CROSSED +100 t.1-4 (Moore, Spurrier, Gage / Andrade, Heinz)

[quote]NOUVEAU
100% FUSION COMICS : CROSSED +100 1
Auteurs : Alan Moore, Gabriel Andrade

Cent ans ont passé depuis qu’une épidémie a transformé de nombreux humains en monstres psychopathes. Une historienne prénommée Taylor veut comprendre et retracer ces tragiques événements. Elle n’a jamais vu les infectés de ses propres yeux pourtant ces créatures n’ont pas disparu et le sang risque à nouveau de couler…

144 pages, 14,00 EUR, en librairie seulement
(Contient les épisodes US Crossed + One Hundred 1-6, inédits)

SORTIE LE 14 OCTOBRE
[/quote]

[size=200]LE SUJET SUR LA V.O.[/size]

Jim Lainé vous conseille d’acheter:

[quote=“Jim Lainé”]Ah ça tape fort, dès le premier épisode.
En même temps, Moore explore les thématiques qu’il annonce dans le pitch et les quelques propos qu’il a tenu, et fait un survol global dès ce premier épisode. On est donc en droit de penser que les réelles surprises arriveront à partir du deuxième épisode (si on se souvient de la structure de Watchmen, c’était un peu le cas : un premier épisode de mise en place, les enjeux étant posés plus tard).
Moore s’éloigne un peu de la structure en gaufrier de neuf cases qu’on lui connaît. Il y a donc moins d’effets, et la narration cède même devant les tics un peu tape-à-l’œil de l’éditeur (rien d’effrayant, je rassure tout le monde). Mais on retrouve sa science du cadrage et de la spatialisation, et sa volonté de prendre le temps d’installer une atmosphère et des personnages.
La grande force du truc, c’est le travail sur le langage. On sait que souvent, les auteurs qui mettent en scène des mondes post-apo s’ingénient à proposer un langage nouveau. Assez souvent, ça se limite à quelques pointes de vocabulaire connoté, qui tournent rapidement aux clins d’œil, et que les auteurs n’arrivent pas vraiment à tenir sur la longueur (l’exemple le plus récent qui me viennent en tête, c’est Snyder sur The Wake).
Là, Moore va plus loin, travaillant également sur la grammaire. Certains mots deviennent des interjections ou des qualificatifs fourre-tout, déracinés de leur sens premier (et donc pas faciles à saisir pour un lecteur d’aujourd’hui, d’autant que Moore se tient à ce qu’il a défini). Mais il apparie cela à une mise en situation d’une langue qui s’est désagrégée et qui n’est maintenue que par l’effort des survivants. Il propose donc une langue au vocabulaire réduit, avec des phrases courtes écrites au présent (l’expression “and but”, qui connote une répétition, est intéressante, parmi d’autres). La dissolution de la grammaire se voit également aux négations dont la construction est bancale, témoignant d’une survivante du langage parlé sur l’écrit (alors que l’écrit est devenu un enjeu en soi), patchée à la va-vite par la pratique.
Sachant que, bien sûr, il en profite pour jouer sur les mots et les méprises, et que les noms des personnages sont des mots de la langue courante témoignant de cette volonté de reprise de contrôle sur l’avenir (les gens s’appellent “Caution”, “Future”, “Hope”, “Forward”), ça donne des dialogues qui seront un pur bonheur pour l’éventuel traducteur de la série.
Mais cela donne aussi un effet de vertige, parce que le projet est parfaitement maîtrisé. On a un véritable sentiment d’immersion, les personnages étant attachants, pas héroïques, et très humains.
Question dessin, je suis étonnamment surpris. Je crois avoir déjà vu des planches de Gabriel Andrade (je ne sais pas trop où, mais son nom ne m’est pas inconnu), mais il parvient à donner des visages intéressants aux personnages, et ses décors, s’ils manquent un peu de majesté, sont pas mal. Reste des couleurs sans attrait, plaquant de l’herbe verte pomme sous un ciel bleu roi, digne des productions de l’éditeur. Dommage, avec de belles couleurs, ça aurait donné un truc vraiment agréable.
Bref, ce premier épisode ne semble pas annoncer une “œuvre majeure” du Wookie de Northampton (mais bon, moi, les “œuvres majeures”, voilà une notion dont je me tamponne le coquillard menu, et puis on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise), mais ça annonce une série prenante, ingénieuse, qui joue avec des concepts (le patrimoine, la survie, la postérité) qui ont dimension universelle.
Bref, ça démarre très fort. Jetez-y un œil.[/quote]

