CAPTAIN SIR RICHARD FRANCIS BURTON t.1-2 (Alex Nikolavitch, Christian Clot / Dim D., Lionel Marty)

Discutez de Captain Sir Richard Francis Burton

La critique de Captain Sir Richard Francis Burton T.1 (simple - Glénat) par Tzara est disponible sur le site!
Lire la critique sur BD Sanctuary

Tudieu, où c’est que j’ai mis mon exemplaire, moi, déjà ?
Zut de zut, il s’est perdu dans une pile, je vois que ça !

Jim

Alors c’est marrant, en lisant la critique du tome 1, je n’ai pas eu l’impression d’avoir vu la même chose.

Pas eu de problème avec le dessin, les décors, les persos … ça m’a paru assez cohérent (après, l’Afrique, je n’y ai mis les pieds qu’une fois et c’était pas tout à fait par là) et ça n’a pas dérangé la lecture !
Et puis la fiche concernant le dessinateur est assez mal renseignée , puisque ce n’est pas le bon !

Ensuite, j’ai trouvé que les choix effectués par les auteurs étaient assez judicieux pour présenter le perso, faire avancer l’histoire, montrer les relations entre les protagonistes, etc …
Y a eu de belles recherches (pas étonnant avec un tel auteur) et le carnet de fin de tome est des plus judicieux et est très intéressant !

Le tome 2 est du même tonneau (même si le dessinateur est différent), si bien qu’on est déçu de n’avoir que deux tomes ! (et c’est un avis familial, les albums ayant été très appréciés par Madame, qui m’a demandé quand j’allais acheter le troisième album !)

Non, ce n’est pas biographie de l’acteur.

Jim

Pourquoi dis-tu cela ?

À cause de l’homonymie entre

et

mais surtout parce qu’il est à court de formules lapidaires pour relancer tous les topics de la section franco-belge ! icon_mrgreen

Ouais, mais bon … même après une grosse soirée, on peut faire la différence !

Ah oui, je comprends mieux !

Alors il me semble que celui de gauche est genre l’arrière grand-oncle de l’autre, ou un truc du genre

par ailleurs, même si le lien de la critique fonctionne pas, et que du coup j’ai pas pu la lire, le tome 1 a connu des problèmes de production, une demande de l’éditeur qui a conduit à changer la structure de l’album alors qu’une vingtaine de pages étaient déjà réalisées. ce changement dans l’ordre narratif prévu au départ a nui au rythme de l’histoire, d’où on côté relativement mou, surtout au début. (le tome 2 se tient, à mon sens, beaucoup mieux)

Je m’entraîne pour quand j’aurai un compte twitter.

Jim

Ce jour-là … je guetterai les grenouilles dans le ciel !

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Jim sur Twitter…

ce concept de pure science-fiction…

Tu peux la lire en cliquant sur le lien du premier message…

J’ai modifié le message dans lequel le lien avait merdé (à cause d’un simple retour à la ligne manquant)… Mais pour les flemmards, le lien direct vers la critique, c’est ici.

Tori.

Des critiques sur le dessin, surtout, donc.

truc qu’on a beaucoup bossé : la couleur. Christian Clot connait bien la région, et a pu nous indiquer quelle texture donner au ciel selon les lieux et les saisons.

Le premier tome (dans un diptyque dont chaque partie est clairement séparée notamment par une thématique et un sujet bien identifiés) se charge de raconter l’expédition en direction des sources du Nil, soit quelques courtes années après l’expédition vers la Mecque, qui fera le sujet du tome 2.

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Pour qui connaît Alex Nikolavitch, le personnage de Richard Burton (l’explorateur, donc, pas l’acteur) est important. En effet, le plus grand scénariste de France (1m98) ne tarit jamais d’anecdote sur le bonhomme, et ce depuis des décennies, si bien que la rencontre entre l’auteur et le sujet, au détour d’une bande dessinée, coule de source. Qui plus est, Burton correspond assez bien à un type de personnage que Nikolavitch aime animer, « l’expert bougon », à sa place sur le terrain mais pas toujours dans la société. Le héros de Central Zero est un peu comme ça, et il n’est pas étonnant que le scénariste se soit intéressé aussi à Lovecraft ou Disney, qui sont en quelque sorte des variations du même schéma.

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L’album (au sujet duquel Alex nous dit un peu plus haut qu’il a été écrit et réécrit), coule pourtant de source (hin hin hin) dans le sens où la lecture en demeure fluide. D’une certaine manière, son caractère linéaire (si l’on excepte la « scène prégénérique » située quelques années plus tôt) se prête à l’exercice (même si l’on peut imaginer que la structure de la première version était moins évidente), et favorise la perception des multiples prises de bec entre Burton et Speke, qui ne sort pas grandi de l’album (malgré la précaution oratoire prise à l’entrée du cahier complémentaire au sujet de la vision des auteurs). Cela permet aussi d’arriver à la très jolie scène où Speke au comble de la fièvre croit mourir, et où les deux personnages ont un instant de faiblesse qui les humanise grandement.

