CANNIBAL t.1 (Buccellato, Young / Bergara)


(Le Doc) #1

cannibal-tome-1-vf

Cannibal – Tome 1

A paraître le 23.05.2018

Prix : 16.95

Coscénariste : Brian Buccellato

Coscénariste : Jennifer Young

Dessinateur : Matias Bergara

Leur faim justifie les moyens

Willow, petite bourgade des Everglades en Floride. Les clients d’un bar découvrent avec effroi le cadavre d’un jeune homme dévoré vivant. Une nouvelle victime de l’épidémie de cannibalisme qui frappe la région depuis plusieurs années. Face à cette menace, le gouvernement fait la sourde oreille et, sans remède à l’horizon, les habitants sont démunis. Que faire de ces meurtriers sanguinaires qui, hier encore, étaient vos proches ? Il n’y a guère que pour les frangins Cash et Grady Hansen que la question est tranchée. Seule solution : tuer tous les infectés. Jusqu’à ce que le virus se mette à contaminer les mauvaises personnes…

Entre le southern gothic et le récit d‘horreur contemporain, Cannibal nous éloigne des sempiternelles histoires de zombies puisque les infectés sont ici conscients de leurs actes, mais impuissants face à leurs pulsions. Un thriller sur la monstruosité humaine dans le sud poisseux et électrique des États-Unis, où les hommes deviennent aussi sauvages que leur environnement…


(soyouz) #2

Quelqu’un peut venir m’aider ? C’est quoi ce genre, encore ?


(Fab) #3

du gothique sud profond certainement. ça n’a pas l’air si compliqué que ça
Canini? petite faute dans le titre du topic Doc :wink:


(soyouz) #4

Genre, Massacre à la tronçonneuse ? (mais c’est pas Gothique).
En fait, je ne vois pas ce que c’est, ce genre !


(Fab) #5

genre La Communauté du Sud /True Blood

"Le Southern Gothic est un genre littéraire propre à la littérature des États-Unis et plus précisément des régions du sud de ce pays.

Sous genre du roman fantastique, il se caractérise par la récurrence de certains thèmes ou éléments un peu comme dans le roman gothique. Généralement, on retrouve l’apparition au fil de l’intrigue d’un roman ou d’un film, d’événements surnaturels, oniriques ou inhabituels. L’élément récurrent est le grotesque de certaines situations, endroits ou personnages types"


(soyouz) #6

Ah, merci beaucoup (on a fait un genre pur ça ???).
ça donne pas vraiment envie, décrit comme ça !


(Oncle Hermes) #7

Un sous-genre disons. Ensuite, ce que Barney cite c’est l’intro d’un article Wikipedia, donc tu m’étonnes que ça donne moyennement envie dit comme ça.

L’inventeur du southern gothic, à mon sens, c’est ce bon vieux Robert Howard (au moins dans le versant le plus “genre” du genre, pour ainsi dire, parce que Wikipedia parle plutôt de Faulkner, très légèrement antérieur, mais ça c’est pour le versant “littéraire respectable” et assez différent tout de même).

En gros, vers 1929/1930, Howard commencer à livrer quelques nouvelles d’horreur très inspirées de son ami Lovecraft (et donc à travers lui, au moins pour partie du fantastique gothique “traditionnel”). Il s’en sort très bien, mais Howard a grandi et vit dans un petit bourg texan peuplé, pour le dire vite, de culs-terreux fiers de l’être, qui jusqu’à sa mort (et même bien au-delà) ne comprendront jamais sa volonté d’être un écrivain professionnel plutôt que de faire un travail honnête – et ce ne sont évidemment pas les débuts de la Grande Dépression, qui frappe la région de plein fouet, qui arrangent les choses… Autant dire les histoires de gentlemen oisifs et érudits de Nouvelle Angleterre, c’est un exercice de style dans lequel Howard se sent moyennement à l’aise.

Il décide donc de s’approprier le genre en signant des nouvelles d’horreur moins conventionnelles, plus inspirées de ce qu’il a sous les yeux, d’abord avec “L’Horreur dans le tertre” en 31 (publié l’année suivante) puis d’autres, dans une petite série qui culmine avec “Les Ombres de Canaan” et “Les Pigeons de l’Enfer” (tous les deux écrits en 1934 et respectivement publiés en 36 et 37). Des textes qui baignent dans un climat de racisme omniprésent, marqué par le poids de l’histoire locale (le souvenir des horreurs de l’esclavage sous-tend notamment “Les Pigeons…”), mettant en scène des cow-boys sur le retour, des petits propriétaires à deux doigts de la ruine, cupides, frustes et violents, dans des atmosphères soit écrasées de soleil soit complètement moites…

La descendance de ça, ce sont les romans d’Ann Rice situés à La Nouvelle Orléans, des films comme Angel Heart, des séries comme True Blood que mentionnait Barney mais aussi Carnivale / La Caravane de l’étrange, la première saison de True Detective ou la troisième d’American Horror Story, etc.

