DAREDEVIL #1-14 (Chip Zdarsky / Checchetto, Sharma)

Matt Murdock reste perturbé, mais entend se reconstruire une vie civile… et il tente alors de draguer la libraire croisée plus tôt. Celle-ci l’invite à dîner, mais dans le cadre d’un dîner familial - avec sa fille, son mari, son beau-frère, sa belle-mère et la grand-mère de son mari ! Matt fait bonne figure, même s’il découvre qu’il s’agit d’une mafia. Une longue et intense discussion sur la loi, le bien et la violence s’engage, avant que la famille soit l’objet d’un sniper. Matt aide, puis découvre que le responsable portait un masque de Daredevil… en parallèle, Wilson Fisk négocie avec un Gouverneur pour pouvoir monter un business légal de vente de Marijuana, en montrant ses forces et atouts.
Un bon numéro de pause dans la saga. Chip Zdarsky se fait plaisir par une belle discussion philosophique sur la loi et la justice, et ça fonctionne autant dans le cheminement de la série que dans la caractérisation de Matt. Les personnages secondaires sont clichés mais jouent bien la partition qui leur est donnée.
Pas grand-chose à dire, c’est une étape de cette intrigue mais ça se lit bien. Je suis moins client du style de Lalit Kumar Sharma, un peu trop brouillon et fouillis pour moi.

Jorge Fornes (Batman) est annoncé aux dessins du #10. Et Checchetto revient au #11

DAREDEVIL #9

Written by: Chip Zdarsky.

Art by: Lalit Kumar Sharma.

Cover by: Julian Totino Tedesco, Dave Johnson.

Description: There’s a new Daredevil in town, and Matt Murdock has no idea who it is! Neither does Cole North, the tough-as-nails detective who’s been hot on the Guardian Devil’s trail for weeks. Can Matt Murdock truly live a life without Daredevil? Can Cole?

Pages: 32.

Price: $3.99.

In stores: August 7.

Source : www.comicscontinuum.com

Chip Zdarsky continue son écriture fine de Matt Murdock, et je comprends plus son projet - finalement très classique, mais plutôt intense. L’idée est bien de détruire et reconstruire Daredevil, ce qui n’a franchement rien d’original… mais l’angle choisi, avec la volonté de Matt de se faire « une vie normale », vraiment, avant d’être « rappelé » par un destin contraire, c’est plutôt pas mal.

Matt partage une partie d’échecs avec Mr Fantastic, où Murdock l’interroge sur dieu. La discussion est franche et pertinente, puis Matt découvre que Mindy (la libraire) l’attend à son travail pour s’excuser. Ils discutent dans un bar, elle avoue qu’elle l’a invité au dîner familial pour 1/ énerver son mari 2/ provoquer une réaction pour que le mari quitte la mafia familiale. Matt la repousse, sec, mais la console quand elle pleure, rongée par le chagrin. Matt discute ensuite à l’église, puis est « pris » par la détresse d’un père qui cherche son fils. Il ne peut s’empêcher d’intervenir, dans un costume proche de celui des saisons 1 et 3 de la série Netflix. Le flic qu’il a affronté depuis le début est piégé par ses collègues ripoux, et Matt retrouve, blessé, Mindy pour un peu de contact… et ça finit en batifolages intenses.

Les vieux démons ne nous quittent jamais, voilà ce qu’on peut déduire de cet épisode bien fichu, où Matt retombe dans ses travers. Sauf que, et c’est agréable, ce n’est pas lui qui « cherche », mais le hasard (Mindy, la conversation à l’église) le pousse à reprendre contact avec des drames quotidiens qu’il peut solutionner… et il essaye. Même s’il ne le fait pas forcément « bien ».
Tout ça a du sens, n’est pas original sur le fond mais la forme prise par Chip Zdarsky me plaît ; ça m’intéresse, j’aime lire ça. Lalit Kumar Sharma livre de bonnes planches, dans un style « européen » qui fonctionne bien, est régulièrement joli et toujours efficace. Vivement la suite !

DAREDEVIL #10

Written by: Chip Zdarsky.

Art by: Jorge Fornes.

Covers by: Julian Totino Tedesco, Jung-Geun Yoon.

Description: « No Devils, Only God » concludes. Matt Murdock comes face-to-face with the choices he’s made. Hell’s Kitchen rises up to fill the void!

Pages: 32.

Price: $3.99.

In stores: August 21.

Source : www.comicscontinuum.com

C’est pas mal, Fornes. Je ne crois pas le connaître.

