Dernières lectures mangas

Tiens je vais tester ici, un copier-coller de mes comptes rendu de la semaine sur un autre forum. Désolé si fait lourd à lire ici et que certains smilies ne marchent pas :blush: (mais cela étant j’ai testé aussi de mettre ce genre d’avis directement sur la fiche avec vinland saga) et j’ai vu aussi qu’il y avait une section où l’on pouvait parler tome par tome, qu’y a t’il de mieux à faire finalement ? :confused:

Dr Kotô #13 :
Dernier tome paru pour l’instant, on retrouve peu ou prou ce que j’avais déjà dit sur le tome 12 : la série se stabilise (enfin) à un niveau correct, sans que ça soit réellement transcendant (vraies définitions médicales notamment). Mais tout de même, on finit par parvenir à ressentir ce que l’auteur voulait depuis le début nous faire « avaler » sans jamais, pour le moment, réussir à entraîner une empathie qui ne soit pas feinte et aller au delà du discours bien pensant (sinon par pitié pour les efforts qu’ils se donnaient ?), c’est à dire la beauté hors du temps de l’environnement naturel de l’île, son calme reposant, voire nostalgique. En laissant du temps à sa première histoire de se développer, cette fois-ci bizarrement ça marche, et on commence à réellement apprécier cette île, à en voir les possibilités, à se laisser le temps d’en imaginer l’histoire (humaine et « naturaliste »/géologique et biologique) via ses reliefs, le vent et les nuages tout simplement, et tout cela par le truchement des interrogations d’un homme qui fait le point sur sa vie et qui perçoit la vraie valeur des choses (dis comme ça j’ai conscience que cela fait très nunuche et cliché, du « Dr kotô » habituel quoi. Me serais-je fait happer dans les méandres sectaires et bien cachées de la série ? ou tout simplement cette histoire serait le parfait exemple d’un chemin qui m’aurait touché plus directement ?).
Celà étant, on est tout de suite rassuré de voir que l’on lit bien du Dr kotô et qu’un homme en phase terminale d’un cancer finira par guérir miraculeusement sans aucune séquelle à la fin :smiley: (histoire de laisser le Dr kotô devenir plus humble que humble, vu qu’il avait eu l’audace de croire qu’il n’y avait plus rien à faire! oui en effet, comme il le dit lui-même, qui est-il pour croire qu’il n’y avait plus rien à faire ? (même si dans 99.9% des cas, c’est le cas (mais pas le K de Kotô pour ceux qui ne suivraient pas :smiley: ) alors que la force des miracles existe comme chacun le sait :euh: ça au moins ça lui apprendra à ne pas encore être parvenu à atteindre l’état de Saint comme Charles Ingalls dans la petite maison dans la prairie (bonne leçon en vérité :laughing: )
Mais bon, pour cette fois, cette non-mort n’entraîne pas vraiment un soupir d’accablement devant tant de facilité scénaristique, mais plutôt davantage une satisfaction que le personnage puisse continuer sa vie avec sa famille (et de continuer sa contemplation de l’île, entraînant sans doute avec lui le lecteur (moi) bien content de la petite évasion rêveuse que l’histoire a suscité en lui :wink: )
Pour le reste, on sera toujours de plus en plus fâché avec les personnages de fond dessinés par le fameux assistant prolifiquement terne, et aussi tout de même par une dernière histoire légèrement surenchérie par l’apparition d’une fièvre hémorragique sur l’île (ebola).
Quoi qu’il en soit, il faut tout de même noter que la série Dr kotô, toute guimauve - et scénario rocambolesque - de sortie en ordre de bataille, est très (très) loin d’égaler sur ce point une série comme « Angel heart », qui est pour le coup une insulte à l’intelligence d’un lecteur lobotomisé, mais c’est un autre débat.

