CHARLOTTE ET NANCY (Pierre Christin / Annie Goetzinger)

Discutez de Charlotte et Nancy

J’avais commencé à le lire (l’histoire de deux amies de milieux sociaux différents, évoluant dans le milieu de la mode…), et mon exemplaire ressemblait au portfolio de la styliste, avec les pages qui s’envolent…
… Impossible de le retrouver : il doit être quelque part dans une pile, se sédimentant dans l’attente que je le retrouve…

Jim

Il est peut-être dans plusieurs piles ?

Tori.

Le cauchemar !!!

Jim

Tu m’as devancé

Ah tiens, je viens de le retrouver. En cherchant bien entendu autre chose. Et il n’était pas loin : comment j’ai fait pour le louper alors que j’ai fouillé là plusieurs fois, un mystère.

Jim

Bon, voilà, je l’ai lu. Et comme pour d’autres récits du tandem, je trouve ça très faible.

Donc, Nancy la grande blonde et Charlotte la petite brune sont deux amies qui nourrissent des rêves liées à la haute couture. La première vient d’un milieu aisé (euphémisme) et ne sait pas trop vers quoi se diriger, et la seconde, d’un milieu plus modeste, nourrit de grandes ambitions de styliste. Elles se retrouvent dans le même TGV à destination de Paris. Charlotte va écumer les ateliers de confection minables tandis que Nancy va faire la rencontre d’une directrice d’agence qui l’entraînera dans un milieu dont elle ignore tout, le mannequinat.

Et l’album est singulièrement sans enjeu. Alors certes, on a droit à l’exploration de diverses couches sociales et à l’expression d’un mépris de classe issue des nantis, mais ce poncif christinien, s’il donne droit à des répliques assez amusantes car il peuple cette haute société de portraits divers, n’ouvre sur aucun conflit d’ampleur. Charlotte ne se sent ps à sa place ? Elle fuit, et finalement Nancy la retrouve plus tard, et c’est reparti pour un tour. De même, les deux amies, pour des raisons différentes, prennent pour pseudonyme le prénom de l’autre : cela n’occasionne aucune friction, aucune jalousie, aucune méprise de comédie romantique, à l’exception de quelques courts dialogues d’étonnement sans conséquence.

Rajoutons là-dessus la narration de Goetzinger, souvent bordélique (l’ordre des bulles, bon sang…) voire problématique : elle a la fâcheuse manie d’ouvrir certaines planches sur une bande en trois cases où les deux premières sont superposées et la troisième placée à droite… sauf que dans la narration, elle distribue l’action d’abord dans la case en haut à gauche, puis dans la case en haut à droite avant de revenir vers la seconde case en haut à gauche. Ce n’est pas intuitif, il faut donc lire la case 1, puis la case 3 et enfin la case 2, et c’est une telle habitude que, lorsqu’elle distribue les bulles dans le sens instinctif, elle se sent obligée de mettre des flèches indiquant le sens de lecture, sacré constat d’échec.

Bref, un album plat, joli mais sans élan, qui me fait dire, de plus en plus, qu’à part Valérian et les productions avec Bilal, le corpus de Christin n’est pas à la hauteur de sa réputation.

Jim

C’est du Archie à la française ?

Si seulement.

Jim