Mais tu es fou toi!
Il en faut bien pour animer ce forum ![]()
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C’est rigolo, parce qu’en parcourant certains topics, je me dis que “ça y est! Les comics, c’est vraiment plus pour moi!” : préviews qui m’indifferent, annonces sans intérêt qui se répètent , me donnant l’impression de vivre dans une boucle temporelle gérée par des nécromanciens qui veulent faire revivre des sentiments disparus et impossibles à ravoir.
Et je commence les premières pages du deuxième tome de cette maxi série, et je me dis que tout n’est pas pourri au royaume du super slip. C’est immédiatement plaisant !! Agréable à lire, joli, rythmé.
Je n’ai pas fini la lecture bien sûr, mais la réflexion de Benoît reste pertinente : doit- on être plus exigeants avec des auteurs confirmés ? Ou doit-on considérer comme un simple exercice de style une approche qui se repose sur une qualité technique acquise?
Batman & Robin Year One Partie 1 est une véritable réussite à tous les niveaux.
Alors ici il n’est nulle question de réinventer la roue et ce n’est pas ce qu’on demande à Mark Waid. L’auteur nous propose une réécriture fidèle de la première année de Dick avec encore et toujours Double Face en toile de fond et je pense que c’est important. Nous avons une nouvelle menace avec un Gotham bien établie, des adversaires comme le Joker déjà en place mais le début d’autres et même un adversaire inventé pour l’occasion qui ne fera surement pas mémoire mais qui ne fait pas tâche non plus.
Tout le récit est centré sur le lien du trio Bruce, Alfred, Dick avec leurs divers caractères, leurs problématiques et cela marche tant par leurs caractérisations que par les dialogues de Waid. C’est une réussite telle qui détonne de sa Justice League parfois bien verbeuse. Ici, Waid laisse le temps à l’action de se dérouler et attaque lorsqu’il le faut tout en laissant des pages parfois vide de dialogue ou de pensée. C’est une maitrise du rythme et de l’écriture : Faire plus avec moins.
Que dire du trait de Chris SAMNEE qui donne une ambiance très Batman TAS à ce récit et qui lui confère un caractère, un charme qui marche complètement sur moi.
Belle découverte !
La question ne se pose pas à moi en ces termes mais plus au niveau du parcours individuel d’un dessinateur et de ce qui transparaît dans ses planches, comment il aborde la narration et le dessin d’un projet à l’autre. Parfois, je suis un dessinateur pendant quelques années et j’en viens à me désintéresser de son travail parce que j’ai l’impression qu’il stagne, qu’il n’explore pas de nouvelles directions. Qu’il reste dans sa zone de confort pour le dire vite. C’est le cas pour Sean Murphy par ex, que j’ai arrêté de lire depuis plusieurs années.
Samnee est un excellent dessinateur avec un sens du découpage affuté et une gestion de la lumière et des ombres aiguisée pour poser une ambiance. Mais après l’avoir vu à l’oeuvre sur Daredevil, Captain America, Black widow et Firepower, je commence à me dire que Chris Samnee n’est pas un dessinateur qui cherche à expérimenter et se renouveller dans sa manière de raconter des histoires (à ce niveau, on sentait la marche sur Darevevil quand Marcos Martin est parti) d’un projet à l’autre. Surtout en collaborant avec Waid, qui n’est pas le scénariste le plus aventureux qui soit ni quelqu’un qui fait preuve d’une créativité débridée.
Tout ça rentre en compte dans mes choix de lectures, à des degrés divers; une idée de scénario un peu élaborée, un traitement qui sort des sentiers battus peut équilibrer une mise en images plus classique, et inversement.
Autant j’ai du plaisir à suivre les itinéraires de gens comme Steve Pugh (qui explore une veine plus humoristique actuellement), Dave Chisholm (qui dresse des ponts entre le dessin et la musique), Liam Sharp, Javier Rodriguez (qui est vraiment challengé sur Absolute Martian manhunter), Emma Rios et d’autres parce qu’ils ne se reposent pas sur ce qu’ils savent faire, autant Samnee commence à ne plus être un argument à lui seul pour que je m’intéresse à une bande-dessinée.
Comprenne qui pourra.
Comme pour le premier tome, j’ai beaucoup aimé la fin de cette maxi. Une bonne utilisation de Hagen permettant à Waid de faire un Secret invasion version Gotham. C’est prenant, joli, bien rythmé, du tout bon.
Quelle chouette lecture que cette série revenant sur la première année du duo dynamique. Elle fut même plus que chouette à vrai dire!
Il y a une vraie collaboration qui laisse la place à Samnee de se faire, et de me faire plaisir ! C‘est rythmé, prenant, et mine de rien, ce que j’apore ie dans ces récit très ”codés” c‘est que ça raconte quelque chose d‘humain. Waid a cette capacité a bien évrite des adolescents ! Il y a de bonnes scènes sur la relation entre Bruce et Dick, ça réussi à se concentrer sur leur relation tout en ne délaissant pas l‘action!
Un récit que je prendrai plaisir à relire (en n&b), parce qu‘il y a tout ce que j‘aime!
Ce qui est amusant, et qui rebondit sur le message de Benoît, c’est que j‘ai préféré cette mini à la Black Widow des mêmes auteurs, qui ressemblait plus à un exercice de style et un cadeau pour Samnee là où cette mini sur Batman sent un propos plus ”intime”. Comme quoi, la ”mécanique” peut être rodée, si ça reste efficace et fait avec talent, pourquoi se priver?
