Absolute Martian Manhunter Tome 1
L’agent du FBI John Jones a un gros problème. Son cerveau a été infecté par une conscience extraterrestre qui se fait appeler « le Martien », et dont la perception de la réalité est totalement incompréhensible pour la psyché humaine. Il doit maintenant jongler avec ses enquêtes au Bureau, son quotidien banal de père de famille, et les incroyables délires psychédéliques qui parasitent ses pensées… tout en tentant de comprendre ce qui ne tourne pas rond chez lui.
Âge : 12+
Collection : DC Absolute
INFOS
scénariste : Deniz Camp
dessinateur : Javier RODRÍGUEZ
traducteur : Mathieu AUVERDIN
- Date de sortie : 21 novembre 2025
- Pagination : 152 pages
- EAN : 9791026853794
- Contenu vo : Absolute Martian Manhunter #1-6
- Prix : 18.5 €
Je ne sais pas à quoi m’attendre, mais c’est une vraie curiosité qui m’intrigue !
Ça devrait te plaire.
Pas mieux
La…putain…de…claque!
J’ai été cueilli à froid par le bouquin et surtout par la couverture régulière (finalement, j’ai pris la spéciale CSA). Je sentais derrière cette patte graphique, un quelque chose d’intriguant.
Je précise que je ne connais pas Deniz Camp (je pensais que c’était une femme mais non, c’est un petit gars d’origine turque). Je pensais avoir lu régulièrement Javier Rodriguez mais non en fait. Je reste à l’écoute d’une sortie VF de son Zatanna.
Bref, ne suivant pas Absolute en VO, j’avoue que je me suis lancé sur le titre sans rien attendre. J’ai beaucoup aimé Absolute Batman par un ton snyderien qui convient bien.
Là, la série commence de manière indépendante.
Ca parle d’un agent/policier du nom de John Jones, complètement à la rue (il le sera littéralement dans l’histoire) et qui vient d’échapper à une explosion d’immeuble. Un miracle, en somme.
Évidemment, s’il est sauf c’est qu’une petite force l’a sauvé. Elle est entrée dans sa tête pour éviter qu’elle soit enfumée de mauvaises…fumées… C’est important de ne pas inhaler de mauvaises choses. ![]()
Le Limier…martien…singulier…pluriel?.. enquête. Il essaie de comprendre ce qu’il arrive et ce qui lui arrive. Et ce qu’il arrive à sa famille ou son rapport à sa femme, à son fils, lui aussi quelque peu « éloigné » de la réalité. L’intrigue autour de sa famille, en arrière plan, devient central pour la résolution de ce prmeier tome. Et c’est bien fait, bien amené même si nous avons l’habitude de ces ficelles.
L’intrigue principale est très solide, bien ficelée car elle dévoile le méchant du livre (vous avez une petite idée si on parle couleurs?). Un combat à distance se met en place, d’abord de manière lointaine. Ce combat va nous rendre fou car le gros gros gros plus de cette histoire, c’est que nous sommes invités à y « participer » car quand on tourne les pages, la scène intérieure dans la tête de JJ se continue à l’extérieur (je m’explique mal mais c’est juste top! Je vous renvoie aux personnages en pâte à modeler).
Graphiquement, on sent la connivence entre le scénariste et le dessinateur (qui dessine tous les numéros du book). Les cases se suivent et s’entrechoquent pour raconter des réalités différentes sur un même plan (il faut lire je vous dis!).
La couleur réalisée par JR est la cerise sur le gâteau car elle est narrative. j’imagine mal un book en noir & blanc (mais pourquoi pas en noir et couleurs pour les fumées, par exemple).
L’ensemble crée une expérience de lecture très très prenante, sûrement une des meilleures de cette année.
Evitez de passer à côté, ça serait vraiment dommage.
Et la couverture, le dos, la tranche, c’est juste trop beau!