Un point très novateur à retirer de ce 13e tome, se dégage néanmoins très nettement, et il me faut donc féliciter le fait qu’ENFIN, les différents protagonistes des histoires précédentes (qui n’avaient donc eu qu’un ou deux rôles ponctuels dictés par les besoins d’un scénario quelconque) acquièrent dorénavant une vraie valeur de personnalité (et d’évolution) et que l’auteur arrive maintenant à manipuler une bonne pléiade d’anciens personnages avec cohérence et surtout bcp plus naturellement. Enfin, les personnages semblent avoir trouvé une force de vie propre qui permet de les imposer sur la scène du manga (y avait-il besoin d’« une masse critique » de personnages ou de leurs actions avant de pouvoir obtenir ce résultat ? ) et le qualificatif de « comédie humaine » pourrait commencer à prendre sens si ça continue dans cette voir réjouissante. C’est sans doute le premier tome où autant de personnages déjà utilisés sont réapparus, et franchement, ajouté au reste des évolutions positives du manga (même si subtiles) cela n’augure que du bon pour la suite (et « pour une fois » serait-on même tenté de dire perfidement)

Sumomomo momomo #6 :
Comme annoncé (et craint ?) par la lecture du tome précédent, une grosse moitié de ce tome s’attarde sur de purs combats et principalement celui contre le « boss de fin de ce niveau », Tenga, le nouveau chef de la fratrie Koganei (le tigre). En somme, rien de bien nouvateur dans tout cela que cet affrontement Momoko/Tenga (si ce n’est la corpulence chétive de la fille qui se bat en face du balèze :smiley: ) : vagues d’énergie titanesque à la DBZ (avec combats aériens), chacun terrassé puis se relevant encore plus fort (avec l’introduction du concept d’une force antique invincible), sans compter le visiblement pouvoir caché (double personnalité) du héros, qui se réveille juste assez longtemps pour faire basculer le combat, et l’apparition dans l’ombre de prochains adversaires encore plus puissants. Bref, n’en jetez plus…
Par contre, même si ce n’est pas très original, ça a au moins le mérite d’être bien retranscrit par un graphisme nerveux et lisible (et nul doute que ça plaira aux amateurs du genre, qui ne recherchent rien d’autre de spécial)

Plus intéressant sont les moments quasi intimistes qui précèdent ce combat, où le déchirement du choix de qui va vivre ou mourir (une tristesse désespérée mêlée à du respect « amoureux ») est presque palpable (dans les regards, les gestes hésitants et l’expressivoté générale) sans compter la surprise (finalement prévisible, mais pourtant inattendue, après l’échange entre les deux jeunes héros) du choix que fait Kôshi Inuzuka concernant l’utilisation de l’unique antidote au poison, qui le ronge, lui et Momoko.
De fait, la relation Kôshi/Momoko aura clairement avancé d’un (petit) pas dans ce tome, tout comme d’ailleurs les sentiments de leurs autres amis martialistes, certes amours à sens unique, mais assumés désormais (on s’amusera de voir de quelle façon cela influera (ou pas…) sur l’évolution de leurs caractères respectifs)
Pour le reste du tome, on retrouve l’ambiance bon-enfant habituelle, et des gags qui font mouche, avec une Momoko exagérèment « Moé », fleur bleue à l’extrême et aux tournures de langage d’un autre temps (effet irrésistible garanti!)
Après le terrible combat qui a eu lieu, cette dichotomie de ton semble tout de même artificielle à ce point du récit, mais on espère toujours que l’auteur saura garder par la suite la fraîcheur originelle de ses personnages et leur décalage parodique, même quand elle aborde des passages plus « belliqueux ». Espérons mes frères et prions Thalie, la muse de la comédie : pas trop de combats qui se prennent au sérieux SVP. :jap:

