COULEURS DE L'INCENDIE (Pierre Lemaitre / Christian De Metter)

Scénario Pierre Lemaitre
Dessin Christian De Metter

Une histoire de vengeance dans laquelle Madeleine prend l’envergure d’une grande héroïne…

Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d’un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement. Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui vont ravager l’Europe.

164 pages, 21 x 27,5 cm cm, 24€
PARUTION 2 Janvier 2020
EAN : 9782369815006

Donc, la suite d’Au revoir là-haut, 7 ans plus tard, mais qui n’est pas une suite de cette histoire, mais une autre, dans la même famille. Disons que l’on retrouve qu’un seul personnage du livre précédent (enfin, deux plutôt, mais je en dis pas tout), la sœur d’un des deux militaires (le défiguré), fille d’un banquier qui se retrouve donc propriétaire à la mort de son père, et avec un fils handicapé (démarrage de l’histoire assez glauque quand même). Et après, ce n’est plus du tout la même tonalité. On se retrouve dans une déchéance provoquée pour ensuite se retrouver dans un mode de vengeance à la Monte-Cristo (agissements couverts à visage découvert). C’est, certes, classique comme construction, mais c’est tout bonnement machiavélique, surtout pour un personnage tel que la fille du banquier, avec son petit sourire toujours un peu innocent, et les ressources qu’elle a pu trouver (et la clairvoyance, tardive, certes, mais là). Un perso qui a été sous-estimé, peut être considéré comme mineur par ses pairs.

De Metter est toujours aussi bon pour ce qui est de gérer l’attitude et l’expressivité des visages (y a vraiment des moments touchants, en plus). C’est vraiment très bon. Je trouve qu’il y a plus de profondeurs dans les perso que dans le livre précédent, mais peut être aussi parce que l’histoire va moins vite, il y a beaucoup plus de détails. L’histoire le nécessite, surtout qu’elle est clairement imbriquée dans l’Histoire (crise de 29, montée du nazisme, …). Ce qui explique aussi qu’il y a beaucoup plus de dialogues et de récitatifs, mais sans en abuser non plus, De Metter sait qu’il fait une BD et pas une reproduction d’un bouquin.
Je n’ai pas lu le bouquin, mais la BD est franchement une réussite, une nouvelle fois.

(par contre, je ne sais pas comment mon beau-père a pu avoir la BD à Noël)

Ah ouais, sortie janvier !
Un libraire livré avant l’heure et un peu pressé de rentrer des sous ?

Jim

Je pense, oui.

Je l’ai eu le 26 décembre. La sortie de base était au 19 décembre.

http://www.pastichesdumas.com/php/fiche.php?id=673

Nous on l’a eu le 24.
A priori annoncé initialement en janvier, en tout cas je l’avais comme tel auparavant, mais comme toi j’ai vu depuis que la date avait été avancée au 19/12

C’est bizarre, quand même.

Jim

Oui
Surtout que « personne » ne l’a eu pour cette date

Moi, en tout cas, je ne pouvais pas ! :crazy_face:

Une merveille. A noter que le 3ème volet de ce qui est appelé La trilogie du désastre et intitulé Miroir de nos peines vient de sortir. Il se déroule durant la débâcle de 1940 et se concentre autour du personnage de Louise, la gamine d’Au Revoir la-haut

Du coup, j’espère qu’on m’offrira l’adaptation BD de ce 3ème opus ! :innocent:

Je ne suis pas surpris. La BD ne serait pas aussi bonne sans déjà un bon matériau de base, même avec le talent de De Metter.

Interview de Pierre Lemaître : https://www.lemonde.fr/livres/article/2020/01/08/pierre-lemaitre-aborder-l-histoire-de-biais-pour-donner-de-l-air-aux-personnages_6025142_3260.html

Dans l’épilogue d’« Au revoir là-haut » (2013), vous écriviez que Louise Belmont, la fillette qui s’était entichée de la gueule cassée Edouard Péricourt, n’« eut pas de destin remarquable jusqu’à ce qu’on la retrouve en 1940 ». Vous aviez donc déjà en germe l’idée de « Miroir de nos peines » ?

En réalité, je n’en avais pas la moindre idée. En feuilletoniste un peu aguerri, on laisse des portes ouvertes au cas où on aurait besoin d’emprunter le couloir.