Merci, c’est très sympa
Ca faisait longtemps que je n’avais pas fait de compte rendu de mes lectures et j’ai voulu redonner un peu de sens à ce que je lisais, mais si je suis « rassuré » de voir que j’arrive encore à exprimer des choses sur ce que je lit, je me rends compte aussi que je me perds dans ces critiques et que je suis « obligé » à chaque fois de sortir un peu trop ce que j’ai sur le coeur, ce qui veut dire trop de temps à passer pour les écrire, mais bon c’est quand même un plaisir, même si sans doute je vais retourner davantage à des lectures sans avis pour ne pas prendre trop de retard de lecture ![]()
Celà étant, puisque tu as apprécié mon long post, je remets ici mes critiques de la semaine précédente (je te rassure posté en deux fois à l’origine cette fois
) et comme ça tout ce que j’ai écrit depuis deux semaines sera disponible ici aussi pour les amateurs éventuels.
[spoiler]School rumble #7 :
avec la sortie prochaine du tome 9, je me suis dit que c’était l’occasion de ne pas laisser un gouffre de retard sur cette série et ce fut une lecture plutôt agréable. J’y allais pourtant avec quelques appréhensions, car les tomes 5 et 6 avaient largement refroidi l’enthousisasme des débuts ; l’humour s’était fait lourdingue, les situations manquaient de rythme et la soudaine apparition de multiples nouveaux personnages secondaires (pour une fête du sport interminable) rendait presque la lecture pénible, sauvé néanmoins par un harima toujours haut en couleur (alors que les autres pâlissaient fortement). En outre, le style spécial de ce manga avec un découpage pas si loin d’un yonkomi (sauf qu’ici au lieu d’un gag en 4 cases, c’est un gag en une page), oblige le lecteur à s’appesantir parfois plus que de nécessaire sur une page, obligé qu’il est de retourner son manga pour lire la phrase d’accroche sur le côté.
Cette fois, c’était plutôt avec un soulagement que je lisais ces accroches, rendues agréables par le simple fait d’aider à resituer les personnages un peu oubliés des tomes précédents (du moins par moi, après un certain temps de ne pas y être revenu), leur situations et interactions. La série renouait de plus avec son potentiel comique, avec des quiproquos dantesques et des situations vraiment hilarantes entre harima et yakumo (et la création de son manga secret en général), sans compter cette gourde de tenma en toile de fond qui parvenait à redévelopper pour le lecteur toute sa capacité de sympathie de par sa pureté/naïveté impayable. Harima reste vraiment le héros de ce titre et ce n’est vraiment pas plus mal de ne se concentrer presque que sur lui, en oubliant bcp des personnages secondaires un peu fades, et qui n’ont de toute façon pas une personnalité inoubliable (là on n’est clairement pas dans la richesse d’un Karekano, pour rester dans le milieu scolaire). Bientôt le tome 8 en vue pour moi, et cette fois sans restriction ![]()
H2 #15 :
Sitôt sorti, sitôt acheté, sitôt lu, et même si je dois dire que mon temps de lecture sur ce tome fut plus important que pour la plupart des précédents, c’est davantage pour me tourner sur le style d’adachi et essayer encore une fois de repérer les endroits où il a pu faire l’économie de quelques planches supplémentaires, de confirmer une impression tenace, où cet auteur serait le seul véritable héritier de Tezuka (ou du moins le seul qui reprendrait de façon aussi nette certaines techniques de narration uniques) : une certaine nonchalance (fort sympathique) à réduire la distance entre les personnages, le récit dont ils sont les héros et le lecteur, et donc à ne jamais se prendre au sérieux. En plus, dans ce tome, on a enfin l’impression qu’il se passe quelque chose d’important, avec un vrai match à enjeux (qui débute seulement dans ce tome) et on se dit ainsi que depuis le début avoir fait 15 tomes (qui sont quasiment passés comme un songe, sans réelle évolution des relations interpersonnages, même si par touches (un peu trop) subtiles) pour en arriver là est un exemple parfait de comment étirer une série en longueur juste pour l’étirer en longueur, et surtout comment se faire plaisir en créant une oeuvre qui ne parle presque que de baseball…pour des gens qui comprennent le baseball. Malheureusement ici, moi qui ne comprends rien à ce sport (et je dois dire que c’est un des rares où je sois très hermétique), je dois dire que suivre n’importe quel match est finalement plus ennuyeux qu’autre chose (et oblige toujours à « pauser » sa lecture et à se demander comment diable ils marquent des points à ce sport ?), l’auteur n’ayant pas un réel talent pour susciter la fébrilité à un lecteur néophyte, cette perte d’intensité nekketsu pour un manga finalement totalement sportif est quelque peu (très) gênant…(ce n’est pas un hikaru no go, où bien que ne comprenant rien au Go, chaque match était passionnant à en suffoquer), mais bon ce titre se rattrape par sa distanciation comico-pince-sans-rire et des personnages très humains, sans compter un graphisme parfaitement lisible, et une atmosphère paisible de par la sureté même de ce que l’auteur veut transmettre. Tout cela ne peut donc pas donner quelque chose de foncièrement mauvais ![]()
