COMICS NOVEL (Phil Cordier / Thierry Martin)

J’ai oublié de dire : à 250%, Ex-libris de Thierry Martin (et j’ai l’impression que le palier 275% peut être une tuerie)

la nouvelle aura plus de « culs de lampe » ('tits dessins inserés dans le texte) que prévu, mais je voulais juste dire que j’ai reçu la dernière (en date, il en reste à faire) pleine page/illue et…comment dire…ça m’a donné l’impression que jusqu’ici Thierry s’échauffait. Sans rire

Mickey pour Comics Novel, la campagne Ulule en cours.
il ne reste plus que 6 commissions au choix de disponible ( dans la mesure dons mon inspiration )
le lien est dans les commentaires :heart:

Cette illustration est tout simplement incroyable !!!

Ah merci, je n’arrivais pas à la poster.
Ouais, elle vaut carrément le prix (au moins)

Ce monsieur Martin est agaçant, n’est-ce pas.

Jim

Ooh… Un tout petit peu, ça a l’air tellement simple !
Ça doit être ce qu’on appelle le talent. :grin:

je commence à bien le connaitre et franchement il me surprend régulièrement
Epatant!

Qui dit nouvelle illustrée dit …illustrations certes, mais aussi cul de lampes, c’est à dire pitits dessins au sein même de certaines pages de textes
Thierry s’est amusé et c’est hyper chouette
Un exemple

image

Phil Cordier se dévoile :

Hello Phil !

Peux-tu te présenter ?

Je bosse depuis un peu plus de 20 ans dans le monde de l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap, et plus précisément la partie maintien dans l’emploi, pour des salariés en difficulté. C’est mon « day time job » donc tout ce qui touche à la BD est sur mon temps libre, soir, week end…

Je suis tombé dans la BD avec Tintin puis Gaston and Co, rien de très original. Pour les comics, pareil, classique pour ma génération (qui approche doucement de la cinquantaine) : Strange et consort m’ont enchanté et marqué à vie. Ensuite plus tu lis, plus tu veux connaitre l’envers du décor, la cuisine interne, les auteurs…Courir les festivals pour des dédicaces ne nourrit que partiellement cette envie, cette soif, alors à 23 ans je passe une étape avec un copain, en faisant un petit fanzine one-shot sur Ciro Tota (Photonik), qui me donne le goût d’aller plus loin. La même année (1996), un dessinateur connu par le biais de ce fanzine, Michel Rodrigue, me donne l’occasion d’aider à mon niveau, à l’organisation d’un festival Bd sur Lyon. En 1998 sur ce même festival John Romita Jr est l’invité (merci à un autre copain qui l’a croisé aux US). L’année suivante, grâce à (encore) un copain qui fera le chemin que l’on sait dans le monde du comics, Thierry Mornet, je me retrouve à pouvoir écrire à Klaus Janson (encreur légendaire, notamment du Dark Knight de Frank Miller). Et l’engrenage infernal s’enclenche : connaissance des auteurs, toujours cette envie de creuser, de connaître, de faire des choses…alors ce sera une émission de radio sur la BD, des petits magazines, des chroniques pour des revues, le blog…chaque projet en apporte d’autres

Ce blog que tu mentionnes, tu l’animes depuis 12 ans. Il est consacré au dessin, et plus spécifiquement à l’encrage. Dans le fanzine Scarce aussi, tu as œuvré des années à analyser planches et cases sous le prisme de l’encrage. Comment t’est venu cet intérêt si spécifique ?

Je me le demande bien. Je sais juste que très jeune, en lisant mes comics Strange and Co puis vo, je me demandais des trucs étranges : Qui fait le lettrage ? Avant ou après le dessin ? À quoi ressemble un crayonné avant encrage ? Toutes ces questions qu’un ado n’est pas censé se poser (s’il a un minimum de vie sociale). Moi, je n’avais que le prozine Scarce sous la main pour y répondre, ce qui était déjà bien en ces temps pré-internet, mais ça ne me suffisait pas.