School rumble #8 :
Comment dire…Essayons cela : pour la première moitié du tome, il suffit de se référer à ce que je disais plus haut sur le tome 7, la série excelle quand il s’agit de se concentrer sur ses deux héros complètement à la masse (chacun dans son genre) Harima et Tenma, et on passe d’excellents moments à rire de sains quiproquos (c’est à dire qui ne frustrent pas le lecteur, en tournant sans cesse autour du pot, juste pour ne pas faire avancer l’histoire, ici ce n’est pas le but recherché, on se fout complètement en fait que les deux héros finissent ensemble ou pas) de réactions exagérées et de l’emballement d’espoirs miroités au pinacle qui sont jetés l’instant d’après en enfer.
Le problème survient alors quand l’auteur décide soudainement de partir dans un trip halluciné (en l’occurence, un jeu de type « survival » la nuit en plein lycée entre deux fractions de la classe pour décider quelle activité sera choisie pour la fête du bahut, entre le théâtre et un salon de thé) qui cumule tout ce qui rend parfois ce manga extrêmement lourd à lire. En clair, on a là du délire pour la simple envie de dessiner du délire, une sorte de délire qui finit par se prendre complètement au sérieux en permettant à l’auteur de caser des situations qu’il croit sans doute drôle (des phrases types de films de guerre décalées dans un environnement scolaire) mais à pousser le bouchon jusqu’au vrai n’importe quoi (au niveau du comportement des persos) sans arriver à faire preuve en même temps d’une bonne humeur jubilatoire qui serait de rigueur pour faire passer la pillule, on attend juste que ça se termine avec impatience. Malheureusement, ça dure, ça dure et ça dure encore, au point que ça ne se terminera d’ailleurs pas avant le prochain tome, et on se réjouit même que ce tome ne comporte pas plus de 130 pages (il reste encore une trentaine de pages sur des petites histoires annexes, complètement anecdotique au passage), pour éviter à notre cerveau une saturation délétère, qui aurait pu écourter grandement l’envie prochaine d’acheter la suite de la série :mad2:
Dans ces cas là, c’est un peu du Bobobo-bo-bobobo light, mais ça relève des même ressorts de lourdeur et de rire que l’on veut nous imposer au forceps. Comme si pour faire apprécier un bon gâteau à ses invités, on leur faisait bouffer la farine et les oeufs pour avoir plus vite les félicitations au cuisinier. il faut vraiment être un goinfre (ne pas regarder trop près ce qu’on nous donne à manger) et singulièrement manquer de goût ou boire beaucoup d’eau (dans son vin) pour réussir à terminer le repas, réellement repu.

Ce qui n’arrange pas davantage les affaires, c’est aussi que la situation décrite frise l’incompréhensibilité, et cela pour trois raisons principales. D’une, la propension de l’auteur à ne pas assez distinguer ses personnages, par des dessins de visage trop ressemblants, ou bien en introduisant des gars/filles qu’on ne voit qu’une fois tous les 3 tomes sans arriver à retenir un trait quelconque de leur personnalité, ni simplement leur nom, n’arrange pas à comprendre qui fait quoi, qui est qui et qui se bat pour quoi. De deux, les « tactiques » de guerre présentées sont absconses et quasi impossibles à suivre (à cause notamment du premier point, mais aussi d’une mise en scène tiraillée et mal foutue), les faisant plus passer pour du bavardage stérile qui plombe une ambiance déjà pesante, que pour une fine analyse à saluer des deux mains. Et enfin, comme si tout cela ne suffisait pas, l’éditeur Pika s’en mêle en mélangeant ses traductions et en nous placant par exemple le QG des afficionados du salon de thé, une fois au 2e et une autre fois au 4e. Bref, on ne comprend rien à ce qui se passe, et rien n’est fait pour nous donner envie de comprendre quelque chose.
Il ne reste plus qu’à soupirer de ce beau gâchis et à attendre que ça passe, si possible avec un bon aspirine. (ou alors essayer de conjurer le mal en se calant bien au fond de son canapé, un verre de Coca à la main, et on reprend une situation similaire, mais cette fois parfaitement maîtrisée en regardant certains épisodes de « Fumoffu », pour se rappeler que les bonnes recettes ça existe encore).

