CRITIQUE Magic volume 1

Curieusement, alors que Reiko Shimizu est considerée au Japon comme l’une des plus grandes dessinatrices de shojo, très peu de ses oeuvres sont arrivées chez nous à ce jour. A vrai dire, il n’y en a que deux: Princesse Kaguya (qui connaît une parution assez chaotique chez Panini…), et donc Magic, un one-shot composé de deux histoires.

La première histoire est celle qui donne son nom au one-shot.

Dans un futur indéterminé, la jeune Kana, 15 ans revient avec son tuteur Toru sur la planète Sacha où elle fut, enfant, l’unique rescapée du crash dont sa mère (un célèbre mannequin) sa grand-mère et elle, ainsi que d’autres personnes, furent victimes. Un voyage dont se serait bien passé Toru, jeune homme d’une trentaine d’années, qui se révèle être le père de Kana-chan. Cette denrière est en effet le fruit de la liaison qu’a eu Toru, alors âgé de 14 ans, avec Kana, de 25 ans son aînée. Mais Toru ressent plus que de l’attachement pour sa fille: il essaie en vain de lutter contre les sentiments amoureux qu’il éprouve pour Kana-chan. De son côté, Kana-chan aime elle aussi Toru et refuse de le considérer comme son père…
De nouveaux coincés sur Sacha, nos personnages vont se rendre compte que cette planète est bien mystérieuse… qui sont ces singes présents sur la planète ? Que s’est-il vraiment passé il y a 14 ans lors de l’accident ? Kana-chan est-elle réellement la seule survivante ? Et est-elle réellement la fille de Toru ?

Difficile de résumer cette histoire sulfureuse sans en dire trop, tant Magic est extrêmement riche sur de nombreux points. La vérité se dévoile peu à peu, nous offrant un très bon scénario de science-fiction, cohérent et où toutes les questions posées plus haut trouveront leur réponse. Des réponses souvent très surprenantes et remettant en cause beaucoup de choses.

En dehors de cet excellent scénario, Magic nous offre également une magnifique histoire d’amour, un amour maudit et absolu, qui trancende la morale, l’aspect physique, le temps, voire la mort elle-même. Alors qu’il ne s’agit que d’un one-shot, je peux affirmer sans problème qu’il s’agit d’une des plus belles histoires d’amour qu’il m’ait été donné de lire.

Silent, la deuxième histoire de ce one-shot, nous présente un lycéen décidé à venger son frère, qui s’est retrouvé au beau milieu d’un règlement de comptes entre yakuza. Une jeune fille profondément amoureuse de notre héros (disons le carrément, c’est une stalker) va venir s’en méler…
Cette histoire est beaucoup plus anecdotique, mais reste plaisante à suivre.

En ce qui concerne les dessins de Reiko Shimizu, ça reste assez typique des shojo, mais le coup de crayon de la mangaka dégage quelque chose de particulier, et ajouté à la narration, l’ensemble est par moments vraiment fascinant et envoûtant (surtout pour Magic, moins pour Silent).

Vous l’aurez compris, Magic est un shojo que je conseille très fortement, surtout pour sa première histoire que j’ai trouvée vraiment sublime.

9/10 pour Magic, 7/10 pour Silent.