Il a surtout travaillé sur la série Batman de Tom King ces derniers temps. J’ai arrêté de la lire mais je crois qu’on ne les a pas encore eu en V.F.
Bon toi tu liras ça dans quelques années…:wink:

Eh eh eh …

Ouais, c’est pas mal. Heureusement qu’il a son petit Mazzucchelli illustré quelque part sur un coin de son bureau, cela dit…

Jim

Chip Zdarsky continue tranquillement sa gestion du titre, avec des passages un peu « obligés », classiques, mais qui fonctionnent bien.

Matt couche avec Mindy, la libraire mariée à un mafieux. Il confesse ses péchés, couche ; confesse, couche ; etc. Il ne sait pas où il va, et sent qu’il se perd. Il est appelé au commissariat car un des types qu’il suit comme agent de probation a été arrêté ; LE type qui est le frère de celui qu’il a tué par erreur, dans le # 1. Matt veut l’aider, mais « entend » que Cole North, le super-détective qui l’a battu mais qui est obligé de se « taire » et de ne rien faire après que son coéquipier ait été passé à tabac par des collègues ripoux, vit mal tout ça. Mais il le fait. Sauf que, alors que The Owl attaque la famille de Mindy (ils survivent, mais la librairie est détruite), le commissariat se vide… car le coéquipier est mort à l’hôpital. Les ripoux le disent à Cole, qui explose ; et Matt comprend qu’il ne gérera pas seul. Il se déguise devant le type détenu, et vient l’aider. Ils se débarrassent des ripoux, et disparaît ; mais North a compris que c’était Daredevil. Et si Matt est paumé, ne sait pas quoi faire… il découvre Elektra, venue le retrouver !

Un « passage obligé » bien fait. Chip Zdarsky savait qu’il faudrait faire « céder » Matt, il organise ce moment avec sérieux et application. La gestion de la relation Matt-Mindy est bonne, le traitement de Cole North est aussi intéressant, même s’il n’est pas très original. L’ensemble est dynamique, fluide ; intense lors du combat, et avec de l’émotion très mélancolique ailleurs.
Ca fonctionne bien. Jorge Fornes, en vue récemment sur Batman, est bon même s’il reste un « copycat » de Mazzucchelli, ce qui est joli mais un peu « creux », sur le principe. Mais ça fonctionne. Vivement la suite !

Visiblement, ça fonctionne.

Ca marche, quoi. Il n’y a pas de fausse-note, il n’y a pas d’erreur, rien ne « déborde ». C’est du boulot propre, qui est joli à l’œil et bien adapté à l’ambiance.
Mais ça n’a pas d’âme. Enfin.
Ca a l’âme de Mazzucchelli. Ce qui est cool. Sauf que c’est pas Mazzucchelli qui dessine.

(mais ça fonctionne)
(et tes pièges aussi, vu que je saute dedans :stuck_out_tongue: )

DAREDEVIL #11

Written by: Chip Zdarsky.

Art by: Marco Checchetto.

Covers by: Julian Totino Tedesco, Khoi Pham.

Description: « Through Hell » begins here. Matt struggles with his inner demons. Duty and honor bound, Detective Cole North continues hunting the vigilantes of New York – his first target? Spider-Man! The Devil still runs the kitchen, but who – or what – are they?

Pages: 32.

Price: $3.99.

In stores: Sept. 11.

Source : www.comicscontinuum.com

Nouveau story-arc, retour de Marco Checchetto - mais toujours une bonne qualité pour cette série, avec un Chip Zdarsky qui laisse ses personnages se débrouiller avec les ennuis qu’ils se sont causés. Ca fonctionne bien.

Elektra, qui « ne sait plus » que Matt Murdock et Daredevil sont la même personne depuis un récent « reset » (mais quelle idée pourrie), met Matt minable et considère qu’il est devenu faible. Elle veut devenir son « nouveau Stick ». Mindy n’a pas le droit de sortir du repaire de la mafia Libris, et ça se passe mal avec son mari. Matt « piste » le frère du type qu’il a tué par accident, car il est le Parole Officer de ce frère ; il rencontre la mère, à qui il propose de l’argent pour essayer de s’amender. Fisk fait enlever The Owl pour le menacer après ses abus, mais The Owl s’enfuit avec ses pouvoirs et menace Fisk de le faire chuter, vu qu’il veut être « propre ». L’inspecteur North assiste à une attaque de Spider-Man sur des voleurs, avant d’être enlevé sur Spidey ; qui lui fait ensuite un discours sur les héros, et le fait que Daredevil en reste un malgré son erreur. North y réfléchit. Matt discute avec Foggy, prend un appel de Mindy qui veut « juste » prendre une décision, et veut coucher avec lui ; ça se passe mal, Matt veut la « sauver », mais ce n’est pas sa demande. Il s’interrompt cependant, car il entend à quelques blocs qu’un type est tabassé par la police - un copycat de Daredevil, qui était intervenu pour aider une femme en difficulté, et est chopé par des flics.

