BATMAN #86-99 (James Tynion IV / collectif)

Une réussite, encore.
James Tynion IV acte clairement la folie qui s’empare de Gotham City, mais s’acharne (et je l’en remercie) à montrer les à-côtés. On voit certes Joker, Punchline, Harley Quinn, Batman et le GCPD, mais on voit aussi le négociant des super-vilains, et même maintenant un nouveau justicier mortel. Le Clownhunter, qui massacre les troupes du Joker.
J’aime comment l’auteur « peuple » sa Gotham, en fait un lieu encore plus vivant, en montrant qu’il n’y a pas que les figures connues. Figures connues qu’il maîtrise bien, d’ailleurs, que ça soit un Joker correctement écrit (bien que, à force d’être mis en avant, ça fasse redondant, tant cette version me rappelle celle des jeux-vidéos Arkham). Ou encore Batman, terrible en combattant aveugle. Ou surtout Harley, vraiment pertinente sous son clavier.
Bon, le « délire » sur Batman qui entend Alfred surprend, mais le coup de la toxine fonctionne et je suis curieux de la suite. Moi qui ne voulais pas de cette saga, je me surprends à vraiment l’apprécier et à accrocher, grâce aux talents de Tynion et surtout de Jorge Jimenez, littéralement en feu. C’est beau, intense, puissant, profond, éblouissant.

Une bonne saga.
Un petit exploit en soi, tant le thème et les personnages ont été usés sur ce terrain.

Je confirme. Tynion ne déçoit pas, et parvient, à partir d’une situation a priori rebattue — sans doute pas initialement pensée pour aller plus loin qu’une fonction de fill-in entre deux runs plus importants —, à injecter de la chair, de la vie, et, tout de même, des idées originales deçà delà, qui donnent du sel à la recette (voire en font le sel). Ici, c’est par exemple la nature finalement révélée (sauf rebondissement ultérieur) du plan du Joker (reproduire à l’échelle de la ville le traumatisme fondateur de Bruce, et voir ce qui en sort) ou le recoin de « paradis » jadis aménagé pour Harley par Poison Ivy. Je ne sais pas pour combien de temps Tynion est parti pour rester sur Batman, je ne sais pas s’il le sait lui-même, mais je commence à me dire qu’on pourrait bien avoir là le potentiel pour un successeur quasi digne de son run sur Detective Comics

Je te rejoins sur la qualité du titre, c’est vraiment bien écrit, beaucoup de monde (la grande qualité de T4 est bien manager ses personnages) et ça bouge en termes d’action. Mais je ne sens pas encore d’âme dans son run alors que sur Détective Comics, il avait assez rapidement dégagé quelque chose de fort.

Je vais attendre le climax du Batman 100 pour la comparaison avec son run sur DC.

Je pense, de toute façon, que ça sera difficile de comparer.
Déjà, parce que Tynion semble avoir eu un contrat d’intérim sur Batman, aujourd’hui étendu. Et si je ne doute pas qu’il saura trouver quoi écrire, cela n’aura peut-être pas tout de suite, et sûrement pas autant, la même ampleur, la même puissance que sur Detective Comics, où on pouvait sentir que beaucoup d’éléments avaient été pensés en amont.
Ensuite, parce que Detective Comics était certes sur Batman, mais sur Batman et ses proches. Une vraie série d’équipe, en fait, où Batwoman et Batman ont la même importance, et où Tim Drake, Spoiler et Clayface sont juste derrière. Avec Cassandra Cain, etc. Difficile de comparer un titre solo par rapport à une série de groupe.

Enfin, je dirais que Detective Comics sera « toujours meilleure » que Batman pour une unique raison.
Tynion a réussi ce que personne n’a jamais réussi : faire vivre une équipe dans le Batverse.
Dans Detective Comics, les Knights étaient un vrai groupe, avec une vraie dynamique, un vrai fonctionnement, personne pour tirer la couverture, pas d’über-Batman.

Rien que pour ça, pour avoir réussi ça, ce sera toujours au-dessus pour moi.

J’ai bien dit quasi, pour toutes les raisons que vous soulevez justement. :wink:

BATMAN #98

Written by: James Tynion IV.

Art by: Jorge Jimenez.

Covers by: David Finch, Francesco Mattina, Jorge Jimenez.

Description: « The Joker War, » part four of six! Batman is at his most vulnerable following a massive dose of an experimental new Joker toxin. With the Dark Knight haunted by demons and visions, it’s up to Harley Quinn to protect him while he recovers – because Punchline is on her way!

