À LA POURSUITE DE DEMAIN (Brad Bird)

Concept-art :

[quote]DATE DE SORTIE FRANCAISE

20 mai 2015

REALISATEUR

Brad Bird (Le Géant de Fer, Les Indestructibles…)

SCENARISTES

Brad Bird, Jeff Jensen et Damon Lindelof

DISTRIBUTION

George Clooney, Britt Robertson, Judy Greer, Hugh Laurie, Tim McGraw…

INFOS

Long métrage américain
Genre : science-fiction
Titre original : Tomorrowland
Année de production : 2014

SYNOPSIS

Liés par un sort commun, une jeune femme brillante et optimiste douée d’une grande curiosité scientifique, et un homme qui fut autrefois un jeune inventeur de génie avant de perdre ses illusions, s’embarquent pour une périlleuse mission. Ils veulent découvrir les secrets d’un lieu mystérieux situé quelque part dans le temps et l’espace, et qui semble n’exister que dans leur mémoire commune. Cet endroit s’appelle Tomorrowland…[/quote]

Les premiers visuels :

[quote=“Damon Lindelof”]What Hogwarts is to magic, Tomorrowland is to science: They are both easy to find if you are a wizard and very difficult to find if you’re a Muggle. Walt Disney is not a character in our movie, but he is referenced as having some involvement in this mysterious place called Tomorrowland, as a huge futurist and aficionado of space travel, rocketry, cities of the future, and space travel.”
[/quote]

[quote=“Damon Lindelof”]“Another big influence for Jeff Jensen and I when we first started talking about this story was Close Encounters of the Third Kind. Somehow it was able to do what no modern movies are able to do, which is tell a story that doesn’t have a bad guy who is trying to blow up the planet, or giant robots fighting, or lots of karate — though who doesn’t love karate? It was so not plot driven. It was just a pure discovery movie. It was pure what-if. Just that idea of what’s going on here? What does this mean? That was a real jumping off place for a movie like this.”
[/quote]

À propos de l’inventeur joué par George Clooney :

[quote=“Brad Bird”]“He’s at this farmhouse, and it’s probably the house he’s grown up in. He hasn’t done anything to it. He’s done tech stuff inside it, but it’s not a super cool bachelor pad. It’s more like a guy who is retreating when something didn’t go well.”
[/quote]

Pitch sympa.

Le premier teaser:

Le titre français de Tomorrowland est À la poursuite de Demain :

Le nouveau teaser :

La bande-annonce :

On en entend pas beaucoup parler de celui-là, mais perso je peux vous dire que je l’attends de pied ferme…

Pareil pour moi…c’est vraiment un concept alléchant et comme j’aime beaucoup ce que fait Brad Bird…

Avant Tomorrowland…les origines de Plus Ultra :

We can, and always must, make our own future.

En sortant de la salle de cinéma, j’allume mon baladeur et la première chanson qu’il me met c’est Rainbow Connection. Je vous jure que je ne plaisante pas et bien que la BO du film soit magnifique, ce morceau illustre à merveille le message plein d’optimiste que dégage le film. Pas forcément un film parfait mais un plaidoyer merveilleux pour l’audace et le rêve en tant que moteur pour changer les choses.

J’ai pensé à Asimov, à cette SF aventureuse des années 50, à Jim Henson, à Walt Disney et à la Nouvelle Frontière de Kennedy. Je pensais bien que le nouveau Brad Bird allait me plaire, je ne pensais pas qu’il allait autant reflète mes propres peurs et les rêves du gamin que j’étais et que je tente de rester.

quelle version?

La seule, l’unique :

:wink:

Après quelques échanges avec des potes il y aussi un truc qui ressort auquel je ne m’attendais pas.

Si Tomorrowland est réalisé par Brad Bird où l’on sens sa patte dans plein de scène (notamment la scène de traque dans la maison) c’est aussi une oeuvre de son scénariste Damon Lindelof.

Bon c’est pas Prometheus hein mais par contre c’est du Lost façon “je te balance mes marottes, mes symboles à fond la gamelle”. Ca passe par une capacité à sous-entendre énormément d’éléments de l’intrigue tout au long du film (et ca fonctionne parce que Bird sait les mettre en image) mais surtout par une confrontation/fusion entre chaos et ordre à différent niveau, le jeu temporel, cette manière de désamorcés des éléments pour en proposer d’autres etc etc

et des personnages assez incroyable dont le parcours va au bout du truc. Bird est aussi géniale à ce niveau car le film brille d’un optimiste qu’on pourrait facilement taxer de naïf et qui pourra en bloquer certains et il a eu la force de montrer une histoire d’amour très touchante qui aurait pu très facilement virer au glauque.

En fait je pense que ce qui n’aide pas le film c’est son discours d’un optimiste touchant et profond et le fait qu’il soit un film Disney car j’ai peur que son origine desserve son discours (j’ai déjà lu des textes dont les auteurs ont strictement compris l’inverse du film en se basant sur le nom de la compagnie)

Elle est vachement bien, la nouvelle publicité pour EPCOT. Bon, une pub de deux heures, c’est un peu long, mais c’est vraiment joli.