Quant à l’encrage plus spécifiquement, c’est objectivement l’un des intérêts du mode de production si particulier des comics : Ce duo dessinateur/encreur. Je voyais bien sous quel encrage tel ou tel dessinateur me plaisait, ou pas ; et de la même manière, des encreurs ont pu me faire aimer des dessinateurs, ou les dénaturer. Après, correspondre, puis devenir ami avec Klaus Janson, que je considérais déjà dans mon enfance, comme l’un des plus grands encreurs œuvrant dans le domaine, n’a pas aidé à me faire lâcher cet intérêt très poussé.

[la suite…très vite]

il reste 5 com possible via la campagne


Le dernier extrait n’en est pas une,de com, mais une des illues du pulp

Qui est… Phil Cordier ? (partie 2)

Suite du jeu de questions et de réponses…

Quels auteurs (je t’en accorde 3, morts inclus) aimerais-tu réunir autour d’une table de pub à New-York pour une nuit ?

Spontanément je dirais Will Eisner (The Spirit) et Frank Miller, mais ils l’ont déjà fait ensemble, pour un livre d’entretiens qui, pour décevant qu’il puisse être, a le mérite d’exister. Alors disons 3 grands qui soient à la fois théoriciens, beaux parleurs, sans langue de bois, et pas de la même génération : Milton Caniff/ Will Eisner/David Mazzuchelli.

- Dans l’atelier de quels auteurs (là aussi, je t’en donne 3) aimerais-tu être une petite souris, pour les regarder travailler ?

J’ai aussi droit à des morts ?

Bien sûr !

Joe Kubert, car c’est un géant dont j’ignore la méthode de travail. Ensuite, Frank Miller (période Daredevil ou Dark Knight), Puis John Romita junior, car même si je le connais très bien, j’aimerais le voir attaquer ‹ physiquement › une planche.

- Même question chez des Européens.

J’en ai déjà réuni autour d’une table, avec ou sans public, alors je choisirais uniquement des disparus : André Franquin/Greg/André Chéret (Rahan) pour leur sensibilité si différentes, ce qu’ils ont pu faire, connaitre et/ou apporter.

Quant à voir leur atelier, et leur méthode, là encore j’ai eu la chance d’en côtoyer, dont Ciro Tota, Jean-Yves Mitton (Mikros), Thierry Martin (encore lui!)et Laurent Lefeuvre (Fox-Boy)…alors je dirais Olivier Vatine, dont je suis tombé fana du trait dès l’adolescence, encore André Chéret ce géant méconnu, et Bernet (Torpedo).

- S’il ne devait rester qu’une seule planche ?

Le piège. Dark Knight ? Born Again (le run légendaire de Daredevil par Miller et Mazzucchelli)?..la couv du 1er numéro de Batman : The Dark Knight Returns ? Bon allez ok, la première apparition pleine page de Batman dans DKR épisode 1 comme ça il y a aussi le mot «Born again» dedans.

- Un seul album ?

La compilation des épisodes de Daredevil : Born Again. Une œuvre à part dans le mainstream super-héros. Pas aussi fondatrice que le Dark Knight mais au moins aussi puissante. Miller au sommet de ses histoires et un auteur majeur, Mazzucchelli, en construction, en développement, en direct sous nos yeux.

- Un seul auteur ?

Will Eisner. Businessman, artiste, scénariste, dessinateur, encreur, lettreur, défricheur, indépendant, mainstream, créateur…il synthétise tout !

- une seule combinaison dessinateur/encreur ?

Facile : Miller/Janson. Et Romita jr/Al Williamson, et…argh, ok Miller/Janson donc.

- un personnage par un auteur qui ne l’a jamais utilisé ?

Mike Mignola (Hellboy) qui, en 1990, dessinerait un one shot de Daredevil, scénarisé par Frank Miller ou Ann Nocenti.

- On trouve aussi ta signature en bas d’articles du magazine ZOO. Analyser une œuvre… avant de s’y frotter soi-même en écrivant une nouvelle : est-ce la conséquence logique ?

Je ne vois pas vraiment de lien direct. J’ai toujours écrit, des articles longs ou moins longs pour Scarce, des chroniques, des interviews…mais ce n’est pas ce que j’appellerais de la «création». L’idée d’écrire quelque chose de plus consistant, de plus personnel, maquillé en fiction, fait son chemin depuis pas mal de temps. Ces «notes mentales» se sont étoffées avec le temps, en côtoyant de vrais créateurs. La période de confinement de mars dernier eût au moins ce mérite de me donner le temps de formaliser tout ça.

