DERNIÈRES LECTURES COMICS

Raison de plus pour ne pas connaître

Celui-là, je l’ai…

Thor, I whom the Gods would destroy ( Maudit par les Dieux en V.F.) a du représenter une anomalie pour les lecteurs américains lors de sa sortie en 1987, une année qui correspond à la fin de l’excellente prestation de Walt Simonson et au début de celle de Tom DeFalco et Ron Frenz. Car le contexte de l’histoire ramène au début des années 80, plus précisément autour de Thor #336 , le dernier numéro avant l’arrivée de Simonson. La fin du premier segment de cet épisode annonçait justement un graphic novel de Thor resté aux abonnés absents. C’était un projet de Jim Shooter, alors rédacteur en chef de Marvel , terminé par James Owsley (plus connu maintenant sous le nom de Christopher Priest) et dessiné par Paul Ryan.

Maudit par les Dieux examine la dichotomie entre le Dieu du Tonnerre et son alter-ego qui n’était plus utilisé au moment de la publication, le chirurgien Donald Blake, créé par Odin pour que son fils apprenne l’humilité. Pendant son temps passé dans cette enveloppe humaine « diminuée » , Thor a appris à aimer son expérience de l’humanité, en contraste avec son existence immortelle. Et c’est justement ce qui cause son cas de conscience au début de l’album lorsque Don Blake échoue à sauver son dernier patient.

Ce récit est un mélodrame contemplatif qui m’a un peu ennuyé plus jeune. Mais même si j’ai appris à en apprécier certains aspects au fil des années (dont une démonstration de pouvoirs au feeling très Superman de Richard Donner), l’ensemble ne fonctionne pas totalement dans sa description d’un Thor/Don Blake plongé dans des pensées dépressives. C’est un autre genre de combat qui est mené ici, pas vraiment excitant dans son traitement tout en touchant parfois juste au détour de certaines répliques.

Graphiquement, Paul Ryan livre une copie efficace et claire, sans trop d’effets. Cela correspond bien aux aspects les plus ordinaires (ceux de la « vie de tous les jours » ) de l’histoire, moins aux rares incursions asgardiennes…mais l’encrage de Vince Colletta et les couleurs de Bob Sharen manquent particulièrement d’éclat.

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Je viens de trouver le dernier tome de la collection « Le Monde de Krypton », intitulé La Dernière identité secrète, et qui met en scène un nouveau personnage de l’univers de l’Homme d’Acier : Superwoman. L’album est cartonné, j’ignore s’il existe une version souple (mais je le soupçonne, les versions cartonnées étant souvent l’exception, chez Sagédition).

En le feuilletant, j’ai eu l’impression (confirmée quand je suis rentré) de ne l’avoir jamais lu. Le récit est écrit par Elliot S! Maggin et illustré par un auteur que je n’ai pas reconnu tout de suite (j’ai d’abord pensé à Rich Buckler, voire à Adrian Gonzalez), mais que j’ai trouvé plutôt sympa. Il s’agit de Keith Pollard, encré ici par Mike DeCarlo et Tod Smith. Et c’est plutôt très joli. Pollard s’inscrit très bien dans la charte graphique du DC de l’époque, avec de belles femmes habillées plutôt strict et des héros hiératique. Son Superman est très plaisant, dans la lignée d’un Garcia-Lopez, mais plus brutal, plus immédiat, plus simple. On peut presque y voir une préfiguration de la version de Byrne.

L’histoire début dans un lointain futur où une enseignante donne un cours d’histoire sur une héroïne méconnue de la fin du XXe siècle, considérée par les citoyens de son époque comme celle qui possède la dernière identité secrète, comprendre celle dont le vrai nom n’a jamais été trouvé par les chercheurs. Puisque l’on voyage dans le temps aussi facilement qu’on prend un train de banlieue dans l’univers DC, elle décide de se rendre à l’époque de Superman afin de découvrir qui est Superwoman (elle soupçonne, bien sûr, Lois Lane).

Le récit est un peu prévisible, pour peu qu’on ait lu des récits de science-fiction où un personnage du futur cherche à en découvrir davantage sur un personnage du passé dont il pense tout savoir. Il semble clair ici que Maggin reprend une partie du schéma utilisé par Michael Moorcock dans son roman Behold the man (Voici l’homme en français), et dont je vous laisserai découvrir l’astuce (on peut penser aussi à une partie de l’intrigue des Voies d’Anubis, de Tim Powers, et sans doute à plein d’autres choses auxquelles je ne pense pas en tapant ces lignes). Toujours est-il que si l’on peut deviner le principe du récit, le scénariste s’ingénie à le bourrer de péripéties diverses et de petits clins d’œil. Sa gestion de Jimmy Olsen est très sympathique.