Doraemon #9 :
Un tome habituel des aventures de Nobita et de Doraemon (et une de Dorami comme d’habitude également) avec son lot de gadgets et de (bonnes) leçons pour le jeune héros dilettante. La longueur de chaque histoire n’est pas la même, ce qui conduit bien souvent à, soit des histoires complètement anecdotiques et comme écrites à la va-vite, soit à d’autres plus travaillées, mais qui parviennent néanmoins rarement à ne pas sentir le déjà-lu. Pourtant, quelques trouvailles (inventions) sont bien pensées dans leurs implications et l’habitude aidant, la lecture de doraemon se fait plutôt coulante, même s’il ne faudrait pas en abuser tous les jours, sous peine d’overdose (le fait aussi que ça devienne un peu mois moraliste aide d’autant mieux à faire passer la sauce). D’un autre côté, je ne suis pas le meilleur public adapté à ce titre (et non je n’ai plus 10 ans) et mon regard est plutôt intéressé vers la lecture d’une institution du manga, d’un graphisme enfantin à étudier, d’un oeil neuf sur la vie dans les années 60-70 (vêtements, mode de vie), et en quoi il pourrait éventuellement être visionnaire. Et oui de la culture tout simplement : qui l’eut cru ?
Kitaro le repoussant #4 :
Après dorameon, il m’est passé l’envie de lire le style d’un autre auteur emblématique de cette époque bénie (la décennie de ma naissance :euh: ) et j’ai eu très envie de me confronter à du shigeru mizuki, où il tombait bien que je n’avais pas encore lu les 2 derniers tomes de Kitaro, parus chez cornélius. Cette fois, c’était plus nettement plus consistant que du doraemon, les décors sont particulièrement travaillés et le monde des yôkai a des règles et des personnages dont l’on peut difficilement tirer les tenants et aboutissants, bien que la naïveté de certaines histoires pourra rebuter un lecteur un peu plus exigeant. L’aspect « historique » de ce manga culte est là aussi primordial, mais le trait naïf de l’auteur et sa relation avec un monde des dieux si mélangé au notre n’est franchement pas dénué d’intérêt, d’autant qu’habituellement yôkai=gros bouleversements peu acceptés par la population, ce qui n’est, pour une fois, pas le cas ici. Tout semble couler de source, et ce qui doit arriver arrivera, une philosophie de vie sous-tend la lecture et c’est ce qui la rend prometteuse pour les tomes suivants.
(pour l’anecdote, et pour les lecteurs réguliers du manga « Gantz », vous aurez aussi le privilège de retrouver la première apparition du « boss à 100 points » des derniers tomes du manga, dans une iconographie similaire
)
Nodame cantabile #1 :
La grosse sortie de la semaine sans nul doute, et un titre attendu par de nombreux fans. L’avantage pour moi, ne connaissant ni drama, ni série TV, c’était de pouvoir apprécier dès le début une oeuvre qui vaut vraiment le coup (même si j’ai été quelque peu influencé par quelques passages du drama en coup d’oeil sur mon PC
). Ceux qui auraient lu l’excellent « Tensai family company » chez asuka, ne seront en fait pas dépaysés, avec un héros, génie de son état en musicologie (qui rêve de devenir chef d’orchestre), un peu misanthrope, avec une phobie des transports paralysante, et qui s’ouvre à de nouveaux horizons expressionnistes en côtoyant et prenant sous son aile une fille complètement déjantée (et peu regardante de la propreté
) mais qui a un réel don pour le piano (noda megumi). C’est souvent drôle, les relations sont bien construites, tout comme le rendu exigeant de l’apprentissage de la musique classique et des bonheurs que l’on peut en tirer. Le fait même de donner ensuite envie de se plonger dans quelques sonates de beethoven ou de réécouter du mozart, indique bien à quel point ce manga réussit à immerger son lecteur et développe une touche de légéreté constante, en harmonie avec les colères faussement renfrognées de chiaki et les réactions totalement décalées de nodame. Pour parachever le tout, un graphisme facilement typé (typable ?) josei, privilégiant le dynamisme des réactions et l’aération de la page, offrant cette touche « air du temps », facilite l’accès à la vie de personnages, qui sont donc montrés d’autant mieux sans faux-semblants et se posent déjà comme attachants, familiers, sans minauderie et invitent bien évidemment à les suivre dans les prochains tomes!
