DRIVE (Nicolas Winding Refn)

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DATE DE SORTIE FRANÇAISE

5 octobre 2011

REALISATEUR

Nicolas Winding Refn

SCENARISTE

Hossein Amini basé sur Drive de James Sallis

CASTING

Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston, Christina Hendricks, Ron Perlman.

INFOS

Long métrage américain
Genre : Film noir
Année de production : 2011
Durée : 103min[/quote]

Drive est à la fois un film sur un amour impossible et sur la recherche de l’identité, bien entendu, celle du héros qui apparait sans nom, mutique, qui fera tellement l’économie de ses mots qu’on apprendra rien de lui, on devinera juste qu’il a surement un passé à dissimuler et qu’il préfère passer pour une ombre à se cacher des autres, mais ce n’est pas le seule, le personnage de Carey Mulligan cherchera a retrouver son statut de femme, Standart a redevenir un individu normale faire une croix sur son passé de gangster, Benicio, lui est en recherche de référent paternel qu’on le verra trouver momentanément dans le Driver, alors qu’en fait il servira plus de miroir révélant la vrai nature du chauffeur mystérieux et on verra aussi Nino qui se révérait en grand gangster mais qui ne restera qu’une caricature.
Mais la recherche la plus importante est donc celle du héros blondinet qui voudra retrouver son humanité après avoir rencontré Irene, son coté froid et machinal se nourrissant de la chaleur de la jeune femme, le tout sans cesse renforcé par la mise en scène lors de leurs confrontations.
Et le chauffeur a une telle envie de bien faire qu’il tombera dans une pureté qu’on pourrait rapprocher d’une certaine naïveté qui est proche de la tonalité de la première partie du film qui nous décrit une idylle romantique, douce entre deux êtres qui n’arrivent jamais à se rapprocher, la faute à un mari qui devient un intrus et que le nouvel héros va aider, même si cela peut paraitre stupide comme le souligne Shannon.
Et la tout finit par mal tourner, notre personnage revient au fur à mesure dans l’ombre, on découvre sa violence grandissante, jusqu’à la scène de l’ascenseur ou il ne se cachera plus à Irene, il se dévoile totalement, son amour, sa violence, il est pour la première fois lui même, mais il a perdu sa seule chance de salut, comment réagir autrement pour irene en voyant un ange se transformer sous ses yeux en un psychopathe, à partir de la, seul l’animal/machine vit, l’humain est partit, il en restera juste une trace dans la fin douce-amer du film.

Dans les défauts qui reviennent sur le film j’ai compris que certains reprochaient au film d’être froid, d’avoir une seconde partie qui tranchait avec la précédente, alors que ça me semble juste cohérent avec ce que le film propose, le film est lent et “froid” à l’image de son personnage, je place des guillemets, car même si il y a de la retenue, les émotions sont la en début de film, tout l’histoire entre Irene et le Driver passera a travers quelque regards et la mise en scène, c’est peu, mais suffisant selon moi et le film a bien une deuxième partie qui peut choquer par rapport à la première, mais encore une fois, ça me semble cohérent avec la nature schizophrène de son personnage principale qui peut à la fois être capable d’une certaine douceur et d’une violence choquante qui n’hésite pas à taper dans le gore à l’écran, c’est aussi une des choses qui m’a plus dans ce film, ce mélange étrange qui donne un peu un coté hybride au film pour un objet peu commun au final.
Le Scénario serait super simple aussi, c’est vrai que si on s’arrête à l’intrigue de gangster, on a déjà vu ça 100 fois et pourtant malgré cela, j’ai trouvé le film très prenant, ce la faisait un moment que je n’avais pas été autant à fond dans un film, la faute à une tension qui monte en crescendo après que le beau rêve de la première partie soit cassé, car oui, le film est aussi porté par le fait que ça soit avant tout un bel objet, sur un plan visuel tout d’abord, j’ai rarement vu récemment un film aussi maitrisé, dans son montage, choix des plans, mouvements de caméra, direction d’acteurs, mais aussi au niveau sonore, ce n’est pas une surprise d’apprendre que Badalamenti avait était choisi avant d’être remplacé par Cliff Martinez, car j’ai trouvé que ses travaux se rapprochaient de ce qu’on peut entendre chez Lynch et d’ailleurs, je pense que Refn peut aussi se rapprocher de Lynch dans son montage sonore tant celui est travaillé et efficace et bien sur, il y a aussi et surtout cette bande sonore synth-pop dans un revival 80, hypnotique et dans un mélange de froideur/douceur à l’image du personnage et qui a aussi utilité de nous traduire les pensées et état d’esprit des personnages.
C’est bizarre, quand c’est Zack Snyder qui utilise ce procédé, je trouve ça ridicule et quand c’est Refn, je trouve que ça marche nickel. (Peut être parce que ce dernier à la classe).

