DAREDEVIL #1-36 (Chip Zdarsky / collectif)

Matt Murdock n’est plus Daredevil ; mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus de Daredevil en ville, et ce n’est pas sans conséquence.
Alors que Matt va de l’avant et retrouve une forme de vie normale (en ayant un job auquel il est assidu, en se souvenant de l’anniversaire de Foggy, en flirtant avec une librairie), Wilson Fisk décide d’aller encore plus loin et abandonne son empire criminel pour être pleinement Maire ; il laisse les ruines aux autres familles, qui vont décider de la répartition. Il reste bien sûr vigilant, alors que Matt tente de demeurer « rangé » malgré les difficultés, et notamment la culpabilité après le meurtre du #1. Mais s’il semble équilibré, malgré la douleur de cette culpabilité, il est en fait mal car il passe ses nuits à appeler le 911 pour signaler les crimes qu’il entend via ses super-sens tandis que des gens « normaux » font justice eux-mêmes en portant les masques de DD.
Chip Zdarsky poursuit un propos intéressant et qui me surprend. On a déjà vu Matt être rangé, mais les conséquences ici avec Fisk en Maire sont intéressantes, et l’avancée de Wilson surprend mais intrigue. Surtout, l’idée d’autres Daredevils me plaît, et je suis curieux de voir jusqu’à Matt réussira à « rester tranquille ». D’autant qu’on voit aussi le fameux nouveau flic en parallèle, qui semble se rapprocher lentement mais sûrement de la position de DD, qu’il rejetait tant jusque-là.
Un bon numéro, donc, qui trace une voie pertinente et qui change dans la franchise ; en tout cas, pour ce que j’en ai lu. Le tout est illustré par Lalit Kumar Sharma, qui livre des planches jolies avec une ambiance travaillée, même s’il tend parfois vers Andy Kubert. Pas la pire des influences, mais ça glisse parfois vers la copie. Cela ne gêne pas une bonne lecture, qui donne envie d’en voir plus.