Chip Zdarsky continue pleinement sa saga, et ça fonctionne. J’aime bien les personnages créés par l’auteur, que ça soit North ou Mindy. La gestion de la culpabilité de Matt est bonne, notamment parce que le personnage « vit » avec, et ne se lamente pas (trop) dessus. Les rebondissements sont fluides, le traitement de Fisk est bon. Je tique un peu sur le côté donneur de leçons de Spidey, mais ça « passe » bien dans le projet global.
C’est efficace, et surtout très joli. Marco Checchetto avait été en feu sur le premier story-arc, il est encore très bon ici ; c’est beau. C’est juste magnifique, et j’aime beaucoup. Même si j’en étais venu à beaucoup aimé le « fouillis » des épisodes précédents.
Vivement la suite.

DAREDEVIL #12

Written by: Chip Zdarsky.

Art by: Marco Checchetto.

Covers by: Julian Totino Tedesco, Amanda Conner.

Description: As Matt Murdock continues to struggle settling into a life without his horned alter-ego, a fake Daredevil is captured by dirty cops. Plus: The ongoing saga of Maor Wilson Fisk takes a brutal, bloody turn in a sequence that’ll have DD readers talking for months!

Pages: 32.

Price: $3.99.

In stores: Oct. 2.

Source : www.comicscontinuum.com

Chip Zdarsky continue doucement mais sérieusement sa saga, son projet ; ça fonctionne vraiment bien, et ce n’est pas désagréable que ça prenne son temps.

Le faux Daredevil enlevé et tabassé par des flics ripoux est sauvé par Foggy, qui fait croire qu’il est en lien avec les autorités ; mais les flics le comprennent, et ça force Matt à agir. Sauf que Matt n’a ni la force, ni la confiance pour tenir - et il est sur le point de perdre. Quand Elektra le rejoint, tabasse les ripoux sans les tuer, et propose à Matt de vraiment l’entraîner ; de le ramener à ce qu’il était, et même de devenir meilleur. En parallèle, Wilson Fisk rencontre les hommes et femmes les plus riches du pays… et ça se passe mal, car ils le prennent de haut et l’un d’entre eux se moque de lui. Wilson se contrôle, sauf aux WC - où le type vient encore se moquer. Mais Wilson craque, et le tabasse trop fort…

Un bon numéro, même s’il ne s’y passe pas grand-chose ; bien qu’il compte, clairement. Car c’est un épisode de déclic, pour ce qui apparaît comme les deux protagonistes du titre. Matt et Wilson, qui cheminent chacun « contre » leurs instincts, pour faire autrement ; pour faire mieux. Tous deux échouent, mais si l’un décide de retrouver sa nature afin de la sublimer, de s’améliorer, l’autre plonge clairement dans ses pires penchants, et s’y abandonne. C’est bien, et bien fait - pas original, mais efficace.
Marco Checchetto illustre ça avec fluidité, beauté et élégance ; c’est juste beau, et très dynamique. Ses planches sont vraiment superbes, et il croque parfaitement ses personnages. Une très belle prestation, qui accompagne intelligemment la saga. Vivement la suite.

DAREDEVIL #13

Written by: Chip Zdarsky.

Art by: Marco Checchetto.

Covers by: Julian Totino Tedesco, Declan Shalvey.

Description: After the epic conclusion to « No Devils, Only God, » Matt Murdock has no choice but to investigate the corruption in New York’s police force further. And Wilson Fisk may be the Kingpin of Crime no more, but he still has blood on his hands.

Pages: 32.

Price: $3.99.

In stores: Nov. 6.

Source : www.comicscontinuum.com

Encore du bon. Un peu lent, un peu contemplatif, mais très efficace et malin.

