Le tome 1 a tellement donné d’infos et était tellement dense, que ce tome 2, qui est presque linéaire en terme de temporalité (quasiment tout se passe en 2 jours), fait très calme. Surtout au début, avec une telle mission (récupérer l’appareil photo d’un avion tombé en CMarne). Ouais, je pense que je suis autant resté sur ma faim que le colonel Mirreau à cette évocation)
Et pourtant… Xavier Dorison s’appuie sur l’histoire du Château de Mondement pour développer son récit (ah, et les fameux taxis), tout aussi violent et sanglant (dans le sens qu’il y a du mort), mais en faux rythme, jusqu’à l’assaut final.
L’auteur met un peu de côté l’aspect « super-héros » de la série (même s’il y a les deux bastonnades), pour y mettre un peu plus d’humain. Ses persos, même les plus bravaches, doutent, et ils souffrent, s’unissent, se battent pour la liberté. L’autre point également que j’avais oublié de préciser, c’est qu’il y a une sorte d’humanité derrière cela. les mecs se font la guerre, mais en interne, des soldats ne comprennent pas la violence de leurs compatriotes face à un ennemi qui se rend. Les protagonistes ne sont également pas fous, ils savent que les Allemands en face sont tout comme eux, à préférer rentrer chez eux plutôt que d’obéir pour une guerre qu’ils ne comprennent pas.
Certains soldats, dans des moments de faiblesses, évoquent même que la capitulation pourrait sauver leurs copains blessés.
Alors ouais, le côté super-héros est un peu éclipsé. Mais Dorison livre un récit assez fin, derrière cette violence.
En effet, Breccia est plus sage au niveau de sa mise en page. Mais c’est aussi parce qu’il y a moins de bulles, moins de récitatifs. Et à l’image du récit, je le trouvais également plus sage. Mais c’est aussi lié aux lieux. Sans prétention, je connais un peu cette campagne de la Marne pour y avoir très souvent circulé, et je m’y suis retrouvé, notamment avec ses fermes et ses champs. Je ne sais pas si Breccia s’est appuyé sur de la documentation, mais le rendu est réaliste.
Et puis il y a des images très fortes, notamment celle de la couverture du tome 1.
J’ai démarré par une petite frustration parce que j’étais surpris de l’idée. Mais au final, un tome qui se lit très bien, et qui a une logique : Tailefer est devenu une icône et a relancé le moral des Français.
(à noter que la première édition était vendu avec un faux journal de 4 pages - qui manquait de relecture)