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Le site de l’éditeur : www.lecerclepoints.com
Réédition au format poche du livre de Brett Martin sorti en 2014.
Je l’attendais dans ce format (sans trop y croire d’ailleurs), merci pour l’info compañero !
De nada.
J’ai terminé la première partie il y a quelques jours et au bout de quelques 130 pages, cet essai s’avère tout à fait passionnant et dense, au point qu’il me faudra certainement en relire des passages à l’occasion pour m’imprégner de tous les aspects abordés.
En préambule, Brett Martin prend bien soin de définir le cadre de son essai et d’en poser le contexte, désamorçant de ce fait tout raccourci potentiel. L’auteur a de plus une plume vive et très agréable à lire, qui déroule avec autant de fluidité l’enracinement historique de son sujet, soit comment en est-on arrivé à cette époque bénie que Martins présente en fait comme le troisième âge d’or des séries télévisées, que dans la description des arcanes du milieu de la télévision. Martin glisse avec aisance sur les époques et brosse de beaux portraits de protagonistes de ce milieu comme l’influent producteur Grant Tarkin, le scénariste et producteur David Chase (sacré personnage celui-là) ou l’acteur James Gandolfini, tout en faisant montre d’un goût prononcé pour l’inclusion d’anecdotes passionnantes qui donnent un relief particulier à certains instants clés; la discussion anodine entre David Chase et un producteur dans l’attente d’un ascenseur, qui initiera involontairement tout un processus menant à la création des Sopranos, en est un bel exemple.
Une mention aussi pour le travail de Léa Cohen, qui en plus de proposer cette traduction s’est ingéniée à compléter les quelques notes de l’auteur par d’autres de son cru à chaque fois qu’elle l’estimait nécessaire, notamment pour éclaircir certains mots ou notions abordés par l’auteur qui ne sont pas forcément familiers d’un lectorat non américain.
Merci, intéressant ; un bien chouette commentaire et en plus joliment écrit, ce qui ne gâte rien.
(D’autant plus intéressant que j’avions oublié de commander ce bouquin et que te lire me donne encore plus envie de le lire)
Tu peux y aller franchement, c’est le genre de bouquin à même de t’intéresser, qui passe allègrement des aléas logistiques de tournage d’un épisode des Sopranos au contexte social favorisant la naissance des chaines câblées américaines, et de HBO en particulier, tout en essayant de pointer les évolutions dans la création de la fiction télévisuelle. Martin revient par exemple au début des années 1980 sur la gestation de la série Hill street blues par Michael Kozoll et Steven Bochco, qui préfigure d’une certaine manière le modèle entériné aujourd’hui d’un pool de scénaristes mené par un showrunner.
Le titre de l’essai est en lui-même évocateur après lecture car il s’applique autant aux personnages de fiction dont il est question qu’à leurs créateurs, dont certains s’avèrent pour le moins hauts en couleur.
Ça marche pour moi !
Moi qui suis souvent sceptique face à une majorité d’ouvrage sur les série par des auteurs qui semble découvrir celles-ci dans les années 2000 (ce qui en soi n’est pas grave) mais qui ont rarement les clés et les connaissances quand à un passé pourtant primordial dans la qualité des oeuvres qu’ils aiment, voila quelque chose qui me parle et me pousse à prendre le livre un de ces quatre.
L’émission Bits s’est intéressée au troisième âge d’or des séries télévisées avec au sommaire des entretiens de Brett Martin et Marc Herpoux.