[quote]Ça se passe en gros cent ans après les autres séries, en tout cas après les récits de Garth Ennis (il me semble que les autres se situent grosso modo dans la même période). Donc il suffit de savoir que c’est une infection qui rend les contaminés assez peu sociables, et zou, tu peux entamer ta lecture.

Ça postule également une chose intéressante dans ce sous-genre infectés > zombies > post-apo : on voit ce qui se passe après.
Souvent, dans les récits de zombies (au sens large, on mettra les trucs d’infectés dans le même panier, par commodité), on voit le “pendant”, pas le “après”. La grosse exception dont je me rappelle, c’est la dernière image de Dead Set, qui montre une zombie devant un poste de télé encore allumé, attestant d’un monde définitivement offert aux zombies, donc sans espoir. (Et Je suis une légende, du roman de Matheson à ses multiples adaptations, lorgne vers “l’après”, aussi…).
Or, dans le cas de zombies, l’après est intéressant aussi, parce qu’il nous amène à penser aux constructions sociales. J’y pensais hier soir en re-regardant Walking Dead (la VF en est vers la fin de la saison 3, pour situer). Je me disais que le plus dur dans un monde aussi cauchemardesque, c’est de passer une génération ou deux. Mais imaginons que les survivants parviennent à se regrouper, se reproduire et, réellement, survivre. Pérenniser l’espèce. Imaginons (comme semble vouloir le faire Moore), les petits-enfants de Rick Grimes, cinquante ou cent ans après les événements de Walking Dead. Ils sont dans un monde où les morts reviennent pour manger et contaminer les vivants, c’est la donnée de base. Partant de là, on peut très bien imaginer une construction sociale qui aura intégré cela, en imposant des protocoles et des rituels articulés autour de cette réalité divergentes. Et de là, ça change tout : le rapport à la mort, le rapport aux funérailles, le rapport au deuil, mais également le rapport au couple, à la procréation, même au sommeil. On peut très bien imaginer une société nouvelle, hyper-compartimentée, où les gens dorment séparément (car une crise cardiaque dans le sommeil, ça fait un rôdeur dans la maison), et donc soit le développement d’une intimité farouche, d’un individualisme cloisonné, soit a contrario l’affirmation d’un lien social fort, d’activités collectives durant les heures de veille, afin d’assurer une surveillance et une protection mutuelle tout en profitant de la présence des autres au maximum. De même, on peut imaginer un rapport à l’enfant, défini par le rapport au nourrisson, qui serait hyper-protecteur, avec des rondes et des veilles, des “quarts”, afin de protéger les plus petits pour éviter qu’ils changent ou qu’ils soient mordus (protocoles qui pourraient s’étendre à l’enfance en général, qui est également un véritable capital sur lequel investir).
Ça demande un effort de réflexion et de mise en scène, mais c’est une piste assez passionnante.
Là, Moore passe par un truc simple (en tout cas dans ce premier épisode), à savoir le rapport à la culture, au patrimoine et à la préservation (des sujets qui me touchent au premier chef, que j’ai déjà abordés dans des récits comme La Capitale des Ruines). Une bibliothèque, même en ruines, des rayonnages, des livres, c’est visuel, c’est parlant, on comprend (dans différentes formes de post-apo, c’est déjà abordé, je pense à la Time-Machine de George Pal, avec les livres qui tombent en poussière). Ça frappe l’imagination tout de suite. Pour une entrée en matière, c’est redoutablement efficace.
Après, je gage que son travail sur les prénoms des jeunes générations cache d’autres pistes qu’il explorera plus loin. Et pour l’heure, on les aime bien, ses personnages, et l’échantillon de civilisation en reconstruction qu’ils représentent. Mais qui dit que Moore ne va pas nous donner l’occasion d’explorer le côté sombre de cette petite organisation ?[/quote]

