DAREDEVIL #1-18 (Chip Zdarsky / Checchetto, Sharma, Fornes)

Toujours aussi bon.
Chip Zdarsky poursuit l’exploration des destins croisés de Matt et de Fisk. Matt va voir le Gouverneur avec Elektra, après une rencontre avec Foggy. Wilson rend visite aux super-riches, chez qui il a tué un de leurs proches ; ça se passe mal. Les super-riches savent ce qu’il a fait, et le poussent à combattre des mercenaires. Wilson perd, car il refuse de revenir le Caïd ; ils l’envoient par la fenêtre, mais le laissent être soigné. Matt et Elektra découvrent que le Gouverneur agit aux ordres des super-riches, et s’enfuient ; avec style. Au point que Matt redevient « lui-même », et lui et Elektra couchent sur le capot de la voiture avec laquelle ils se sont enfuis.
Chip Zdarsky maintient une très bonne gestion des personnages et des intrigues. Le rythme demeure lent, assez posé, mais les évolutions sont bonnes. Je retiens notamment le travail sur Fisk, très bon. Marco Checchetto illustre magnifiquement la partie sur Matt, c’est superbe et fluide. Tandis que Francesco Mobili gère efficacement la partie sur Fisk, pleine de brutalité et de violence.
Vivement la suite.

(W) Chip Zdarsky (A) Jorge Fornes (CA) Julian Totino Tedesco
The Devil of Hell’s Kitchen returns! As Matt Murdock rekindles his alliance with Elektra, Kingpin plans to rekindle some alliances of his own…
Rated T+
In Shops: Jan 01, 2020
SRP: $3.99

Source : www.monkeysfightingrobots.co

Un bon numéro, dense.
Chip Zdarsky accélère le rythme, en multipliant les événements : Foggy accompagne juridiquement le frère du type que Matt a tué au début de la série ; le détective North décide de s’en prendre à The Owl, avant de partir aux Affaires Internes suite à ses soucis dans le commissariat ; Matt continue d’être avec Elektra, va rendre visite à Wilson Fisk à l’hôpital, qui se moque de son obsession pour Hell’s Kitchen ; Matt et Elektra vont visiter les Stromwynds, leur volent des sommes qu’ils reversent aux associations, car ils savent que ces super-riches veulent délaisser Hell’s Kitchen aux criminels ; et la famille Libris, de la femme avec qui Matt couchait jusque-là, est la cible directe de The Owl ; et Matt découvre qu’Elektra a volé une part de l’argent, pour un projet mystérieux.
Dense, oui, et intense. Chip Zdarsky continue de très bien maîtriser sa série, son projet, ses personnages. Matt continue sa rééducation, en repoussant toujours Daredevil, mais en agissant de plus en plus contre lui ; mais le flou entoure qui est ami et qui est ennemi. Le scénariste gère bien ça, réalise quelques bonnes caractérisations. C’est efficace.
Jorge Fornes arrive, et son style très, très, très inspiré de David Mazzucchelli ne peut que fonctionner sur Daredevil, hein. C’est joli, bien fichu, un peu timide dans la narration, mais… ouais, quand même, c’est bien, hein.
Toujours satisfait de la série.

(W) Chip Zdarsky (A) Jorge Fornes (CA) Julian Totino Tedesco
Rated T+
In Shops: Feb 05, 2020
SRP: $3.99

TARGET: DAREDEVIL!

• The war in Hell’s Kitchen builds as Owl takes his stab at Wilson Fisk, formerly the Kingpin of Crime – now Mayor of New York!
• Matt must come to terms with what Daredevil truly means.
• And he better do it soon, as a new and deadly foe makes a decisive return…

Source : www.graphicpolicy.com

Encore du bon. Chip Zdarsky maîtrise très bien ses personnages, avec ce Matt qui se reconstruit mais tâtonne. J’apprécie particulièrement la discussion franche avec Foggy, qui renvoie Matt à ses contradictions, et les conséquences du vol avec Elektra, qui a subtilisé avec Matt beaucoup d’argent aux super-riches qui sont la menace principale, un peu pour elle et surtout pour redistribuer à Hell’s Kitchen.
Bon, il y a beaucoup de choses ici, avec notamment le destin de Mindy, la reprise de sa belle-mère, le sort de Hammerhead, la confrontation entre Matt et les super-riches, et leur décision finale de solliciter Bullseye. Jorge Fornes livre de très belles planches, très urbaines et inspirées, pour un bon récit qui me plaît.
Je suis toujours emballé.

Ça devait arriver, mais j’avoue que l’annoncer comme ça (en mode bon dans 4 épisodes promis on arrête les conneries) a un petit côté presque décevant.

Pareil.
Pourquoi l’annoncer, en fait.

Pour donner envie au lecteur qui ont déserté le titre de revenir.

Ça vend mal ?

Définit mal.

D’après un petit coup d’œil sur Comichron (avec encore et toujours les réserves sur leur méthodo, mais ça reste un indicateur), le titre a l’air de naviguer aux portes des top 50 mensuels, sans y entrer. Il y a pire, mais c’est pas fou-fou non plus — en même temps on s’en serait douté.

C’est ça avec des estimations de ventes autour de 30k.

Et du temps de Waid ?

Guère mieux, si on compare au même moment de la série (c’est-à-dire un an après le lancement, les #1 étant toujours trompeurs de ce point de vue). On est dans les mêmes eaux au classement relatif, même si Waid vendait une poignée de milliers d’exemplaires de plus par numéro — mais je ne m’aventurerais pas à dire si ça vient d’une différence « propre » aux deux séries ou si ça reflète l’érosion générale du marché à sept ou huit ans d’écart. En revanche on est au-dessus des classements et des ventes de la période Soule, pour situer.

Globalement j’ai l’impression

  • d’un personnage un peu secondaire (c’est pas Batman ou Iron Man),
  • sans actualité cinéma ou télé dans l’immédiat sur lesquels s’appuyer,
  • sans gros coup éditorial pour booster les ventes (comme les X-Men),
  • et avec l’effet normal d’une série ou d’un run « installés » qui ne vont pas attirer des masses de nouveaux lecteurs à ce stade.

Rajoute à ça une approche un peu originale et ambitieuse, qui ne donne pas dans les attendus les plus standards du genre, logiquement tu n’obtiens pas le carton du mois. Même si les ventes ne sont pas complètement déshonorantes, je comprends, d’un point de vue commercial, que Marvel cherche à marquer un coup avec le retour au costume. Ça fera sans doute un petit pic de ventes. Mais je ne suis pas sûr que ça fasse « revenir » (ou simplement, venir) en masse les lecteurs et surtout sur le long terme. Et « vendu » comme ça, ça spoile les lecteurs existants et ça donne un petit côté cheap à un point que le scénariste a vraisemblablement travaillé comme l’aboutissement, pour ne pas dire l’apothéose, d’un long parcours psychologique, ce qui passera complètement au-dessus de la tête des lecteurs qui arriveront au #21 parce-que-le-retour-du-costume-rouge.

Ça remonte à quand, la dernière fois que Daredevil était dans le peloton de tête ? Quesada ? Bendis ?

Ce dernier point doit être placé, comme tu le fais d’ailleurs, en dernier. Parce que Immortal Hulk apporte un démenti sonore à ce principe (le seul truc qui diverge, c’est que le retour de Hulk a été annoncé dans un cross-over Avengers, ce qui pourrait s’apparenter à un « coup éditorial » tel que tu le listes un poil plus haut).
Immortal Hulk correspond à la notion du « sleeper », le titre que personne n’attendait. On peut imaginer que Marvel ait espéré avoir un second cas du même ordre. L’affaire semblant traîner les pieds, la maison d’édition a envie de secouer le cocotier.

Jim

Donc, au final, c’est pareil. Merci pour ta recherche.

DAREDEVIL #18

Written by: Chip Zdarsky.

Art by: Jorge Fornes.

Covers by: Julian Totino Tedesco, Paolo Rivera.

Description: The war in Hell’s Kitchen builds as Owl takes his stab at Wilson Fisk, formerly the Kingpin of Crime – now Mayor of New York! Matt must come to terms with what Daredevil truly means. And he better do it soon, as a new and deadly foe makes a decisive return.

Pages: 32.

Price: $3.99.

In stores: Feb. 19.

Source : www.comicscontinuum.com

Ca s’accélère, encore. Chip Zdarsky enclenche la future explosion dans les rues de New York, alors que l’inspecteur North décide de forcer ses collègues à agir pour récupérer la gamine Libris. Matt aide, alors que les tensions explosent et que The Owl réagit violemment face aux Libris. Et Fisk découvre que les super-riches ont décidé de « purger » New York, en faisant venir des super-tueurs, comme Bullseye, Rhino, Crossbones et d’autres.
C’est bien, encore. Chip Zdarsky a suffisamment préparé le terrain pour que tout soit prêt pour l’explosion, et donc le retour de Daredevil, spoilé par Marvel récemment ; dommage, le suspense aurait été agréable. La lecture demeure bonne, avec des personnages bien écrits et de bons rebondissements. Jorge Fornes illustre tout ça efficacement, dans un style de copycat mais qui a l’intelligence de bien choisir ses « grosses » influences.
C’est joli, efficace et intense. Vivement la suite.

Sur le fond, tout le monde se doute que le personnage reprendra son identité.
Mais c’est vrai qu’un spoil à l’intérêt uniquement commercial, qui chie gentiment par la bande sur le travail construit par les auteurs, ça ne pisse pas haut.
Mais bon… rien de neuf.