Et pour le versant plus “littéraire”, il y a aussi comme dit plus haut Faulkner, mais aussi Erskine Caldwell, Carson McCullers, Tennesse Williams…


(Le Doc) #8

Oups…^^


(artemus dada) #9

Si tu a lu Harrow County [Pour en savoir +], cette bédé en est, du “Southern Gothic” :

Le Sud (des U.S.A.) bouillonne d’énergie littéraire, au moins depuis Allan Edgar Poe, et à partir de William Faulkner les thèmes du gothique anglais sont devenus ceux du Sud à tel point qu’il y a une tradition, une école du “gothique sudiste”.
Faulkner qui écrit : « ce Sud profond mort depuis 1865 et peuplé de fantômes bavards […] » ou Cormac McCarthy évoquant des « ruines d’arbres géants » est aussi celui d’HARROW COUNTY de Cullen Bunn & Tyler Crook.
On y trouve ce même sentiment de culpabilité qui hante toute cette littérature ; tout autant que l’innocence perdue, le culte du passé et le refus de la modernité.
N’oublions pas que le Sud est le seul endroit aux Etats-Unis à avoir connu la défaite et l’occupation.
Pour l’homme du Sud la terre est sacrée, et ceux qui ont lu le premier tome intitulé « Spectres innombrables » savent de quoi je parle.


(Fab) #10

oui je suis allé au plus court.
mais bon ce n’était ni compliqué ni long à chercher :wink:
c’est un sous-genre assez foisonnant quand même


(soyouz) #11

Visiblement, oui (bon, je reconnais ma fainéantise sur ce coup-là), je ne pensais pas qu’il y en avait autant !
Merci à vous trois pour cet éclairage (me reste plus qu’à le placer dans un dîner de l’ambassadeur)

Et Harrow County, je n’ai pas encore acheté !

Est-ce que “Dans l’antre de la pénitence” rentre dans ce sous-genre ?


(artemus dada) #12

En tout cas ça en reprend pas mal de symptômes. [-_ô]

Mais comme tous les genres (et leurs sous-genres), il y a bien sûr une part (environ 96%) de subjectivité de la part de celui qui en parle.

Définir des genres, c’est aussi une manière de catégoriser ce dont on parle, lorsqu’on en parle. Cela passe forcément par sa propre culture. Quelqu’un qui ne connait pas le “southern gothic”, ne risque pas d’y rattacher ce qu’il lit, quand bien même cela y ressemble.

Par exemple plusieurs romans sont parus ces derniers temps, certains avec pas mal d’ingrédients de science-fiction, mais publié dans des collections dites de “littérature blanche”. Et inversement.

Certains auteurs refusent par ailleurs que leurs livres paraissent avec telle ou telle étiquette (SF, fantastique, fantasy, etc.) alors même qu’ils en utilisent la quincaillerie.


(soyouz) #13

Faut que j’aille voir ce que c’est que cette “littérature blanche” !
(mais je suis d’accord avec toi. Je suis allé chez Gibert mercredi, et j’ai eu un mal de chien à trouver Lovecraft et Gaiman, alors que c’est rangé quasi au même endroit)


(artemus dada) #14

La littérature blanche c’est tout ce qui n’appartient pas à un genre. En fait tout ce qui refuse d’y appartenir.
Par exemple les romans de Houellebecq pourraient, presque tous, être publiés dans une collection de science-fiction.

En caricaturant (mais pas tant que ça), on pourrait dire que la littérature dite “blanche” paraît justement chez des éditeurs dont la sobriété des couvertures parle d’elle-même. [-_ô]


(soyouz) #15

Merci Artie !


(Fab) #16

oui ça vient surtout de chez Gallimard qui avait (et qui l’a toujours) la Blanche et la Série Noire et ça permettait d’aller au plus simple: une couv’ blanche et une couv’ noire (pour être certain de ne pas s’y tromper :wink: )
après je te vois mettre des guillemets Soy’ mais c’est pas nouveau cette appellation de blanche mais c’est historique, j’ai toujours entendu cette dénomination, c’est pas gadget actuel


(soyouz) #17

J’ai mis des guillemets parce qu’Artie a mis des guillemets avant moi !:wink:


(Fab) #18

ah oui c’est vrai
il a dû croire que t’allais penser ça :wink: :stuck_out_tongue: