CRÉATION - Johan Heliot (J'Ai Lu)

SY445

Poche: 248 pages
Editeur : J’ai lu (5 avril 2013)
Collection : J’ai lu Science-fiction
Langue : Français
ISBN-10: 2290069868
ISBN-13: 978-2290069868

Israël, dans un futur proche. Un immense territoire fertile apparaît en bordure du désert du Sinaï, non loin de l’ancien site nucléaire de la Dimona. Source de spéculations sans fin pour tous les théologiens et les scientifiques du monde, le Jardin attire bien des convoitises, dont celle de Zacharie Granville. Ce webangéliste créationniste, à la tête d’une communauté qui compte des millions d’adeptes, monte une expédition d’envergure : il va survoler le Jardin dans son radeau des cimes. A ses côtés, Saïd Machker, virtualiste surdoué, retransmettra en direct les images enregistrées par sa rétine aux millions d’internautes connectés à son émission. Mais que se passe-t-il réellement à la Dimona ? Quelles révélations attendent les scientifiques du projet Hawila qui travaillent dans le plus grand secret au coeur même du site ? Et si un seul arbre pouvait balayer en un instant tout ce que nous croyions savoir sur la création du monde ?

Johan Heliot, né en 1970, vit et écrit dans les Vosges. La lune seule le sait, son premier roman, l’a consacré à l’aube du nouveau millénaire comme l’un des porte-étendards d’une nouvelle génération d’auteurs français, aux côtés de Fabrice Colin, Mathieu Gaborit ou David Calvo. On lui doit depuis de nombreux romans couronnés par une pléiade de prix littéraires.

Chez Actu SF le forum.

Sur le thème des thrillers conspirationnistes à base de foi revisitée et de manuscrits cachés, Héliot s’amuse à détourner les clichés du genre (ce qui ne l’empêche pas de les utiliser aussi…), ramène des idées qu’il a déjà tâtées ailleurs (le cyber-journaliste : sa novella Fuhrer Prime Time explorait déjà les rapports du corps, des sens, de l’image et des médias…), et balance un enjeu purement SF qui ravira les amateurs d’Arthur Clarke.
La construction alterne deux voire trois lignes narratives, en suivant des groupes séparés, une formule qui avait fait ses preuves dans les boulots précédents du romancier (le rythme soutenu de La Lune seule le sait doit énormément à cette structure alternée). On s’intéresse aux personnages, qu’on laisse en plein suspense le temps d’un chapitre consacré à l’autre groupe. Efficace.
L’ensemble est pas mal du tout, peut-être un peu court : au moment où le récit bascule du thriller géo-politique à tendance ésotérique vers le récit de pure science-fiction, on aurait aimé que ça dure un peu plus. La fin, purement SF, demande des développements, laisse un goût de trop peu (mais au fond, c’est un compliment, non ?), et il manque peut-être un chapitre pour encore mieux faire sentir les conséquences sur l’humanité. Les derniers paragraphes, le dernier chapitre, joue à la fois la fermeture et l’ouverture, dans une indécision presque quantique.

Jim