Bokurano (Asuka)

Attention, oeuvre choc !

Synopsis :
15 enfants partis ensemble dans un camp d’été tombent, en visitant une grotte de l’île sur laquelle ils se trouvent, sur plusieurs ordinateurs… Et un homme, mystérieux leur propose de faire un jeu, dans lequel le but est de sauver la Terre de la destruction.
Les enfants s’enregistrent tous pour y jouer à l’exception de la plus petite, Kana Ushiro… Et ils se réveillent tous un peu plus tard sur la plage en se demandant s’ils n’ont pas tous rêvé la même chose. Cependant, Monsieur Truckifouette, une petite “bestiole” apparait devant eux et ne leur laisse pas le choix : ils ont une mission, battre les autres robots qui apparaitront.
Cependant l’affrontement ne passe pas inaperçu et cause des dégâts sur la surface de la Terre. Leur mission ne fait que commencer, et toutes les règles du jeu n’ont pas encore toutes été dévoilées.

Mon avis :
Derrière ce résumé qui peut paraître somme toute très classique se cache un manga très sombre, très violent (surtout psychologiquement), et très dur. Les combats de robots sont plutôt courts et occupent une place relativement faible dans l’histoire, le plus gros étant occupé par la vie des jeunes pilotes, leurs interactions avec les autres, et les révélations qui s’enchaînent à la vitesse de la lumière.
Il y a bien longtemps (mais était-ce déjà arrivé ?) qu’un manga ne m’avait pas retourné (intérieurement) à ce point-là : il vous fera réagir, c’est sûr, et vous aurez beau essayé de découvrir ce qui se cache derrière ce résumé à l’apparence si simple, vous serez de toute façon loin du compte, et non préparé à ce que vous allez lire.
Les 3 premiers volumes sont particulièrement intenses puisque le plus gros des révélations et des détails et donné dans ces 3 volumes, et le traitement des pilotes concernés sont parmi les plus réussis (avec celui de la jeune pianiste, situé dans la 2nde moitié de l’histoire globale). Vous allez souffrir et vous allez en redemander.
Le problème ce situe justement à ce niveau. Pour moi, les 3 premiers volumes atteignaient un tel niveau de noirceur, de surprise, que le reste de l’oeuvre paraît beaucoup plus “classique” (si on peut utiliser ce terme ici, car même les autres volumes sont bien loin de ce que vous avez pu lire ailleurs). L’auteur nous emmène tellement loin dans le désespoir et la découverte du scénario lors de ces fameux 3 premiers volumes qui sont, je le répète, d’une violence et d’une noirceur rare, que j’ai eu l’impression de m’être habitué à ça, et que le ressenti sur la suite de l’histoire était du coup beaucoup plus faible (excepté certains passages réellement très très réussi, comme tout l’arc de la jeune pianiste, l’histoire de la jeune étudiante et de son professeur, ou les 4 doubles pages avec tous les pilotes dans le volume final). “Peut-on s’habituer à tout ?” pourrait donc être un niveau de lecture de plus ?
En tout cas, l’auteur veut nous faire réfléchir et réagir, et c’est réussi.

Je mettrai un petit bémol pour les 2 derniers volumes dans lesquels certaines explications sont peu claires et manquent de développement, même si en réfléchissant bien on arrive à se construire les infos manquantes et à combler les trous.
Pour finir, la fin est cynique à souhait mais elle était annoncée depuis certaines explications du dernier volume. Peu de surprise donc, même si on elle coïncide parfaitement avec le reste de l’oeuvre.

En résumé.
Bokurano est vraiment une oeuvre à part, et mérite le double statut de culte et d’ovni.
Ne ressemblant à rien d’autre, aussi bien dans le traitement de l’histoire que dans l’histoire en elle-même, d’une noirceur à toute épreuve et sublimé par une mise en scène et un graphisme qui pourra ne pas plaire à tout le monde, Bokurano fait vraiment partie des “must have” et se doit d’avoir une place dans toute bonne bibliothèque.
Sa lecture ne vous laissera pas insensible, et ce qui est sûr, c’est que personne ne sortira indemne de cette lecture.
4,5/5