Love junkies #11 :
3 tomes de retard sur cette série, m’ont incité également à m’y remettre un peu, et comme d’habitude sans déplaisir. Je considère aisément cette série comme la meilleure série « érotique » parue sur le marché (bien loin d’une série racoleuse comme « step up love story » ou bien des u-jin et de ses héros pathétiques ou de ses situation scabreuses, « le journal intime de sakura » faisant exception), avec un héros vraiment sympathique, pas du tout macho (ni éjaculateur précoce, ou seulement avide de son propre plaisir
), bref qui emporte pour une fois l’adhésion et pas le dégoût de se dire un homme. Celà mis à part, ce tome fait figure de transition, avec la fin d’une rupture douloureuse et l’incertitude d’une relation subitement arrêtée par la distance pour le héros. C’est bien construit, très agréable à lire (le graphisme est vraiment plaisant, personnel (même si typé dans une mouvance Kawaïi), expressif, charnel, sensuel mais aussi pouvant faire montre d’une profondeur inattendue dans les moments de détresse) et il y a encore quelques scènes pour se rincer l’oeil, et pas vraiment gratuites pour toutes (ce n’est pas ici que l’on verra un viol, et si tentative il y a comme ici, les coupables peuvent s’en mordre les noix), on aime les personnages qui vivent leurs vies et apparaissent au besoin des histoires. Bref, c’est la vie sans fausse pudeur ni racolage excessif et ça se lit donc avec grand plaisir (et pas seulement un plaisir « coupable », c’est rare pour ce genre de titre
) A noter quand même une histoire plus poussée en fin de volume (s’il n’y avait pas une censure « carré noir » aux endroits stratégiques, ça serait même interdit aux moins de 18 ans) et indépendante, signée du pseudo « hentai » de l’auteur. Dans le genre, c’est efficace…
Charisma #1&2 :
Là aussi, le 4e tome sortant la semaine prochaine, il était temps de commencer à lire cette série intriguante. Disons le tout de suite, cette histoire d’enfant, traumatisé par un drame familial (une mère embriguadée dans une secte, qui l’a conduira à la folie) et qui devient lui-même un gourou sans scrupule 30 ans plus tard, n’est vraiment pas à mettre entre toutes les mains. Ce n’est pas tant à cause de sa violence ou des quelques scènes de sexe explicites qui parsèment les tomes, mais plutôt parce que les techniques de manipulation mentale qui y sont décrites (même implicitement ou bien justement parce qu’elles sont implicites) sont particulièrement dérangeantes et que pour un esprit un tant soit peu dénué d’esprit d’analyse (ou qui ne fait pas l’effort d’analyser la limite des discours du gourou, ou de quelle façon il arrive à ses fins et à transformer la psyché d’une personnne en exploitant diverses faiblesses et autres), il pourrait bien, au choix ne rien comprendre (ou trouver exagéré) les situations de ce manga (ce qui serait un moindre mal) ou bien alors adhérer à des phrasés ou des techniques, ayant l’aspect de la cohérence (et semblant, mais semblant seulement s’inspirer d’une liturgie bouddhiste du renoncement au désir plus ou moins considéré comme base de la doctrine dans un imaginaire collectif superficiel) et sans conduire bien sûr à des comportements inspirés par la suite, cela pourrait tout de même induire un trouble nauséeux pour certains esprits « faibles » qui liraient ce manga sans prendre de distance. (et même si l’on voit à quel point ce gourou est un escroc et se fout de ses fidèles).
