Pas mal ce numéro 2 ; ce mag’ a finalement des atouts à faire valoir.
Bizarrement, le titre qui me laisse le plus dubitatif, c’est celui de Waid. C’est pas du tout raté ou quoi que ce soit, c’est même plutôt bien usiné et dialogué (même si la touche un peu djeun’s me semble parfois forcée…), mais étrangement ça me laisse quand même l’impression d’un titre assez anodin, faute d’un concept un peu fort ou en tout cas plus affirmé ou précisé. Cette idée de Vengeurs qui n’assument pas cette étiquette, ça me semble un peu léger. Le vilain de l’arc en cours n’est pas vraiment la plus fameuse des créations Marvel, non plus.
Pas nul mais pas vraiment excitant non plus ; Waid semble un peu moins impliqué qu’à l’accoutumée en matières d’idées fraîches.
Je suis beaucoup plus intéressé par ce que fait le scénariste Al Ewing, de plus en plus impressionnant. Décidément, la montée en puissance de cet auteur me paraît vraiment prometteuse, après ses travaux avec Alan Davis, et ses excellentes prestations sur « Mighty Avengers » et « Loki ».
Le premier épisode me semblait un peu sage au regard du degré de folie que le scénariste est habituellement capable de convoquer, mais la barre est redressée ici, me semble-t-il, avec un premier épisode assez fou-fou et qui fait une bonne utilisation du vilain Richards, la version Ultimate. Non seulement, comme on le soupçonnait, celui-ci se rappelle de la version précédente du Multivers, mais en plus il semble lever un lièvre intéressant avec l’existence de versions antérieures, en nombre non négligeable. Une idée à creuser, sans compter qu’Ewing en profite pour lier le tout à un nouveau vilain au look pas possible, très Doc Strange des seventies dans l’esprit. Vraiment cool, au final.
Le deuxième épisode a le mérite de changer totalement d’ambiance et de décorum, en explorant le background touffu de Hulkling : Ewing a l’idée d’hybrider (à l’image du personnage lui-même) les folklores Kree et Skrull et il en tire des idées intéressantes, non dénuées d’humour d’ailleurs. La chute de l’épisode et son ellipse marrante sont très réussies aussi, dans le genre.
Je n’aime vraiment pas Sandoval mais son dessin a le mérite de bien s’accorder à l’esprit du titre ; il s’essaye même à un dispositif narratif original sur la première moitié du deuxième épisode. On va dire que ça passe, malgré de gros défauts.
Au final, je suis très fan du titre, quoi.
Le titre de Duggan n’est pas déshonorant, vu que ce scénariste est loin d’être un manchot (il a même quelques bonnes idées à faire valoir, comme sa façon d"introduire le vilain ici), mais le titre me semble quand même loin de dégager le même charme que les « New Avengers ». L’opposition Spidey/Deadpool (dont j’ignore si elle est inédite ou déjà introduite ailleurs) fait un peu vieille ruse de sioux pour instaurer une dynamique de groupes, fût-elle « négative ». Mais ça fait un peu artificiel, comme dans le titre de Waid d’ailleurs. A force de rebattre les cartes on a pas vraiment le temps d’établir des connexions entre les persos, faut dire. Le titre en souffre un peu, mais ça reste une lecture agréable.
Ouaip, un plutôt chouette mag’, au bout du compte.