Matt est entraîné par Elektra, pour redevenir lui-même ; pour devenir meilleur, plutôt. L’entraînement est dur, mais les progrès se font… même si Matt doit aussi travailler et mener des recherches pour améliorer le système, comme Elektra le dit. En parallèle, Wilson Fisk n’arrive pas à gérer le massacre qu’il a perpétré sur un des hommes les plus riches du pays. Il appelle Wesley, qui gère admirablement - en faisant nettoyer par un domestique, qu’il menace ; en évacuant le corps du richard ; en faisant « suicider » le domestique ; en faisant appeler les secours par Wilson, qui acte que le richard a vu le suicide et est parti, perturbé. En parallèle, The Owl rencontre la mafieuse (belle-mère de la libraire dont Matt est l’amant) en public, et tue ses hommes ; sans honte, sans peur, il veut être le nouveau Caïd de New York. En parallèle, l’inspecteur North est suspendu, encaisse… et craque dans la rue, en forçant des petits crétins qui ennuient un SDF à s’excuser. Il comprend qu’un flic ne ferait pas ça - mais c’est ce qu’il a eu envie de faire. Et s’il craque dans un coin, Matt vient le voir et lui propose un café.

C’est vraiment bon. Chip Zdarsky adopte un rythme lent dans ses sagas, mais ça fonctionne bien. Il fait du titre une série centrée autant sur Matt, que sur Fisk et l’inspecteur North, et c’est une bonne idée. L’ensemble est très solide, très fluide, et les destins croisés sont bien faits.
Bien sûr, la relation Fisk/Wesley est basée sur la série de Netflix, Wilson paraît un peu « faible », mais… en lien avec sa volonté d’être propre, ça fonctionne bien, aussi. Tout est très fluide, très agréable, et les rebondissements sont bons et agréables.
Marco Checchetto livre encore des planches magnifiques, aussi fluides dans la narration que superbes dans les images ; c’est juste beau, et ça complète idéalement un script solide. Un peu lent, mais efficace.
La série est entre de bonnes mains.

DAREDEVIL #14

Written by: Chip Zdarsky.

Art by: Francesco Mobili, Marco Checchetto.

Covers by: Julian Totino Tedesco, Skan.

Description: The enemy of my enemy is my friend… Cole North goes for a drink with the one person he never expected to… Meanwhile, Wilson Fisk learns that in New York, some people are more powerful than even the mayor. This, while Hell’s Kitchen and Izzy Libris are targeted by the Owl, with no Man Without Fear to stand in his way!

Pages: 32.

Price: $3.99.

In stores: Dec. 4.

Source : www.comicscontinuum.com

C’est toujours bien, tout ça.
Chip Zdarsky poursuit lentement ses intrigues, avec une approche volontairement posée. Il prend son temps, brosse de beaux portraits de personnages, et ça fonctionne bien. Matt et le détective North discutent posément de la loi, de l’ordre, et de l’obligation de ne pas suivre les ordres pour respecter l’esprit de la protection des innocents. Ca perturbe le flic, qui admet aussi pourquoi avoir quitté Chicago (il a blessé un gamin, qui a galéré pour s’en remettre). Matt essaye de conseiller Mindy, mais les retrouvailles sont difficiles. Wilson Fisk se rend compte que son projet de plants de Marijuana légale sont empêchés par les super-riches qu’il tente d’avoir avec lui. La belle-famille mafieuse de Mindy organise une alliance avec Hammerhead alors que Matt file avec Elektra chez le Gouverneur, qui donne les ordres pour « laisser tomber » Hell’s Kitch. North refuse de se laisser faire, et Matt veut exiger des réponses.
C’est bien, oui. Le rythme est très lent, l’intrigue avance peu, mais la narration générale créée une belle ambiance. Les personnages sont bien écrits, j’aime bien ce détective qui cède lentement à ce qu’incarne Matt, mais aussi Mindy ; et sa famille, troublante. La rédemption de Matt est longue, difficile. Chip Zdarsky décide de prendre le chemin le plus difficile pour ramener Murdock à Daredevil, et ça fonctionne bien autant que c’est pertinent.
Marco Checchetto illustre les passages de Matt et North, et son style est aussi beau que fluide. Les planches sont vraiment magnifiques, c’est complètement sublime. Francesco Mobili gère la partie sur Wilson (très pertinente aussi, avec ce Caïd qui perd pied en ne maîtrisant pas son nouveau champ de bataille) et la négociation mafieuse ; ça fonctionne. Ce n’est pas très joli, mais efficace.
Toujours une bonne série. Qui va doucement mais sûrement dans une zone connue, mais via un chemin fort agréable et pertinent.