Zipang #24 :
Le dernier tome de la série la plus ambitieuse de Kawaguchi (ne parlons pas ici de « Spirit of the sun » dont l’univers en tant que création ex-nihilo se révèle de fait moins riche pour jouer avec toutes les ramifications géopolitiques dont l’auteur est friand), se révèle encore une fois un véritable plaisir de lecture, pratiquement sans restriction du début à la fin. On salue avec un sifflement admiratif la documentation et les connaissances de l’auteur sur la guerre du pacifique, dont la plupart des événements et protagonistes nous sont inconnus (offrant un intérêt historique supplémentaire à ce titre pour nous pauvres béotiens, simplement habitués au versant « hitlérien » de la seconde guerre mondiale, et cela même si ça demande un certain travail de concentration parfois) et on vibre toujours après plus de 20 tomes aux aventures des hommes du futur projeté 60 ans en arrière! Dans ce tome, le suspens est parfaitement mené, et difficile de savoir comment vont s’en sortir les hommes du Mirai, cette fois ci plus isolés que jamais, emprisonnés sur une île déserte et séparés de leur navire (dont l’arrivée à cette époque a déjà tellement conduit à modifier l’histoire…).
De plus, on ne sait toujours pas comment l’énigmatique Kusaka compte utiliser la bombe atomique qu’il a réussi à faire fabriquer, mais qui se révèle incapable d’être utilisée comme il l’entendait au départ. Tout semble néanmoins converger vers une très prochaine grande bataille et une issue particulièrement épique (mais bon, il faut nuancer cette impression quand on sait que la série est en cours au japon, avec 14 tomes d’avance sur la France…)

Il n’y a pas grand chose à jeter dans « Zipang », qui se vit davantage qu’il ne se décrit, et l’heure est loin d’être au bilan, mais il est certain que de purs moments de tension, d’action trépidante (peut être trop rare) et surtout de stratégies en tous genres, rondement menées, seront encore au programme, et franchement ça fait saliver rien que d’y penser.
Si l’on veut tout de même chercher un point négatif dans cette histoire ce serait davantage à trouver du côté du graphisme de l’auteur (par ailleurs très détaillé dans les décors et tous éléments d’époque), dont le style « à machoires carrées » pour les visages pourra gêner certains (sans compter une faible diversité de design), ou même de se sentir oppressé par certains personnages charismatiques un peu trop omniscients, qui semblent avoir tout prévu, le sourire constamment aux lèvres. Mais tout cela ne semble affaire que d’esthètes au final devant l’ampleur et l’ambition du récit entamé! Impressionnant vraiment que cette fresque qui s’est dessinée sous nos yeux :slight_smile:
Une bonne pioche indéniablement, et difficile de trouver ailleurs un autre auteur, ou un autre récit (à part ceux du même auteur justement : lire « Eagle » en parallèle de l’élection d’Obama est édifiant à ce propos :slight_smile: ), qui soient autant portés sur la (géo)politique moderne, et sans que ce soit rébarbatif, bien au contraire. Sans compter, et il faut le signaler, que ce tome 24 comporte une longue interview de Kawaguchi en fin de volume, avec des indications plutôt intéressantes. Pourquoi alors (continuer de :smiley: ) s’en passer ? :wink:

Vinland saga #1 :
Après le magnifique « Planetes » (le manga hein!, pas l’insipide version animée), on peut enfin découvrir en France un nouveau titre de Makoto Yukimura, qui délaisse les prairies futures du ciel pour nous entraîner dans les fjords glacés du XIe sièle en Europe. Sans nul doute une nouvelle réussite de l’auteur, un titre extrêmement prometteur (une superbe licence de plus pour Kurokawa, qui n’a d’ailleurs pas lésiné sur la promotion offerte à cette série) et mon coup de coeur de la semaine.

Nous avons donc ici, mené de main de maître, une véritable épopée Viking, un thème rarement exploité en manga (et j’oserais même dire jamais, n’arrivant pas à retrouver quelque chose de comparable dans mes souvenirs).
Ce qui frappe d’emblée le lecteur qui se plonge dans ce titre, c’est le graphisme : sublimement ciselé, ultra détaillé (que ce soit dans les décors, les vêtements ou les expressions des personnages), nous offrant des héros au charisme rayonnant, du simple fait de la finesse de leurs traits ou d’un regard qui nous transperce et nous emporte vers des sources de pureté - Une quintessence de l’âme de l’homme libre, soumis à une nature grandiose, à la vie, à la mort, un monde où toute une complexité indéfinissable peut jaillir d’une simple case…C’est proprement divin - l’évasion est tapie à chaque coin de page et on rêve presque éveillé.
On reconnaît parfaitement le style de l’auteur de « Planetes », et on le retrouve avec la plus grande des satisfactions, tant il avait déjà atteint une qualité remarquable dans la précision et le rendu de ce qu’il voulait exprimer (c’est ainsi jubilatoire de revoir des personnages semblant nonchalants, aux yeux « éteints », mais qui renferment des talents, un passé ou une ambition inouïs)
Par comparaison, et en restant dans un univers « médiéval », la qualité du graphisme n’a rien à envier à un « Berserk » et c’est vraiment tout dire (même si ce dernier explore les chemins du fantastique, autorisant des excentricités graphiques particulières, où ne peut pas s’aventurer « Vinland saga », plus classique dans son déroulement) Et puis je dois avouer avoir toujours été très sensible à la puissance évocatrice/chamanique qui peut résulter d’un paysage enneigé ou parcouru par un blizzard de cristaux de glace. L’histoire d’hommes qui arrivent à composer avec ces terres difficiles, ce mélange de pureté - la blanc immaculé ou bien la respiration, le souffle visible qu’on ne peut pas ici dissimuler - et de souffances est réellement facinant.