- Tu es aussi musicien (batteur) à tes heures. Si tu devais expliquer l’encrage par le prisme de cette autre passion ?

C’était une autre vie, de jeunesse. Le parallèle BD/ musique est passionnant, à de nombreux points de vue. Pour moi le duo basse/batterie est le ciment, la base…l’ancrage (avec un a) du morceau. Et pourtant en dessin l’encrage (avec un e, cette fois) n’est pas ce ciment pour moi, il est le vernis fondamental. Le crayonné serait la batterie. Il est essentiel mais un peu caché derrière l’encrage comme les riffs de guitare peuvent masquer la batterie. Le paradoxe de cette théorie est que le «vernis» musical (la guitare, donc), est le héros reconnu du domaine, tandis que le «vernis» du dessin (l’encrage), est l’étape méconnue du domaine.

- Les comics, se sont surtout des super-héros, mais tu es aussi fan de polar. Quels sont les points communs entre ces deux genres pour toi ?

Les deux sont des genres, voire des «sous-genres», longtemps mal aimés, et encore aujourd’hui moins reconnus que d’autres. Les deux peuvent cacher, sous une intrigue en apparence simple (mais rien n’est plus dur que de faire simple) un fond plus profond. Il faut, pour le lecteur, se donner la peine de creuser, de voir plus loin que l’apparence, et pour l’auteur la volonté de ne pas simplement divertir (même si divertir est loin d’être un gros mot)

[la suite… demain ???]

Qui est… Phil Cordier ? (partie 3)

[suite et fin de l’interview]

C’est quoi, Comics Novel ?

Une nouvelle qui a pour cadre le monde des comics. Ce titre générique peut abriter plein de choses, des formats différents, dans un domaine assez large. L’idée à ce jour serait une suite de nouvelles, de fictions dans le monde réaliste de la BD étasunienne. La première aventure présente Bill et Terry, deux inspecteurs du NYCPD enquêtant sur un meurtre, qui les envoie s’engluer dans le monde étrange de l’industrie du comics. Pour l’un c’est sa première enquête. Pour l’autre, la dernière.

D’où t’est venue l’idée ?

Du souhait de formaliser des choses que j’aime, qui me hantent depuis que je creuse un peu les coulisses de la création, et de les formaliser sous une forme que je n’ai jamais utilisée : la fiction. D’où l’idée de prendre un genre codifié (le polar) mais de placer l’intrigue, l’enquête, dans un monde réel, celui des créateurs et professionnels du comics. Le plaisir de croiser des personnages inventés et, surtout, des gens qui ont existé ou existent toujours, mais sans les nommer pour que les lecteurs puissent trouver qui est qui (même si ne pas le savoir ne gêne en rien le suivi de l’histoire).

La volonté de raconter une histoire courte, en apparence simple, qui peut intéresser le lecteur qui ne connaît pas ce monde du comics, faire sourire celui qui connaît un peu les coulisses et, si possible apprendre une ou deux bricoles sur ce monde, sans être pesant…sacré challenge !

Faire «juste» une nouvelle m’aurait limité à sortir une vingtaine d’exemplaires photocopiés et donnés à ma famille. Une lecture par celle qui, en plus d’avoir le mérite de vivre avec moi, relis depuis des années, pour les corriger, mes différents écrits, m’a clairement donné confiance en moi. Elle ne tourne jamais autour du pot et ne se gêne pas pour me dire : «c’est moyen, faudrait refaire telle ou telle partie…» Alors quand elle me dit que ça lui semble intéressant et bien écrit (avec bien sur des retouches/modif que j’ai faites, après avoir râlé) je me dis qu’il y a peut-être matière à faire plus. À faire mieux.

Un pulp…une nouvelle dans ce genre codifié, mais une nouvelle… ILLUSTRÉE ! Une succession de pages de textes avec des petits dessins insérés (ce qu’on appelle des culs de lampes) et des pleines pages reprenant des scènes-clefs de la nouvelle : Ça serait une bonne idée ça non ?

