BLACK PANTHER : les grands moments

Rediff’ :

DOMINATION FACTOR: FANTASTIC FOUR & AVENGERS

Publiée aux Etats-Unis entre décembre 1999 et février 2000, Domination Factor est une mini-série en 8 épisodes qui réunit les 4 Fantastiques et les Vengeurs (comme on les appelait encore en version française en ce temps-là). L’intrigue a été concoctée par Dan Jurgens et Jerry Ordway qui se sont ainsi répartis les tâches : Dan Jurgens écrit et dessine la partie F.F. (Domination Factor #1.1, 2.3, 3.5 et 4.7) avec Bob McLeod à l’encrage et Jerry Ordway signe la partie Avengers (Domination Factor 1.2, 2.4, 3.6 et 4.8) avec Dennis Janke à l’encrage.

Domination Factor est une aventure à travers le temps et les dimensions pour retrouver les morceaux d’un artefact asgardien (qui se présente sous la forme d’une pomme d’or) qui, s’il tombe entre de mauvaises mains, menace de détruire la réalité. La structure du récit permet donc de renvoyer chaque héros vers le passé et de s’arrêter sur une période différente à chaque fois. Ainsi Sue se retrouve à nouveau la prisonnière de Namor (ce qui est l’occasion de quelques piques sur le comportement machiste que ses coéquipiers pouvait avoir), la Sorcière Rouge revisite son temps avec la Confrérie des Mauvais Mutants et Tony Stark est projeté dans son corps détruit par l’alcool (pour ne citer que quelques exemples).

Les auteurs se fondent aisément dans l’atmosphère de chaque époque (le masque de Black Panther montre qu’il s’agit de la période de son arrivée chez les Avengers), aussi bien au niveau du scénario que des dessins (c’est amusant de voir Jurgens et McLeod imiter les styles de Jack Kirby et Joe Sinnott). Dan Jurgens et Jerry Ordway savent aussi relancer le récit avant que le concept devienne trop répétitif par un rebondissement qui projette nos héros dans une autre réalité sortie d’un What if ? .

Bref, une sympathique mini-série qui ne manque pas de péripéties, une utilisation savoureuse de la continuité et une très agréable partie graphique !

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Tiens, faudrait que je relise ça : je ne m’en souviens pas du tout.
Je crois me souvenir que ça ne m’avait pas déplu, à l’époque.

Jim

Mon souvenir etait plus sympa mais oubliable.

Jamais lu mais les pubs m’interpellaient en VF.

CAPTAIN AMERICA #100 (+ Tales of Suspense #97 à 99) :

À la fin des années 60, Marvel a enfin pu abandonner la formule des revues à deux séries pour donner à chaque héros son propre titre. Iron Man, le héros emblématique de Tales of Suspense, s’est donc vu accorder son premier numéro 1 (Archie Goodwin fut le premier scénariste du comic-book de Tête de Fer), ce qui n’a pas été le cas de Captain America qui a récupéré la numérotation de Tales of Suspense : sa « Big Premiere Issue » (pour reprendre l’accroche de la couverture) fut donc le #100.

Captain America #100 est la conclusion d’une saga en quatre parties signée Stan Lee et Jack Kirby dans laquelle la Sentinelle de la Liberté affrontait son vieil ennemi le Baron Zemo, présumé mort depuis Avengers #15 (mystère expliqué dans les dernières pages de l’aventure), avec l’aide de la Panthère Noire. Les trois premiers chapitres de cette aventure se sont déroulés dans les pages de Tales of Suspense #97 à 99, qui marquaient la première apparition du roi du Wakanda ailleurs que dans la série des 4 Fantastiques ainsi que sa rencontre avec Captain America (qu’il n’a pas pu s’empêcher de « tester » la valeur au combat au début du #98 comme il l’avait fait pour les F.F.). Dans le #97, T’Challa a découvert que le groupe de soldats lourdement armé qui a envahi son pays est lié à Cap, il l’a donc contacté et les prémisses de l’amitié entre les deux hommes s’est donc forgée dans la fureur des combats.

Dans Tales of Suspense #97 et 99, les épisodes font entre 10 et 12 pages et les auteurs savaient bien tirer parti de ce format plus court pour livrer des chapitres rythmés. Captain America #100 est plus long et débute par une relecture du fameux jour où Cap a été libéré des glaces (Steve ne prononçait pas le nom de Zemo dans Avengers #4, cet élément a été rajouté par la suite par Stan). Une manière rapide et efficace de placer les origines pour débuter cette « nouvelle série » avant de reprendre le cours des choses…

Même si c’est un #100, Stan Lee l’a traité comme il le faisait pour n’importe quel #1…la narration fait que la lecture reste facile d’accès, par les récitatifs et les bulles de pensée. La situation est efficacement présentée et un nouveau rebondissement (Irma Kruhl, l’alliée de Zemo, se révèle être l’Agent 13, l’espionne du SHIELD infiltrée et grand amour de Cap…à ce moment précis, Cap ne savait pas encore que le nom de l’Agent 13 était Sharon Carter) lance l’action, avec une bonne dynamique de groupe entre les trois héros jusqu’à l’explosif final.