J’ai clairement trouvé ma bd de l’année, “Absolute Martian Manhunter” mérite largement ce prix. Je n’avais aucun doute sur la capacité de Javier Rodriguez de nous proposer un graphisme solide et audacieux. La surprise vient du scénario de Deniz Camp, dont je connais très peu le travail. Une histoire prenante, avec des thématiques actuelles conflictuelles mais traité de manière intelligente.
Vivement le 2ème tome !
C’est très très sympa, ça. Il n’y a rien de neuf et ça se lit un peu vite (une heure, montre en main) mais dans le genre bizzaro-comix, alternatif, conceptuel, qui tend vers le Vertigo de seconde zone (avec son détective fumeur, hanté, qui guerri les maux psychiques du voisinnage), ça fonctionne très bien. J’ai particulièrement aimé la manufacture des armes-pensées.
Le gros gros point fort de la série - qui ne réinvente pas la roue (n’est pas Milligan/Morrison/Moore/Delano/Pollack qui veut) mais fait un travail honnête et enlevé - c’est bien entendu la partie graphique de Javier Rodriguez qui composent avec deux ambiances, où co-existent le polar urbain et les volutes psychédéliques.
Son Limier Marsien est fort choupinou.
Ah mais c’est excellent, ce truc.
Je ne m’y attendais pas réellement, n’ayant jamais rien lu de Deniz Camp, mais je me doutais que graphiquement ça serait intéressant. Et c’est carrément le cas : c’est (on s’en doute) un festival de trouvailles graphiques et narratives, et pas seulement : le coup de la page transparente, c’est vraiment une idée de scénariste.
Il y a quelque chose de Shade the Changing Man, je trouve (même si le souvenir de lecture de cette série est lointain, c’est donc peut-être un peu déformé) : une identité floue, une perception trouble de la réalité, un impact sur la psychologie du personnage, un contexte politique… Il y a en tout cas un touche Vertigo dans cette série.
J’aime la montée du suspense (même si j’aurais préféré une autre grosse menace que celle qui se profile, mais je fais confiance aux auteurs pour surprendre leur monde), avec une belle manière de tricoter les idées et de souder ensemble des enquêtes disparates.
Et à la lecture de la série, je m’arrête sur les « bad vibes », cette « ambiance délétère » de la VF qui est identifiée dans le deuxième épisode, mais qui me semble teinter l’ensemble de la collection (je n’ai pas encore lu Absolute Green Lantern…). Les différents titres donnent souvent à voir des quartiers pauvres, des travailleurs exploités, des refuges pour déshérités, des gens dépressifs, des employés surmenés… Et je me demande si cette collection ne parvient pas à saisir le désenchantement de l’époque, cet air du temps qui qualifie nos jours actuels, plus à mon sens que la collection « Ultimate » n’avait réussi à le faire il y a un quart de siècle. Ça demande confirmation, bien sûr, à la fois sur la longueur et sur les éventuels élargissements de la collection, mais ces titres « Absolute » seraient-ils en train d’inventer le super-héros désenchanté, chez l’éditeur même qui avait propulsé le héros dépressif il y a quarante ans ?
Jim
Je te rejoins sur la perception Vertigeste et sociale du titre (et de la collection, effectivement même si je n’ai pas lu Supes et Flash).
Sur la menace, il y a cet automatisme de mettre un ennemi contraire alors que j’aime un ennemi qui a sa propre identité.
Content que le book t’aies plu!
Je ne suis pas sûr de comprendre ton idée.
Jim
Yep, c’est un comparaison qui revient assez souvent chez les lecteurs US.
Je l’avais dit quelque part mais je ne sais plus trop où. En plus du désenchantement, il y a aussi une approche de l’horreur qui me semble capter la jeune génération qui a l’air d’en faire une obssession (notamment un public feminin, j’ai l’impression).
