CLAIRE DE NUIT (Trillo, Maicas / Bernet)

Discutez de Claire de nuit

Série de gags présentant une jolie prostituée qui voit passer à son coin de rue toute la diversité de la société, Claire de nuit a d’abord été édité en cinq tomes chez Semic, sous une traduction de Patrick Manoukian, aujourd’hui romancier (sous un autre nom, à vous de chercher).
Le gros volume paru chez Fluide Glacial, au contraire, propose une autre traduction et un autre lettrage.

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Drôle, insolent, l’humour fonctionne en général très bien. Pas toujours, car il tombe parfois dans une certaine grivoiserie. Mais le trait de Jordi Bernet, dont on sait depuis longtemps qu’il est surdoué pour dessiner de jolies filles tout en affichant une certaine appétence pour le mauvais goût, fait merveille.

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Loin du côté sérieux et virtuose de Torpedo, le trait est plus léger, parfois un brin bâclé, ce qui n’est d’ailleurs pas pour déplaire, rendant très vivante ces petites tranches de vie.

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Jim

Je viens de lire Le Cri du Vampire, une histoire d’amour et de sang signé par Trillo et Bernet.

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Ludmila cherche un homme. Elle engage donc un détective privé afin qu’il le retrouve pour elle. Ce que ce dernier ne sait pas, c’est qu’elle a été vampirisée, quelque siècle auparavant, par ce seigneur de la nuit qu’elle recherche depuis lors.

Sur ce triangle amoureux (parce que le détective est séduit par la belle solitaire, bien entendu), Trillo bâtit une histoire parodiant les vaudevilles, avec entrées (et sorties) dérobées, poursuites et portes qui claquent. Il détourne aussi Roméo & Juliette en recourant aux deux fausses nouvelles qui ruinent l’existence des amoureux, et conclut sur un final ironique que n’aurait peut-être pas renié Benny Hill dans ses meilleurs moments.

Quant à Bernet, il signe des planches très rapidement exécutées, ça se sent aux traits qui se chevauchent et au côté vif et brouillon de certaines cases, presque dans la lignée de Claire de Nuit, avec les ombres et les éclairages de Torpedo.

L’ensemble est magnifique, assez drôle, limite féroce voire mordant (que je suis drôle), et constitue un chouette album avec deux auteurs au meilleur de leur mauvais esprit.

Jim