BATMAN / DEADPOOL (Grant Morrison / Dan Mora)

Après la version Marvel, voici donc le pendant DC de la rencontre entre Batman & Deadpool, avec quelques back-ups.
Et si le premier volume était sympathique, le rendu ici est bien plus intense et enthousiasmant !

Oh wow. Grant Morrison n’avait pas écrit de comics depuis longtemps, et iel a depuis annoncé qu’écrire cela a ravivé la flamme, et bien… ça se voit et ça se sent, dans ce petit OVNI certes loin de ses fulgurances terribles, mais bien surprenant, prenant, entraînant, fun et plein de références et d’irrévérences !
Ainsi, l’on voit Eternité et l’incarnation de l’univers DC, similaires au design vu dans JLA/Avengers, qui se croisent dans le Néant et… s’embrassent puis couchent ensemble, alors que Batman remonte la piste d’un être qui aurait tué la femme du premier Sportsmaster et semble capable de réécrire la Réalité. Il croise alors Deadpool, qui lui poursuit Cassandra Nova sur demande du TVA. Le contact est un peu rude, mais surtout bavard et piquant, car ce Batman n’est pas celui croisé par Deadpool, et ce Batman « encaisse » aisément les bavardages de Wade (même s’il l’appelle constamment « Slade », et considère qu’il est moins inquiétant qu’un Deathstroke, huhu), parce qu’il a supporté des années les échanges avec ses Robins et le Joker. Ils sont confrontés par Cassandra, avec des fausses pistes, des passages dans des labyrinthes, des indices, des combats où Batman meurt mais Deadpool le ressuscite dans un Puits de Lazare duquel sort Dark Claw (!!!). Celui-ci s’en prend à Wade mais révèle que Robin agit dans l’ombre, et Damian attaque Cassandra Nova. Mais la véritable menace est révélée : le super-vilain The Writer, tué jadis dans Suicide Squad à côté du premier Sportsmaster, qui réécrit la Réalité avec son vieux PC portable. Cassandra tente de l’attaquer, mais elle est stoppée parce que The Writer l’a créée, et The Writer fusionne Batman et Deadpool (« Dead-Bat ») avant que la crise cesse. The Writer lance quelques éléments sur Damian, le canon qu’il ne peut plus (n’a plus le droit) de modifier, puis s’en va. La femme de Sportsmaster est ramenée, Batman salue Deadpool avec des vannes directes ou froides de chaque côté, et Eternité s’indigne d’être « noté » sur une appli’ par son incarnation de l’univers DC, tous deux se promettant d’y revenir « un moment »…
Wow, oui. Wow ! Grant Morrison m’a énormément plu dans cet épisode doucement dingue, avec beaucoup de vannes, de bons mots, de belles situations, de belles références, avec le running-gag sur Wade / Slade, la mise en avant de Cassandra (qui rajeunit en cours d’épisode et plonge ses doigts dans les crânes), les éléments sur Damian et le canon, et les divergences sur les versions. C’est fun, comme la reprise de son équivalent The Writer, avec constamment de l’action, du cool, une ambiance « relâchée » et directe qui fonctionne fort bien.
C’est d’autant plus efficace que Dan Mora dessine très bien, très agréablement, de manière très dynamique, mais aussi de manière sérieuse, avec un décalage entre les vannes et références et donc son trait très sérieux. Ça fonctionne, ça me plaît, et lire tout ça me laisse en sortir avec une banane sur le visage.
C’est bien, bien fun, bien intelligent dans l’humour, bien délirant sans être neuneu, bien référencé sans être lourd, et bien cool. Grant Morrison aurait sûrement fait plus fou à une autre époque, et c’est « énorme » en ce moment car l’époque est plus calme et consensuelle, mais ça fait beaucoup de bien de lire un tel délire maîtrisé et référencé, maintenant !

On enchaîne alors avec les back-ups, comme dans le one-shot précédent.

James Tynion IV & Joshua Williamson & Scott Snyder organisent avec Hayden Sherman la rencontre entre John Constantine (« Hellblazer », le vrai, donc) et Dr Strange. John vient voir Stephen au Sanctum Sanctorum car les « horreurs » de leurs deux mondes se rencontrent du fait d’un choc cosmique, avec notamment Ghost Rider qui attaque violemment Swamp Thing. Les deux Sorciers se lancent des piques vu leurs différences, et John tente de manipuler puis vole l’Oeil d’Agamotto pour tenter de gérer seul, mais c’est trop pour lui. Stephen l’aide, ils collaborent et règlent la situation, avec Strange semblant accepter le défi de venir voir la version de la Magie de John de son côté.
Sympathique en soi, mais un peu long. Les trois scénaristes livrent un épisode rempli de dialogues bavards, avec de bons mots mais pas suffisamment pour justifier tant de blabla entre les personnages. Bon, John et Stephen sont bien écrits même si Constantine a le plus beau rôle, et le dessin est bien efficace même si j’aurais aimé plus de « crade » en soi.
Sympathique, mais limité.

