APRÈS LA GUERRE (Brunschwig / Martin, Le Roux)

Discutez de Après la guerre

Quand le label Futuropolis s’est reformé, il y a une douzaine d’années, c’était sous la forme d’une collection au format inédit, des fascicules grands et épais proposant des feuilletons à pas cher. J’avais suivi quelques titres, mais pas Après la guerre, pour une raison qui ne me revient pas, mais qui tient peut-être au dessin, sorte de réalisme photographique trituré qui m’évoquait un Zezelj sans le souffle.

ApresLaGuerreTome1Cover

Après la guerre faisait partie de ces feuilletons et a connu deux livraisons avant que le format soit abandonné au profit d’un album plus traditionnel. Les deux chapitres ont été compilés dans le premier tome d’une série, qui pour l’heure n’aura pas dépassé ce stade. Ce dernier étant sorti en mai 2007, il y a fort à parier que la suite ne voie jamais le jour.

apreslaguerre-gare

C’est assez dommage.
L’histoire se déroule après une guerre opposant “l’humanité” (pour reprendre le terme promu par les affiches de propagande vues au détour des cases) à une civilisation extraterrestre dont, pour l’heure, on ne voit que des images inquiétantes (vaisseaux spatiaux gigantesques, cocons contenant des humains). Les récitatifs de temps et de lieu laissent entendre que deux ans séparent le passé (la guerre) du présent (le fameux après-guerre constituant le cœur du récit).

apreslaguerre02-fauteuil

Ce premier tome laisse planer le doute sur la période de la guerre : instauration d’un état policier profitant de la menace extraterrestre pour contrôler les foules et les mouvements séditieux, oppression face aux minorités, expériences sur sujets vivants, le gouvernement en place n’est pas des plus sympathiques. Et le tome se conclut sur une révélation : l’eau distribuée aux citoyens contient des euphorisants qui participent sans doute à la docilité des masses.

Ce portrait d’un futur qui déchante est servi par un dessin sombre, d’un côté flou et suggestif et de l’autre assez détaillé (un peu ce que donnerait John Paul Leon encré par Danijel Zezelj, si vous voyez le truc), mais sans doute trop sombre. Les passages entre passé et présent sont parfois limpides, d’autres fois plus incertains, et l’une des scènes d’action n’est pas très lisible. Cela donne l’impression que les choix graphiques jouent contre leur camp.

Mais l’ensemble de cette introduction offre un avant-goût de ce que la série aurait pu proposer (un thriller social sur fond de SF), et la frustration n’en est que plus grande.

Jim