DOSSIER TUEURS EN SÉRIE t.1-5 (collectif)

Discutez de Dossier tueur en série

Série collective lancée en 2007 sous la supervision de Jean-Luc Istin, Dossier Tueurs en série s’intéresse à un assassin mémorable par tome.

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Cinq volumes verront le jour, respectivement titrés Zodiac Killer, Le Vampire de Sacramento, L’Étrangleur de Boston, Ed Gein et Ted Bundy.

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La littérature, même dessinée, sur le sujet ne manque pas, et cette collection couvre différents registres, parvenant, dans le meilleur des cas, à éviter la glamorisation du tueur, qui constitue toujours le danger dans de telles entreprises.

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Une (presque) intégrale verra le jour en 2009, dans un format plus petit, regroupant les quatre premiers tomes, dans un ordre différent de la publication. Elle s’ouvre sur le récit consacré à Ed Gein, qui constitue peut-être le meilleur récit de la collection.

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Détail intéressant de ce recueil, les bandes dessinées sont précédées d’une préface signée Élisabeth Campos (dont les vieux lecteurs de Scarce se souviennent), qui rédige également une introduction à chaque chapitre.

Jim

L’ensemble de la collection m’a souvent donné l’impression d’une certaine complaisance face à la folie et à la violence. Ce qui aurait pu être traité hors-champ est fréquemment représenté de face, la narration adoptant les tics de l’enquête et du suspense, du portrait psychologique, en se concentrant sur le tueur plus que sur son entourage. Il en résulte un certain voyeurisme de l’horreur, que le quatrième tome, consacré à Ed Gein, évite.

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Le scénariste, Dobbs, choisit en effet une posture intéressante : alors que les faits évoqués remontent à 1954, il situe son action en 1968. On suit donc un chroniqueur judiciaire qui accepte différentes piges, jusqu’au moment où il croise un condamné, donc le dossier est à nouveau évalué pour une éventuelle remise de peine. Et il se trouve que, gamin, il a croisé le détenu, un certain Ed Gein, qui a défrayé la chroniques en assassinant avec violence plusieurs femmes. Bizarrement, l’enfant n’a compris que plus tard l’horreur incarnée par cet homme, dont il se souvient encore parce qu’il lui a offert un EC Comic.

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C’est par le prisme de la vision de ce jeune journaliste que le scénario aborde le caractère horrible des événements. Et se basant sur le fait que l’enfant n’a pas assisté aux crimes et n’a qu’une connaissance parcellaire, livresque et de seconde main de l’affaire, les auteurs choisissent de suggérer l’horreur soit en représentant l’avant ou l’après, soit en jouant sur le hors-champ (parfois représenté et résumé par une onomatopée). De même, la couleur permet d’identifier le présent et le passé et de donner un caché spécial à ce dernier, à l’aide d’une ambiance sépia qui matérialise les souvenirs du personnage principal. Qui, de Dobbs ou de Nespolino (déjà vu sur Sherlock Holmes : Crime Alley et sur Sherlock Holmes Society), a fait ces choix de discrétion, je ne sais, mais l’ensemble évite tout grand-guignol.

Non content d’éviter de valoriser les crimes, Dobbs parvient aussi à faire une référence à Norman Bates, sanglant héros du Psychose de Robert Bloch puis de Hitchcock, dont la création s’inspire de plusieurs crimes, y compris et surtout ceux d’Ed Gein.

Jim