J’ai par contre des réserves concernant l’encrage de Syd Shores, que je trouve un peu trop « gras », faisant ainsi souvent perdre en dynamisme les chorégraphies du King Kirby. Le résultat était nettement plus agréable sur les deux premières parties de cet arc narratif embellies par l’excellent Joe Sinnott, l’un des meilleurs encreurs de son époque.

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Et comme pour le Surfer (voir mon post dans l’autre sujet), j’arrête là pour les billets sur Black Panther…

INDEX :

#2 : Fantastic Four #52 à 54
#4 : Panther’s Quest
#5 : Secret Invasion
#8 : Black Panther par Priest
#14 : Les Fantastic Four par Dwayne McDuffie
#15/17 : Black Panther - L’Homme sans Peur
#20 : Marvel Universe
#39 : Daredevil #69
#43 : Avengers #52
#88 : Fantastic Four #544 à 550
#100 : Avengers #80 à 82
#101 : Avengers #73-74
#124 : Avengers #87
#125 : Avengers #78-79
#128 : Avengers #61-62
#131 : Black Panther t.1 par Ta-nehisi Coates
#134 : Black Panther #1-3 (1977)
#135 : Marvel Premiere #51-52
#140 : Je suis Black Panther
#142 : Marvel Team-Up #100
#146 : Avengers #125-126
#147 : Avengers vol.3 #65-70
#150 : Black Panther vol.1 #14-15
#151 : Iron Man Annual 5
#153 : Marvel Aventures Fantastic Four #10
#154 : Shuri #1
#160 : Black Panther vol.6 #1-6
#169 : Black Panther #1-4 (1988)
#172 : Black Panther vol.5 #1-6
#178 : Black Panther vol.5 #14-18
#180 : Avengers #305-307
#181 : Domination Factor - Avengers / F.F.
#185 : Captain America #100 (+ T.O.S. 97 à 99)

Merci à toi pour tes apports. :slight_smile:

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Mike Perkins :

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German Peralta :

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BLACK PANTHER Vol.3 #1-5 (1998-1999) :

Christopher Priest (2002) : « The fact is, not enough people have the same warm spot in their heart for BLACK PANTHER as they do for SPIDER-MAN, or THOR. That’s just the way it is. I’m black, and I did not have the warm spot for PANTHER. Growing up, I found Panther incredibly dull, and he got his ass kicked a lot, and Joe and Jimmy had to overcome that stigma, that net impression, to get me to suit up. Now Sal and Bob and The Two Mikes and I have to overcome that stigma with Marvel’s larger fan base, a stigma that is real and visceral because I personally experienced it. These days we sell BLACK PANTHER one new reader at a time. »

Lorsque Joe Quesada (alors pas encore promu au rang d’EIC) contacta Christopher Priest (ex-James Owsley) un beau jour de 1998, celui-ci était loin de se douter qu’il ne s’agissait pas d’une offre à propos de son Graal (soit la relance du titre Daredevil, déjà réservé par Kevin « Clerks » Smith & Joe Q), mais plutôt d’un projet de relaunch de l’ongoing de la Panthère Noire (privée d’adventures solo depuis depuis la fin de la trilogie « Panther’s Rage/Quest/Prey »).

Une perspective qui était loin d’emballer Priest au départ de son propre aveu (malgré sa véritable appréciation du run de McGregor, en particulier la fameuse saga « Panther’s Rage », qui marqua les débuts de Killmonger). Et cela en dépit de l’insistance de Joe Quesada & Jimmy Palmiotti (les papas du label Marvel Knights), qui lui conseillèrent au passage de s’inspirer du film Un prince à New York (avec Eddie Murphy dans le rôle d’un prince africain voyageant à New York), privilégiant ainsi de prime abord la jungle urbaine des États-Unis à celle du Wakanda pour le 1er arc.

Bien conscient des difficultés commerciales concernant les titres consacrés aux super-héros noirs (Priest ayant été après tout l’un des premiers afro-américains à bosser dans cette industrie), et plutôt que de pousser le lectorat US (majoritairement blanc) à s’identifier d’entrée de jeu à un super-héros noir (un monarque africain d’un pays fictif qui plus est, et surtout éloigné de l’aspect « justicier urbain » assez prédominant chez les super-héros), Priest fit alors le choix de créer un personnage blanc dont la principale fonction narrative serait de servir de référent au lecteur (la figure éprouvée du nouveau venu). Ce qui n’empêche pas pour autant d’avoir aussi quelques scènes ici et là qui épousent le point de vue de T’Challa durant cet arc (les machinations de Méphisto permettant par exemple de revisiter l’origin story du héros selon sa perspective).