Sagédition choisit d’agrandir le format d’origine, mais bizarrement de conserver la maquette, adaptant la couverture de ce DC Comics Presents Annual #2 de 1983 pour son édition française. La traduction est, comme on peut s’y attendre de la part de cet éditeur, assez indigente, frisant l’incompréhensible (et relire dans la langue d’origine éclaire de nombreuses zones d’ombre : pas étonnant que les personnages DC aient eu plus de mal que leurs homologues de Marvel dans l’Hexagone). Sans compter les pures erreurs de traduction.

Consulter la version d’origine permet aussi d’éclairer quelques aspects obscurs qui n’ont rien à voir avec une traduction bâclée. Par exemple, qui est Kristin Wells, cette enseignante du futur venue enquêter à l’époque qu’elle affectionne et fait découvrir à ses étudiants ? Une petite note de bas de case, plus ou moins éclipsée dans la version française, précise qu’elle a déjà fait une apparition dans un roman du même Elliot S! Maggin, Superman: Miracle Monday. Je ne sais pas trop si elle a fait d’autres apparitions dans les bandes dessinées, après son intervention dans l’Annual.

Si le récit américain s’arrête là, Sagédition complète sa pagination avec une histoire de « Superman 2021 », une back-up explorant un autre avenir (et le Superman qui y vit, ainsi que le James Olsen futur, devenu magnat des médias). « Les Kidnappeurs du ciel » est dessiné par Gil Kane, dans son style sec des années 1980 (Superman #372, d’où est tirée l’histoire, est daté de juin 1982). Bizarrement, les cases semblent petites et tassées. En consultant les planches d’origine de « Kidnappers in the Sky! », écrit par Bob Rozakis, on découvre qu’en fait, Sagédition a condensé les huit pages VO en cinq pages VF, opérant un remontage conséquent. La rédaction a donc cherché un récit de complément et trouvé une histoire qui n’a pas le bon nombre de pages requis.

La encore, pour rester dans l’euphémisme, la traduction n’est pas vraiment à la hauteur. Mais les jolis dessins dynamiques de Kane, même remontés, rendent la lecture sympathique (et n’ont pas été pour rien dans mon choix de prendre cet exemplaire).

Jim

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Elle a une nouvelle aventure dans
DC Comics Presents Annual Vol 1 4 par Eliot S! Maggin et Eduarto Barreto.
https://dc.fandom.com/wiki/DC_Comics_Presents_Annual_Vol_1_4

Elle est citée dans un Superman Sourcebook puis apparaît en clin d’œil dans le one-shot Planet Krypton de The Kingdom, la suite de Kingdom Come.
Elle est également dans Whatever Happened de Moore, et elle bénéficie d’une version post Crisis plus brute : https://dc.fandom.com/wiki/Karsta_Wor-Ul_(New_Earth)

Elle existe. C’est probablement le premier comic de super-héros que j’ai lu tout minot. J’adore le look de Super-Woman

Oh, j’aime bien le look du costume de cette Superwoman !

Tori.

Comme souvent avec Casey, le concept n est pas mal, le travail sur la forme est là et ce n est pas désagréable à lire, casey ayant une rythmique d ecriture agréable. Et comme souvent avec casey, l impression qu il passe à côté de son concept tout de même, qu il ne se passe rien et qu il n arrive pas à nous attacher à ses persos.

Que serait une école de super héros ? Uniquement sous le prisme des discussions de couloir.

Le scénariste sait écrire des persos qui se la pètent, indubitablement. Mais il ne sait écrire que cela. Alors king passe la série à avoir 15 coups d avance sur tout le monde et surtout sur le lecteur qui ne peut suivre que de loin, les enjeux lui échappant.

Reste une ambiance réussie, un mc crea tres sympa et des idées dont on perçoit le potentiel melant sf et dimension onirique.

Tout ce qu on pouvait en attendre et plus encore. Fiffe fut un lecteur passionné des series du studio extrême. Des séries avortées, relancées, des poignées d episodes éparses. Fiffe en fait une forme de narration durant trois episodes et c est génial, violent, drôle, premier degré et millième. Décidément mon auteur favori actuellement.

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Étonnante lecture. Mérino seul, ce n est pas la panacée et consacrer un episode à un combat lorsqu on n en a que quatre, c est gaspiller un espace que l on a pas. Pourtant, en quatre petit numéros, ce sera bien quasiment tout l univers wildstorm qui sera évoqué par petite touche, à la croisée des points de vue, celui d une journaliste, d un vétéran idéaliste, d une barbouze et de la haute administration. De la rue au sommet, seront mises en scène ainsi des versions convaincantes de la rencontre entre les black ops dc et wildstorm, faisant miroir aux mutations post guerre froide de notre monde. Tout le monde a raison, tout le monde a tort.

Surprenante réussite à la lecture de cette bd pourtant bancale à plusieurs niveau.

Pour celui-là, il y a un sujet…

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Pourtant en sortie mensuelle, quelle lenteur.