Bronson m’avait déçu, Le Guerrier Silencieux m’avait pris par surprise en me mettant une claque et Drive récidive, un an après.
Je vais peut être regarder la carrière de Refn très sérieusement à l’avenir.

ha, oui, 6/6.

Actuellement en post-production pour une sortie prévue en début d’année prochaine, Only God forgives suit Julian (Ryan Gosling), un boxeur installé à Bangkok et membre de la pègre, dont le frère vient d’être assassiné. Sa mère vient récupérer le corps et décide, aidée de Julian, de venger la mort de son fils.

Première photo de Ryan Gosling sur le tournage :

Je viens de le voir, et je ne peux pas dire que je sois un fan des films de Nicolas Winding Refn. Mais je n’en ai vu que deux pour l’instant, on verra avec mes prochaines rencontres cinématographiques.

Si j’apprécie bien les partis pris esthétiques, les images fixes, les montages calmes, les couleurs froides, tout ça, je me retrouve quand même face à des films froids pour ma sensibilité. Du coup, je vois surtout des clichés qui ressortent (bon, ici, le scénario n’est pas du réalisateur, ni le prétexte, puisqu’il s’agit d’une adaptation de roman), et un personnage qui ressemblent beaucoup à One-Eye, le protagoniste de Valhalla Rising.
Et les ressemblances ne s’arrêtent pas là : on a un personnage taiseux, froid, calculateur, qui établit une sorte de complicité bancale avec un enfant, et considère d’emblée tous les autres personnages comme des ennemis potentiels. On a des plans silencieux sur le héros solitaire et dur. On a des contre-plongées sur des ciels nuageux, inquiétants et mélancoliques. On a des fulgurances de violence acharnée (qui ne sont pas sans me rappeler les accès de violence des films de Peckinpah : la fusillade dans la chambre d’hôtel m’y a fait penser…).
On a même une scène étonnante, celle de l’homme qui envisage le futur, qui voit ce qui va se passer, comment la confrontation va se terminer, qui a la vision de sa propre mort. On retrouve ça dans Valhalla Rising, également. C’est sans doute l’un des passages les plus étonnants du film.

Alors je sens bien que je suis face à un cinéaste qui a des envies visuelles, des fixettes narratives et esthétiques, bref, un projet, un propos. J’ai un peu du mal, ceci dit, à ne pas m’ennuyer. ses films sont peu bavards, peu dialogués, nous donnent à voir des personnages dont, finalement, on ne sait rien, dont la voix même ne nous évoque rien tant les répliques sont prononcées sur un ton sous-joué assez déconcertant.
Et le succès, tant critique que public, mais surtout critique, de Drive, m’étonne un peu. Je ne me l’explique pas : si les choix esthétiques sont forts, l’histoire est quand même particulièrement convenue, assez plate, et semble arriver quelques trente ans trop tard par rapport à plein de récits de solitaires malchanceux qui sont toujours au mauvais endroit au mauvais moment.
Je reste donc pour le moins perplexe.

Jim

[quote=“Jim Lainé”]J…] l’histoire est quand même particulièrement convenue, assez plate, …]
Jim[/quote]

Une très grosse déception (doublé d’un ennui mortel) après avoir vu avec énormément de plaisir (voir de jubilation) **Bronson **et Vahalla Rising (moins jubilatoire toutefois que Bronson).

Personnellement ce film je l’aurai beaucoup aimé s’il avait été dépourvu de deux ou trois scènes de violences qui m’ont vraiment retourné (je suis une âme sensible oui oui !). J’imagine que c’est une manière de pousser la froideur à l’extrême, en tout cas j’adhère pas.

Pour le reste le rythme et la simplicité du film ne m’ont pas dérangés, Ryan Gosling est assez efficace dans son rôle de héros tacite et il y a aussi de bonnes musiques bien utilisées qui ne sont pas pour rien dans le succès du film.

Enfin bon comme Jim je n’ai pas pigé ce succès critique, ça me paraît complètement disproportionné, mais bon les critiques presse… il faut croire qu’ il faut passer outre même quand elles sont bonnes!

