Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler d’une BD sortie officiellement il y a moins de 3 semaines.
Je ne sais pas si je vais faire une bonne comparaison, mais Dessous est pour moi un mélange de Lovecraft (je pense que Bones ne m’en voudra pas de le citer), Steampunk et peut être ce qui fait de Jules Verne ou du Merveilleux Scientifique (mais peut-on encore utiliser cette expression pour des récits d’aujourd’hui ?). Avec évidemment tout le fond réaliste que sont la 1ère Guerre Mondiale et les fractures politiques européennes qui suivirent. Il n’est donc pas étonnant que Serge Lehman (appeau à @n.n.nemo) fasse une préface à ce bouquin, avec un propos qui, à mon sens, n’a jamais été aussi direct sur l’histoire de la science-fiction française.
L’histoire de Dessous va amener le « héros » à naviguer de la Meuse à la Russie, en passant par l’Angleterre, la partie septentrionale de la Mer du Nord, Paris et l’Allemagne, afin de lutter contre un ennemi plus vieux que le monde et qui sait être envahissant sans effort, car aidé entre autres par l’aveuglement et la cupidité de gouvernements et de scientifiques.
Et cela donne au final un récit assez doux-amer, avec une fin qui, à mes yeux, met en avant ces compromis et les gouvernements qui recherchent pouvoirs et influence. Je trouve d’ailleurs qu’il y a un côté Wellsien dans l’approche de la résolution.
En tout cas, c’est une histoire qui rentre complètement dans la sphère de mes goûts, en cochant même plusieurs cases, et notamment au niveau du dessin qui a une approche graphique très mignolesque, avec autre chose, mais je n’arrive pas encore à mettre le doigt dessus … peut être du Kirby, mais vu que Mignola, déjà … bref, vous aurez compris que cette ambiance me convient parfaitement. Et j’aime bien le jeu des couleurs qui changent en fonction des lieux où se trouve l’action.
L’album a droit à 3 histoires courtes dessinées par Galien, Henrion et Beuzelin (tiens tiens), qui apportent un éclairage sur un perso, développe une référence cité dans l’histoire et explique aussi l’état d’un monument français. Un apport assez sympathique.
PS : encore une fois, j’ai sûrement pas tout dit, mais j’ai pas réussi à synthétiser. Mais cet album de près de 300 pages de dessins m’a beaucoup plu.
Edit : ouais, j’ai pas tout dit. A défaut d’homme de la rue, iBones fait parler les grognards. Et je trouve ça vachement bien, en fait. Sur la politique, leurs conditions, etc … ça rend la BD encore plus vivante, et lui donne un fond de réalisme.
