ARISTOPHANIA t.1-2 (Xavier Dorison / Joël Parnotte)

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ARISTOPHANIA TOME 1

SORTIE LE 18/01/2019

GENRE

  • AVENTURE
  • FANTASTIQUE / ESOTÉRISME

PUBLIC

  • ADO-ADULTE - À PARTIR DE 12 ANS

RÉSUMÉ ARISTOPHANIA TOME 1

L’histoire commence à Marseille, en 1899. Clément, un ouvrier, est tué dans des circonstances étranges par un certain Barboza, un colosse dévoreur de rats. Sa vie n’était pas moins insolite et remplie de secrets, à en juger par la drôle de conversation qu’il tenait, quelques minutes avant sa mort, avec une femme aussi élégante que mystérieuse.

Neuf ans plus tard, alors que la veuve de Clément croupit en prison et que ses trois enfants sont en butte à la violence des adultes, la femme mystérieuse revient dans leur vie. Elle s’appelle Aristophania Bolt, comtesse de son état. Afin de protéger les enfants de la menace qui pèse sur eux, elle les installe dans un décor de rêve qu’elle nomme Azur. Poussés par la curiosité, ils ne résistent pas à la tentation d’explorer leur nouveau cadre de vie. Ce qu’ils vont découvrir - à commencer par les pouvoirs d’Aristophania - dépassera de très loin les limites de leur imagination…

Après Le Maître d’armes, Xavier Dorison - le scénariste d’Undertaker - et Joël Parnotte signent avec Aristophania une nouvelle épopée flamboyante et envoûtante, dans laquelle le décor le plus banal sert de paravent à un univers fascinant, truffé de sortilèges et de magie. Entre fantastique échevelé, petites pointes d’humour et réalisme social, cet album inaugure un cycle en quatre tomes qui dessine les contours d’une nouvelle série de « french fantasy », riche en promesses et en rebondissements.

PAGINATION. 64 PAGES

FORMAT. 241x318

EAN. 9782505070047

Encore un album avec un tandem qui accroche.

Jim

J’avais le soupçon en voyant l’image de couverture (ainsi que l’accroche “french fantasy” sur l’auto-collant dans le commerce), que c’était une sorte de Mary Poppins à la française.
Et c’est complètement ça.
Si l’on admet que Mary Poppins appartient à un royaume fantastique en pleine guerre, sur le point de perdre le conflit, et protégeant vaille que vaille les héritiers de la seule personne qu’elle pensait capable de trouver le moyen de gagner ladite guerre.
Le récit est linéaire, assez bien amené, d’une manière aussi classique qu’efficace, la voix d’un des trois enfants servant de clé d’entrée au récit et à l’univers. On part du milieu ouvrier, exploité et ostracisé (l’ensemble a des échos assez modernes), bref un milieu facilement identifiable, et de ce monde connu, on glisse lentement vers Azur, cet univers féérique, séduisant, pas si différent du nôtre mais respirant le merveilleux. Le regard des enfants sert à saisir les enjeux, expliqués par petite touche, à conserver une certaine distance avec Aristophania Bolt, et à développer la psychologie des frères et sœur, afin d’amener tranquillement leur prise de position. C’est roublard, bien ficelé, efficace, un peu calibré mais très immersif.
Graphiquement, Parnotte a encore fait un bond depuis Le Maître d’armes de 2015. Ses hachures, ses décors, ses matières, ses ombres, tout est riche, dense, généreux. Les scènes de baston, qui lorgnent vers le mouvement et l’énergie des super-héros sans en avoir l’air, sont splendides. Et les décors d’Azur sont saisissants.
Un premier album séduisant, où le ton sarcastique et légèrement mauvais esprit d’Aristophania Bolt fait merveille. Vivement la suite.

Jim

Moi j’ai trouvé ça long, sérieux un album pour faire une intro quand on voit la quantité de Bd qui sort, c’est juste trop long, il ne se passe pas assez.

Alors oui c’est vrai ça prend son temps à démarrer ce Aristophania mais d’un autre coté, contrairement à plein de trucs qui sortent, c’est prévu en 4 tomes, donc du coup, connaissant le scénariste, je dirais que la suite va développer toutes les pistes ouvertes dans ce premier tome.

Je trouve ce qu’en dit Jim très juste!