[quote]Deuxième épisode très intéressant aussi. Mais dont la seule faiblesse demeure qu’il ne propose, en surface en tout cas, rien de neuf par rapport au précédent.
Toujours un travail d’orfèvre sur le vocabulaire, une réflexion profonde sur la nature de la culture et de la civilisation, et sur la nécessité de redécouvrir et d’archiver (nécessité qui s’accompagne, bien sûr, d’une vacuité évidente). Moore en profite pour creuser la perception que les jeunes survivants ont du monde extérieur, de l’histoire, du passé, de la fiction. Il développe des choses intéressantes sur les rapports générationnels, et sur l’approche du sexe, et montre en quoi les pertes de repères peuvent se généraliser : confusion entre l’histoire et la fiction, affabulation sur les découvertes et sur un passé qu’ils imaginent.
Ce faisant, il renoue avec la figure de l’archéologue, centrale dans la fiction fin XIXe début XXe, et dont ses héros sont en quelque sorte les héritiers, une version dévoyée placée dans un univers déshistoricisé.
Donc intellectuellement, c’est brillant.
Question action, c’est peut-être un peu trop dans la lignée de ce qui a été posé dans le premier épisode, même si ça a le mérite de redéfinir clairement les enjeux : la survie, la contamination, le danger.
Reste quelques pistes proposées, et une quête qui se met tranquillement en place. Mais les quêtes, on sait ce que Moore en fait. Au mieux il les contourne, au pire il les piétine. Ça donne donc envie de lire le troisième épisode…[/quote]

[quote]Troisième épisode.
Toujours bien.
Moore nous raconte la fin du voyage auquel on assiste depuis le début (in medias res, oserais-je dire, sauf que cet in medias res dure depuis deux numéros), occasion pour lui de présenter de nouveaux personnages et de donner un aperçu de la lente reconstruction sociale et logistique, à tâtons, d’un monde en rupture avec ses racines et son histoire.
J’ai également l’impression qu’il s’ingénie à passer par différentes étapes de l’imaginaire américain (mais peut-être est-ce moi qui surinterprète). Après le véhicule (fétiche de la voiture) et le thème de la route (effacée, à retrouver), il renoue avec les scènes de communautés qui hante l’Amérique (du Fog de Carpenter au Fléau de King en passant bien entendu par Walking Dead), avec le village fortifié, la grande réunion municipale, ce genre de choses.
Il humanise ses personnages encore davantage en montrant leur entourage familial, leurs affections personnelles (occasion de rencontrer un certain Flash Gordon rouquin), et balance des pistes en veux-tu en voilà : le ballon, la vidéo qui apporte plus de questions que de réponses.
Et enfin, il lance Future Taylor et ses amis dans un autre voyage, cette fois-ci sur un bateau, renouant avec l’image du Mississippi si américaine. Dernière image convoquée, celle du nucléaire (la centrale, le barrage, les cheminées…), qui rappelle le spectre de Three Miles Island. Bref, en creux, il parle de l’Amérique.
Et il fait avancer son intrigue, à coup de petites touches, mais entre l’interrogation soulevée par la vidéo et le charnier de la fin de l’épisode qui laisse imaginer une culture, même rudimentaire, chez les Infectés, il semble préparer un truc, le vieux barbu.
Rajoutons à cela un langage de plus en plus fouillé et complexe, qui s’enrichit de mots et de tournures. Moore pousse les potards, sur ce troisième épisode, pariant que ses lecteurs ont eu le temps de s’habituer et qu’on peut désormais leur asséner des phrases nettement plus “futuristes”. Il y a des bulles entières composées de ce salmigondis reconstitué, et Moore ne fait aucun effort. Il pousse même l’ironie jusqu’à faire dire à Future qu’elle ne comprend pas le langage des gens de l’est (et effectivement, l’un d’eux s’exprime, et c’est à peine compréhensible). Sacrée claque.
Bref, il donne l’impression de tisser quelque chose. Mais il prend son temps. Ça pourra en désarçonner certains. Il se passe plein de choses mais cela donne l’impression qu’il ne se passe rien. Gageons que lorsqu’il lâchera la surprise, ça fera du bruit.

