AKIRA (Katsuhiro Otomo)

Discutez de Akira

Je l’ai relu il y a quelques mois dans la dernière version Glénat (noir et blanc et dans le sens de lecture original). C’est toujours aussi dément.
La dernière fois c’était il y a 20 ans dans la version fascicule puis les derniers épisodes dans les recueils (en couleur et sens de lecture occidental). J’ai d’ailleurs refeuilleté cette version la semaine dernière. Il est toujours dans mon ancienne chambre chez mes parents. La colorisation était très réussie.

Je l’ai relu dans la collection couleurs (d’abord en fascicules kiosque, la fin en albums) il y a genre deux ans (un été, et j’ai ensuite enquillé sur mon édition kiosque de Dragon Ball). Depuis lors, j’ai trouvé à vil prix, un peu par hasard, la première édition noir & blanc chez Glénat. Et j’ai craqué.
J’ai bien l’impression que traduction et lettrage ont été refaits à cette occasion. Mais je n’ai pas encore comparé.
Akira, ça fait partie des rares trucs que je peux avoir en plusieurs éditions (avec, genre Dark Knight, le Wolverine de Claremont et Miller… ou Boule & Bill contre les mini-requins !).

:wink:

Jim

Vilain !
Akira, j’ai lu en N&B, et je n’arrive pas à passer à la couleur !

Voilà bien un manga que j’aimerais avoir chez moi …

J’ai découvert avec la version couleurs qui, il faut bien l’avouer, était assez formidable. Steve Oliff, peintre et coloriste traditionnel, explorait l’informatique à une époque où c’était encore une curiosité, et il a fait un boulot incroyable.
Les deux versions me plaisent tout autant, personnellement.

Jim

Il y a une interview où il revient sur son travail dans ce bouquin, qui vient de sortir (je n’ai pas fait attention si le contenu était le même que celui du hors-série de Rockyrama sorti il y a quelque temps déjà, dont je ne me souviens pas précisément).
Cet entretien est très intéressant. C’était vraiment une autre époque. Il y indique qu’Akira est, à sa connaissance, le premier comic book entièrement colorisé informatiquement… et aussi qu’Ōtomo à bousillé un volume japonais d’Akira en y mettant des indications de couleurs à l’aide de marqueurs (dont l’encre a évidemment traversé les pages)…

Tori.

Ah ha ha ha, pas mal !
Le truc qui m’a épaté (et ton anecdote m’y fait penser), il y a une vingtaine d’années, quand je discutais avec des studios de lettrage manga, c’est le fait que le Japon, ce pays de haute technologie, était incapable de fournir des fichiers informatiques pour les éditeurs étrangers. Si bien que ces derniers utilisaient des exemplaires papier de l’édition d’origine, fournis par l’éditeur nippon, qu’ils désossaient afin de faire des numérisations de chaque page. Ce qui peut expliquer quelques soucis de reproduction de trames, par exemple. Ce qui peut également donner une autre explication au respect des onomatopées : le prétexte, c’est le respect de l’œuvre originale, mais il faut aussi prendre en considération le fait que laisser les onomatopées d’origine, ça gagne du temps. D’autant que souvent, les studios de lettrage travaillaient avec un tarif des plus réduits, si bien que ce genre de manipulations ne pouvait qu’alourdir la facture.

Jim

Même à l’heure actuelle, les japonais fournissent souvent des fichiers « aplatis » (je crois que c’est comme ça qu’on dit) ou alors avec seulement deux calques (un pour le dessin, un pour les textes des bulles… les onomatopées font partie du dessin)…
Rares sont ceux dont les fichiers comportent un calque séparé pour les onomatopées (déjà, un certains nombre de mangakas ne travaillent pas encore en numérique).
Après, il y a peut-être aussi des cas où les Japonais ne veulent pas qu’on touche aux onomatopées (considérant qu’elles font totalement partie du dessin).

C’est également un pays de traditions…
Et l’art du dessin y a gardé un certain côté artisanal (tout en étant une énorme industrie).
Quand on voit, par exemple, le travail que c’est de poser des trames alors que l’outil informatique fait ça très bien…

Les plus jeunes mangakas utilisent beaucoup plus l’outil informatique, mais ils ne sont pas encore la majorité.

Tori.

C’est fou, quand même.

Jim