CRAB MONSTERS, TEENAGE CAVEMAN AND CANDY STRIPE NURSES - ROGER CORMAN: KING OF THE B MOVIE (Chris Nashawaty)

[quote]Crab Monsters, Teenage Cavemen, and Candy Stripe Nurses: Roger Corman: King of the B Movie (Anglais)

de Chris Nashawaty (Auteur), John Landis (Introduction)

Crab Monsters, Teenage Cavemen, and Candy Stripe Nurses A revealing, outrageously rollicking, gorgeously designed book about the career and films of Roger Corman: one of the most prolific, successful and influential independent producers, directors and writers in the history of Hollywood and self-proclaimed king of the “B” movie.

Relié: 272 pages
Editeur : Abrams (18 novembre 2014)
Langue : Anglais
ISBN-10: 1419706691
ISBN-13: 978-1419706691
Dimensions du produit: 21,6 x 2,5 x 29,2 cm [/quote]

Martin Scorsese a un jour affirmé que la meilleure école de cinéma, c’est celle de Roger Corman. Et il faut reconnaître que la liste des “diplômés” de cette fameuse Université Corman est assez hallucinante : Peter Bogdanovitch, James Cameron, Francis Ford Coppola, Joe Dante, Jonathan Demme, Robert De Niro, Bruce Dern, Jack Nicholson, Peter Fonda, Pam Grier, Sid Haig, Monte Hellman, Dennis Hopper, Ron Howard, Gale Ann Hurd, Dick Miller, Bill Paxton, Sylvester Stallone, John Sayles…et je pourrais continuer encore longtemps…

Roger Corman a donné leur chance à des acteurs encore peu (ou pas du tout) connus et hors du système et qui sont ensuite devenus des stars; il a donné leur première chance à des réalisateurs inexpérimentés qui ont mis les mains dans le cambouis, parfois dans les pires situations, en se débrouillant avec les moyens du bord vu les faibles budgets que leur producteur leur accordait. Le bouquin débute d’ailleurs par une anecdote de Ron Howard (Appollo 13, Da Vinci Code…). Au début des années 70, le jeune acteur en avait marre de Happy Days et des rôles qu’on lui proposait et rêvait de réalisation. En échange de sa participation à la comédie Eat my dust en tant qu’acteur, Corman lui a laissé les commandes d’une autre comédie à base de course de bagnoles, Grand Theft Auto (Lâchez les bolides). Sur le plateau, Howard a du faire face à toutes les frustrations qu’ont du subir tant de réalisateurs qui ont bossé pour Corman…un planning de tournage serré, une équipe réduite, et pas assez d’argent pour engager plus de figurants. Lorsqu’il s’est rendu compte de l’anxiété d’Howard, Corman lui a mis la pain sur l’épaule, lui a souri et lui a dit “Ron, je ne vais pas te donner plus de figurants, mais sache ceci : si tu fais du bon boulot pour moi sur ce film, tu n’auras plus jamais besoin de travailler pour moi à l’avenir”.
Et c’est ce qui est arrivé. Et depuis ce jour, Ron Howard a toujours reconnu qu’il n’aurait jamais eu la chance de travailler pour les grands studios sans ce qu’il a appris à l’“Université Corman”.

Pour son livre sur l’histoire de l’un de ceux qui ont bouleversé le monde du cinéma indépendant, Chris Nashawaty a eu une bonne idée…privilégier les interviews, celle du roi de la série B bien entendu, mais aussi les “histoires de guerre” de ceux qui ont appris leur métier sur le terrain. Le bouquin est divisé en 5 chapitres, commence par les premiers succès, les cinémas de quartier et les drive-ins pour finir par les années VHS. Après un court article qui remet dans le contexte, l’auteur laisse la place aux entretiens, mises en forme dans un ordre chronologique. Cette priorité donnée aux interventions, aux anecdotes, donne une lecture très fluide, très dynamique et qui regorge d’informations passionnantes.
Nashawaty propose aussi un focus sur 10 films, qui représente chacun un genre abordé par la filmographie de Corman.
L’iconographie est somptueuse : de nombreuses photos rares et des affiches d’époque de toute beauté (loin des photoshopperies, c’était le temps où les affiches de cinéma étaient de vraies oeuvres d’art). Un régal pour les yeux.

Crab Monsters, Teenage Cavemen & Candy Strip Nurses ravira bien sûr les fans de cinéma bis, mais pas que…c’est aussi un vibrant témoignage sur le cinéma indépendant américain et sur l’incroyable carrière d’un fou de cinoche qui distribuait Bergman aux Etats-Unis tout en produisant des films de “femmes-en-cage” aux Phillipines !

Un superbe livre…et pour paraphraser Stephen King : “fantastique…un trésor”.

Et comme le sujet s’y prête, voici les liens vers mes billets du Ciné-Club sur les films de Corman, réalisations et productions comprises :

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