CRITIQUE Le Fleuve Shinano volume 1

On suit dans ce premier volume du Fleuve Shinano les aventures amoureuses de la jeune Yukié pendant les années agitées de l’ère Showa (1926-1989).

Après un joli chapitre d’introduction nous présentant la sombre naissance de Yukie, l’histoire débute réellement en 1929. C’est le début des premiers émois amoureux de notre héroïne. La jeune fille laissera ses sentiments portés par les aléas de la vie, à la recherche du véritable amour, et laissera son image dans les souvenirs des amants qu’elle abandonnera. L’amour est ici montré comme pur, sensuel et cruel, mais aussi comme une révolte face à la morale sévère et aux difficultés de l’époque.

La narration est très subtile et poétique, et c’est avec un immense plaisir que l’on retrouve aux dessins tout le talent de Kazuo Kamimura, dont on a déjà pu apprécier le travail sur Lady Snowblood. Son trait est ici tout simplement magnifique. C’est fin, précis et détaillé, les émotions des personnages sont bien retranscrites sans être exagérées, et le tout est porté par une mise en scène souvent grandiose et inspirée. Certains passages sont vraiment magnifiques et intenses, et pour être franc, j’ai rarement été autant fasciné par des dessins.

Mon excellente impression est renforcée par une édition très soignée de la part d’Asuka.

Avec son mélange finement dosé de romantisme, de poésie, de cruauté, de drame social et historique, de rébellion, et que sais-je encore… et des dessins qui m’ont laissé sans voix, ce premier tome du Fleuve Shinano se hisse très facilement parmi mes meilleures lectures de ces dernières semaines.
J’ai hâte de voir ce que la suite donnera.