Oui, je suis de la génération pour qui EPCOT, “ça me parle”, et pour qui Twomorrowland, c’est justement un peu trop vieux.
Mais ça ne change rien au propos que j’allais énoncer : il y une tension inévitable entre le propos du film (l’optimisme, le rêve, l’innovation, la volonté de voir le bon côté des choses) et l’écrin de la production (en bref : Disney).

Le film est bien. Les acteurs (même les jeunes) sont bien, le rythme est bien maîtrisé et les rares pauses ne sont pas vécues comme des temps morts, certaines bastons sont un peu montées à l’arrache, mais ça va encore, les références (geekoïdes et autres) passent comme une lettre à la poste, les dialogues sont bien troussés, l’esthétique aux différentes tendances rétro-futures est ingénieuses, le son est évocateur, la musique de Giacchino est top, bref, visuellement, ça tient plutôt la route.
Reste que c’est un film qui pose la question de la fin du monde sous l’angle de l’opinion publique, de l’idée reçue, voir du mème. Bref, du bourrage de crâne.
Et là, Disney (le producteur) qui dit que le bourrage de crâne c’est mal, je veux bien faire des efforts pour ne pas me montrer cynique, mais ça me fait doucement rire.

Alors il y a deux lectures à ce paradoxe.
Soit on y voit l’affirmation que Disney est une machine à rêve et à optimisme, et que ces vertus auront des conséquences positives sur les esprits des inventeurs de demain (et moi, je ne peux qu’y percevoir un énorme foutage de gueule).
Soit on y voit un propos caché et subversif, en loucedé, d’une équipe scénariste / réalisateur qui s’amuse à dénoncer le bourrage de crâne au sein d’une boîte qui a bâti son empire sur le procédé. Une sorte de jeu de cache-cache entre ce qui est montré et ce qui est réellement dit. La scène du bateau de l’attraction It’s a Small World est parlante à ce propos : Disney ouvre la voie à l’imagination et au rêve, mais dans le même temps dissimule ses propres visées et ambitions (recruter…) et ses projets secrets (construire une société élitiste à la limite du dictatorial).
Cette deuxième interprétation emporte mes suffrages.

Après, le film pose non seulement l’idée que le futur dépend de l’idée qu’on en a (idée intéressante au demeurant), mais également le postulat que les meilleures intentions du monde peuvent toujours déraper. Et la conclusion, qui voit un nouveau régime naître des cendres de l’ancien, pose la question suivante : le nouveau régime reprenant à sa charge les idées du précédent, rien n’empêche que ça remerde à nouveau. Car “rien ne finit jamais”, a dit Adrian Veidt à Daniel Dreiberg. Ce qui est vrai.
Une fois de plus, et malgré les évidentes qualités du film, voilà encore un long métrage hollywoodien qui évite ostensiblement l’idée même de révolution (à moins de la prendre au sens géométrique du terme, et d’accepter le retour au point de départ…).

Jim

J’ai bien aimé, mais je suis déçu par le manque de détails : l’autre monde n’est qu’effleuré, on ne voit absolument pas le fonctionnement véritable et actuel de cet autre monde (la pub’ par le pin’s est magnifique, mais l’arrivée dans l’autre monde montre que c’est un peu en ruines : dommage de ne pas avoir montré la vie, le fonctionnement général), on ne comprend pas bien l’Histoire de cet autre monde (par qui ? pourquoi ? comment ?), ni sa gestion au jour le jour (qu’a fait Clooney là-bas/qu’a-t-il fait depuis ? les inventions transitent-elles entre les mondes ?)
Tout est un peu trop effleuré. C’est dommage, parce que c’est très beau, bien joué et plutôt rigolo.

[quote=“BenWawe”]J’ai bien aimé, mais je suis déçu par le manque de détails : l’autre monde n’est qu’effleuré, on ne voit absolument pas le fonctionnement véritable et actuel de cet autre monde (la pub’ par le pin’s est magnifique, mais l’arrivée dans l’autre monde montre que c’est un peu en ruines : dommage de ne pas avoir montré la vie, le fonctionnement général), on ne comprend pas bien l’Histoire de cet autre monde (par qui ? pourquoi ? comment ?), ni sa gestion au jour le jour (qu’a fait Clooney là-bas/qu’a-t-il fait depuis ? les inventions transitent-elles entre les mondes ?)
Tout est un peu trop effleuré. C’est dommage, parce que c’est très beau, bien joué et plutôt rigolo.[/quote]

Oui, c’est aussi mon avis à la sortie de ce film. Je n’ai pas l’impression d’avoir eu la promesse du film (je n’avais peut être pas compris ce que j’allais voir aussi). Le demain, on ne le voit que trop peu.

J’en ressors assez mitigé quand même, pas vraiment transporté. Contrairement à Jim, je trouve que ça met du temps à se lancer, que ça manque un poil de rythme.
Et puis, la fable sociale et écolo, je la vois bien, elle est très palpable, mais je la trouve assez pessimiste quand même, malgré une fin qui se veut tourner vers un avenir prometteur (voir Bisounours) ! Alors c’est peut être parce que j’ai une vision des politiques incapables de voir plus loin que leurs prochaines élections, d’un monde incapable de se soulever et de prendre conscience qu’on va droit dans le mur, de guerres de religions inéluctables …

J’aurais peut être dû voir Fury Road après ce film, plutôt …