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DAREDEVIL & CAPTAIN AMERICA : DEUXIÈME MORT

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Marvel Transatlantique, ça vous parle ? Non ?
Allez, petit rappel pour ceux du fond ou les « j’tépanés ». Panini se lance dans la création d’album d’histoires marvelliennes, sans aucun lien avec la continuité. En ressort Spider-Man : le secret du verre, Wolverine Saudade, X-Campus et donc cet album qui réunit Daredevil et Captain America.

Tito Faraci nous conte l’histoire d’un retour d’entre les morts, celui du Semeur de Mort, vieil ennemi de Daredevil (Death-Stalker en VO, merci Marko) qui enlève et tue à tour de bras, à l’aide de ses gants cybernétiques, aléatoirement des habitants de New-York. Il finit par réclamer la présence de Daredevil, dans le cimetière où il est mort la première fois.
Parallèlement, Fury enquête sur le fonctionnement de la première paire de gants du vilain, qui présentent étrangement une activité alors qu’ils sont dans le labo du SHIELD. Il fait le lien avec les morts des derniers jours et demande à Captain America de l’appréhender, puisqu’il a pu déterminer le lieu où il se trouve.
Quand le Vengeur arrive au cimetière, il voit Daredevil qui, sous l’effet de psychotropes, s’apprête à tuer le Semeur de Mort. Il ne faut pas que celui-ci meurt, car cela risquerait de produire un paradoxe temporel qui effacerait la réalité. Les deux héros combattent et quand Daredevil reprend ses esprits grâce à une injection d’adrénaline (faut bien que les poches du Captain serve à quelque chose), le Semeur s’est relevé et s’apprête à tuer un de ses otages. Daredevil va pour se sacrifier, tout en sachant que Cap avait un plan, du moins un bouclier, que le Semeur se prend en plein ventre. Il meurt sur le coup, et disparaît … finalement vivant dans un autre réalité. Et la Terre continue finalement de tourner.

Pour moi, c’est le meilleur album de la gamme Transatlantique et plutôt largement. Alors, l’histoire s’inscrit dans une veine assez « seventies », qui rappelle les Team up ou autres, mais Tito Faraci a la malice d’apporter un peu de variété. La bagarre entre les deux héros a lieu plutôt vers la fin, puisqu’au final, la narration fait qu’ils évoluent chacun de leur côté sans rien savoir de l’autre. Et il ne s’agit pas d’un quiproquo, puisque Captain America comprend vite que DD est « malade ».
Par ailleurs, nous avons droit à un technoblabla assez difficile à retransmettre ici, et qui finalement un peu moqué par la fin de l’épisode.
L’avantage de cette narration en parallèle permet d’avoir à la fois des informations amenées habilement, mais aussi de l’action, le tout en une quarantaine de pages. Faraci en profite aussi pour laisser quelques références à l’univers Marvel, quand l’opportunité lui permet. Ce qui rend cette histoire encore plus sympathique, montrant une volonté de s’inscrire dans un grand tout.

Claudio Villa est un dessinateur italien régulier de Tex et de Dylan Dog. Dans la page de remerciements, il parle d’Alex Ross et c’est vrai que l’analogie entre eux les deux n’est pas incohérente, avec ce style assez réaliste, qui garde aussi un dynamisme et une souplesse dans les mouvements (et avec des athlètes comme les deux héros, c’est d’autant plus nécessaire). La colorisation de Fabio d’Auria participe grandement à la réussite graphique de l’album. Si lui aussi rappelle un peu le côté « brillant » d’alex Ross, il sait aussi s’y affranchir et apporter de la variété en fonction des situations. Par exemple, dans les scènes de souvenirs du Semeur de Mort, pour la « vision » de Daredevil tout comme celle quand il est drogué, ou encore cette ambiance dans le cimetière.

Ouais, un chouette album qui paie pas de mine, et qui n’a rien à envier à un paquet de one-shot américains.

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