Je suis presque arrivé à la fin de celui là, qui m’ a un peu moins gonflé que Valhalla Rising, mais ces tics de cinoche ce n’est définitivement pas pour moi.

J’ai aimé, mais sans plus.
Mais comme certains ici, la platitude de l’histoire m’a tout de même gêné, mais le style visuel était si fort que je n’ai pas décroché.
Un bon film, loin du chef d’œuvre que l’on nous décrie, et c’est bien dommage car filmer de si belle manière sur un scénario aussi pauvre, c’est vraiment du talent gâché.

Ce n’est pas qu’un succès critique, une large partie du public, il me semble a adoré ce film.
[size=85]Dans mon entourage, c’est plus mitigé il y a ceux qui ont adoooooooré (un peu plus nombreux), et ceux qui ont détesté (tellement ils se sont fait chier), je dois être le seul dans l’entre deux.[/size]

“Drive” est à mon sens un grand film, et ce n’est même pas mon film préféré de Refn (c’est “Valhalla Rising”, monstrueux), dont il faut voir la trilogie “Pusher”. Ceux qui sont allergique à la “froideur” de Refn (c’est un reproche qu’on peut légitimement lui faire) y trouveront, malgré l’extrême aprêté du propos, les petits moments crèves-coeurs qui manquent peut-être par ailleurs à sa filmographie (surtout “Pusher 2”).

Il y a peu de films sortis ces 5 dernières années (au pif) qui soient aussi bien réalisés que Drive. Perso, je suis très friand des rythmes lents et posés (et des films pas très “cut”) et je ne m’ennuie quasiment jamais devant un film, du moment qu’il ne dure pas 7 h 30 (il y en a !).
L’histoire est certes classique voire convenue : ça n’empêche pas Refn de modeler un personnage qui vise à devenir une figure quasi mythologique (la fixette de Refn), un personnage très wellesien (ça c’est ma fixette à moi), qui ne peut s’empêcher de faire le Mal, mais que l’on est dans l’impossibilité de juger (c’est simplement sa nature profonde, cf. la fameuse fable du Scorpion et de la Grenouille)

Très beau film, vraiment, pêtri de plus de références de premier ordre (Kenneth Anger, comme souvent chez Refn, c’est déjà le cas dans “Valhalla Rising”)…

[quote=“Zombie”]

Ce n’est pas qu’un succès critique, une large partie du public, il me semble a adoré ce film.
[size=85]Dans mon entourage, c’est plus mitigé il y a ceux qui ont adoooooooré (un peu plus nombreux), et ceux qui ont détesté (tellement ils se sont fait chier), je dois être le seul dans l’entre deux.[/size][/quote]

Oui mais niveau spectateur, on voit assez facilement que c’est un film qui divise, ça reste cohérent par rapport au film, alors que côté presse il a fait une unanimité assez irrationnelle, c’est pour cette raison que je ne parlais que de ça.

[quote=“Photonik”](…] un personnage (…] qui ne peut s’empêcher de faire le Mal, mais que l’on est dans l’impossibilité de juger (c’est simplement sa nature profonde, cf. la fameuse fable du Scorpion et de la Grenouille)

…][/quote]

Le Mal (avec une majuscule, déjà tout un programme) place déjà cette phrase sur une échelle de valeur, donc de jugement.

En outre associer Mal (toujours avec une majuscule) et nature profonde suppose donc un déterminisme, pas de libre-arbitre puisqu’on ne peut pas le juger.

On n’est pas loin du gène de la pédophilie, non ?

[quote=“Photonik”]…]
L’histoire est certes classique voire convenue : ça n’empêche pas Refn de modeler un personnage qui vise à devenir une figure quasi mythologique (la fixette de Refn), …][/quote]

Une figure quasi mythologique, entendu que le mythe est “un récit symbolique sur les origines”, je ne vois pas de quelle(s) origine(s) on parle ?

Je reviens aussi là-dessus :

J’ai beau m’être ennuyé à mourir je n’ai pas vu dans le personnage du conducteur quelqu’un qui ne peut s’empêcher de faire le Mal, ou alors envers le spectateur que j’étais. Et il s’agit là d’un moindre mal.

