Le sommaire de cet Opus Humano s’ouvre sur une histoire courte de Beb Deum tirée de son album Bürocratika. Je dois confesser que je n’ai jamais été sensible à son travail, et que le seul album que j’ai lu, c’est E-Dad, dont je ne sais toujours pas si je le trouve malin ou naïf, beau ou laid…
Quoi qu’il en soit, ce petit récit (ainsi que le texte de contextualisation qui le précède) donne bien envie d’en savoir plus. Bürocratika est un recueil d’histoires courtes qui se situent dans un monde où la bureaucratie est érigée en système de gouvernement, à la croisée de l’URSS (l’album sort l’année de la chute du Mur), des univers kafkaïens et de Brazil (film dont l’influence est signalée dans le texte de présentation).
Cette histoire courte, si elle donne le ton, promet un album succulent. On y suit un citoyen bien décidé à déclarer sa flamme à l’être aimé et, pour ce faire, à remonter le fleuve de la paperasse. Sauf que l’objet de ses emportements, c’est précisément la préposée qui l’accueille, et elle n’a cure de ses émois car elle est dévouée corps et âme au régime et à ses exigences bureaucratiques.
L’ensemble est court, amusant, incisif, assez inventif en matière de dialogues, laissant entrevoir tout un monde d’absurdité paperassière qui invite à la découverte.