Chronique : Dragon Quest - Emblem of Roto

Découvrez nos premières impressions sur la série évènement des éditions Ki-oon

[Lire l'article sur Manga Sanctuary](http://www.manga-sanctuary.com/news/17742/chronique-dragon-quest-emblem-of-roto.html)

“En effet, il aura fallu attendre presque 25 ans pour qu’un éditeur se décide à la sortir.”

Ou plutôt pour que les japonais acceptent que les français la sortent, non ? :wink: Et que ça fait 25 ans que les français font le forcing pour la sortir, avec enfin des résultats. :slight_smile:

Merci pour la chronique en tout cas. :slight_smile: Je l’achèterai, ça oui. :smiley:

En tout cas pour une série aussi attendue, il y a peu de réactions à notre article…dommage, il serait intéressant de connaître le point de vue des lecteurs !

Après avoir lu les 2 premiers tomes, je dois dire que c’est d’une vraie déception que je reviens avec probablement l’une des lectures les moins enthousiasmantes de l’année. :frowning:

Plusieurs points m’ont particulièrement fâché, à commencer par des personnages fadasses au possible, qui arrivent souvent comme un cheveu sur la soupe dans l’histoire, qui n’ont quasi aucun background auquel s’attacher, avec en sus un héros mal travaillé et pour l’instant aussi charismatique qu’une vieille chaussette sale.
Le travail des personnages est très artificiel et ce n’est même pas un manque d’originalité, c’est simplement un vrai manque d’inspiration et sans doute de fainéantise ou de talent pour donner la dose minimale d’épaisseur à des personnages clés, sans quoi le lecteur a vraiment du mal à adhérer sans bailler. Et effectivement, comme c’est très classique en plus, ça n’arrange pas les choses.

Ensuite la narration…on pourrait effectivement la définir comme dynamique mais elle est surtout trop rapide à tel point que les événements s’enchaînent bien trop rapidement et ne prennent pas le temps de donner de la profondeur ou de définir des enjeux réellement consistants en dehors d’un basique “tuons le dieu de la terreur” (d’ailleurs en 2 tomes le héros et son comparse ont déjà réussi l"entrainement de la mort qui tue" sans d’ailleurs que les épreuves par lesquels ils passent aient fait montre d’une vraie volonté d’immersion du lecteur (toujours ce manque de talent ou d’implication sans doute…)) où l’on se dit juste : ouais ok… on se voit simplement obligé d’accepter les choses : d’accord un gosse qui n’est pas le héros transforme une épée basique en arme ultime juste avec un peu de volonté, d’accord le héros a le sang de son ancêtre donc il est forcément incorruptible, d’accord un monstre méchant était un peu gentil et ??? tout ça pourquoi ?..rien de passionnant.

Ce genre de titre c’est un peu similaire à d’autres shônens type beau paquet cadeau et vide à l’intérieur comme yaiba ou flame of recca qui avaient aussi ce type de démarrage pas convaincant et atrocement artificiel dans leurs premiers tomes, le type de titre dont j’ai toujours stoppé la lecture avant la fin tant la mayonnaise a du mal à prendre quand on est un tant soit peu exigeant. (du coup difficile de dire si c’est vraiment mieux ensuite…)

En fait, tout souffre de la comparaison avec la “Quête de Dai”, à tous les niveaux, jusque dans les lieux visités par les héros qui semblent ici terriblement…absents (village à peine esquissé, une ville sur la fin, sinon du désert…) si ce n’est peut être le graphisme des débuts qui est ici agréable mais sans vraie personnalité.

Le tout est saupoudré par la traduction de Ki-oon qui a choisi de livrer des sorts tels que “superglace” ou “téléportation” au lieu des habituels sorts de la saga “Mahyado” ou “Rura” par exemple : ça donne une impression de sorts de gamins assez désagréables et en tout cas pour moi ça m’a brisé encore davantage l’immersion (si tant est qu’il y en avait une) et puis ces rois du mal qui se transforment en rois démons ou dieux démons à tout va, ça ne fait pas très sérieux.

Bref, ce titre ne remplit pas le quota d’épique sur lequel on était en droit de s’attendre et le fait qu’il n’y ait que 21 tomes n’augure rien de bon pour la suite (à la vitesse de la narration actuelle).

C’est un gros point noir, que j’avais d’ailleurs évoqué ailleurs… et c’est d’ailleurs d’autant plus surprenant qu’un lexique en début de volume (sur le premier rabat de la jaquette) reprend les magies utilisées pour la première fois dans chaque volume (lexique présent également dans les volumes japonais)…
Les noms des magies sont propres à la série, et ont donc une consonnance exotiques pour les japonais (tout en étant en terrain connu, puisque ces noms reviennent dans les différents opus des jeux), alors pourquoi les adapter ?

Mais le problème n’est pas dû à Ki-oon : ce sont les noms des adaptations françaises des jeux, malheureusement (comme les gluants à la place des slimes).

Tori.

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Mais le problème n’est pas dû à Ki-oon : ce sont les noms des adaptations françaises des jeux, malheureusement (comme les gluants à la place des slimes).

Tori.[/quote]

Ca reste tout de même un choix de l’éditeur d’aller dans le sens d’une autre traduction (celle des jeux) et un choix qui n’est rien d’autre que celui de brosser dans le sens du poil des joueurs en terrain conquis et peu exigeants (autant dire un public enfantin ou peu mangaphile quand on y pense…) . C’est vrai que les gluants c’était pas mal aussi pour un nom “slime” pourtant passé dans le langage commun (enfin celui d’un certain milieu)

Heureusement que tonkam n’a pas fait la même chose quand ils ont réédité leur Dragon quest, on les aurait encore traité d’amateurisme, mot qui n’est peut être pas si loin de ce que je pense du choix de ki-oon sur ce titre :unamused:
D’ailleurs à propos de la quête de Dai, on pouvait là aussi arguer qu’il y avait une adaptation couramment admise : la traduction de J’ai lu, qui imposait un certain standard (comme la trad des JV ici). Mais tonkam a quand même retranscrit les attaques en s’écartant de celles de j’ai lu et en revenant davantage encore sur l’original et pas une stupide adaptation sans saveur comme ici avec “Roto”.

C’était peut-être imposé par l’éditeur, qui est Square-Enix, que ce soit pour les jeux ou le manga…
Alors que le manga de la quête de Dai est édité au Japon par Shueisha.

Tori.