BATMAN SECRET FILES #1-3 (Collectif)

Batman Secret Files #1

Delve into Batman’s case histories and discover brand-new stories by some of comics’ most exciting talents. The BATMAN team of Tom King and Mikel Janin provides a framing sequence, setting up our hand-picked teams of creators to take a look at Bat-mysteries past and present. Featuring a bevy of Batman villains, including a look at how the Scarecrow’s fear toxin affects the common man, and a special story written by Tom Taylor with art by Brad Walker that teams the Dark Knight Detective with Detective Chimp.

Written by: Tom Taylor, Jordie Bellaire, Tom King, Cheryl Lynn Eaton
Art by: Elena Casagrande, Mikel Janin, Jorge Fornes
Cover by: Mikel Janin

U.S. Price:
4.99
On Sale Date:
Oct 31 2018
Page Count:
48

Source : www.pastemagazine.com

Une touche de Mazzucchelli…

Légère.

J’avoue que je ne comprends pas forcément le principe de ce recueil, qui n’est… finalement que cela, en fait. Un recueil d’histoires, par plusieurs auteurs, des petits moments de la vie de Batman. Rien de plus, rien de moins, finalement proche dans l’esprit d’Action Comics #1000 - la présence d’auteurs “légendaires” en moins.
M’enfin, ça n’est pas pour cela que ce recueil peut être mauvais ; mais il n’est pas forcément bon pour autant, hélas.
“True Strenght” par Tom King et Mikel Janin est un bon moment… mais rien d’autre. Avec une interrogation sur les limites de son corps, et la possibilité offerte de devenir plus, de devenir Super, le scénariste pousse Bruce Wayne cherche à se plonger en lui-même - mais ça ne va pas loin, hélas. La fin est une chute, brutale et mal organisée. Dommage, l’interrogation est bonne bien que très classique, mais la fin est ratée, et Janin livre des planches correctes… sans lus.
“The Nature of Fear” par Ram V et Jorge Fornes est bien dialogué, bien rythmé, mais le twist final est mal organisé ; encore. Ca ne fonctionne pas complètement, c’est maladroit, mais l’ensemble demeure bien rythmé, bien narré, malgré cette chute qui n’est pas à la hauteur. Dommage, le dessin, entre Mazzucchelli et Aja, est très beau et fluide… bien que trop influencé par ces maîtres, pour avoir une patte individuelle.
“One”, par Cheryl Lynn Eaton et Elena Casagrande, n’est pas très compréhensible. Je ne comprends pas ce qu’on a voulu me raconter, et je ne comprends pas la caractérisation de Lucius Fox, complètement à côté du personnage ; bref, un naufrage. Dommage, parce que le dessin, s’il est fort classique, est fluide et efficace.
“Enough” par Jordie Bellaire et Jill Thompson, n’a pas de grande fin… mais a, au moins, une fin cohérente, après une histoire cohérente et bien narrée ; c’est la base, mais la lecture des précédents passages rend tout cela bien meilleur que ça ne le devrait. Bloquer ainsi Bruce dans les montagnes, face à lui-même, est une bonne idée - mais ça ne s’élève jamais, ça ne décolle pas, et la fin remue à peine. Rien d’exceptionnel, mais quelque chose de juste correct est déjà un exploit, ici.
“The World’s Greatest Detective, and Batman” par Tom Taylor et Brad Walker demeure, cependant, LA perle de ce magazine. Au-delà de l’intrigue, simple, c’est bien la très bonne caractérisation du duo Batman & Detective Chimp qui rend la lecture si agréable, doublée d’une narration efficace et d’une (très) légère réflexion sur le crime et sa transmission. C’est bien fait, c’est bien rythmé, c’est bien caractérisé… c’est bien ; et, en fin de magazine, ça fait du bien.

Que dire, en conclusion ?
Que rien, ici, ne sera gardé en mémoire. Que rien n’est vraiment bon ou exceptionnel. Et que ce Batman Secret Files demeure un coup dans l’eau… souvent à côté, en fait.
Hormis une histoire juste correcte, et une histoire agréable car elle offre un duo pertinent, rien n’est à sauver, ici. Ho, si, les dessins de Jorge Fornes… tout cela est bien peu.
Tout cela sert très vite oublié.