C’est très présent dans le second arc de Absolute Batman, avec ses ficelles très “Stephen Kingienne” (qu’on reconnaissait déjà chez Snyder), mais c’est aussi très la base de Absolute Green Lantern (où les énergies colorées ont plutôt l’air de naître d’une force occulte et lointaine, un envahisseur probablement Lovecraftient de l’espace par l’au delà. Après Immortal Hulk, Ewing est pas depaysé) et même un peu dans Absolute Superman (notamment dans la version de Brainiac qui a tout du Docteur Rot de Wolverine par le même auteur). On y avance doucement mais sûrement.
Autant qu’il n’y a jamais eu de ligne érotique chez les deux leaders mainstream des comics, il me semble qu’on avait pas non plus de ligne identifiée horrifique avant. Sans forcément avoir l’envie que ça aille forcément dans ce sens, je suis curieux de voir s’ils vont oser aller jusqu’au bout de cette proposition qui semble avoir trouvé sa voix qu’au bout de quelques numéros des premières séries de la gamme.
Pardon pour la rédaction.
J’ai toujours cette mauvaise impression que l’antagoniste du héros est son contraire (ici, le martien blanc contre le martien vert).
Le dernier exemple que j’ai en tête, c’est le Sandman de Venditti qui oppose notre Wesley Dodds et un Sandman noir.
Alors que je préfère un Joker contre un Batman.
C’est un peu la critique que faisait l’auteur de Game Of Thrones envers les films Marvel, d’ailleurs.
Integrer l horreur, ce n etait pas le principe de la ligne vertigo ?
Une approche qui, a une époque lointaine, avait fait de la Division Alpha de Bill Mantlo une série qui m’a énormément marqué!
C’est justement un genre qui est rarement abordé parce qu’il relève de l’organique, de l’intime. Que se soit par des obsessions corporelles ou psychologiques.
Ah ok.
(Alors déjà, je ne songeais pas à ce vilain-là, mais à l’autre, qui apparaît lors de l’éclipse… et qui me semble être le véritable homme de l’ombre dans l’affaire, mais il faut voir ce que ça donne… J’aimerais bien que celui-ci soit, lui aussi, une fausse piste…)
Et pour revenir à ce que tu dis, j’aime bien quand les héros affrontent des vilains auxquels ils ne sont ni habitués ni préparés. Captain America contre Nightmare, Ka-Zar contre Thanos, tu vois l’idée.
Après, c’est vrai que l’ennemi « miroir », c’est toujours intéressant d’un point de vue méta, puisqu’il permet de réfléchir à la nature et aux pouvoirs du héros. Dans Absolute Flash, on sent l’arrivée prochaine (imminente ?) du Nega-Flash. Sera-ce une fausse piste ? J’aimerais bien.
Jim
C’est pas faux. Mais plutôt avec des personnages secondaires voir tertiaires. Et disons que le label mature n’était pas “que ça".
Là, c’est plutôt l’application de préceptes horrifiques (body horror et toutim) aux héros du mainstream.
Je retiens l idée.
L horreur comme genre à hybrider pour renouveler le super heros.
L horreur est en tout cas l un des genres qui triomphe au cinéma depuis plus de 20 ans et sa relance avec scream
Le body horror, ça reste l’approche de l’horreur la plus facile à amener dans le genre super héroïque, puisqu’il y a l’idée de la transformation. La série Hulk, avec Ewing et Johnson est parfaitement adaptée du coup.
Quand j’y repense, et ça explique aussi mon amour pour les X-Men de Claremont, c’est que le scénariste utilisait les différents principes du genre, de manière détournée, qui amenait de la richesse à ses personnages et leurs relations.
Mon premier exemple et contact “indélébile” avec cette approche, c’est la saga des Broods.
Les X-Men, et la Division Alpha sont des séries qui furent plus radicales que les Hulk de ces dernières années qui ne jouent que sur la surenchère graphique hyper colorée (Paul Monts par exemple n’est pas le coloriste qui me viendrait en tête pour instaurer une ambiance viscérale. Mais dans un registre plus rigolo, ça fonctionnait parce que la démonstration était amusante).