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Question dessin, c’est pas mal. La caméra me semble toujours un peu trop loin des personnages, mais cela permet d’avoir des cases de décor assez intéressantes. Les lenteurs ne m’ont pas semblé pesantes à la première lecture, il y a quelques années, ni à la lecture en diagonale d’hier soir.

Au final, on reprochera une erreur de bullage qui attribue une bulle de Burton à son royal interlocuteur, et une accroche de quatrième de couv qui donne en gros caractères l’année 1850, alors qu’on est plutôt en 1856. Mais dans l’ensemble, ce premier tome remplit son office de « biopic ».

Jim

J’ai le deuxième tome depuis un bout de temps, mais d’une je ne l’avais pas encore lu, et de deux il n’est pas dédicacé par Nikolavitch (j’ai donc dû l’acheter en Normandie et pas sur un salon genre Angoulême). J’ai donc profité de la lecture du second pour resurvoler le premier, histoire de venir commenter les deux.

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Ce deuxième volet commence en gros quand le premier s’est terminé : Burton, remis de ses fièvres, est rentré à Londres pour s’apercevoir que Speke a revendiqué pour lui seul la « découverte » des sources du Nil. S’ensuit une longue polémique agitant les milieux scientifiques et Burton, dont les compétences d’explorateur sont mises en doute, entame donc de raconter son voyage à la Mecque, quelques années plus tôt, en 1853.
L’album bascule alors pour devenir un vaste flash-back, ce qui offre une construction différente du premier. La longue séquence du passé n’est pas commentée par une voix off de l’explorateur, mais nous plonge directement aux côtés de Burton, qui se fait passer pour un Afghan connaissant les sciences médicales. On le suit au fil de son périple, y compris quand il est attaqué ou démasqué. Si le premier tome faisait de lui l’homme qui a toujours raison, ce volet au contraire le présente parfois sous un jour peu glorieux.

Question dessin, c’est Lionel Marty qui se charge des planches cette fois-ci. Le style est moins bon, mais l’illustrateur serre ses personnages, recourant souvent au gros plan (est-ce volontaire ou une manière de gagner du temps ?), ce qui me semble intéressant dans un récit où le déguisement et l’anonymat sont importants.

Le style d’Alex est plus visible, également, notamment à l’occasion des joutes oratoires du début de l’album, ou encore dans la première planche. De même, la dernière séquence, qui en quelque sorte réhabilite Speke, est une vision terrible de la machine impériale. On reprochera au lettrage de trop jouer sur les variations de corps de texte, rendant l’ensemble pas subtil du tout. Mais au final, si le dessin est moins bon, ce tome m’a plus davantage, peut-être pour son portrait plus nuancé et ses envolées dans les dialogues.

Jim

pour la petite histoire, si les ventes avaient un peu mieux suivi, on avait sous le coude un projet de tome 3, revenant sur son passage dans l’armée des Indes, et ses missions d’espionnage et de cartographie dans le Sind, actuel Pakistan. ça ne s’est pas fait.

sur le premier tome, l’écriture a été un calvaire, y avait trop d’échelons éditoriaux, avec des gens pas toujours d’accord entre eux, ce qui a provoqué ce changement de structure de l’album (dont la moitié était déjà dessinée, et il a fallu remanier l’ordre des pages en conséquence) et des moments de bug ou, pris dans des injonctions contradictoires, je n’arrivais plus à écrire du tout.

sur le deuxième, ça a été beaucoup plus fluide, et pour le coup il a été réellement coécrit avec Christian Clot (qui avait plutôt un rôle d’éditeur/correcteur sur le précédent). On s’est mis d’accord sur un séquencier détaillé que j’ai écrit et qu’il a amendé, et ensuite on s’est réparti les séquences qu’on sentait chacun le mieux (même méthode qu’avec Izu sur Crusades et Mariolle sur Saint Louis) et derrière j’ai fait une grosse repasse de tous les dialogues.

sur l’histoire de la façon dont il protège son identité (par le meurtre dans l’album), notre source principale était le rapport détaillé écrit par Burton lui-même. qui n’évoque pas du tout l’incident (uniquement plusieurs moments où il a failli être démasqué). vu que la rumeur de ce meurtre a toujours couru, nous sommes partis du principe qu’il avait eu lieu (Burton n’était de toute façon pas un enfant de cœur, et il avait déjà combattu et tué, notamment en Crimée) et se posait la question de l’identité de la victime. en épluchant le rapport, on a découvert qu’un personnage haut en couleur largement décrit par Burton pendant toute la première moitié de son voyage disparaissait du récit sans la moindre explication, de façon brutale. il y a un point où il ne l’évoque tout simplement plus. il nous a semblé logique que ce soit lui. de mémoire, le cahier explicatif signale qu’il s’agit là d’une hypothèse (très crédible) de notre part.

petit factoïde rigolo : pendant une partie de la prod du Voyage à la Mecque, Christian Clot était sur les traces de Burton, en Tanzanie, à faire des relevés hydrographiques visant à trancher des polémiques concernant les sources du Nil…

Comme je disais plus haut, un troisième n’aurait pas été de refus. Il était même attendu !

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