Bien sûr, tout cela est bien beau (c’est le cas de le dire) mais qu’est ce que vaut l’histoire ?
En fait, dans ce premier tome, celle-ci est d’abord introductive et cela de deux manières successives. La première partie nous place tout de suite dans l’ambiance et nous permet d’assister à la prise d’un bastion franc, grâce à l’aide d’une troupe de mercenaires Vikings, dirigée par Askeladd. C’est donc le moyen de découvrir des tactiques de guerre bien particulières et d’admirer surtout les fameux dragons des Vikings, leurs très manoeuvrables « Drakkars ». Notre attention se porte alors sur le héros du récit, le jeune Thorfinn, qui est déjà, malgré son jeune âge, un combattant fougueux et efficace (très charismatique de surcroît) et qui visiblement nourrit une haine pour son chef, qu’il accuse d’avoir tué son père. il finira d’ailleurs par avoir le droit de le combattre en duel (en ayant fait ses preuves dans la bataille précédente), mais il échouera dans sa tentative de le vaincre.
C’est le moment que choisit l’auteur pour remonter 10 ans en arrière et présenter Thorfinn, quand il n’était qu’un petit garçon, vivant dans un foyer Islandais, composé de ses parents et de sa soeur.
L’histoire est donc présentée de manière à capter puis à intriguer le lecteur, puisqu’il ne nous est pas révélé grand chose de ce qui a conduit Thorfinn à passer d’un garçonnet curieux, plein de vie et émerveillé par les histoires au coin du feu, à un fier combattant renfrogné, rageur et vindicatif.

Par contre, on a déjà de quoi être amplement satisfait sur l’univers et l’histoire des ces « gaillards » du nord. On sent le souci de Yukimura de s’être longuement documenté avant de commencer son récit et ça se retrouve dans un certain nombre de moeurs de l’époque qu’il nous présente (les eslaves notamment), dans l’utilisation de termes techniques précis (la langue qui est le norrois, les termes de caste ou les différentes types de navire), en fait toutes choses de la vie de tous les jours qui sont habituellement occultées ailleurs quand on met en scène des Vikings. Et puis, il y a aussi l’apparition astucieuse du personnage historique de Leif Erickson, ici un vieil explorateur Groenlandais, qui passe pour avoir été le premier homme européen à avoir posé le pied en amérique du nord au Xe siècle, une terre qu’il appellera « Vinland » et qui, donnant son titre à ce manga, promet probablement par la suite d’envisager un aspect découverte important. (découverte du monde ou découverte de soi-même ?)
On notera que ce titre, contrairement à « Planetes », est publié dans un magazine de prépublication shônen et que si l’on ne nous épargne pas les scènes de massacre et les têtes qui volent dans la première partie du tome, l’auteur ne s’aventure pas davantage à dessiner d’autres scènes d’orgie et de pillage, comme on aurait pu facilement l’attendre d’un titre seinen un peu racoleur. Cela étant, ça reste anecdotique et le ton général est plutôt mature et réfléchi, tout à la fois épique et intimiste, de la vraie grande lecture de bande dessinée.

