50 NUANCES DE TERREUR (Quibi)

La plateforme Quibi, qui proposera à partir d’avril du contenu prévu pour les smartphones sous la forme d’épisodes d’environ 10 mn (quick bites/petites bouchées), aura aussi son anthologie horrifique.
Sur le thème des légendes urbaines, 50 states of fright est produit par Sam Raimi.

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The Golden Arm / La Promesse :

Co-écrit (avec son frangin Ivan) et réalisé par Sam Raimi, le premier épisode de l’anthologie 50 nuances de terreur a un feeling très EC Comics. Porté par Travis Fimmel et Rachel Brosnahan, La Promesse est une histoire d’amour fou et d’obsession qui ne peut que finir tragiquement. Pas vraiment de surprises dans le déroulé du récit donc mais l’ensemble est bien ficelé, joliment interprété et se dirige vers un dernier acte qui permet à Raimi de s’amuser un peu plus avec les effets qu’on lui connaît.

Red Rum :

Le titre dit tout, cet épisode fait bien entendu référence à l’oeuvre de Stephen King. Trois jeunes influenceurs/têtes à claques se rendent dans l’hôtel qui aurait inspiré King pour Shining dans le but d’alimenter leurs réseaux. La principale règle à respecter sur place est de ne pas prendre de photos et de ne pas filmer. Mais bien entendu, le trio ne va en faire qu’à sa tête et provoquer la colère des habitants fantomatiques…
La trame est aussi simple qu’efficace et va droit à l’essentiel, avec une succession de mises à mort variées et bien orchestrées et juste ce qu’il faut de sympathiques clins d’oeil à Shining. Dans le rôle de la gardienne des lieux, Christina Ricci n’hésite pas à en faire des caisses histoire d’appuyer un peu lourdement sur le fait que son personnage à un pète au casque…ce qui s’exprime pleinement dans la toute dernière scène…

Almost There / On y est presque :

L’ingénieure Hanna Sullivan (solide interprétation de Taissa Farmiga) est appelée en pleine nuit d’orage pour monter au sommet d’une éolienne défectueuse afin d’en réparer les systèmes. La tempête fait rage…et les ténèbres font remonter les souvenirs d’un souvenir traumatique de son enfance. Hannah est hantée…et son fantôme personnel revient la chercher…
Scott Beck et Bryan Woods (Sans un Bruit) installent dès les premières minutes une atmosphère et un suspense accrocheurs (la première scène fait son petit effet) et se servent idéalement de l’aspect vertigineux du décor principal pour renforcer l’autre menace, plus surnaturelle. Bien fait et rondement mené…

Ball of twine / Au fil de l’horreur :

En Amérique, on trouve les attractions touristiques les plus étranges (et/ou stupides), comme ces villes qui revendiquent le record du monde de la plus grosse pelote de ficelle. Le segment des 50 nuances qui prend place au Kansas met en scène un duo mère/fille qui s’arrête dans une de ces petites bourgades très fières du gigantisme de leur jouet pour chat. Mais les visiteuses vont se rendre compte que ce n’est pas une boule de ficelle comme les autres…
L’épisode joue comme il faut de l’absurdité apparente de la menace grâce à une ambiance bien travaillée qui fait presque ressembler cette virée dans un trou perdu des U.S. à une entrée dans une autre dimension. Bonne interprétation des deux actrices principales, Ming Na-Wen en mère déboussolée et dans un autre registre, une Karen Allen hallucinée dans un rôle de shérif/leader de secte.

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Scared Stiff / Arrêter le temps :

Un taxidermiste solitaire (le regretté James Ransone) reçoit une nuit la visite d’un automobiliste qui vient de percuter une créature qui ne ressemble à aucun animal connu. Le bonhomme accepte le défi de la reconstituer…et il ne se doute pas qu’il se prépare à faire face à une créature légendaire…
Avec sa dizaine de minutes, Arrêter le temps fait partie des segments les plus courts de 50 nuances et cela suffit amplement pour décrire la nuit de terreur vécue par le personnage principal. Concis, efficace, quelques pointes d’humour (noir), un style à la Creepshow et une utilisation d’effets « à l’ancienne » qui ne peut que me plaire…

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Grey Cloud Island / L’île du Mal :

Dans une région du Minnesota qui a la réputation d’être hantée, quatre adolescents espèrent intégrer une fraternité en réussissant leur épreuve d’initiation. Seuls dans les bois, ils croisent une étrange procession et alors qu’ils pensent qu’elle fait partie du test, les jeunes hommes pénètrent dans une grange où ils découvrent une fille enchaînée…
L’île du Mal est mon épisode préféré de cette courte anthologie. Bonne variation sur le sous-genre du backwoods horror, l’histoire est rythmée, avec du suspense, de l’action, des meurtres bien gores et un chouette retournement de situation à la fin, qui se laissait deviner mais qui fait tout de même son petit effet tout en appuyant sur le côté mythes et légendes au coeur du pitch de la série.

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Destino :

À Miami, une patrouille de police est appelée pour un vol de chèvre. L’agent Maria Vasquez se doute que quelque chose ne va pas mais elle laisse deux autres équipiers intervenir. Lorsque les deux hommes ne donnent plus signe de vie, elle sait que quelque chose se trame, en lien avec les traditions de son pays d’origine…
Tourné en mode found-footage (via des caméras de sécurité et les caméras embarquées par les agents), Destino est un segment qui aurait très bien pu faire partie de la saga V/H/S, avec ses qualités et ses défauts. Le genre de visionnage qui peut se révéler frustrant à cause de la nature frénétique et chaotique des plans, ce qui se vérifie encore ici…mais la chute est bonne…

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13 Steps to Hell / 13 marches vers l’enfer :

Une fratrie part enterrer l’animal de compagnie du plus jeune dans un vieux cimetière réputé hanté. Sur place, les deux frères commencent à creuser la tombe pendant que la soeur monte la garde et ils mettent au jour un escalier menant vers un lieu étrange…
Jusque là, les histoires de cette série tiraient bien parti du format court mais 13 marches vers l’enfer, réalisé par le bon Lee Cronin, est l’exemple d’un segment qui aurait mérité un peu plus que ses 15 minutes pour développer ses thèmes. C’est bien interprété, l’atmosphère est anxiogène, le final est empreint de tristesse…mais quelques minutes de plus auraient été (à mon avis) bienvenues…

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Dogwood - Azalea / Amies pour la vie :

Arrivés récemment dans le Missouri pour rénover une maison, Sarah, Tom et leur fille Azalée emménagent près d’un cimetière. La petite fille en a assez de déménager tout le temps et se sent seule…tout comme le spectre de la jeune Lucy, à la recherche d’une nouvelle amie pour combler sa solitude éternelle…
La série 50 nuances de terreur se referme sur un épisode triste et mélancolique, aux effets simples et bien dosés (comme les apparitions fantomatiques) avant un final plus brutal. Cette fois les quinze minutes sont bien utilisées, les auteurs tenant bien le climat particulier de cette histoire jusqu’à son dernier plan…

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