AU COEUR DE L'OCÉAN (Ron Howard)

Après Rush, Ron Howard retrouve Chris « Thor » Hemsworth pour cette histoire vraie qui fut l’une des inspirations de Herman Melville pour son Moby Dick.

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La première bande-annonce :

Initialement prévue pour le 25 mars, la sortie de Au coeur de l’océan a été repoussée au mois de décembre (le 11 pour les U.S., la date française restant à fixer).
La Warner positionne ainsi le film pour la prochaine “saison des Awards”, mais le sortir une semaine avant le prochain Star Wars est à mon avis plutôt risqué…

Certaines productions y ont perdu des plumes dans le passé, c’est clair…notamment au mois de mai 1977.

La nouvelle bande-annonce :

J’ai vu et apprécié Au coeur de l’océan, un bon film agréable dans la veine des productions habituelles de Ron Howard.
Cependant, je reste un peu déçu que ce dernier n’ait pas pu apporter à tout son film la puissance terrible de sa première partie. Globalement, jusqu’à l’attaque du cachalot, Au coeur de l’océan est un film puissant, brutal, impressionnant, dont certains moments m’ont (un peu) rappelé l’épisode de la tempête dans le génial Mad Max : Fury Road.
C’est dommage, parce que cette première partie est très bonne, très forte, portée par des acteurs concernés malgré un scénario classique. Et c’est quand le scénario prend la main pour essayer de sortir des sentiers battus que ça fonctionne moins, parce que le scénario n’ose pas aller plus loin que la décence le demande, parce que finalement ça finit plutôt “bien” et que la morale est globalement sauve. Du coup, on quitte un film à l’intrigue classique mais aux images puissantes pour un film à l’intrigue qui essaye de choquer (mais ne s’en donne pas les moyens) avec des images trop classiques.

C’est dommage, ça aurait pu être très bon.
C’est “juste” bon, ce n’est pas un drame mais une occasion manquée.

Tiens, je l’ai vu ce soir, en me rappelant vaguement les impressions suite à la bande annonce, et j’ai plutôt bien aimé.
L’approche consistant à raconter l’histoire de l’Essex, tout en la « romançant » dans un effet de balancier en y réinjectant les signes distinctifs les plus remarquables du légendaire roman qu’elle a inspiré, est plutôt bien trouvée, et le scénariste de Grands Anciens est plutôt sensible à l’idée de voir Melville prendre des notes pour son futur bouquin.
Le casting est quand même en or, avec la constatation amusante de voir Thor et Spider-Man littéralement dans la même galère.
Le film, qui propose comme clé d’entrée l’orientation « aventures » (grands espaces, menaces naturelles, fraternité d’hommes rudes, discours sur le commandement, tensions dans le groupe…), rejoint les rangs des innombrables paraboles sur le capitalisme, avec les troupes ouvrières au service de nantis oppresseurs. Classiques, mais efficace.
À l’inverse de mon auguste camarade, j’ai trouvé cette première partie, si elle est composée d’images puissantes (mais j’avoue ne pas être très sensible aux images passées aux filtres verts ou bleus, procédé un peu abusif), pleine de clichés, le plus encombrant étant celui du duel entre le capitaine tenant son titre de sa lignée familiale et le capitaine en second compétent mais prisonnier de ses colères. L’opposition est facile et, appliquée au monde des bateaux, rappelle d’innombrables longs métrages jouant sur les mêmes ressorts, l’histoire du Bounty s’imposant dans les mémoires.
Et c’est justement en quittant ces eaux balisées que le film m’a surpris. Il m’a surpris en réglant l’affaire de la chasse au cachalot assez vite et en plongeant dans l’intrigue de naufragés à mi-parcours. Il m’a surpris en tenant un discours assez jusqu’auboutiste sur les impératifs de la survie. Et s’il se conclut sur une note effectivement plus optimiste (en écho à la rédemption du vieux marin qui enfin allège ses épaules fatiguées du lourd secret qu’il traîne depuis des décennies), l’impact de certaines séquences reste en mémoire.
Je ne sais pas quel accueil le film a reçu, mais il est clair qu’il fournit son lot de surprises, non pas dans l’intrigue et les péripéties, mais dans la tonalité et le genre où il s’inscrit (passant du récit d’aventure à la chronique survivaliste). J’avoue que j’accorde toujours plus facilement mon adhésion à des récits qui affichent l’audace de livrer autre chose que ce que la bande annonce avait pu laisser entendre.
Et là, j’ai tout de même été bien cueilli.

Jim

Critiques mitigées et flop financier (93 millions de recettes pour un budget de 100 millions)…

Mazette, quelle claque.

Jim

Eh bien c’est la même chose pour moi (je suis bien content que tu l’aies dit avant moi, j’aurais pas dit mieux). J’étais un peu inquiet par la tournure des évènements étant donné que jusqu’au cachalot, je me suis un peu fait chier parce que trop classique et hyper attendu (et mes maintes tentatives de zapping ont toutes été mises en échec), et la suite m’a bien plus intéressé, limite, j’ai trouvé que le -10 n’était pas de trop, psychologiquement.
Du coup, je suis resté jusqu’au bout.