24 : LEGACY (Saison 1)

Oui, c’est probablement plus exact.

J’avais zappé cette partie-là de ton commentaire.
Perso, je crois que c’est une bonne idée pour ramener un peu de l’ADN du concept. Je ne sais pas s’ils en sont déjà là, mais la gestion du personnage, ce sera pour moi le moment décisif qui me fera rester ou partir.

Au final, après visionnage des 12 épisodes (sur le modèle de la “mini” saison précédente), sacrée déception que ce reboot…
Il y a bien quelques moments où l’on retrouve le feeling de la série originelle, avec quelques séquences qui en reconstituent le frisson, comme cette scène ahurissante sur le pont (on se dit qu’ils vont pas oser, et en fait oui : c’est le véritable ADN du concept), ce final électrisant de l’épisode 10 (graphiquement assez fort, avec cet environnement en flammes) et cette réplique bien badass en fin d’épisode 11 que n’aurait pas renié Jack Bauer en personne (“you come in, you die !!!”).
Pour le reste c’est très faible.

On avait déjà connu dans la série cette vieille ruse de sioux qui consiste à faire chanter un mec du camp des gentils pour lui faire accomplir ses basses besognes, mais 4 ou 5 fois d’affilée c’est peut-être un peu beaucoup (encore que la dernière occurrence de cette astuce soit intéressante, mais j’y reviens dans un instant). Idem pour les taupes et autres traîtres à la patrie : dans la première saison de “24”, c’était sidérant, là on baille gentiment, faute d’investissement auprès des persos.
C’est vraiment là que cette saison échoue : on s’en tape des persos, avec la dernière énergie (cf. cet épilogue consternant sur les histoires de couple d’Eric Carter…). Même le retour de Tony Almeida, qui est clairement là pour titiller le vieux fan, tombe à plat (malgré une très chouette scène de bagarre, bien brutale, dans le dernier épisode), sans compter que l’explication de sa sortie de prison s’est faite entre deux saisons, dans un webisode ou un bonus DVD quelconque. Que ce soit Almeida ou Tartempion ne change strictement rien du tout à l’affaire.

Toutes ses faiblesses étant posées, il faut reconnaître qu’en une ou autre occasion, la série tente des choses “politiquement” un peu limite, et ça aussi c’est très “24” : ainsi, dans le créneau des manipulations de l’adversaire sur la base de proches pris en otage, c’est finalement l’arroseur arrosé puisque les “gentils” vont eux-mêmes recourir à cette ruse ; c’est plus subversif qu’il n’y paraît, puisque les héros passent pour de belles raclures à cette occasion…

Trop peu, trop tard : cette saison demeure, tout compte fait, un échec cuisant. Pas sûr que je me laisse avoir la prochaine fois, si tant est qu’il y en est une.

Je ne sais toujours pas si je vais regarder. Je me laisserai peut-être avoir comme tu dis, parce que j’aime bien le concept de la série…mais pour moi, Jack Bauer reste indissociable de 24, donc j’hésite encore…

Franchement, vu l’audience, les chances de voir une autre saison sont minces.
Et c’est très bien comme ça. Parce que celle-ci n’avait que peu d’intérêt.
Oui, 24 est indissociable de Jack Bauer.

Pas de saison 2 pour 24 : Legacy.

Logique, et pas très grave, hein.

Mais ce n’est peut-être (une nouvelle fois) pas la fin de 24, puisqu’il se dit que la FOX et les créateurs de la série réfléchissent à de nouvelles façons de décliner le concept.
Il y en a qui n’abandonnent pas facilement…