Tiens, j’avais carrément oublié que je l’avais récupéré moi. Oubli réparé par une lecture ; et je serai moins critique, et pas tout à fait (en fait, non : pas du tout) d’accord non plus sur la répartition des forces et faiblesses ; même si dans le fond, on est d’accord que ce n’est pas un numéro qui fera date.

Vu que je vais faire assez long, je vais diviser les différentes parties en autant de balises spoiler à déplier.

True Strenght

L’intro par King et Janin me semble être précisément ça : une intro, ouverte, pas vraiment une histoire (en remontant un peu plus haut, au premier post, je m’aperçois d’ailleurs que la présentation officielle parle de framing sequence). Le “Am I enough?” final pourrait servir de fil rouge au recueil puisqu’on va justement avoir affaire de façon récurrente à un Batman mis en difficulté, voire en échec, ou bien relégué au second plan. Ceci dit, s’il s’avérait que cette approche était bien l’objectif du recueil, un peu plus de clarté pour l’exprimer n’aurait pas nui. Sans compter que je ne suis pas arrivé à croire au prétexte initial du cadeau fait par Superman, tellement hors caractérisation.

The Nature of Fear

J’ai en revanche beaucoup aimé “The Nature of Fear” — y compris sa chute, oui — qui commence avec de faux airs de Gotham Central pour bifurquer sur quelque chose de beaucoup plus horrifique. Si je ne devais retenir qu’un titre de ce numéro, pour moi, ce serait celui-là. Les noms du scénariste Ram V comme du dessinateur Jorge Fornés me sont parfaitement inconnus (ou si j’ai croisé très occasionnellement le second, il ne m’avais pas du tout fait une si forte impression), mais ça me donne envie de rattraper ça. Apparemment le premier a essentiellement produit chez des petits voire tout petits éditeurs : Action Lab (principalement), Titan Comics, Vault, mais il a aussi une série en cours chez Image, Paradisio. Le second a aussi fait ses classes chez les indés, en particulier Dynamite où il a dessiné, entre autres, une mini-série Magnus sur scénario de Kyle Higgins, et semble commencer à faire son trou chez les Big Two depuis quelques années. Ce sont en tout cas deux titres que je vais me hâter d’aller voir de plus près.

One

Cheryl Lynn Eaton qui signe le titre suivant est apparemment une encore plus jeune pousse dans le métier, puisque je n’ai trouvé d’elle que des histoires courtes pour l’anthologie Bitch Planet: Triple Feature, dérivée de la série de DeConnick chez Image. “One” n’est pas une réussite absolue mais je serai tout aussi loin de parler de “naufrage” pour ma part, même si — c’est sa faiblesse majeure — je reste aussi dubitatif que Ben sur la caractérisation de Lucius Fox. Si l’on fait abstraction de ça, on a un pitch tout à fait prometteur dont mon principal regret est qu’il se limite, justement, à cela, alors qu’il y aurait matière à développer tout un voire deux ou trois numéros complets. L’histoire aborde un angle que je ne prendrai pas le risque de qualifier d’inédit, mais que je n’ai pas souvenir en tout cas d’avoir souvent vu traité (même si à la réflexion il y avait un peu de ça par exemple récemment, quoique approché très différemment, dans les Detective Comics de Tynion) : la possible récupération des inventions de WayneTech pour Batman et leur détournement à des fins absolument opposées à son intention première. Au-delà, c’est tout le thème des utilisations actuelles de la technologie qu’on devine en filigrane (“A tool is only as honorable as the man wielding it.”). Elena Casagrande, qui n’a pour le coup plus grand chose d’une débutante, assure de façon plutôt sympathique la partie graphique, bien épaulée par Jordie Bellaire aux couleurs pour les ambiances.

Enough

Et justement on en vient à ce qui est pour Ben l’une des réussites, ou au moins semi-réussites du recueil, et qui pour moi mériterait pour le coup l’appellation de naufrage, l’histoire signée Bellaire, au scénario cette fois, et Jill Thompson au dessin. Et première remarque : c’est du Jill Thompson, ça ?? C’est pas possible, c’est une homonyme. Ou alors il lui est arrivé un truc. Ou c’est sous-traité à un stagiaire payé au black, enfin je sais pas, mais faut prévenir les autorités, il se passe quelque chose d’inquiétant. “Enough” est à mon goût d’autant plus navrant que je vois exactement quel genre d’atmosphère les deux créatrices ont voulu travailler, que j’en suis normalement très friand, mais que ça ne prend absolument pas, c’est vide, le rythme est foiré, ça ne décolle pas, et ça se finit en queue de poisson.