J’ai très vite pris une décision, lors de l’une de mes balades dans les bois : je ne ferai ça que si l’illustrateur en est Thierry Martin. Je ne le dis pas uniquement par flatterie, parce qu’il va lire ces lignes par-dessus mon épaule. Que sa modestie en souffre ou pas je le considère comme l’un des dessinateurs les plus doués de sa génération, voire même un peu plus loin. Il sait tout faire, dans tous les domaines. Le milieu urbain étant un genre qu’il me semblait ne pas l’avoir vu trop arpenter, la curiosité s’ajoutait au reste.

Comment as-tu convaincu Thierry Martin de te suivre dans cette aventure ?

Le chantage et la menace ont assez peu d’effet sur lui, à mon grand regret. Je l’ai appelé, expliquant que je ne ferai ce projet qu’avec lui. Qu’il se fasse ou pas j’avais «sorti ce que j’avais à sortir» donc pas de culpabilisation s’il ne donnait pas suite, mais quand même bien sûr je serais ravi que ça puisse se faire.

Je lui ai envoyé la nouvelle. Il m’a dit qu’il lui manquait quelque chose. On en a parlé. Ce manque qu’il évoquait était réel, je lui ai renvoyé ma copie corrigée. Un appel téléphonique tardif à chaud, après lecture, m’a fait comprendre que j’avais probablement ajouté ce qu’il fallait. Joie et félicité !

Pourquoi un financement participatif ?

Avec Thierry à bord il devenait évident pour moi que je ne pouvais pas bidouiller ce pulp et son impression dans mon coin, comme j’ai pu le faire pour des revues (sur Daredevil, Spider-Man, et enfin, Le Spirit - également deux pavés sur Romita Jr et Klaus Janson). Je savais également le projet trop atypique pour un éditeur traditionnel. Il fallait un éditeur ouvert, curieux et qui fait du sur-mesure, en partie par le biais des financements participatifs avec un fort appétit comics. Il n’y en a pas 36 : Komics Initiative. Mickaël Géreaume m’a dit, et je synthétise car il est aussi bavard que moi : « ce genre de chose n’existe pas… ça m’intéresse»

Bingo ! Cerise sur un déjà beau gâteau : le système de financement participatif permet d’avoir une version simple, pour qui ne souhaute que lire la nouvelle, mais aussi d’autres versions, dont celle avec la superbe couverture de Laurent Lefeuvre, en plus des nombreux bonus à débloquer ou déjà débloqués, comme deux ex libris : les deux personnages du pulp dessinés tout exprès par John Romita Jr et Klaus Janson, excusez du peu !

La boucle est bouclée, en effet ! Comics Novel est la rencontre de deux univers : la nouvelle en polar pour la forme… le monde des comics pour le fond.

Mis à part le fun de monter ce projet qui te ressemble à bien des égards, qu’en attends-tu ensuite ?

Que ce petit projet perso soit sorti de ma tête, qu’il ait intéressé Thierry puis Mickaël, et maintenant les soucripteurs du projet, alors qu’il s’apprête à voir le jour, c’est déjà un plaisir immense pour moi. J’ai hâte de voir le bel objet que ca va devenir. Dans mes moments de doutes je me dis, quand je reçois les pleines pages illustrées à tomber à la renverse, de Thierry, que même si un lecteur n’accroche pas à mon texte, son investissement sera amplement couvert par la beauté des dessins. Cela dit, je ne suis pas toujours dans le doute non plus.

Pour finir j’ajoute que ce pulp, ce Sang d’Encre, se termine et se suffit à lui-même. Mais il me faut préciser que j’ai écrit une suite avec les mêmes personnages. D’une part j’aimerais beaucoup qu’elle paraisse pour former avec Comics Novel, une sorte de dyptique, et d’autre part l’idée d’une série récurrente, sur plus de deux épisodes, me plairait assez. On tournerait autour des personnages, ou de leur milieu, sur différentes époques, un peu comme l’a fait Miller avec Sin City, toutes proportions gardées évidemment. Avant cela nous avons, toujours avec Thierry, un autre projet, sous une autre forme, que nous espérons vous présenter sous peu.

Merci Philippe ! Un mot de conclusion ?

Et bien sûr…merci à toutes et tous pour vos soutiens qui nous boostent plus que je ne saurais l’écrire.

Merci Phil !

(218%, 8.5 jours)

Moi, je vois ça :

Et là, d’un coup, ça ravive ma curiosité !