CAPTAIN SIR RICHARD FRANCIS BURTON t.1-2 (Alex Nikolavitch, Christian Clot / Dim D., Lionel Marty)

Jim sur Twitter…

ce concept de pure science-fiction…

Tu peux la lire en cliquant sur le lien du premier message…

J’ai modifié le message dans lequel le lien avait merdé (à cause d’un simple retour à la ligne manquant)… Mais pour les flemmards, le lien direct vers la critique, c’est ici.

Tori.

Des critiques sur le dessin, surtout, donc.

truc qu’on a beaucoup bossé : la couleur. Christian Clot connait bien la région, et a pu nous indiquer quelle texture donner au ciel selon les lieux et les saisons.

Le premier tome (dans un diptyque dont chaque partie est clairement séparée notamment par une thématique et un sujet bien identifiés) se charge de raconter l’expédition en direction des sources du Nil, soit quelques courtes années après l’expédition vers la Mecque, qui fera le sujet du tome 2.

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Pour qui connaît Alex Nikolavitch, le personnage de Richard Burton (l’explorateur, donc, pas l’acteur) est important. En effet, le plus grand scénariste de France (1m98) ne tarit jamais d’anecdote sur le bonhomme, et ce depuis des décennies, si bien que la rencontre entre l’auteur et le sujet, au détour d’une bande dessinée, coule de source. Qui plus est, Burton correspond assez bien à un type de personnage que Nikolavitch aime animer, « l’expert bougon », à sa place sur le terrain mais pas toujours dans la société. Le héros de Central Zero est un peu comme ça, et il n’est pas étonnant que le scénariste se soit intéressé aussi à Lovecraft ou Disney, qui sont en quelque sorte des variations du même schéma.

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L’album (au sujet duquel Alex nous dit un peu plus haut qu’il a été écrit et réécrit), coule pourtant de source (hin hin hin) dans le sens où la lecture en demeure fluide. D’une certaine manière, son caractère linéaire (si l’on excepte la « scène prégénérique » située quelques années plus tôt) se prête à l’exercice (même si l’on peut imaginer que la structure de la première version était moins évidente), et favorise la perception des multiples prises de bec entre Burton et Speke, qui ne sort pas grandi de l’album (malgré la précaution oratoire prise à l’entrée du cahier complémentaire au sujet de la vision des auteurs). Cela permet aussi d’arriver à la très jolie scène où Speke au comble de la fièvre croit mourir, et où les deux personnages ont un instant de faiblesse qui les humanise grandement.

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Question dessin, c’est pas mal. La caméra me semble toujours un peu trop loin des personnages, mais cela permet d’avoir des cases de décor assez intéressantes. Les lenteurs ne m’ont pas semblé pesantes à la première lecture, il y a quelques années, ni à la lecture en diagonale d’hier soir.

Au final, on reprochera une erreur de bullage qui attribue une bulle de Burton à son royal interlocuteur, et une accroche de quatrième de couv qui donne en gros caractères l’année 1850, alors qu’on est plutôt en 1856. Mais dans l’ensemble, ce premier tome remplit son office de « biopic ».

Jim

J’ai le deuxième tome depuis un bout de temps, mais d’une je ne l’avais pas encore lu, et de deux il n’est pas dédicacé par Nikolavitch (j’ai donc dû l’acheter en Normandie et pas sur un salon genre Angoulême). J’ai donc profité de la lecture du second pour resurvoler le premier, histoire de venir commenter les deux.

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Ce deuxième volet commence en gros quand le premier s’est terminé : Burton, remis de ses fièvres, est rentré à Londres pour s’apercevoir que Speke a revendiqué pour lui seul la « découverte » des sources du Nil. S’ensuit une longue polémique agitant les milieux scientifiques et Burton, dont les compétences d’explorateur sont mises en doute, entame donc de raconter son voyage à la Mecque, quelques années plus tôt, en 1853.
L’album bascule alors pour devenir un vaste flash-back, ce qui offre une construction différente du premier. La longue séquence du passé n’est pas commentée par une voix off de l’explorateur, mais nous plonge directement aux côtés de Burton, qui se fait passer pour un Afghan connaissant les sciences médicales. On le suit au fil de son périple, y compris quand il est attaqué ou démasqué. Si le premier tome faisait de lui l’homme qui a toujours raison, ce volet au contraire le présente parfois sous un jour peu glorieux.