Jim[/quote]

J’achète !!

Mon avis est sur le blog.

On y parle de langage, de Comet Ranger, de Voice of Fire, de postmoderne, d’innutrition, de science-fiction, de traduction, et bien entendu de Crossed+100.

Et de bande dessinée. :slight_smile:

Bonne lecture ! :wink:

Tiens ? ça ne m’a pas frappé.

Oui, c’est une belle réussite ; et c’est quelque chose qui le titille depuis longtemps : j’en parle ici dans mon article, et j’y ajouterai aussi - suite à une discussion ailleurs - les passages de la Ligue en français (dans le texte en V.O) ou en marsien non traduits par exemple. Ou l’aventure comme il m’a été suggéré, de Swamp Thing intitulée **Pog ** magnifiquement dessiné par Shawn McManus.

De plus, cette démarche s’inscrit dans le domaine de la science-fiction (horrifique pour le coup) qui est un imaginaire qui se construit par accumulations et enrichissements successifs.

Je cite d’ailleurs quelques exemples qui ont précédé **Moore **sur ce terrain de la linguistique : le roman L’Orange mécanique dans lequel Anthony Burgess imagine un argot (repris dans le film presque homonyme), on pense aussi au film La Guerre du feu où le même **Burgess ** a inventé une langue : le Ulam.
Sans oublier **Tolkien ** qui invente la Terre du milieu pour donner un cadre (entre autre) aux langues qu’il a inventées.
Et **Orwell **, dans 1984, qui fait de la langue le centre de son roman, reprenant d’une certaine manière l’hypothèse **Sapir-Whorf ** dans laquelle la façon dont on perçoit le monde dépend du langage, pour le dire vite.

[quote]On sait que souvent, les auteurs qui mettent en scène des mondes post-apo s’ingénient à proposer un langage nouveau. Assez souvent, ça se limite à quelques pointes de vocabulaire connoté, qui tournent rapidement aux clins d’œil, et que les auteurs n’arrivent pas vraiment à tenir sur la longueur (l’exemple le plus récent qui me viennent en tête, c’est Snyder sur The Wake).
Là, Moore va plus loin, travaillant également sur la grammaire. Certains mots deviennent des interjections ou des qualificatifs fourre-tout, déracinés de leur sens premier (et donc pas faciles à saisir pour un lecteur d’aujourd’hui, d’autant que Moore se tient à ce qu’il a défini). Mais il apparie cela à une mise en situation d’une langue qui s’est désagrégée et qui n’est maintenue que par l’effort des survivants. Il propose donc une langue au vocabulaire réduit, avec des phrases courtes écrites au présent (l’expression “and but”, qui connote une répétition, est intéressante, parmi d’autres). La dissolution de la grammaire se voit également aux négations dont la construction est bancale, témoignant d’une survivante du langage parlé sur l’écrit (alors que l’écrit est devenu un enjeu en soi), patchée à la va-vite par la pratique.
Sachant que, bien sûr, il en profite pour jouer sur les mots et les méprises, et que les noms des personnages sont des mots de la langue courante témoignant de cette volonté de reprise de contrôle sur l’avenir (les gens s’appellent “Caution”, “Future”, “Hope”, “Forward”), ça donne des dialogues qui seront un pur bonheur pour l’éventuel traducteur de la série.[/quote]

Tout à fait d’accord, le “post-apo” exploite d’ailleurs souvent un manque, une disparition ou une pénurie ; dans le dernier **Mad Max ** c’est l’eau avec **Moore ** c’est le langage (entre autres).