Il y a aussi, et il faut vraiment le souligner, une véritable légèreté de ton, même dans les moments de grande tension où la mort côtoie les hommes ou lorsqu’un conflit est sur le point de se déclencher. un humour désuet est donc distillé avec grâce par le mangaka (par des mimiques exagérées ou des réflexions/vannes bien lancées) et le lecteur attentif pourra même retrouver, au hasard d’une case, tout un groupe de personnages un peu hétéroclites, encourageant le duel Askeladd/Thorfinn.
Ces personnages bizarres n’évoqueront sans doute pas grand chose pour les lecteurs les plus jeunes, mais il s’agit bel et bien des héros de la vieille série d’animation (des années 70) germano-japonaise « VIC le Viking »!! (on en reconnaît au moins 6 ou 7, dont le jeune héros Vic bien sûr). Il fallait oser cet hommage iconoclaste :wink:
Pour conclure, à la fin de la lecture, on ne se sera non seulement pas ennuyé une seule seconde, mais on salive surtout de ce qui va maintenant nous être conté et qui s’annonce tragique. Une lecture quasi indispensable et en devenir. A suivre absolument!! :langue:

Nota bene : je salue également, une fois n’est pas coutume, la qualité d’édition sur ce titre, où l’impression est vraiment parfaite, les trames rendues avec subtilité et le papier « riche » semble couler entre les doigts : ça aussi ça joue sur le bonheur de lecture, merci Mr Kurokawa :smiley:

Keroro #11 :
Que dire de ce nouveau tome de Keroro ? La phrase la plus simple pour le résumer serait celle-ci (et on pourrait l’utiliser avec talent pour à peu près tous les autres tomes de la série) : « sitôt lu, sitôt oublié »
Ce n’est pas que la série soit particulièrement mauvaise, mais si l’on excepte les petites référence « otakistes » qui font sourire de temps en temps au fil des pages (oh! rien de méchant, un soupçon d’X-or et un autre d’Evangelion au milieu des courantes de Gundam), les histoires restent tout de même très répétitives, assez gamines (avec en plus un fan service « boobs et culotte » de surface complètement inutile) et les personnages humains sont plutôt très fades et peu attachants.
Heureusement, il y a aussi des personnages « humains » insupportables (remarque, vu le faible nombre de personnages, tout cela apparaît bien faiblard) Heureusement ? oui, car ils n’apparaissent que peu dans ce tome :smiley:, tout comme la disparition progressive de cette aberration lourdingue de perso qu’est Angol mois, introduite en début de série, et qui s’accroche au récit comme un poux tenace à une chevelure récemment shampouinée (elle n’a jamais servi à rien, n’a pas de personnalité, les scénarios qui la mettent en scène sont accablants de bêtise et surtout n’a pas une tête de grenouille :petard2: , donc c’est une vraie tâche dans le décor, qui s’accroche pourtant on ne sait pas pourquoi. Grossière erreur de l’auteur, qu’il laisse peut être en place en tant que mesure expiatoire ? je ne vois que ça)
Bref, la série vaut surtout pour les caractères de ses grenouilles E.T, leurs inventions débiles et l’intervention parfois d’éléments extérieurs de leur planète d’origine. Mais, après 11 tomes, force est de constater que tant qu’à se payer des inventions en tous genre et des mascottes kawaïi, on aurait mieux fait de rester tranquillement avec doraemon en fond d’écran de son PC.

Bon, le ton déjanté et dynamique est souvent agréable, mais franchement, à force de facilités de scénario, j’en reviens à ce que je disais plus haut, aucune histoire ne marque l’esprit, tout devient plat finalement, et puis ce n’est pas un graphisme néoténique sans vrai génie (mais on lui reconnaîtra tout de même sa lisibilité, une certaine vivacité et des tronches (parfois) marrantes) qui va réhausser le tout.
Circulez, il n’y a rien à voir…

P.S : note pour plus tard (©Parker Lewis): penser à arrêter d’acheter cette série (mince j’avais déjà dit ça à la parution du tome 5, cette fois essayons de ne pas oublier avant de rattraper l’édition japonaise :nerf: )