En tout cas, ce titre prête à la réflexion et fait partie de cette mouvance « glauque » de seinen, qui s’en prennent aux tares de nos sociétés modernes (et ses corollaires : moutons en pertes de repères, recherche loup qui dévore du plaisir immédiat argent/sexe) et nous en livrent une vision fortement désabusée. Si vous cherchez un titre gai, passez votre chemin, mais si vous recherchez une oeuvre parlant d’un fait de société, mettant de manière très travaillée l’embrigadement et l’isolement (la destruction) social via une secte, ce manga est fait pour vous, c’est terrifiant de crédibilité. Le graphisme est par contre assez passe-partout, sans effet particulier, mais très lisible, même si l’on pourrait regretter quelque peu (en étant jusqu’au boutiste de la noirceur
) qu’il n’accentue pas davantage le glauque des situations présentées (celà étant cette sobriété va de pair avec une crédibilité, déjà contestable, quand on se demande vraiment si l’esprit humain est si influençable que cela…). La psychologie du gourou est un plus ici, et son background particulier permettra (le permet déjà partiellement) sans doute de décrypter cette logique de volonté de domination, même si 4 tomes pour terminer la série seront peut être un peu justes, mais sans doute suffisants pour ne pas aller trop loin dans des abysses de désespoir. Allez, le tome 3 (et 4) d’ici très peu de temps…
Sumomo momomo #5 :
Pour finir, une série plus légère, où même si l’on a perdu quelque peu l’humour parodique des premiers tomes, permet de retrouver des situations qui arrachent sans mal un rire (le combat de la « jument » contre le « tigre ») avec un graphisme qui s’est nettement amélioré depuis le début. Exit les corps aux proportions trop carrés, ou difformes, tout est maintenant très agréable à l’oeil, sans compter une dynamique des combats bien plus lisible, et des expressions plus convaincantes (plus sérieuses aussi, mais c’est l’arc en cours qui le veut pour l’instant). Le ton général est plus adulte, plus tendu, plus en phase avec ce que l’on pourrait attendre de ce titre si l’on ne le considérait que comme un banal « seinen de baston » (ce qu’à bien des égards, il n’est pas encore rendu heureusement). De plus, les sentiments des personnages s’écartent notablement d’une vision à l’eau de rose pour réaliser les barrières qui existent réellement, et qui deviennent des poids réels influençant leurs choix de vie. Le tome 6 (qui sort là aussi très bientôt), s’annonce vraiment porté sur le combat, mais si c’est pour voir une momoko au mieux de sa forme et un kôshi qui se réveille, pourquoi pas finalement, si ça ne s’éternise pas dans cette direction. Une très bonne série, qui ne perd en tout cas pas son peps avec le temps. :+:
One piece #46 & #47 :
Si Le tome 45 était une bouffée d’oxygène, un tome de pure transition, mais un banquet final arrosé de réjouissances, après la tension du précédent et très long arc de Water seven/Ennies lobby (où l’auteur a pu élargir son horizon, en nous faisant saliver par la découverte de plusieurs personnages importants et une multitude de révélations, qui vont d’ailleurs certainement rester en stand-by pour un bon moment), les deux tomes qui le suivent profitent assurément de ce nouveau souffle assumé pour nous offrir certainement l’un des meilleurs passages (si ce n’est le meilleur) de la série depuis le début de sa publication, et après autant de tomes ce n’est pas un mince exploit!
- D’une, l’univers présenté est une splendide (et complètement inattendue, vu le parti pris « piratesque » de la série) mise en scène d’un classique « horror show » avec tous les éléments habituels du genre en profusion (zombies et monstres en tous genre, fantômes, manoir, tableaux hantés, savant fou, architecture gothique etc…) avec en plus le génie (c’est peut être même la première fois que je peux employer ce terme pour cette série) de replacer tous ces éléments hétéroclites dans la cohérence habituel de l’univers de One piece (fruits du démon et pirates) et d’ainsi rendre une dimension proprement captivante à ce qu’on y découvre.
- De deux, c’est surement la première fois qu’autant de « personnages » nouveaux sont introduits dans cette série (et peut être même dans n’importe quelle autre), c’est un véritable feux d’artifice de tronches, de corps, de corps fusionnés, de bestioles en tous genres, qui ont chacune une existence assumée et qui n’ont aucun mal à exister par elles-même. Combiné à l’univers de maison hanté présenté, cette stupéfiante diversité fait saliver et donne des perspectives vertigineuses, au point d’être happé par ce qui nous est montré (en gros, l’auteur ne se fout vraiment pas de notre gueule
) - De trois, pour finir, l’humour n’a jamais été aussi présent que dans cette toute nouvelle partie, et ça n’arrête pas de fuser à chaque coin de page. Comme en plus l’équipage de luffy compte maintenant franky dans ses rangs, c’est encore un moyen supplémentaire de développer les sources de gag (on sent vraiment que l’auteur aime ses personnages, et ça fait vraiment plaisir à lire) et même sans cela, avec les caractères loufoques des (nombreux) nouveaux entrants, c’est d’une telle fraîcheur, d’une si belle inventivité (même si tous les ressorts comiques utilisés ne sont pas nouveaux dans la série) que l’on se marre sans restriction dans ces 2 tomes, et si l’humour a toujours été présent dans la série, là c’est du haut niveau. Après 47 tomes, on se dit vraiment que la série ne sera jamais inusable à ce compte là!