The World's Greatest Detective, and Batman

Heureusement on finit — et là dessus on sera d’accord, enfin — sur une note plus haute avec un assez chouette récit par un Tom Taylor que je trouve plutôt un peu plus inspiré qu’à son ordinaire, et un Brad Walker au dessin que je trouve en revanche plutôt en petite forme, mais après “Enough” je ne ferai pas la fine bouche. J’ai tendance à avoir un a priori très positif par principe dès qu’on me propose un tandem Chimp/Batman, une formule qui je trouve marche étonnamment bien. Ajoutons y ici une histoire à la thématique intéressante, bien caractérisée et finement dialoguée, on referme le recueil sur une fort bonne note.

Je ne sais absolument pas si ce Batman Secret Files #1 en appelle d’autres ou restera un one-shot un peu bizarre. Sur le papier, l’idée est plutôt sympathique d’une anthologie appariant jeunes talents prometteurs — ainsi mis en avant sur le perso le plus commercialement porteur de la maison — et noms plus confirmés — même si, aargh, “Enough”, le bien nommé, en particulier, vient cruellement nous rappeler que ce n’est pas toujours gage assuré de qualité. De fait je ressors de ma lecture avec deux noms dont je vais aller voir de plus près ce qu’ils ont déjà produit par ailleurs (Ram V et Jorge Fornés), et un nom “à suivre” si l’occasion se présente (Cheryl Lynn Eaton). Le format de l’histoire ultra-courte, cependant, est tout de même assez casse-gueule, et ici seuls deux des titres présentés arrivent à en faire quelque chose sans laisser un goût de trop peu plus ou moins prononcé. De plus je n’arrive toujours pas à me décider pour savoir s’il y a bien un thème général ou si c’est moi qui l’ai halluciné face à de pures coïncidences, une approche qui serait à retravailler en cas d’autres numéros à venir (potentiellement, alors, sur d’autres thèmes ?).

Bien vu, l’idée de thème général ; ça fait sens.
Mais l’ensemble est quand même très maladroit !

BATMAN SECRET FILES #2

  • written by ANDY KUBERT, TIM SEELEY, STEVE ORLANDO, MAIRGHREAD SCOTT, COLLIN KELLY and JACKSON LANZING
  • art by EDUARDO RISSO, GIUSEPPE CAMUNCOLI, CARLOS D’ANDA, AMANCAY NAHUELPAN and others
  • cover by ANDY KUBERT
  • “City of Bane” is upon us! Bane’s conquering Gotham City, but he’s not doing it alone. In this Secret Files issue, read about Bane and his cabal: The Joker, the Riddler, Hugo Strange and the Psycho-Pirate. Brutal stories of madness, murder and hatred done by some of comics’ greatest talents!
  • ON SALE 07.10.19
  • $4.99 US | 48 PAGES
  • FC | RATED T

