COMIX REMIX (Hervé Bourhis)

Discutez de Comix remix

Depuis longtemps, j’avais le troisième tome de Comix Remix, la relecture tendance “nouvelle BD française” (j’adore cette expression depuis qu’elle n’est plus employée : ça me fait penser à “nouvelle cuisine”, avec son cortège d’odeurs d’escroquerie) du genre super-héros.

Hier, j’ai trouvé l’intégrale, qui pousse le délire jusqu’à arborer une maquette disposant d’une “corner box”, ce qui flatte le vieux lecteur de Strange que je suis. Je n’ai pas pu m’empêcher de le prendre, afin de pouvoir lire l’ensemble du récit.

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Bon, comment dire…
Oui, il y a de la poésie, et quelques jolies séquences. Oui, il y a de l’humour, même si c’est un peu balourd. Et oui, il y a de la politique, même si c’est un peu réducteur et caricatural (les méchants vendus au pognon et à la publicité, et les gentils qui vivent dans une jolie ville en montagne avec un ciel bleu). Le manichéisme est bien entendu mis à mal à un moment, mais c’est un peu trop rapide, parfois. Et les métaphores sur les exilés / réfugiés / expatriés / migrants est également chaussée de semelles de plomb.

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Question dessin, je n’en parlerai pas : c’est tout ce que je déteste dans cette fameuse “nouvelle BD”, à savoir un dessin bancal et brouillon nappé d’aplats ternes. C’est censé matérialiser la rupture des codes, mais bon, tout de même, faut pas pousser.
Mais au-delà, je reprocherais sans doute plus le rythme, à la fois lent et saccadé, comme un moteur qui grippe.

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L’intégrale est accompagnée d’une interview intéressante à plus d’un titre : parce qu’elle permet d’aller un peu dans les coulisses (mais superficiellement), et aussi, surtout, parce qu’elle permet de comprendre, en filigrane, que la critique et même les créateurs sont quand même bien embêtés avec l’idée même du super-héros. On sent dans les propos de Bourhis et de son interlocuteur la nécessité du prétexte de l’hommage (donc : énième degré) et de l’évocation de choses anciennes, bénéficiant de la patine patrimoniale. C’est touchant mais un brin agaçant, d’autant que la BD elle-même ne contient pas tant que ça de clins d’œil (une ville nommée Ditkopolis ici, une autre référence là, c’est un peu maigre).

Jim