DEMAIN TOUT COMMENCE (Hugo Gélin)

(Team Sanctuary) #1

Discutez de Demain tout commence

(Ben Wawe) #2

J’ai profité de sa diffusion sur TF1 pour voir Demain tout commence de Hugo Gélin, avec Omar Sy, Clémence Poésy, Gloria Colston et Antoine Bertrand. Sorti en 2016, boudé par les critiques mais important succès public.
Et j’ai été très touché par ce film, qui pour une fois justifie le fameux “du rire aux larmes” des affiches en manque d’inspiration.
Le principe est simple : Samuel est un fêtard, coureur et glandeur qui vivote au bord de la mer. Un matin, une ancienne conquête d’un soir, Kristin, le retrouve… et lui laisse un bébé, en annonçant qu’il est le sien ; et s’en va. Samuel la suit à Londres, dernière adresse connue selon Facebook, mais ne la retrouve pas. Seul, sans argent, sans ami, il tombe par chance sur Bernie, producteur français exilé en quête d’un cascadeur ; qui engage Samuel, et l’aide ainsi à élever la petite Gloria. Suivent ainsi huit années merveilleuses, où Samuel fait de chaque jour une fête pour sa fille. Sauf que Kristin finit par revenir… et vouloir sa fille.
Alors oui, ce fameux pitch donne l’impression d’être un tire-larmes classique, avec des lieux communs à n’en pas finir ; mais le film parvient à éviter d’être redondant, par quelques idées malines mais surtout un ton spécial, et des acteurs impliqués.
C’est drôle, en fait ; vraiment. J’ai beaucoup ri, grâce à un Omar Sy toujours impérial dans le rire, qui trouve en la jeune Gloria Colston et le québécois Antoine Bertrand des camarades de jeu idéaux pour sa folie douce, et sa joie de vivre. C’est vraiment fun, avec une légèreté et une fraîcheur qui font un bien fou. Voir Samuel en course-poursuite dans Londres est énorme, le voir qui ne maîtrise toujours pas l’anglais des années après est rigolo, et sa relation avec le nouveau conjoint de Kristin est très, très drôle.
Mais, aussi, le drame est présent ; et tape dur. Pas uniquement pour Kristin qui veut reprendre sa fille. Clémence Poésy est connue pour son rôle dans Harry Potter, mais elle est ici extrêmement touchante dans la peur, la douleur et la maladresse. Oui, elle a abandonné sa fille, et le regrette chaque jour depuis ; et j’y crois. Sa prestation est toute en finesse, mais en puissance dramatique, et elle touche véritablement dans sa quête de rédemption, autant que pour se faire accepter dans la relation fusionnelle père-fille. Omar Sy est également très bon dans cet aspect tragique, avec notamment trois moments terribles (les pleurs chez le médecin et sa “reprise” pour ne rien montrer à sa fille, ce qui est d’une justesse parfaite ; la plaidoirie ; et le final, bien plus sobre mais puissant).
C’est beau, en fait, car c’est simple mais très réussi. Le film ne veut pas donner de leçon, ou trop en dire, ou trop en faire. Ce film, qui est un remake d’un film mexicain, entend simplement raconter une histoire autant drôle que tragique, portée par un acteur inspiré qui incarne un personnage qui prend acte de ses malheurs, mais entend malgré tout aller de l’avant (quel courage, lors du départ de Gloria). Le message, de profiter de la vie, de ne pas avoir peur de mourir mais lutter contre la peur de vivre, est certes cliché, mais fonctionne très bien, vraiment, ici.
Je comprends le succès populaire de ce beau film touchant, où je suis vraiment passé du rire aux larmes ; et, franchement, ça fait du bien !