Et la traduction est vraiment pas mal avec “souhaite-fiction” par exemple, on reste très proche du terme “science-fiction” dans la prononciation (ce que ne transmet pas “wishful fiction” dans la V.O), et on reste tout à fait dans le sens du texte V.O.
En plus s’agissant d’une langue “inventée”, pour le dire vite, une traduction étant la réinvention, l’adaptation d’une autre langue le résultat ne peut pas ne pas être intéressant et cohérent.
Si le traducteur s’implique cela dit, et de ce que j’ai lu (en V.O & en V.F) c’est le cas.

Encore d’accord.

Très beau travail de ce côté-là.

Pour ma part j’ai trouvé les couleurs en adéquation avec le propos.

C’est, à mes yeux effectivement le cas.

Cela dit moi aussi.

Oui, allez-y !

La sseule question que je me pose est justement qu il y a un gros travail sur la langage… mais que l heroine (j en suis au 2) est une lectrice de vieux romans…
Et là je me demande comment elle peut comprendre le seigneur des anneauxx alors que nous il faut qu on s adapte à son langage (et que j ai pas tout saisi encore)

[quote=“Fred le Mallrat”]La sseule question que je me pose est justement qu il y a un gros travail sur la langage… mais que l heroine (j en suis au 2) est une lectrice de vieux romans…
Et là je me demande comment elle peut comprendre le seigneur des anneauxx alors que nous il faut qu on s adapte à son langage (et que j ai pas tout saisi encore)[/quote]

*Ben * elle a surtout une encyclopédie de S-F pour l’aider (certainement celle de Clute & Nicholls) pour l’aider.

Ensuite je n’ai plus la référence en tête, mais je crois qu’il s’agit d’un article sur les traducteurs dont de Harry Potter qui soulignait d’ailleurs que ce qui l’avait attiré dans ce roman c’était l’écriture, avec ce langage en partie inventé, il y expliquait aussi sa technique de traduction (lecture centrifuge), bref, donc, il me semble avoir lu quelque chose à propos d’un traducteur de l’anglais écrit, et qui ne parle pas couramment cette langue.

D’autre part, toi tu arrives à lire cette BD malgré le langage, alors pourquoi pas elle en sens inverse ?

Les 20 1eres pages ont été difficiles… j avoue…
et j en suis vers le 3eme episode et j ai encore des trucs que je ne comprends pas.

Oui c’est intéressant et vraiment bien fait.

Si on passe outre le langage utilisé (ce qui est impossible bien entendu mais voyons ça comme une expérience de pensée :slight_smile: ), donc oublions la “difficulté” pour certains et le plaisir pour d’autres que représente le langage utilisé pour nous focaliser sur l’histoire elle-même, sans tenir compte des références non plus ; ces 6 épisodes sont quand même passionnants.

Pour ma part je n’ai pas vu venir, au même titre que **Taylor **, les événements qui lui “tombent” dessus, et pourtant tout est là, rétrospectivement on s’en rend compte…
C’est super bien amené, c’est original, bref une histoire captivante et qui réserve son lot de surprises, et qui se tient par elle-même.

Et lorsqu’on y ajoute le langage, les références et les profils psychologiques des principaux intervenants très bien brossés, Crossed+100 se révèle un excellent recueil.
Sans parler de la religion qui de la façon dont elle est montrée ici se révèle très proche de la définition qu’en a fait Peter Sloterdjik à savoir : “un système d’exercices symboliques et de protocoles permettant de réguler le commerce avec les stresseurs supérieurs et les puissances “transcendantes”.” (Voir à ce sujet mais pas seulement l’excellent numéro de Philosophie magazine hors-série consacrée à Star Wars).

Niveau “stresseurs” et “puissances transcendantes” ils sont servis dans cet avenir “post-apo”.