Pages: 32.

Price: $3.99 (Variants, $4.99).

Available: Sept. 1.

Source : www.comicscontinuum.com

Put$in, c’est bon, ça.
James Tynion IV livre un épisode superbe, qui met évidemment en valeur Batman, mais n’oublie pas Harley Quinn, vraiment bien écrite ici. L’auteur approche de son grand final, qui s’annonce dantesque, et prend ici le temps de « régler » ce qu’il a proposé jusque-là.
Oui, le duel Harley VS Punchline est bon, autant physique que psychologique, et la première bénéficie d’une finesse d’écriture dans sa relation avec le Joker qui est vraiment agréable. Oui, Batman est confronté au « spectre » d’Alfred, qui le hante depuis plusieurs numéros, et cela donne une analyse forte et puissante du mythe Batman, de ce rêve d’enfant qui motive Bruce Wayne à réaliser l’impossible, mais le ronge, surtout.
C’est fin, c’est fluide, intense, direct et profond ; complètement réussi. La confrontation, sobre mais parfaite, Batman VS Punchline est idéale, et le final donne clairement envie de lire la suite… tout de suite.
Jorge Jimenez livre encore des planches superbes, dans l’émotion pour Bruce/Alfred, dans l’abus et la gravité avec Harley/Punchline.

Un numéro parfait d’une saga très forte.
Espérons que le final la rende immense.

BATMAN #99

Written by: James Tynion IV.

Art by: Jorge Jimenez.

Covers by: Jorge Jimenez, Derrick Chew.

Description: « The Joker War, » part five of six! « The Joker War. » part five of six! Things have changed, as Batman realizes he can’t fight this war alone. He’s going to need help. Before he faces down The Joker, he must call up his trusty partner Dick Grayson! But can Dick reclaim his lost memories in time to join the battle?

Pages: 32.

Price: $3.99 (Variants, $4.99).

Available: Sept. 15.

Source : www.comicscontinuum.com

J’avoue que je suis un peu déçu.
Oh, James Tynion IV livre un script solide, et Jorge Jimenez propose des pages magnifiques. Mais c’est quand même « attendu », et ça retombe brutalement après le sommet qu’a été le #98.
Ici, j’ai un peu l’impression que Tynion « distribue » les tie-ins (vous voulez voir ça ? c’est ici ; vous voulez voir ça ? c’est là), pour expliquer comment Batman et les siens récupèrent une ville en plein chaos, ainsi que la fortune Wayne. Au-delà du fait que ce n’est pas franchement « passionnant » de voir ces références lourdes à d’autres titres, l’ensemble sonne facile… et j’avoue que quelques mois après City of Bane, la re-re-re-re-réunion de crise de la Batfamily, ça me laisse froid.
Bon, ça se lit bien quand même, notamment sur Harley Quinn, très bien écrite ici, sur la corde raide. Mais même Batman qui s’excuse, ça sonne un peu creux. Et le final, où le Joker « anime » le cadavre d’Alfred et se révèle avec une Batsuit Jokérisée, est sympathique, hein, mais ça n’est ni surprenant, ni vraiment prenant.
Tynion a été tellement fort, est monté tellement haut jusque-là, que ce retour un peu « basique » refroidit clairement. C’est agréable à lire, Jorge Jimenez livre de très belles planches, mais bon… c’est moins puissant, quoi. C’est rentré dans le rang, là.
A voir si la conclusion relancera la machine !

J’ai trouvé ça un peu pathétique, je dois dire.

D’ailleurs, pour rejoindre ton avis, le numéro a complétement fait descendre mon niveau cardiaque après les épisodes intenses. On est bien d’accord.
Et pour tout dire, je ne vois pas trop où il va, le Père T4. Je trouve qu’il ne construit pas grand chose. A moins que l’on ou ressorte une Gotham dévastée à reconstruire… alors qu’elle est déja dévastée! :wink:

Bref, nous verrons.

Reste le seul mystère du book. Pourquoi Damian n’est pas là lors de la réunion de la Bat-Family? Est-il le « Tueur de Clowns »?

On peut sûrement « sentir » ici que Tynion ne devait rester que jusqu’au #100, et préparer un contexte pour un changement de la franchise.

Je ne lis pas, mais j’ai vu passer que Damian est devenu trop extrême dans Teen Titans, et n’est plus Robin.

Et pas un mot dans un titre Batman… hoho y’a-t-il un éditeur dans l’avion?

Bientôt contre le Batman who laugh?