Bref, c’est un arc foisonnant que l’on tient là, à tous points de vue, et comme en plus il n’y a pas bcp de combats pour l’instant, le tout est très lisible (c’est le gros point noir habituel de One piece) et la langue pendante s’il vous plaît
En outre, et suprême délice pour celui qui n’en aurait pas encore assez, l’auteur nous livre les plans du nouveau bateau de luffy et de ses compagnons, le thousand sunny, et celui qui, un jour, a rêvé de faire un voyage dans le Solaris (« des mystérieuses cités d’or ») ou bien tout simplement dans le nautilus du capitaine Nemo, celui là retrouvera les mêmes palpitations quand il découvrira la géniale organisation de ce navire! ça fait vraiment rêver et le goût étourdissant de l’aventure est plus que jamais là. Rahhhhh lovely!!! :langue:
Keiji #11 :
C’est une nouvelle histoire qui débute avec ce tome, et bien entendu une nouvelle page de l’histoire du japon à la fin du 16e siècle. L’intérêt de ce titre repose toujours sur le graphisme serein et très détaillé de tetsuo Hara, sur la découverte de pans d’histoires/batailles méconnues de cette époque (même si à la sauce de l’auteur) et bien sûr à la personnalité du héros. En somme, peu de renouvellement à attendre ici, les ressorts scénaristiques sont plus ou moins les mêmes à chaque histoire (honneur, abnégation, larmes, boutades de Keiji, plan de batailles, personnages gentils forts et fragiles à la fois, méchants sans cervelle ridiculisés…). Même si la violence se fait présente, ça reste péri de bons sentiments, de compréhension innée du coeur de l’homme et de regards azurs pleins de commisération (avec les petites larmes, nimbées d’un rayon de soleil, qui vont bien, si besoin) même si ça n’atteint pas la niaiserie/guimauve d’un « Ken, fist of the blue sky ». Une éloge de la pureté fantasmée en définitive (la pureté du combattant et son égo, à qui tout doit être soumis, même à l’excès et peut importe les morts en face…), qui se loge ici dans le corps de grosses brutes peu avenantes au premier abord. Mais bon, il est indéniable que la clarté (plutôt manichéenne) de ce qui nous est présenté, couplé à un graphisme très agréable, rend toujours la lecture de ce genre de titre assez plaisante et facile, même si ça ne déclenche pas des montées de pur plaisir au final.
Ce qu’il est intéressant de retrouver dans ce tome est plutôt à chercher du côté des nouveaux personnages introduits, qui raviront (peut être) les lecteurs assidus de « Samurai deeper Kyo », qui pourront se confronter ici avec des noms plutôt bien connus (et donc de les resituer dans l’histoire avec un grand A), tels que Yukimura sanada (le héros de cette nouvelle partie), Sarutobi sasuke, ou encore Masamune Date, même si leur nouvelle image aura peut être de quoi les déstabiliser quelque peu (notamment sasuke, qui devient ici un clone de l’héritier du Hokuto ryûkaken du dernier tome paru en france de Sôten non ken
)
En bref, un travail honnête de l’auteur (une alternative très valable à « Hokuto no ken »), peu imaginatif et répétitif certes, mais qui se lit sans déplaisir si l’on ne cherche pas l’exigence absolue (et ça fait du bien de trouver des lectures « détente » au fil des tomes avalés
)
Dr Kotô #12 :
L’amélioration constatée depuis deux tomes sur cette série se confirme encore ici, même si ce titre reste encore, à bien des égards, insuffisant pour prétendre s’approcher du qualificatif de « bon » seinen, mais bon saluons les efforts avec notamment :
*On a enfin droit à des scènes d’opération qui essaient d’alimenter/de créer une certaine tension de lecture, donc fini pour cette fois une opération chirurgicale sensément extrêment dur (sauf pour le docteur kotô) bâclée en 2 pages (« ouais, j’ai réussi, je lui ai enlevé sa tumeur et la moitié de ses viscères, c’est bon il va bien ») mais développée sur presque un chapitre. Ca reste néanmoins basique dans la façon de créer le suspens (et avec toujours les phrases lénifiantes de personnages témoins, abasourdis par la dextérité du médecin de campagne : « c’est un génie, je n’ai jamais vu qqn distribuer autant de pains à la seconde! » ahhh non désolé je me suis trompé c’était plutôt : « c’est un génie, ses mouvements sont si rapides pour une opération qu’il n’a pourtant jamais pratiquée ») et puis de toute façon on sait que dans ce manga personne ne meurt (sauf à l’abri des regards et on n’en parle pas).