Le seul moyen de susciter l’intérêt, c’est de refaire le lien avec la période Bauer.
Peut-être pas avec le retour de Sutherland (c’est d’autant plus difficile que Designated Survivor a été reconduite), mais au moins avec des personnages historiques, comme Chloe et Tony.
Mais bon, sans Bauer, l’intérêt reste limité. Et même, avec la saison 8, le personnage est allé au bout de lui-même. Il faudrait le faire aller encore un cran plus loin. Je ne parle pas de pétage de plomb ou de massacre, mais de le faire passer à un niveau supérieur. Sinon, aucun intérêt.
C’est toute la problématique de la construction en crescendo. Si tu baisses les enjeux après les avoir poussés loin, les spectateurs s’emmerdent.
C’est le tour de force que la série avait réussi après la saison 6 et l’explosion d’un engin nucléaire à Los Angeles. Gros pic émotionnel parce qu’un désastre - comme beaucoup avait été évités de justesse - devenait enfin concret.
La saison 8 avait relevé le défi en faisant suivre au héros une voie sans retour. C’était fort.

Purée, j’ai suivi la série lors de sa diffusion télé, et c’est pas étonnant.
C’est quand même de la grosse merde en barre.

Jim

Et attends de voir la dernière saison de Santa Barbara…

Non, c’est au-dessus de mes forces, je ne veux pas ruiner une autre icône de mon panthéon personnel.

(Blague à part : je regarde peu la télé, et là, je me dis « tiens, la suite, ça sera l’occasion de faire des pauses estivales les jeudi soir ». Les bougres, déjà, on décidé de tout fourguer en trois livraisons. Et en trois semaines (qui m’ont semblé quatre ou six tellement j’y ai vu de défauts), je suis passé de l’ennui à l’agacement. Les personnages n’ont pas beaucoup de charisme, cette platitude n’étant pas réservée au personnage principal. Même Miranda Otto a été plus intéressante. La surprise, c’est Jimmy Smits, qui est d’ordinaire mauvais comme un cochon et qui, là, alors qu’il vieillit et se paie une gueule à la Jack Palance, est plutôt convaincant dans le rôle du rond-de-cuir dépassé. Au-delà d’un casting soit inepte soit mal distribué (échangez Eric et Isaac et je suis sûr qu’on aurait sauvé quelques meubles), c’est blindé de clichés : le héros est noir (how convenient), en couple avec une noire (cliché hollywoodien), frère d’un semi-mafieux (cliché) et traumatisé de guerre (cliché). Sur ces bases débiles, on a un scénario sans surprise (à part quelques shock values genre l’explosion du pont, tellement mal amenée que ça finit par créer une surprise), qui cumule les incohérences (comment ils connaissent la vie privée de l’agent de sécurité ? S’ils savent tout sur tout le monde, pourquoi ils n’ont pas attaqué la cellule au début ?), les répétitions (y a combien de chantages téléphoniques ? Quatre ? Cinq avec celui qui retourne la situation ?), les caractérisations bâclées (un couple homosexuel, pourquoi pas, mais faut voir comment il est traité) et les situations oubliées en cours de route (ledit couple, la femme d’Eric, les cellules dormantes évacuées au détour d’un dialogue…), les réactions à la con et les personnages à contre-emploi. C’est écrit avec le dos de la main par une équipe (les mêmes producteurs, en plus) qui vise la copie conforme du succès d’avant sans comprendre ce qui a en a fait le succès. Qui plus est, le format plus court met en évidence les défauts cités plus haut, justement parce que les séries précédentes permettaient, avec plus de chapitres, de mettre un peu de gras et d’habiller l’ensemble.)

Jim

Et puis, 24, c’est Jack Bauer. Un portrait de personnage brisé, qui va progressivement dans le mur. Unique dans le paysage télé. Surtout pour une série de ce type, somme toute assez répétitive et balisée, à force. Sans Sutherland pour porter le tout, ça s’effondre.
Ce n’est pas un grand comédien, mais ce rôle, il le tient parfaitement.

Zactement.
Mais brisé sur la longueur. Dans la première saison, il ne l’est pas. Il n’est pas en rédemption, en quête de ceci cela, en traumatisme. Il est droit dans ses bottes, sûr de son coup, sûr notamment de ses méthodes (qui se heurtent à des murs, début de la fêlure). Construire un héros traumatisé d’emblée pour la « suite », c’est débile.

Jim