Une petite pépite.
N’insistez pas, monsieur! Waid, ce n’est plus pour moi.
Je laisserai une chance à sa reprise de Superboy dans Action comics parce qu’il y a me semble-t-il un véritable enjeu à confronter un Clark ado en pleine construction au monde moderne et ses multiples défis, sur la base d’une publication mensuelle qui laisse théoriquement de l’espace pour explorer les problématiques et aller au fond des choses (ou du moins ne pas rester en surface des sujets). Mais sinon, ce n’est pas un scénariste à la créativité débridée; ça manque un peu d’imagination à mon goût.
Ca ressemble à Birthright ça non ? (en dehors du rythme de parution)
Clark reste à Smallville.
C’est de la mise à jour contemporaine des aventures de Clark/Superboy.
Oui je me doute. C’est pas la copie conforme mais, a priori, c’est dans la lignée de ce travail précédente tel que @Benoit1 le décrit. En tout cas j’avais zappé cette histoire donc c’est cool pour la découverte. Je vais guetter la sortie française ou chopper la VO
Au moment ou Birthright commence, Clark est journaliste avec une boussole morale affirmée qui le guide dans ses reportages pour mettre au jour les injustices au travers des sujets qu’il couvre. C’est ce qui l’a conduit en Afrique sur les 2-3 premiers épisodes.
En situant Action comics à la période charnière du lycée où tout ado se cherche, il y a matière à explorer son rapport au monde qui l’entoure, comment son caractère et sa conscience morale se forgent au travers de son environnement, ses aventures et des tensions propres à l’adolescence. Un récit d’apprentissage sur la durée qui travaillerait la moelle du personnage au regard de la société actuelle, et non pas une histoire d’origine avec ses passages obligés.
Je ne sais pas si Waid aborde sa série sous cet angle ni dans quelle mesure si c’est le cas, mais ça me semble une approche porteuse. A voir ce qu’il en est.
Frank Quitely feels me!
Oui.
Mais quand on a atteint ce niveau de qualité, est-ce un problème ?
Doit-on attendre systématiquement que des auteurs ”transcendent” leur art?
Avoir réussi à atteindre ses pleines capacités , ne pas chercher à expérimenter créerait une lassitude?
Peut-on reprocher cette forme de stagnation dans la qualité ? (et je parle du duo, pas des auteurs séparément)
Oui, la pêche a été bonne, encore une fois. ^^
ça dépendra de chacun mais dans mon cas, la réponse à toutes ces questions est oui à des degrés divers, et à plus forte raison quand il s’agit de travaux sur des licences publiées depuis suffisamment longtemps pour avoir donner lieu à un certain nombre de déclinaisons et d’origines revisitées.
Que des duos comme Morrison/Quitely ou Spurrier/Bergara (pour étendre la comparaison hors super-héros) se soient trouvés pour produire des oeuvres marquantes dans leurs champs respectifs, ça dit quelque chose d’une alchimie collaborative à l’oeuvre qu’on ne retrouve pas ailleurs.
N’ayant pas tout lu, je peux me tromper, mais je n’ai pas l’impression que l’association Waid/Samnee ait produit ce genre d’étincelle créative en dépit de leurs qualités respectives. Ce qui ne veut pas dire que je ne peux pas prendre plaisir à lire leurs travaux, mais est-ce que l’envie sera là sur la durée pour les suivre quoi qu’ils fassent? J’en suis arrivé au point où la réponse est non. Je pense qu’il manque quelqu’un à l’écriture pour emmener Samnee vers d’autres horizons.
Ok je comprends.
Il y a cependant peu d’auteurs qui réussissent à garder un niveau constant (combien après avoir atteint les sommets dégringole tristement ?), et certains n’ont pas l’ambition de révolutionner quoique se soit. Encore une fois, je te comprends, mais je me suis rendu compte que je n’étais pas si fan que ça de comics, voire de bande dessinée, du coup, j’accepte la notion d’artisan quand ça correspond à ma grille de lecture ( je ne sais pas comment définir ça autrement). C’est à dire que je vais suivre des auteurs qui vont me fournir exactement ce que je recherche, car ils ont fait leur preuve, et il y a peu de chance que je sois déçu. Mais ça veut certainement dire qu’ils ont une approche ”modeste” peut-être, qui n’ont pas l’ambition de ”secouer le cocotier ”, mauscde remplir le contrat "moral” passé avec le lecteur. Ou alors moi-même défini mon exigence et fait de moi quelqu’un de peu curieux.
Il peut y avoir de la lassitude aussi. J’allais écrire qu’il y a de moins en moins d’artisans, et plus de yes men , mais c’est peut-être tout simplement parce que ma fameuse grille repose sur des attentes qui ne sont plus en lien avec l’époque actuelle et les attentes du public.
À te lire, tu cherches une approche presqu’artistique, voire ”politique”. J’aimerais croire que c’est encore possible. Dans une industrie du divertissement aujourd’hui, les actionnaires ET le public n’en n’attendent pas tant ! Et ce n’est pas être cynique, c’est un constat, et ça répond à des attentes. Reste à savoir si elles sont comblées. Et dans le cas de ce Batman et Robin ( oui j’essaie de revenir au sujet par une petite pirouette), pour moi, mes maigres attentes sont comblées car c’est bien fait. ( Et fait avec rigueur, ça, ça se ressent )
Il y a des œuvres imparfaites mais qui tentent, qui séduisent plus que des œuvres parfaitement exécutées.