Question dessin, c’est Lionel Marty qui se charge des planches cette fois-ci. Le style est moins bon, mais l’illustrateur serre ses personnages, recourant souvent au gros plan (est-ce volontaire ou une manière de gagner du temps ?), ce qui me semble intéressant dans un récit où le déguisement et l’anonymat sont importants.

Le style d’Alex est plus visible, également, notamment à l’occasion des joutes oratoires du début de l’album, ou encore dans la première planche. De même, la dernière séquence, qui en quelque sorte réhabilite Speke, est une vision terrible de la machine impériale. On reprochera au lettrage de trop jouer sur les variations de corps de texte, rendant l’ensemble pas subtil du tout. Mais au final, si le dessin est moins bon, ce tome m’a plus davantage, peut-être pour son portrait plus nuancé et ses envolées dans les dialogues.

Jim

pour la petite histoire, si les ventes avaient un peu mieux suivi, on avait sous le coude un projet de tome 3, revenant sur son passage dans l’armée des Indes, et ses missions d’espionnage et de cartographie dans le Sind, actuel Pakistan. ça ne s’est pas fait.

sur le premier tome, l’écriture a été un calvaire, y avait trop d’échelons éditoriaux, avec des gens pas toujours d’accord entre eux, ce qui a provoqué ce changement de structure de l’album (dont la moitié était déjà dessinée, et il a fallu remanier l’ordre des pages en conséquence) et des moments de bug ou, pris dans des injonctions contradictoires, je n’arrivais plus à écrire du tout.

sur le deuxième, ça a été beaucoup plus fluide, et pour le coup il a été réellement coécrit avec Christian Clot (qui avait plutôt un rôle d’éditeur/correcteur sur le précédent). On s’est mis d’accord sur un séquencier détaillé que j’ai écrit et qu’il a amendé, et ensuite on s’est réparti les séquences qu’on sentait chacun le mieux (même méthode qu’avec Izu sur Crusades et Mariolle sur Saint Louis) et derrière j’ai fait une grosse repasse de tous les dialogues.

sur l’histoire de la façon dont il protège son identité (par le meurtre dans l’album), notre source principale était le rapport détaillé écrit par Burton lui-même. qui n’évoque pas du tout l’incident (uniquement plusieurs moments où il a failli être démasqué). vu que la rumeur de ce meurtre a toujours couru, nous sommes partis du principe qu’il avait eu lieu (Burton n’était de toute façon pas un enfant de cœur, et il avait déjà combattu et tué, notamment en Crimée) et se posait la question de l’identité de la victime. en épluchant le rapport, on a découvert qu’un personnage haut en couleur largement décrit par Burton pendant toute la première moitié de son voyage disparaissait du récit sans la moindre explication, de façon brutale. il y a un point où il ne l’évoque tout simplement plus. il nous a semblé logique que ce soit lui. de mémoire, le cahier explicatif signale qu’il s’agit là d’une hypothèse (très crédible) de notre part.

petit factoïde rigolo : pendant une partie de la prod du Voyage à la Mecque, Christian Clot était sur les traces de Burton, en Tanzanie, à faire des relevés hydrographiques visant à trancher des polémiques concernant les sources du Nil…

Comme je disais plus haut, un troisième n’aurait pas été de refus. Il était même attendu !

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Dans la newsletter de Glénat, spéciale confinement, la troisième livraison d’aujourd’hui donne la parole à Christian Clot, tête pensante derrière la collection « Explora ».