Love & collage #7 :
Après avoir usé les plus improbables domaines des fascinations fétichistes en tous genres (et pour notre plus grand bonheur avec un humour incisif et jamais vulgaire), provoquant très souvent un rire franc dénué de tout sentiment coupable :smiley:, l’auteur fait maintenant évoluer son histoire, enf…
Et non! je ne dirais pas « enfin », étant donné qu’il était jusque là plus qu’imaginatif pour toujours nous surprendre, au point de nous avoir fait oublier complètement les craintes d’un « love hina » like des débuts et d’arriver à grandement apprécier de pouvoir lire une sorte de manga harem, mais en en détournant complètement les poncifs habituels, plutôt d’ailleurs en les exagérant sans complexe, pour atteindre à la fois une sorte de quintessence parodique du genre, mais aussi pour créer un monde totalement inhabituel (par exemple comment arriver à ne pas faire de fan service, en mettant en scène des héros qui ne vivent en quelque sorte que pour le fan service), en soit une grandiose réussite!
Bref, dans ce tome 7, l’histoire ne change pas vraiment de cap, à ceci-près que la relation Hachibe/Sakurako (la fille aux yeux pers) est redéfinie (ou définie une bonne fois pour toutes au choix) comme une relation amoureuse réciproque, ce qui est un bouleversement important du point d’un vue d’un héros, pour qui n’a de valeur dans la vie que la beauté physique idéale (suivant des critères très précis de « maniaque ») et non pas un sentiment difficilement appréciable objectivemet. Les convictions du héros (qu’il n’a jamais manqué de revendiquer fièrement) sont donc remises en question, même s’il trouve très vite un compromis entre son « amour » et ses « trésors corporels ».

Ainsi, la plupart des histoires qui composent ce tome, s’articulent autour des 2 protagonistes principaux (inutile de se cacher en passant, que Sakurako avait dès le début une place privilégiée parmi les filles de la pension, et que son caractère typique, dit « tsundere » (« la fille colérique, mais si sensible au fond ») la prédisposait, aux yeux de nous autres, lecteurs avertis, à la voir se rapprocher de Hachibé : le karma ou la bête réponse aux attentes des lecteurs ?) en gardant un gros pied dans le monde déjanté et sympathique des fétichistes made in Inoue Kazurou - qui ne sont finalement rien d’autre que des « geeks » de parties corporelles, et des gens qui assument ce qu’ils aiment, sans porter atteinte à l"objet" de leur adoration -

  • Ce qu’on y gagne :
  • On retrouve des séquences de pure émotion romantique, dont on était plus coutumier dans la précédente série de l’auteur (« midori days »), et même si c’est loin d’y être très développé, on renoue ici avec les émois adolescents d’une comédie romantique shônen classique, plutôt bien menée et touchante.
  • L’histoire suit maintenant une direction plus précise, moins chaotique, et celà va permettre aussi de creuser le passé de sakurako (visiblement la seule dont on a encore bcp à apprendre et qui a bénéficié d’un background plus fouillé dès le départ), dont on avait eu quelques bribes d’aperçu les tomes précédents, pour probablement verser également dans un registre un peu plus dur par la suite (donc moins superficiel)
  • Ce qu’on y perd :
  • En recoupant une pente plus classique, l’histoire perd quelque peu de son ton iconoclaste, et ses fétichistes complètement barrés, sans remords sur leur passion, ont donc de fait moins d’espace pour s’exprimer pleinement (sans compter bien sûr le fait de se concentrer davantage sur 2 personnes).
  • Des personnages sont maintenant un peu trop mis de côté, et les gags potentiels qui résultent de leur utilisation/mise en scène par l’auteur se flétrissent.
    La preuve, même l’introduction d’un nouveau personnage avec un nouveau « trésor coporel » de maeda (les mains) n’est pas exploité au delà d’un chapitre.
  • L’histoire a peut être maintenant une vision plus nette, mais on y perd dans le délire foisonnant, où l’on peut se permettre plus de choses : à voir si l’auteur va vraiment assécher son récit ou pas.

Quoi qu’il en soit, Love & collage reste une lecture très agréable et hautement recommandée, servie par un graphisme clair, très lisible, et un trait chaleureux, avec une vraie présence expressive, qui emporte tout de suite le regard, et si l’on ajoute de l’humour (toujours) et des personnages plus que sympathiques, que demander de plus en somme :slight_smile: