DÉRIVES t.1-2 (Andreas / Collectif)


(Team Sanctuary) #1

Discutez de Dérives (Andréas)


(Jim Lainé) #2

Dérives est un recueil d’histoires courtes illustrées par Andreas, mais dont le scénario est rédigé par d’autres auteurs.

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La lecture de cette compilation permet de savourer l’inventivité du dessinateur, qui se frotte à différentes techniques mais également à des modèles narratifs sans cesse différents. C’est toujours impressionnant, tant Andreas maîtrise la composition mais tente à chaque fois de donner une identité graphique à chacune des histoires.

Elles sont toutes très chouettes. Différentes, elles exploitent à merveille l’exigence du récit court. Celle de Yann, chronique d’un tueur en série sévissant dans une banlieue résidentielle, est diablement efficace.

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La plus impressionnante cela dit demeure sans doute “Le Chat”, écrite par Goffaux. L’ambiance de roman noir est renforcée par un dessin très sombre et un découpage très dense, marchant dans les pas du Dark Knight de Frank Miller (page en gaufrier). Là où c’est très fort, c’est qu’avec son personnage aux cheveux courts, aux épaules carrées et au trenchcoat élimé, évoluant parmi les ombres, Andreas est en train d’explorer les mêmes ruelles sombres du polar que Frank Miller dans Sin City. Sauf que “Le Chat” date de 1990, alors que les premières pages de Sin City ne paraîtront que l’année suivante.

Bon, Andreas a déjà évoqué son goût pour le travail de Miller, et comme il semble inspiré de gens que ce dernier a regardé (Wrightson et Adams, bien entendu, mais je file mon billet qu’on peut rajouter Starlin et Simonson dans la liste), il me semble logique que les deux dessinateurs finissent par arriver dans les mêmes territoires. Il n’empêche, cette lecture du “Chat” est impressionnante.

Jim


(Jim Lainé) #3

J’ai déniché aujourd’hui le tome 2, qui rassemble d’autres histoires courtes, la dernière étant écrite par Andreas lui-même.

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Pour le coup, j’ai peut-être été moins emballé par ce second volet. Les histoires sont moins épatantes, parfois un peu plates ou confuses, ou laissant le lecteur sur sa faim.
Cependant, c’est pour l’auteur l’occasion d’essayer à chaque fois des techniques graphiques différentes, ce qui fait de ce tome un festival de prouesses visuelles.

Restent le récit “Milk”, écrit par Cochet et proposant une douce poésie liée aux choses simples de la vie (et laissant entendre un bagage lourd et douloureux dans les personnages des enfants), “Ours” sur un scénario de Cornette qui s’amuse du statut du dessinateur, et “La Boîte”, histoire de conclusion, où Andreas recourt à des ressorts narratifs assez méta (malgré une conclusion trop rapide).
Magnifique pour les yeux, l’album propose un sommaire varié, inégale, avec de chouettes choses, mais peut-être moins intéressant que le premier. En revanche, l’aspect graphique est virtuose.

Jim