a pas fait des titres d’horreur dans sa jeunesse ?

tiens, je pensais avoir évoqué le contenu de Superman #661… et pourtant, j’ai oublié.
Réparons cet oubli.

Rappel des faits :

Donc, le récit prend place à une période un peu troublée éditorialement parlant, pour le titre mais aussi pour DC en général. Superman #661 est daté d’avril 2007, Paul Levitz est encore crédité en tant que « President & Publisher », tandis que Dan DiDio est déjà « Senior VP - Executive Editor ». De gros noms sont arrivés sur les personnages (on citera Grant Morrison sur Batman…), et Superman bénéficie des efforts de Geoff Johns (avec Richard Donner) et Adam Kubert sur Action Comics, tandis que Kurt Busiek s’est associé à Carlos Pacheco pour Superman. C’est super joli, mais dans les deux cas (et on peut élargir ça au Batman de Morrison), l’ambition artistique se heurte à des retards conséquents. La grande saga que Busiek veut raconter avec Pacheco connaît des retards, si bien que l’éditorial doit recourir à l’astuce du fill-in (au demeurant, pas mal de ces épisodes bouche-trou seront de bonne qualité, hein, là n’est pas le problème).

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C’est ainsi que, parmi les histoires de complément qui sont commandées afin de tenir le rythme et de permettre à Pacheco de boucler son intrigue (et à Busiek de conserver peu ou prou la barre du titre), Matt Idleson, le responsable éditorial, se tourne vers une vieille histoire que Busiek avait écrite plus de vingt ans avant pour Alan Gold. L’histoire était dessinée, mais des tas de détails, parmi lesquels les évolutions technologiques, nécessitaient de mettre tout cela à jour. Eduardo Barreto est donc engagé afin d’encrer et de redessiner quelques éléments (en l’absence d’images des pages d’époque, pas facile de savoir, comme on le dit dans le post précédent consacré au sujet).

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L’action commence alors que Wonder Woman se produit sur une scène, cassant des voitures pour une œuvre de charité organisée par la Jadis Foundation. Clark Kent et Lois Lane sont dans l’assistance et prennent des notes pour un article. Le couple de journalistes se retrouvent ensuite au musée afin de couvrir un autre événement de la vie culturelle locale. Ils y retrouvent Diana, en civil, et discutent de mythologie (ce qui permet à Busiek de jouer sur les classiques de Superman, les voyages dans le temps, les rencontres avec les surhommes des anciens mythes : le scénariste s’amuse à replacer une ambiance Silver Age dans ce récit, cette petite touche old school que nous avons évoquée pour un autre de ses récits).

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C’est là que les personnages rencontrent une femme visiblement énervée qui cherche à récupérer quelques éléments de l’exposition. Quand Clark s’interpose, il est confronté à un pouvoir magique qui le dépasse. Et même l’intervention de Diana n’y change rien.

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Après la disparition de la mystérieuse femme et de Superman, Diana et Lois décident d’enquêter. Elles identifient l’énigmatique personnage comme étant Hermia Jadis, directrice de la fondation. De fil en aiguille, Diana en conclut qu’il s’agit de Khyrana la Maudite ! Il s’agit d’une femme qui, aux temps anciens, aurait repoussé les avances de Zeus.

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Maudite par le dieu, elle s’est depuis lors nourrie des énergies des hommes qui la convoitent. Continuant leur enquête, les deux femmes ont la confirmation que Hermia Jadis a parcouru les siècles en se servant de son pouvoir.

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Convaincue que Superman risque sa vie, Wonder Woman se précipite à son secours. Elle le trouve dans un état d’épuisement total.

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L’épisode se conclut par le proverbial affrontement entre surhommes (car, alimentée par l’énergie de Superman, Khyrana casse littéralement la baraque), mais Busiek trouve le temps de glisser des considérations que l’on peut estimer féministes, en tout cas qui amènent une réflexion sur le regard porté aux femmes.

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Les dialogues sont plutôt habiles, un brin envahissants mais très riches. Busiek joue sur les divers décalages (Wonder Woman, occupée par sa carrière d’héroïne, n’a pas pris conscience des avancées technologiques, Khyrana quant à elle, vivant depuis des millénaires, ne fait plus attention à ce qu’elle voit comme des modes ou des passades…), et s’amuse avec des répliques de Lois, qui joue une jalousie factice.

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Le dessin, qui allie donc le trait d’un Richard Howell des années 1980 à l’encre d’un Eduardo Barreto des années 2000, reste très agréable à l’œil, même s’il perd en dynamisme et en énergie, surtout en comparaison d’un Pacheco.

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Un petit épisode bien troussé, fait avec affection et talent, qui ne dépasse pas réellement son statut de fill-in, mais qui demeure une curiosité sympathique.

Jim

Carrément. Décevant.

Moi, j’aime bien, mais c’est aussi parce que j’aime l’académisme d’un Win Mortimer, d’un Dan Spiegle, ce genre de choses. Et Richard Howell est clairement dans cette lignée. Même encré par Barreto.

Jim

Pauvre herb trimpe

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Doc Ock … terrible !