Rien que le teaser ridiculise le dernier kouglof infame de Tsui Hark. Content de voir qu’on peut encore produire des wuxia dotés sans sacrifier l’ambition cinématographique.
Yuen Woo-Ping a 80 ans!!!
Qui est?
Il a fait parti des réalisateurs qui ont changé ma cinéphilie ( The Blade fut un choc qu’on ne vit pas souvent ), mais depuis quelques temps, je me suis un peu désintéressé de son travail…
Legends of the Condor Heroes: The Gallants, sorti en 2025, qui était censé être la concrétisation d’un projet cher au cinéaste et est un film assez indigne de ce qu’il a pu faire par le passé. Mais bon, il est sur une pente descendante depuis un moment déjà. ça n’a fait que me confirmer qu’il n’y avait plus grand chose à attendre de Tsui Hark, qui a quand même réussi l’exploit de signer le seul segment sans intérêt du film omnibus Septet: the story of Hong Kong. Il s’est engoufré dans une sorte de sketch méta hors sujet, lourdingue, alors que tous les autres cinéastes invités ont joué le jeu plus qu’honorablement, avec même des segments magnifiques comme Tender is the night de Patrick Tam.
J’ai été voir ce qu‘il avait réalisé ces dernières années, et, je peux me tromper, ça confirmait ce que j’avais lu il me semble ( je suis prudent parce que ça date et c’est un avis qui vaut pour celui qui l’écrit) , comme quoi il s’était engoufré dans une approche très nationaliste délaissant ses fulgurances formelles.
Son Dragon Gate fut une terrible déception et marqua un rendez-vous manqué qui me rendit plus ..”méfiant”, malgré des films suivants assez généreux et moins problématiques que ce ratage qu’aujourd’hui encore j’ai du mal à pardonner.
Je suis étonné qu’à aucun moment ça ne cite l’œuvre d’origine ou son auteur.
Enfin, si, sur l’affiche, c’est indiqué « Original work : XU Xianzhe ».
Le manhua est disponible aux éditions Kana (le tome 2 sort cette semaine… L’édition chinoise en comprend pour l’instant 13).
Tori.
C’est limité au diptyque de La bataille du Lac Changjin, effectivement des films de guerre de commande ouvertement nationalistes réalisés à 6 mains avec Chen Kaige et Dante Lam - peu surprenant de voir ce nom au générique vu le pedigree de Lam - que je n’ai pas vus.
L’hypothèse avancée était que Tsui Hark avait accepté de participer à ce projet pour pouvoir continuer à bénéficier de financements conséquents pour mener à bien ses propres projets par la suite. Legend of the condor heroes était en développement pendant un temps avant de connaître un coup d’arrêt au moment du scandale des contrats Yin & Yang qui a secoué l’industrie locale, avec Fan Bingbing qui a notamment été mise au ban.
Si j’aime beaucoup les deux premiers Detective Dee et La bataille de la montagne du tigre - pas revu depuis des années, mais feeling d’une épopée assez éloignée thématiquement et dans le ton des films de guerre nationalistes qui ont fleuri par la suite - parce qu’il y une volonté de mettre à profit des moyens colossaux - une soixantaine de plateaux différents ont été construits pour tourner Dee 2 - en vue de raconter des histoires avec des outils inédits à la disposition de Hark, ce qui a suivi a amorcé un déclin créatif dans la carrière du cinéaste dont il ne se relèvera sans doute pas.
C’est presque une note d’intention en soi que Blades of the guardians de Yuen Woo-Ping mette en scène un casting de gens rompus aux films d’action et expérimentés sur les compétences requises pour tourner des scènes de combat - Wu Jing, Jet Li, Kara Hui, Max Zhang - avec ce que ça charrie de possibilités créatives quand Tsui Hark semble principalement intéressé par la pyrotechnie.