Bref ce recueil est une belle réussite à mes yeux (et pourtant je ne suis pas du tout amateur de gore), et qui en plus a l’avantage de se suffire à lui-même.
Pas besoin d’avoir lu autre chose de cet univers pour y entrer de plein-pied, et on peut raisonnablement s’arrêter à ce seul volume si le cœur nous en dit. :wink:

D’ailleurs je crois que la suite n’est pas faite par Moore.
C’est superbement bien foutu, et pourtant je ne suis pas un grand fan de la licence. Mais le gars l’a carrément réinventée, contexte et langage compris ! J’aime également beaucoup le travail de Gabriel Andrade sur cette série.

[quote=“Antekrist”]

D’ailleurs je crois que la suite n’est pas faite par Moore.[/quote]

Oui, c’est fait par Si Spurrier, qui n’est pas manchot (voir ses travaux pour 2000 AD par exemple), et qui a été “adoubé” par Moore.

Comme toi, je n’en avais d’ailleurs pas lu avant, juste vu le résumé général et des pages ici.

C’est aussi ce que je souligne, c’est un peu la marque de **Moore ** quand il arrive sur une série en cours, voir ses Swamp Thing et **Miracleman ** notamment.

Moi aussi ; du beau boulot, et du beau boulot compte tenu des artistes qui bossent souvent pour Avatar et qui ne correspondent souvent pas à mes goûts en la matière.

[quote=“artemus dada”]

D’ailleurs je crois que la suite n’est pas faite par Moore.

Oui, c’est fait par Si Spurrier, qui n’est pas manchot (voir ses travaux pour 2000 AD par exemple), et qui a été “adoubé” par Moore. [/quote]

Ce serait même le travail de Simon Spurrier et de Garth Ennis sur la série qui aurait donné à Moore l’envie de développer une histoire dans cet univers :

"]Well, it came about because I’d got into reading both Garth’s Crossed arcs and Si Spurrier’s Wish You Were Here, and I found myself fascinated by the concept, just purely as a moral thought-experiment. And I found myself thinking aloud, almost – I was talking to William [Christensen] and I was thinking, actually, something like the Crossed outbreak would only be a problem for us. For the actual planet, it would probably be quite good – industry would stop overnight, and – actually, I just started thinking, what would happen, just as a thought experiment, what would happen in the hundred years after a Crossed outbreak? And it was musings upon that, and Garth was – we eventually came up with a thing whereby I’d write an arc of Crossed…]

ça ferait sens qu’il ait transmis ses notes et son travail à Spurrier pour qu’il reprenne la série.

[quote]100% FUSION COMICS : CROSSED +100 2
Auteurs : Simon Spurrier, Fernando Heinz

Taylor est dévastée depuis qu’elle sait que le responsable du saccage de Chooga est un de ses plus proches amis. Elle aide une nouvelle ville de survivants à se préparer à l’attaque des infectés évolués, mais elle se rend vite compte que ses efforts pourraient être vains…

144 pages, 14,95 EUR, en librairie seulement
(Contient les épisodes US Crossed +100 7-12, inédit)

SORTIE LE 13 AVRIL[/quote]

Pour ceux qui ont lu, est-ce aussi bien que les premiers épisodes de Moore ou pas ?

Moore c’est pas les premiers épisodes. Ca se passe avant, mais c’est pas le début du tout.

Ben si, Crossed + 100 c’est une création de Moore et il en a écrit les premiers épisodes.

(Sinon je ne sais pas si la suite par **Spurrier ** est bien ou pas)

Oui mais Crossed + 100 c’est le spin off de la série Crossed créée par Ennis. Je veux dire par là que c’est pas une série de Moore.

Bah comme les Avengers Arena qui est un spin off, mais série créée par Hopeless …
C’est comme si tu disais que les Gardiens de la Galaxie étaient créés par Stan Lee et Jack Kirby.

Crossed+100, c’est une autre série de l’univers de Crossed.
Donc, tel que je le vois, Moore a créé une série dans l’univers créé par Ennis.

Je vois ce que tu veux dire. Mais pas forcément convaincu que ça s’applique à Crossed.

Comme le souligne artemus, je parlais uniquement du spin-of Crossed + 100.
Je me posais la question sur la suite écrite par Spurrier.