BLACK WIDOW (Cate Shortland)

Oui, ça surprend dans le bon sens. Rien que la scène de l’hélicoptère où Yelena (surtout) et Natasha plaisantent brutalement sur leurs stérilisations forcées pour mettre Red Guardian mal à l’aise, c’est très fort.

Il y a aussi un côté Harvey Weinstein sur certains points (notamment l’instrumentalisation de la femme)

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C’est la contre-entrée de Iron man ?

Oui forcément le parallèle est évident avec cette bande de fille qu’on envie à n’importe quel coin du globe au gré de l’envie d’un gros porc.

Mais il y a aussi d’autres aspect que je trouve intéressant par leur présence dans un tel film (la violence familiale via la fausse famille de Romanov par exemple)

Ah bah clairement.
Dreykov/Weinstein, c’est évident, même dans le look. La scène où Dreykov révèle qu’elle ne peut pas le frapper, quand il se lève et la menace d’une gifle c’est juste terrifiant en soi, mais la projection sur les méthodes Weinstein est terrible.

Donc c etait les hormones qui empêchaient ces actrices de se rebeller contre weinstein ?

A moins qu il faille comprendre que la réussite sociale c est aussi fort que les hormones pour une femme ?

Ce serait subversif comme message, dites donc !

Nope le blocage hormonale ou hypnotique c’est d’avantage un truc qui empêche l’agression physique direct. Le plus important est avant tout basé sur un conditionnement sur le long terme

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Ah mais oui tu as tout à fait raison, je ne te contredisais absolument pas

C’est surtout qu’autant la mise en scène d’une sororité face à un agresseur masculin est quelque chose de déjà vu (la septième saison de Buffy par exemple) autant la mise en accusation d’une cellule familiale « classique » dans la perpétuation de cette violence (à travers notamment son déni) m’apparaît limite audacieux pour une production d’une firme qui sacralise la famille.

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Enfin, la famille se rachète.

Les éléments que vous soulignez sont là mais précisément parce qu ils ne sont pas aux bonnes places, le film se vautre.

Après cela dépend ce que l’on attend de ce film.
Perso je n’en attendais pas plus qu’un film d’action avec un peu d’univers Marvel.
C’est réussi, l’action est non stop. Après forcément il y a des oubliés tel Taskmaster dont on nous fait tout un foin mais qui finalement reste très humain et n’est que peu traitée (peut être pour la voir dans la série Hawkeye ?).
Le MCU ouvert entre le cinéma et la tv risque de diluer pas mal certaines apparitions pour éviter justement de trop voir certains personnages et c’est peut être ce qui risque de perdre certaines personnes.

Qu’entends tu par « pas aux bonnes places » ?

Il me semble que le film est doublement bancale.

Bancale parce qu il passe du film réaliste au film de super héros et que le propos se trouve pris dans deux régimes métaphoriques différents et incompatibles.

Bancale parce que chacun des films pris séparément échoue à egaler ce qui se fait par ailleurs.

Ma préférence va au premier film, réaliste. Son nœud : l enfance sacrifiée, le traumatisme du monde de l adulte faisant irruption, l abus du pouvoir des adultes

Le second film de super héros, propose une métaphore du trauma sous la forme du control mentale, son noeud : rébellion contre le bourreau.

Les parents qui ne voient rien du trauma ni de l abus, et du coup y participent, appartiennent au premier film. L humour qui les sauve en les rendant sympathique, au second.

La rencontre dans le perso de red gardian de ces deux régimes métaphoriques ne peut pas fonctionner en.l etat et perd le propos. Mais le propos se perd ailleurs d une façon bien plus radical.

En effet, les éléments qui auraient dû être centraux ne le sont plus du fait de la bascule du film.

Enfin tout de même ! S il y a bien une chose autour de laquelle tout aurait dû tourner, c est l acte de Natacha de sacrifier aussi une enfant dans sa vengeance. La tension avec sa sœur aurait dû tourner autour du sacrifice d une nouvelle enfant.

D ailleurs soit Natacha a changé et son acte devrait la hanter, soit c est cet acte qui l a changé, l impossibilité de le faire ou de le refaire entraînant l abandon de sa vengeance. Soit elle n a pas changé et le changement doit etre au coeur du film. Là le film ne se décide pas vraiment entre ces trois possibilités, passant régulièrement d une option à l autre.

Le noyau central de l intrigue : la répétion du trauma est abandonné au profit d une métaphore de libération qui inverse le dispositif. Là où le realisme commandait que ce soit un acte à ne pas commettre qui déclenche la libération (sacrifier une enfant), avec la métaphore du contrôle mental , il s agit d arriver à en commettre un, d acte (frapper le bourreau). Impossibilité à agir et à commettre l irréparable vs arriver enfin à agir et se rebeller. Les deux métaphores (réalistes, super heros) reposent sur un rapport à l act opposé. Dans l un, l impossibilité est ce qui libère dans l autre c est ce qui aliene.

Frapper le bourreau n est ça pas ce que Natacha a déjà fait à travers sa fille ? La métaphore super héroïque annule l enjeu de la métaphore réaliste.

Et là tout se casse la gueule. Ni realisme ni super heros ne fonctionnent plus. Il n y a plus de propos.

C’est carrément un court-métrage, quand même, parce que ça ne correspond qu’au début jusqu’au générique, non ? :slight_smile:
Mais tu as raison, le reste tranche. Après, je l’ai vu pour ce que c’est, je pense : un choc initial, avec ensuite le déroulement d’un film plus classique.

Oui, ce n’est pas assez bien présenté.

C’est totalement ça

Les deux films coexistent tout du long même si l un domine plus au debut et l autre à la fin. La bascule, c est le repas de famille avec l humour prenant le dessus.

Il aurait été plus fin que durant ce repas, malgré la tension, un geste relevant de la vie de famille passée s invite par automatisme. Un geste malgré tout.

Or ils choisissent là d en faire un ressort comique alors que du côté realiste cela aurait du etre délicat, en marge du coeur de la scène.