*Les meilleures histoires des précédents tomes étaient celles où le docteur Kotô n’apparaissait pas ou n’avait qu’un petit rôle ; on pouvait alors développer la vie et la personnalité d’autres personnages, et ça donnait parfois de petites histoires sympathiques (à défaut d’autre chose). Cette fois, même les histoires où le docteur est le héros tiennent la route, et sont sensiblement débarassées (sensiblement j’ai dit, n’exagérons pas non plus) d’un moralisme facile et d’une éloge de la ruralité comme terre des vraies valeurs (en passant, ça a toujours été le seul point contestataire que se permettait ce manga, pour dénoncer « avec courage et pertinence » (ironie, pour celui du fond qui n’aurait pas compris) combien nos sociétés actuelles sont corrompues : allez sur une petite île et vous trouverez le bonheur (et aussi la capacité d’opérer simultanément en Dolby surrond THX par le simple fait de brandir son glaive magique en criant : par le pouvoir du crâne ancestral, je détiens…(oups je m’égare, je disais donc : ) par le simple fait de se confronter à l’humanité des patients qui comptent sur vous.
*Les scénarios faciles se sont améliorés, maintenant il y a toujours un des deux gosses qui a une grave blessure, mais ça entraîne plus de répercussions sur l’île et il n’y a pas d’opération à la mac gyver à la clé pour le sauver : « je l’ai opéré dans l’oeil du cyclone avec une seule main et une rage de dents » (mais non c’est dans un simple hôpital pour une fois), et il y a toujours un aigri (une aigrie en l’occurence) qui arrive sur l’île, mais au moins cette fois, elle y reste en tant qu’infirmière et ne repart pas en ayant compris la leçon et prête à prêcher la bonne parole, Biennnn.
*Les notes pour nous expliquer la vie se font bien plus discrète (genre :
- Dr Kotô : il a une migraine!
Note : le docteur veut dire par là que ce patient a mal à la tête) mais on retrouve quand même la définition de l’intraveineuse (et oui on sait que c’est une injection dans une veine…) et pour une fois des définitions qui servent à quelque chose avec des termes techniques moins évidents (qui d’habitude ne sont pas expliqués, et allez comprendre pourquoi on considère ce titre comme un seinen pour jeunes garçons…)
Par contre, ce qui ne va vraiment pas en s’améliorant, c’est la propension du mangaka à déléguer presque tous les dessins des personnages en fond de vignette (ou de foule, ou même des personnages au même niveau que les héros) à un assistant, dont le style n’a rien à voir avec celui de Takatoshi Yamada, qui nous livre des têtes au rictus figé, d’un trait trop maladroit (ou plutôt incompatible avec le graphisme délié et expressif de l’auteur) pour ne pas choquer à chaque fois (et ça arrive malheureusement de plus en plus souvent). Ces personnages semblent alors n’être pas dans le même temps que l’histoire (bizarrement l’âme de la sensation de mouvement, que peut susciter le manga en général, ne semble pas leur avoir été insufflée), l’impression est très dérangeante, et donne en sus un cachet de facilité qui ne réhausse pas le niveau général moyen.
Au final je me serais bien moqué de ce tome, mais il faut reconnaître que ça se lit bien finalement (me serais-je familiarisés avec les habitants de l’île ?, sans doute aussi ont-ils donc été suffisamment développés), et que les occasions de se gausser de l’inanité de ce qu’on lit ont réellement presque toutes disparues, même si ce n’est pas une lecture très ambitieuse, voire plutôt gentillette (mais c’est un beau progrès). Si ça reste à ce niveau et que ça continue même à s’améliorer, il sera sans doute véritablement agréable de se plonger dans les histoires de l’île de Koshiki
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