ça rejoint un bout de discussion que j’ai eu avec Velhmann, tiens.
Autour de son Spirou, ou en général ?
Jim
En général. J’ai posé une seule question, et ça a généré tous notre échange (enfin, sauf quand lui nous osait des questions sur nous). Je lui ai demandé comment s’organisait ses collaborations, parce qu’il a travaillé avec des dessinateurs tellement différents, avec des genres d’histoire qui le sont tout autant. Et là, il était surpris que j’apprécie autant ce qu’il a fait (bon, il a réussi à me vendre son Jolies Ténèbres, et l’expo a achevé de me convaincre), malgré toutes ces différences. Il comprend très bien qu’un lecteur ne le suive pas sur tous ses projets pour telle ou telle raison (genre, dessin, etc..), et qu’il était surpris que j’ai apprécié beaucoup de ses travaux.. et que j’ai même essayé autant de variété … et moi, je lui ai dit qu’en tant que lecteur de comic book, j’avais l’habitude de la valse des dessinateurs, et que ça ne me dérangeait pas.
Et que ça joue aussi sur les styles de récit.
J’ai préféré les « Spirou par » aux « Spirou Classique » qui tentent de coller au trait de Franquin.
Idem pour les Blueberry ou Lucky Luke « par… ». Ou le Tif et Tondu de Blutch. Le « Qui est ce Schtroumpf ? » de Tébo. Asterix par Trondheim.
S’emparer d’un univers pour en faire autre chose, c’est chouette, et toujours intéressant, même quand on n’adhère pas au résultat. Tenter de le prolonger à l’identique, c’est bien plus difficile, même si c’est parfois réussi (certains albums des Schtroumpfs, quelques Lucky Luke, peut-être quelques Asterix ?).
Je pense qu’il y a de la place pour les deux voies.
Mais je conchie les nouveaux Gaston, et suis fatigué des Blake et Mortimer qui tournent en rond, malgré des nouveautés (des personnages féminins ? Rhoooo !).
Bref, c’est compliqué.
je dirais que ça dépend de l’age et des lectures du lecteur de F-B, car c’est hyper riche aujourd’hui et très varié. Mais l’amateur de série classique de ce genre est souvent très fermé oui.
Moi aussi, en général. Y en a certains que j’ai vraiment adorés.
Bon, j’aimais la reprise par Vehlmann et Yoann, parce que j’y trouvais un dynamisme, une volonté de continuité et un sous-texte qui flattaient le lecteur de comics que je suis et l’admirateur des Tome & Janry que je suis aussi.
Mais c’est peut-être un brin stérile, aussi, si c’est à ce point ressemblant ?
Un peu vain ?
J’aime bien les Sente, à cause de ses subplots (la fille de Mortimer, tout ça…).
Mais je trouve que souvent les intrigues sont convenues et, surtout, j’aimerais que le tandem affronte quelqu’un d’autre qu’Olrik.
Peut-être que l’éditeur a peur que sans Olrik, ça fonctionne moins bien, en matière de ventes.
Carrément.
Et c’est dommage.
Mais bon, depuis vingt-cinq ans, c’est la même chose en comics : déjà à l’époque j’étais étonné que les gens délaissent Witchblade parce que Turner s’en va.
Le vieux lecteur de franco-belge n’est pas assez curieux.
Le vieux lecteur de comics est trop curieux.
Jim
Jérôme Félix sur son compte Facebook, le 26 mai 2026 :
Faire une case à la Jacobs avant 60 ans, c’est fait !
Jim
Permets-moi de ne pas être d’accord avec tes dires.
En tant que bénévole en médiathèque et considérée comme de bons conseils en BD, j’arrive souvent à emmener des vieux lecteurs de FB vers de nouvelles séries moins « classiques ». l’avantage d’une bibliothèque est qu’ils peuvent rendre la BD s’ils ont bloqué au bout de 10 pages… plus difficile quand on l’a acheté.
Le gros souci que j’ai actuellement avec nos lecteurs est que beaucoup sont réfractaires aux gros volumes de 200 pages ou plus et aimeraient un retour aux séries d’albums d’une cinquantaine de pages. Problème qui doit moins exister ches les lecteurs de comics habitués aux omnibus reprenant une grande série d’albums.
La production FB est foisonnante avec plein de styles différents, mais de plus en plus de gros one-shots. Côté style graphique, l’avis des libraires et/ou bibliothécaires est important car ils aident à passer outre des dessins qui ne plaisent pas au départ pour découvrir de très bons scénaristes.
Cela dit, pour revenir au thème de base de cette discussion , l’album des 80 ans de Blake et Mortimer mériterait d’avoir des auteurs ou autrices transgressant les bases de Jacobs.
ginevra
Hum…permets-moi de mettre un bémol à cela… car le lecteur de comic books qui est aussi habitué a lire du 22 pages, ou du 44 pages ou du 100 pages… parce que qu’on lise en VF ou en VO, c’est quand même par là qu’on est d’abord passé.
Et puis pour l’avoir entendu à maintes reprises, le changement de dessinateurs bloque souvent le lecteur de FB (argument pour ne pas lire de comic books)
Sente est plus nouveau, il est là dès le T14 et il en a écrit le même nombre que Jacobs soit 12 volumes.
Ce qui était une demande du lecotrat à un moment donné, et je le vois comme toi en boutique, il y a de plus en plus de lecteurs qui veulent revenir à de la série (courte pas le machin qui dure 20 ans, mais une petite série en 3-4 tomes).
Ce n’est pas ce que veut l’éditeur en tout cas et je pense que ce n’est pas ce qui attirerait les fans de B&M
Est-ce qu’ils iraient sans toi ?
Les éditeurs ne semblent pas d’accord avec tes lecteurs.
Je pense que « nouveautés » n’était pas à prendre en matière de scénaristes mais en matière de contenu. Et Sente a contribué à apporter des personnages féminins, d’où le lien.
Mais est-ce que ces lecteurs sont prêts à investir dans un tome 1 d’une nouvelle série ? C’est toute la question, depuis au moins trente ans. Soleil a fait sa réputation, dans les années 1990, sur les séries qui n’avaient pas de fin. Ou voit bien que le tandem Brugeas / Toulhoat (ce dernier s’en ouvrant parfois sur un forum voisin ou sur ses réseaux sociaux) a du mal à imposer des séries, alors qu’ils sont sous les projecteurs.
Exprimer un désir et le soutenir vraiment, on sait bien que c’est pas la même chose.
C’est un peu dommage, je trouve.
Jim
A côté de ça Oxymore, et soleill ont réusi à relancer les séries, d’héroic fantasy, on a les ogres dieux qui entame son second volume, métropolia, les gorilles du général une trilogie fut un succès très fort, la série lune de miel de Vivès fonctionne là aussi plutôt bien…
Je dirais que ça dépend quel titre et comment. Mas une série courte prévu en 5-6 tomes le public en ce moment il aime bien.
Et quels auteurs : Dorison, Duval ou Vivès ont leur public. Et le soutien des éditeurs.
Jim
Je dirais là encore que ça dépend Duval à retrouvé le soutien des éditeurs qu’il avait un peu perdu avec le temps et des séries qui fonctionnaient moins bien, là c’est le retour en grâce avec Renaissance d’abord puis maintenant Metropolia, Vivès à le soutien éditeur, mais plus public et pourtant sa série se vend et tu oublies le succès des séries comme Elfes, nain Orcs & Gobelins… Titans, West fantasy…
Pensé que tout le monde veut des one-shot et des gros pavés, c’est aussi oublié une réalité qui fait que les séries fonctionnent encore très bien B&M est la série qui se vend le mieux, Largo à baissé, mais continue à très bien se vendre, il y a un public pour ça tout autant qu’il y a un public pour les gros pavé. Sinon Glénat ne lancerait pas une nouvelle collection Guerres secrètes, Bamboo ne ferait pas une série les héros de l’histoire, il n’y aurait pas Le Choc des Tyrans…
Ef accessoirement Jour J.