Source : www.cbr.com

Deuxième Batman Secret Files, dont la couverture nous promet aussi de « tout » nous dire sur l’événement City of Bane, autant d’en révéler sur les Vilains qui ont « brisé » le Batman.
D’accord. Pourquoi pas.
Sauf que ce numéro est une nouvelle fois un recueil de petites histoires indépendantes, qui finalement ne font que surfer sur les fondamentaux des personnages… et n’ont aucun lien avec City of Bane.
Le tout est plutôt bon, mais c’est clairement de la publicité mensongère ! Allez, regardons rapidement l’ensemble.
Andy Kubert scénarise « If the suit fits », et Amancay Nahuelpan dessine une histoire où le Joker a emprisonné Batman et veut lui retirer son costume, pour le tuer. Sauf que le costume est piégé. Bon. C’est complètement anecdotique, les nombreuses tentatives pour enlever le costume et les pièges sont drôles, mais c’est totalement oubliable. Le dessin me plaît bien, c’est joli et dynamique, mais… bon, c’est léger et sympa’. Mais dieu que c’est anecdotique.
Collin Kelly & Jackson Lanzing scénarisent « He Helps Us », où Batman affronte le Psycho-Pirate qui réunit une communauté de gens maltraités, stressés ou dépendants qu’il « soigne ». Carlos d’Anda illustre ça joliment et efficacement, ça se laisse bien lire mais c’est essentiellement un moment d’action.
Maigrhread Scott et Giuseppe Camuncoli livrent « Alone », un passage sur le Riddler avec une énigme que le lecteur doit trouver et un joli tableau psy’ du Riddler par un psychiatre. Le tout en parallèle de la quête de Batman pour le stopper. Pas mal et efficace.
Steve Orlando et Eduardo Risso livrent un équivalent de Saw par Hugo Strange, qui a enlevé et torture des anonymes déguisés en Batman pour le comprendre. C’est très beau. C’est le seul intérêt de ce truc.
« Alethephobia » par Tim Seeley et un Patrick Gleason plus sombre que d’habitude montrent la quête de Bane pour retrouver un journaliste qui avait enquêté sur sa prison 25 ans plus tôt, et l’avait interviewé. Brutal, sec, violent et cynique, le récit est une bonne analyse de Bane, avec Batman en témoin. Ca fonctionne.

L’ensemble est donc assez bon, en fait, et la lecture est fluide ; les dessins sont jolis.
Mais 1/ c’est une publicité complètement mensongère de lier ça à City of Bane 2/ je doute sincèrement que quiconque ait pleinement besoin de tels récits « explicatifs » des Vilains pour se lancer dedans 3/ si l’ensemble est bon, c’est terriblement anecdotique.
C’est sympa’, mais ça n’a quasiment aucune utilité.

(W) James TynionIV, Vita Ayala, Mariko Tamaki, Dan Watters, Philip Kennedy Johnson (A) Sumit Kumar, Andie Tong, Riley Rossmo, John Paul Leon, Victor Ibanez (CA) Guillem March
Spinning out of the pages of Batman! Discover the origins and motivations behind the cabal of assassins who have come to Gotham to stop Batman from enacting his plans to save the city-including Deathstroke, Cheshire, Merlyn, and the new threats of Mr. Teeth and Gunsmith. What brought this team together, and who is frightening enough to boss Deathstroke around? It’s five killer tales from five killer creative teams in this can’t-miss issue!
In Shops: Jun 10, 2020
SRP: $4.99

Source : www.dccomics.com

Un numéro spécial sur les super-vilains / super-assassins, vus dans le début de la saga de James Tynion IV sur Batman.
Un passage sur Batman VS Cheshire par Vita Ayala et Andie Tong. Autant l’intrigue est anonyme et sans intérêt, autant c’est assez joli, fluide et efficace. La scénariste essaye de nous vendre Batman voulant « sauver » la jeune Cheshire, mais couper définitivement les liens de Cheshire avec Roy Harper gênent quand même. Sympathique, mais surtout joli ; oubliable.
On a ensuite Batman VS Merlyn, avec un peu de Green Arrow. Philip Kennedy Johnson livre un récit lui aussi oubliable, mais sympathique. Victor Ibanez propose des planches toutes en rondeur et en douceur, assez jolies.
Batman VS Mr Teeth, enfin, dans un épisode quasiment muet. Mariko Tamaki ne se force pas pour un passage ultra-simple, mais très efficacement illustré par Riley Rossmo, dont le Batman est super et dont l’ambiance horrifique et lente fonctionne très bien. Une belle oeuvre graphique, mais je pense que le dessinateur aurait su l’écrire seul, hein.
Dan Watters livre, lui, un très fort moment de Batman VS Gun-Smith, un fana des armes qui met Batman et ses otages face à des choix terribles. John Paul Leon illustre ça très efficacement, dans une approche plus carrée et claire que d’habitude. Mais si le graphisme est très bon, c’est bien le propos sur les armes, et le fait qu’elles soient une part intrinsèque de l’Amérique, qui est très fort. Vraiment très bon, et très juste.
James Tynion IV finit ce tour avec Batman VS Deathstroke, et un flashback qui montre comment Joker convainc Slade de le rejoindre dans sa Joker War : en révélant que Joker en veut à la fortune des Wayne, pour s’en emparer, et libérer tous les Bat-gadgets contre Batman et les siens. Slade accepte pour avoir la fortune de Dick Grayson. Ca finit sur un sale coup de Batman contre Deathstroke, qui promet que le pire arrive. Un récit simple mais efficace, avec un Joker et un Deathstroke bien écrits. Sumit Kumar livre des planches claires et efficaces.