Je peux imaginer. Je l ai lu d une traite

Un mois comme les autres chez le wildstorm de l époque :

On m’a récemment offert quelques TPB, et j’ai donc découvert Snow Angels, le premier tome, par Jeff Lemire et Jock. Spontanément, je ne serais pas allé lire ça, car je me méfie une fois sur deux du premier et je ne suis pas fan du tout du second.

Au final, c’est pas mal. Très décompressé, même si Lemire a ses moments de bavardage, et comme en plus ça se déroule dans un monde glacé aux décors neigeux, c’est plutôt maigre en arrière-plan (ça change pas, c’est Jock, direz-vous). On suit les aventures d’un papa et de ses deux filles qui patinent dans la tranchée (visiblement, une sorte de fleuve gelé situé entre deux falaises) et ils doivent échapper au « Snowman », un être mutique équipé de lames qui a massacré leur village.

On retrouve les thèmes familiaux du scénariste, mais sur l’ensemble des épisodes, ça reste pas trop encombrant. Beaucoup de mystères parcourent le récit, ce qui donne envie d’en savoir plus mais laisse aussi l’impression qu’on nous vend des énigmes à pas cher.

La série est d’abord sortie en ligne via Comixology, je ne sais pas du tout combien il y a de tomes papier chez Dark Horse.

Jim

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Il y a quelques longs mois, on m’a offert une curiosité : les deux premiers tomes, format poche, de Tales from the Crypt, dans l’édition de Random House de 1991. Ils arborent des couvertures peintes signées Jack Davis, sans doute réalisées pour cette édition.

Il ne s’agit pas de rééditions de bandes dessinées, mais d’adaptation sous forme littéraire de récits tirés du catalogue de l’éditeur EC Comics, et illustrées de cases provenant de planches de Jack Davis. Il s’agit de petits bouquins destinés à des lecteurs d’école primaire.

Mes exemplaires, d’occasion, proviennent du déstockage d’une école primaire. Et en les regardant, je me demande s’ils ont été sortis du fonds sous l’effet d’une censure quelconque, ou bien tout simplement pour la raison qu’ils sont trop vieux, puisqu’ils ont trente-quatre ans passés.

Si j’en crois un rapide survol de quelques pages e-bay, il y a au moins cinq tomes de ces petits bouquins.

Jim

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Tu avais seulement à regarder la quatrième de couv’ d’un de tes exemplaires :

Chouette curiosité, en tout cas.

Tori.

Oui, mais comme le texte n’est pas le même sur les deux bouquins, je n’ai pas pris ça pour argent comptant.

Jim

Opinion partagée.

C est du bon byrne et un début d histoire solide.

Alors, il y a ce soucis qu au terme des trois tomes de delirium, l histoire n est pas finie, byrne ayant du arreter en vo pendant plusieurs années avant de reprendre et finir la série avec des episodes que delirium n a pas publié.

Les tomes de delirium finissent à la fois sur certaines révélations importantes pour comprendre les intrigues, voir leur apporter une certaines conclusions mais aussi sur plusieurs cliffhangers.

C est tres certainement un soucis mais ce n est pas si important du fait qu on a déjà réalisé en court de série que les promesses des debuts ne seraient pas exactement tenues.

C est que byrne souhaite dans cette serie, et on le comprend rapidement, raconter une histoires qui ne fait que latéralement référence aux super héros tout en traitant en faite des sujets plus hards qui n ont pas leur place dans le mainstream classique super héroïque, quoique.

Et si le début de lecture est pleine de cette promesse, on constatera des le tomes deux, que Byrne est bien trop pris dans ces tropes feuilletonnesques, qu il applique avec talent certes mais qui laissent peu de place narrative, pour traiter les sujets plus complexe qu il a introduit.

Alors oui, il y a du sexe, un viol, des grossesses non désirées, de la violence familiale, des pouvoirs ayant des conséquences psychologiques lourdes mais il y a aussi des mechants du mois, un méchant vraiment méchant, du voyage dans le temps et il faut bien que le plot avance.

L equilibre n est pas, à mon sens, vraiment trouvé par Byrne et des lors le realisme ou la dureté des situations ne deviennent qu un élément narratif super héroïque comme un autre.

Si vous avez cru à la promesse, il y aura déception. Si vous partez pour lire une histoire de super heros classique, vous y trouverez votre compte mais vous serez peut-être frustré du manque de fin.

Dans le genre et après lecture de chacun, ma préférence reste à Omac qui joue finalement avec les mêmes thèmes que next men mais trouve un equilibre entre promesses et reussites, que je trouve personnellement, plus satisfaisant.

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Le OMAC de Kirby ?

Oui.

Byrne en a fait une mini de 4 episodes à la même periode ou à peu près que next men.

Ah donc le OMAC de Byrne (je ne savais même pas qu’il a fait ça… on n’a pas eu en VF)