Pour Metropolia, attendons. Y a que 2 tomes, qui fonctionnent en one-shot (si je ne m’abuse)
Il a surtout changé de crèmerie et ça lui a réussi.
Donc le soutien public est là.
Toutes ne marchent pas aussi bien, et toutes ne sont pas sur le même modèle, me semble-t-il : je crois comprendre que certaines sont prévues sur un nombre de tomes prévu au départ (ce qui n’empêche pas de décliner en « saisons » le cas échéant).
C’est d’ailleurs assez amusant parce que ces séries et ces univers fonctionnent commercialement, alors que sur les forums (ou dans les médiathèques comme le dit Ginevra ou dans les boutiques comme tu le dis parfois), les gens râlent que ce soit à rallonge.
On en revient à la différence entre le discours du lecteur et son comportement d’achat.
Après, j’aurais aussi tendance à voir dans ces séries l’effet auteur, là aussi. En l’occurrence, l’effet Istin. Jean-Luc Istin a démontré qu’il sait tenir des collections, éditorialement parlant, et ce depuis « Soleil Celtic » et ses séries phares, soit plus d’un quart de siècles, à la louche. Istin a son public, qui le suit. Et qui semble plus nombreux que les râleurs.
J’aurais tendance à comparer ça aux trois exemples que sont Dorison, Duval ou Vivès (et il y en a d’autres) : le public suit Istin. Sans doute le genre aussi, mais ses échecs sont rares et ses réussites couvrent un spectre suffisamment large pour m’amener à penser qu’il est le propre moteur de ses collections.
La question, c’est : y a-t-il de nouveaux héros et de nouvelles séries qui s’imposent ? L’exemple qui me vient en tête, c’est Tango, mais on s’approche déjà de la décennie. En plus jeune, y a Lune de Miel : est-ce que ça va tenir sur la durée ? C’est possible, hein. Et tant mieux. Mais au-delà de ces deux exemples ?
Mais ce sont des collections thématiques (sans compter que Richelle et Le Naour commencent aussi à avoir leur petit public). Pas à héros récurrent.
Le troisième est en chantier, ça semble bien parti.
Jim
Jour J, c’est pas le succès fou surtout sur la fin. Au début oui, mais à la fin Jour J, c’est pas des ventes incroyables (à canal bd on en a vendu 722 à jour du dernier tome).
En comparaison Renaissance le T1 on est à 9232 (à date).
On peut dire apogée, la préquel de Renaissance 2 tomes d’une série qui se suit.
Pour vivès je dirais que le soutien vient d’une partie du pbulic et une partie qui se réduit.
Pas sur qu’Istin est vraiment un public qui le reconnait lui, son nom est pas le plus porteur du monde loin de là. Mais sa manière de procéder à ses fidèles je pense.
Les séries d’Istin, American Parano, si il y a un troisième tome la psychiatre de Jordi Lafevre, les aigles de rome, Undertaker, Stern, Madeleine résistante…
Après pour qu’une série s’impose réellement, il faut quelques années vu qu’il y a un tome tous les 1 ans, 1an et demi. il te faut 5 ans pour faire 4 tomes.
Et si tu compares à Jour J 1, histoire de comparer du comparable ?![]()
Oui je me doute qu’il y a eu une lassitude.
J’ai été surpris que ça dure si longtemps d’ailleurs.
Mais 52 tomes pour un non succès, c’est pas mal, non ?
Yep. Effectivement
Même univers, histoires qui s’emboitent, nombre de tomes maîtrisé… je pense en effet que ça rassure les éditeurs et les clients (et les libraires ?)