Tom Taylor enchaîne avec Bruno Redondo pour la rencontre entre Nightwing et Laura Kinney, et c’est très bon. Laura visitait Gotham avec Gabby quand celle-ci a disparu, et Batman étant indisponible, elle a sollicité Nightwing. Celui-ci l’aide à enquêter dans les égouts, et ils trouvent Gabby emprisonnée par Killer Croc, car elle a défendu Jonathan, son Grognon apprivoisé. Laura et Dick affrontent Croc, terrifié par Laura, et ils vont ensuite manger avec Batgirl, puis Laura & Dick parlent de leurs pères, de leurs charges, et de l’impératif d’être à la hauteur de celui qui est le meilleur dans sa partie.
Et c’est très bon, oui. Tom Taylor assure aux dialogues et dans les voix-off de Laura et Dick, avec une très bonne exposition de chacun. Le revoir écrire Gabby est cool et fun, l’ensemble est rafraîchissant et entraînant, avec de beaux moments pour chacun et un final touchant, intelligent et efficace. Mais aussi de superbes et très réussis dessins de Bruno Redondo, vraiment formidable.
Une très belle et bonne réussite.

Mariko Tamaki continue avec Amanda Conner pour la journée délirante de Harley Quinn avec Hulk. Bon, c’est une succession de scénettes dans une course-poursuite dénuée de sens, où Harley et Hulk essayent de passer une bonne journée mais provoquent des catastrophes.
Je suis passé à côté. C’est très joli, les dessins sont beaux, dynamiques, rigolos, mais je ne suis pas dans le délire, et ça ne m’a pas fait sourire.
Ce n’est juste pas pour moi.

G. Willow Wilson et Denys Cowan (avec Klaus Janson) organisent la rencontre entre Ms. Marvel et Static. Le second s’échappe d’un repas avec ses parents pour aller stopper un gros monstre à Jersey City, car il trouve Ms. Marvel mignonne et veut aider. Ça se chamaille un peu, mais ils finissent par s’entraider et s’apprécier.
Bon, c’est correct mais court et un peu creux. La rencontre est rapide, les voix-off sont bonnes et les dessins sont solides, mais ça ne va pas loin et c’est un peu dommage d’en faire si peu.
Correct mais frustrant.

Un one-shot version DC donc très enthousiasmant en soi, avec un récit principal qui m’emporte, une back-up formidable, une autre correcte, une à laquelle je n’ai pas adhéré et une frustration.
Un ratio correct, mais surtout deux pépites qui m’enthousiasment !

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Comme tu le dis si Morrison est loin de ces meilleurs ecrits, on s amuse bien, c est remplit de refs, c est malin ..
Je ne suis pas un grand fan de Dan mora mais force est de constater que dans le duel a distance avec Capullo c est lui qui gagne (alors que c est son 25eme titre du mois) je suis assez impressioné sur le coup.

J avais bein aimé le titre de marvel que j avais trouvé suffisamment fun et divertissant et au-dessus de vieux cross préDcVsMarvel (sauf quelques exceptions). mais là c est au-dessus.

Dr Strange/Hellblazer: comme tu le dis c est bien mais pas assez. On s attend a tellement mieux.

Wolverine/nightwing est une reussite totale

Harley Quinn/Hulk est surement à l instant T la plus faible des histoires.. (je compte FF/Flash et Thor/Shazam). Pourquoi?

Ms Marvel/Static: euh oui.. ca se lit mais c est au fond du classement aussi.

Par rapport au Marvel: l histoire principale est bien au dessus..mais tous les back ups Marvel étaient sympas.. Là on en a 2 qui ne m ont pas fait ni sourire, ni rien..

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C’est un plaisir de lecture, tu as raison. Il n’a rien perdu et a bien compris l’enjeu de ce crossover, à savoir prendre du plaisir.

On le sent heureux de sortir ses blagues, moins sérieux (ou sursérieux).

Revoir Cassandra et The Writer qui le lui ressemblent tous les deux. Un joli clin d’oeil pour les suiveurs.

Qu’est-ce que j’aime Momo.

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