C’est ainsi que naquit Everett K. Ross* (basé sur le sarcastique Chandler Bing de Friends, interprété par feu Matthew Perry, mais avec une apparence physique lorgnant plutôt du côté de Michael J. Fox), un poisson hors de l’eau loin d’être intimidant, soit une manière de renforcer par contraste l’aura énigmatique de la Panthère. L’occasion aussi pour Ross et le lectorat de découvrir l’univers de la Panthère en même temps, quitte à ce que cela donne parfois l’impression (d’après les détracteurs de ce run) d’un T’Challa quasiment relégué au rang de guest-star dans propre série (tel un Genis-Vell ayant eu plus ou moins tendance à se faire voler la vedette par le couple Rick Jones/Marlo Chandler chez l’excellent Captain Marvel de Peter David & ChrisCross).

*apparu pour la première fois dans un N° fill-in de Ka-Zar (post-Waid/Kubert) écrit par Priest

C’est aussi l’occasion pour Christopher Priest d’imposer sa version de T’Challa (assez différente des précédentes, tel le Black Panther nettement plus bavard et faillible de McGregor* ou le T’Challa « américanisé » de Roy Thomas), lorgnant du côté de la concurrence (car inspiré par le Ra’s al Ghul de Denny O’Neil). Un stratège hors-pair et difficile à cerner par ses adversaires, afin de le rendre hyper-cool (mission réussie au final, tant il y a un avant et un après Priest en ce qui concerne la caractérisation du personnage). Une « coolitude » si prononcée (digne du « über-Batman » d’en face), qu’elle soit en mesure selon Priest de transcender les barrières de l’âge, du genre et de l’ethnicité (le succès mondial du film Black Panther a depuis lors eu tendance à lui donner raison).

*Don McGregor étant connu pour être encore plus prolixe que Claremont, ce qui relève de l’exploit

Priest utilise aussi une dynamique façon buddy movie qu’il maitrisait alors par coeur (après avoir écrit Power Man & Iron Fist puis Quantum & Woody), via une association jouant donc la carte du contraste (le team-up du taiseux T’Challa et du bavard Ross), de l’humour et de l’irrévérence par le biais de la voix très distincte de Ross (avec un point de vue sur l’univers Marvel qui lui est propre). Un duo vite rejoint par Nikki Adams (patronne/copine de Ross et ex de T’Challa), qui incarnera le principal lien entre les deux hommes (sa mort étant la source d’un clash entre les deux hommes, lors d’un des meilleurs moments de ce long run, durant le crossover Maximum Security).

Ce 1er arc met aussi en avant le nouvel apport que son les redoutables Dora Milaje (inspirées par le 1er run de Don McGregor, l’autre scénariste phare du personnage), une manière d’avoir à la fois un pied dans la modernité (leur fonction de gardes du corps aux allures de top model plantureuses) et dans la tribalité (les traditions propres au pays du Wakanda concernant les diverse tribus rivales). Si Priest se concentre de prime abord sur ses ajouts, (Dora Milaje, Zuri, Achebe, Hatut Zeraze, White Wolf, etc), les anciens personnages ne sont pas ignorés pour autant (Ulysses Klaw, Monica Lynne, Ramonda), dans un effort louable de synthèse de sa part (de Killmonger à Storm, en passant par les grenouilles dorées du run de Jack Kirby ; Priest prend en compte tout ce qui a précédé).

Tout est ici réuni pour produire un relaunch inspiré, ainsi qu’un pur concentré du style Priest (narration puzzle, un sens de l’humour bien à lui, moults références pop-culturelles bien en phase avec le zeitgeist des 90’s*), débordant de nouveaux apports sans pour autant ignorer ceux de ses prédécesseurs. Le tout avec un choix d’antagoniste parfois surprenant (Méphisto, étalé d’un seul coup de poing, tel un équivalent du fameux « one punch ! « entre Batman & Guy Gardner, période JLA/JLI). Et cela alors même que Priest ne joue pas forcément la carte de la facilité, avec Intrigue aux détours volontairement alambiqués, rendue plus complexe qu’elle n’est vraiment par une narration puzzle parfois exigeante à suivre (Nikki, la patronne/copine de Ross, ne cache pas son agacement à l’encontre de ce style de debriefing assez chaotique, à force de sauter du coq à l’âne).

*Priest doit être probablement fan de la sitcom Frasier (1993-2004) vu la façon dont les scènes sont chapitrées avec des encarts humoristiques sur fond noir entre elles (« It also uses the little scene setting cards that the TV show Frasier uses to comment on what happens next. »)

Pas étonnant au final que cette ongoing se soit imposé comme la 2ème relance la plus durable (après un Daredevil Vol.2 ayant atteint le seuil des 100 numéros) de la première vague des titres Marvel Knights (et cela alors même que le danger de l’annulation a plané tout au long du run).

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Bah ouais
Entre cette série et la DD de Smith/Quesada, tu te dis que Marvel Knight amène un souffle nouveau hhez Marvel.
Et vient le Punisher…

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Mark Texeira :

Larry Stroman

Peach Momoko

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