Voilà ce qu’il raconte :

- Christian, où es-tu, que fais-tu ?
Je suis dans mon appartement parisien qui est aussi les locaux de mon Institut de recherche " Adaptation "… Durant cette période, j’essaye d’appliquer au mieux ce que j’ai appris lors de mes expéditions - comme 13 jours bloqués par une tempête à trois dans une tente ou plusieurs semaines maintenu dans une cave par un groupe de guérilleros - ou des études que je mène avec mon institut sur l’adaptation humaine aux changements.

- On n’a pas tous la même expérience extrême que toi bien sûr, à notre niveau, que nous conseilles-tu?
La rigueur et l’organisation sont importantes pour garder une gestion quotidienne. L’exercice physique doit être une de ces routines, mais aussi le travail mental (faire des choses très différentes de notre activité pro). Il faut à tout prix éviter l’apathie, qui arrive souvent entre 8 et 15 jours sans sortir, et pousse le cerveau à perdre l’adéquation du temps réel et du temps perçu. Soudain on réalise qu’on vient de passer 2 heures sans trop savoir à quoi faire… Puis on ne le réalise même plus. Les stimuli émotionnels sont prépondérants : il faut trouver des choses simples qui peuvent nous émerveiller autant qu’une raison de voir au-delà de la période de crise. Une raison assez forte pour nous donner envie de nous battre pour la retrouver, quoi qu’il en soit.

- Que fais-tu, que pouvons-nous faire, pour aider les autres :
La solidarité et la coopération sont aussi importantes pour donner du sens à ces buts. Là, nous venons de mettre en place avec mon équipe scientifique une étude qui se lance aujourd’hui (mardi 24 mars), pour évaluer les prismes de détresse afin de pouvoir donner des recommandations aux autorités région par région (et créer des recommandations pour le futur). Cela occupe bien mes journées, avec des vidéos que je fais pour divers sites afin d’aider à garder le moral.

- Et la BD dans tout ça ?
Je dois mieux m’occuper d’Explora que j’aime beaucoup, je vais y passer du temps. Et s’il m’en reste un peu j’ai envie de développer des scénarios en rapport à mes travaux sur les migrants et l’esclavage. Et comme pour tout le monde j’imagine, ce virus est inspirant. J’ai eu, depuis le début, des infos d’un laboratoire partenaire à Adaptation Institue, alors j’ai bien suivi depuis décembre l’arrivée de la crise. C’est, disons, intéressant, et cela m’occupe beaucoup depuis…

  • Si vous voulez participer à l’étude, c’est ici
  • Le film de Christian sur l’adaptation aux 4 climats extrêmes est disponible ici (gratuit jusqu’au 15 avril avec le code " adaptation ")
  • Un podcast sur l’actualité du virus
    Et vous pouvez le suivre sur Instagram : @christianclot_explorer avec chaque jour une info " confinement ", ou sur Facebook christian clot explorer.

Jim

C’est qui le deuxième à parler confinement ?

Chabouté :

Jim

Merci. Bon, faut que je retrouve le 4ème maintenant …

Premier témoignage : Didier Convard

Deuxième témoignage : Christophe Chabouté

Troisième témoignage : Christian Clot

Quatrième témoignage : Ingrid Chabbert

Cinquième témoignage : Jef

Merci. Comme c’est pas posté chez Glénat, j’ai du mal à retrouver.

Je vais essayer de poser ces récaps à chaque fois. Histoire qu’on perde pas le fil.

Jim

J’ai tout posté dans le sujet sur les dernières infos de Glénat

J’ai vu, mais je continuerai à le faire quand d’autres newsletters arriveront.

Jim

Les deux tomes sont sortis en kiosque cet été (le 23 juillet et le 6 août) dans la collection « Les grands personnages de l’histoire en bande dessinée » :


Tori.

Et ça ressortira à nouveau quand Le Monde lancera sa collection « Les grands auteurs de l’histoire de la bande dessinée ».