Et au final, il s’en passe des choses : la baston fondatrice du début, la situation dans le milieu ouvrier qui mène à une séparation, la rencontre avec Aristophania, l’exploration d’Azur, la désobéissance des enfants, la baston finale, l’espèce de prestation de serment avortée de la fin, le tout avec la présentation de plein de personnages secondaires, une caractérisation qui prend son temps et profite de l’espace imparti…
En soit, c’est pas tellement différent de la construction du premier Long John Silver : scène prégénérique, présentation de l’héroïne et définition des enjeux, rencontre avec Silver, constitution de l’équipage, départ…
Et quand on sait la richesse de la série Long John Silver, je crois qu’on est en droit d’attendre du lourd pour Aristophania.
Et puis, dans la catégorie mainstream, c’est plutôt le haut du panier. Si tout était à ce niveau, on n’aurait pas à se plaindre.

Jim

Avis de Jim et Fab que je partage.

C’est vrai. Maintenant avec la quantité de BD que je dois lire, je suis beaucoup plus critique. Mais ne mainstream pour le moment c’est pas mal. Mais j’ai préféré le dernier Stern il s’y passe plus de choses en 1 tome.

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ARISTOPHANIA TOME 2 - PROGREDIENTES

Basile, Victor et Calixte ont enfin retrouvé leur mère, Adèle Francoeur, mais dans un état très inquiétant. Le Roi banni l’a privée de son Azur et l’a recouverte de Calamyrhs, catalyseur puissant empêchant l’énergie de regagner son corps.

L’état d’Adèle n’est cependant pas l’unique préoccupation d’Aristophania : la puissance des Calamyrhs inquiète le royaume d’Azur. Avec une telle arme en sa possession, le Roi banni pourrait aisément gagner la guerre qui se profile. La destruction de ce pouvoir devient donc essentielle et seule la Source Aurore pourrait contrecarrer ses plans et sauver la mère des enfants.

Aristophania en est convaincue : l’un d’eux pourrait trouver cette source. Mais la Reine d’Azur ne lui laisse que sept jours pour réaliser un tel miracle…

PAGINATION. 64 PAGES

FORMAT. 241x318

EAN. 9782505075592

SORTIE LE 31/10/2019

Purée, cette fin d’année va me coûter cher, en matière de franco-belge.

Jim

Aristophania Bolt, en opposition avec la Cour de l’Azur, a décidé de former les trois enfants, Victor, Basil et Calixte. L’album se découpe donc autour des épreuves qu’elle leur propose et de l’attaque imminente du camp opposé.
Deuxième tome très intéressant, mais que j’ai trouvé, pour ma part, en deçà du premier et de ses promesses.
Pour deux raisons.
D’une part, l’aspect social, très présent dans le premier à l’occasion de la description d’une famille pauvre, est relégué à l’arrière-plan, et si l’on a droit à quelques remarques sur la pollution et l’industrie, ça reste portion congrue.
D’autre part à cause de l’économie générale du récit. Avant que les choses commencent à bouger réellement, on a droit à quelques tunnels de dialogues explicatifs (sur l’Azur, sur les épreuves), qui ajoutent au caractère très bavard de ce tome. En plus de ralentir la lecture, ces séquences donnent l’impression d’étouffer le dessin, ce qui est franchement dommage.
Question dessin, Parnotte explore davantage encore les possibilités d’un encrage matiéré, tout en hachures, dans un rendu très complexe. C’est très joli, avec des personnages expressifs. En revanche, la densité de narration fait qu’il a moins l’occasion d’offrir de belles cases d’action, comme dans le premier tome.
Les deux auteurs parviennent à créer une sorte d’urban fantasy, un peu dans la lignée de ce que Moore, Gaiman et d’autres avaient initié, mais avec cette petite touche française déjà sensible en littérature (je pense à Fabrice Colin, voire à Xavier Mauméjean il y a quelques années). C’est bien plus convaincant que l’approche de Sébastien Latour sur Wisher ou Ellis Group, par exemple. La guerre autour de l’Azur promet d’être passionnante, maintenant que les explications sont données et qu’un appel d’air permettra de libérer le récit.

Jim

Ca me rassure de voir qu’il y a pas que moi, ça m’a même sortie de ma lecture.