Comme d’habitude, un numéro inégal mais avec de très jolis dessins, un graphisme appliqué. Je retiens le bon récit-teaser de Tynion, et surtout l’épisode sur Gun-Smith, intense et surprenant.

La loi de ce genre de numéro est l’hétérogénéité de qualité, mais pour le coup, je trouve qu’on a un bon cru. (Médaille dont le revers est qu’il me manque peut-être un peu de ce qui fait le sel, pour moi, de ce genre de numéro anthologique, à savoir la possibilité de découvrir des talents émergents, qui se voient souvent offrir l’occasion de faire leurs preuves sur des histoires courtes. Ce n’est pas le cas ici, tous les participants commençant, au minimum, à être bien installé dans le paysage.) Le seul vrai ratage à mon sens — qu’on survole heureusement assez vite, tant il est creux (j’ai honnêtement cru qu’il ne faisait que la moitié de la pagination des autres, avant de vérifier pour écrire ici) — est « Muted » illustré par un Riley Rossmo dont je trouve le dessin toujours aussi moche, et au scénario d’un vide abyssal (du coup je n’ai pas vraiment été étonné, arrivé à la fin, de voir qu’il était de Mariko Tamaki).

Le numéro s’ouvre sur une histoire avec une Cheshire encore adolescente, ce qui m’a dérouté dans un premier temps, mais dont il faut, il me semble, comprendre qu’elle se situe dans un passé plus ou moins lointain (ce que vient confirmer la fin). L’approche de Vita Ayala est intéressante, bien qu’un peu lourde et bavarde dans la pose des enjeux. Andie Tong illustre ça de façon effectivement jolie, mais qui ne m’a pas non plus particulièrement enthousiasmé. Rien de déshonorable cependant.

On monte en qualité avec Philip Kennedy Johnson et Victor Ibanez qui livrent une très bonne histoire avec Green Arrow et Malcolm Merlyn. Rien d’exceptionnel, « oubliable » me dira Ben, sauf que… on a là une histoire qui se tient impeccablement dans son format de 8 pages (exercice qui n’est pas le plus couramment maîtrisé de nos jours), sans impression de trop ni de trop peu, avec des personnages bien caractérisés, une intrigue forcément limitée mais bien exécutée, des enjeux bien posés et bien exploités, une ambiance bien dessinée (littéralement et figurativement). Ce n’est peut-être pas une œuvre de génie, mais c’est de l’artisanat solide, sans faute, et finalement assez exemplaire dans son genre, à mon sens.

On sera d’accord, il est vrai, pour dire que la prestation la plus marquante du numéro est celle de Dan Watters et John Paul Leon avec le Gunsmith, personnage d’assassin nationaliste et fanatique des armes à feu, créé par Tynion il y a quelques mois pour son run sur Batman (mais on ne peut pas dire que le personnage y ait été particulièrement marquant jusqu’ici). Ça tape fort, ça touche juste. Pas dit qu’on n’ait pas là un futur « classique » appelé à être réédité dans de future anthologies.

Le numéro se referme avec un lien vers le run de Tynion en cours, le scénariste en profitant pour annoncer ses plans. Côté dessin Sumit Kumar m’a semblé en assez petite forme, je ne l’aurais pas reconnu spontanément (en particulier sur la baston qui encadre le centre du récit). Néanmoins j’aime beaucoup leur Joker dandy en chemise hawaïenne qui se la joue cool, même si la menace affleure toujours. Une approche très agréable après des années du Joker horrifique des New 52 (et ce alors même que c’est vraisemblablement de cette période que Tynion récupère l’idée d’un Joker connaissant l’identité secrète de Batman).

Là, c’est « Ugly ». Son Batman ressemble à une grenouille.

C’est la base de son event mais j’ai vraiment l’impression que tout le beau monde de Gotham connaît l’identité de Batman. Et j’avoue que ça me plaît moyen, je dois dire. L’identité secrète, ça reste un fondement des « masqués ». Mais bon…