[quote=“Zombie”]J’ai aimé, mais sans plus.
[/quote]

pareil

[quote=“artemus dada”]

J’ai beau m’être ennuyé à mourir je n’ai pas vu dans le personnage du conducteur quelqu’un qui ne peut s’empêcher de faire le Mal, [/quote]

pareil

[quote=“Sandoval”]

Ce n’est pas qu’un succès critique, une large partie du public, il me semble a adoré ce film.
[size=85]Dans mon entourage, c’est plus mitigé il y a ceux qui ont adoooooooré (un peu plus nombreux), et ceux qui ont détesté (tellement ils se sont fait chier), je dois être le seul dans l’entre deux.[/size]

Oui mais niveau spectateur, on voit assez facilement que c’est un film qui divise, ça reste cohérent par rapport au film, alors que côté presse il a fait une unanimité assez irrationnelle, c’est pour cette raison que je ne parlais que de ça.[/quote]

Je ne connais quasiment que des gens qui ont aimés ce film pour ma part.
Et ça a été un bon succès par rapport a ce qu’on pouvait en attendre, donc la division des spectateurs, je ne la vois pas non plus. (Après, c’est sur que ce n’est pas un film grand public, le genre du film en lui même doit diviser le public, les non amateurs de petits films indés ou de genre par nature ne devraient pas aller vers ce film)

[quote=“artemus dada”]

[quote=“Photonik”]…]
L’histoire est certes classique voire convenue : ça n’empêche pas Refn de modeler un personnage qui vise à devenir une figure quasi mythologique (la fixette de Refn), …][/quote]

Une figure quasi mythologique, entendu que le mythe est “un récit symbolique sur les origines”, je ne vois pas de quelle(s) origine(s) on parle ?

Je reviens aussi là-dessus :

J’ai beau m’être ennuyé à mourir je n’ai pas vu dans le personnage du conducteur quelqu’un qui ne peut s’empêcher de faire le Mal, ou alors envers le spectateur que j’étais. Et il s’agit là d’un moindre mal.[/quote]

C’est pourtant tout le sujet du film (quand je lis Jim qui dit que c’est convenu, je me demande s’il n’est pas passé à coté aussi), parce que ce n’est pas un film de braquage, ça c’est accessoire dans le film, le sujet, c’est le personnage, dont on ne sait pas grand chose et dont on a pas besoin de savoir, on comprend qu’il a trempé dans des sales trucs vu ses fréquentations et qu’il a du fuir pour se réfugier à Los Angeles et recommencer sa vie.
Et il rencontre la lumière avec le personnage de Carey Mulligan qui lui offre un espoir auquel, il va s’accrocher pour ésperer sortir de l’ombre, seulement voila, tout ne se passe pas comme prévu et sa nature reprend le dessus (la fable du scorpion donc), le personnage est violent, il a beau cacher sa nature, elle peut resurgir et forcément quand la situation l’exige, Refn n’expose pas cette situation, il l’a traduit par la mise en scène, par exemple, Gosling est toujours filmé sur des couleurs froides des fond métalliques, Carey Mulligan des couleurs chaudes la nature pour appuyer l’opposition iconique des deux personnages qui ne peuvent se rejoindre malgré leur attirance, on voit aussi des jeux d’ombre de plus en en plus appuyé sur Gosling au fur et à mesure que sa violence resurgit et le comble étant la scène de l’ascenseur qui appuie un coté irréel à l’amour des deux à travers un baiser hors du temps, qui sera leur dernier, leur dernière seconde ensemble, le perso de Carey Mulligan découvre juste après la bête qui sommeille en lui, il ne fait pas juste que se débarraser du type, il le massacre littéralement, c’est ses pulsions qui resurgissent devant elle qui se rend compte enfin de ce qu’elle avait sous les yeux tout le long.

Le personnage a échoué, il essaye de bien finir ce qu’il a commencé car il a tout de même un bon fond et s’enfuit dans un état de mort vivant pour peut être retenter sa vie ailleurs, le film finit la ou il a commencé, tel une malédiction sans fin pour le héros.

Ouais, enfin bon, même sans s’arrêter au braquage qui tourne mal, c’est quand même l’histoire d’un gars qui refait les mêmes erreurs en essayant de les éviter, et qui se précipite vers son destin en essayant de l’éviter. Le tout dans un univers polardeux à base de bagnole.
Donc je le répète, c’est particulièrement convenu. On dirait du Goodis en version monocorde.
Et la froideur du récit, le caractère monobloc et inexpressif du personnage (voire des personnages) et le mystère artificiel nappé sur son passé ne rendent pas le récit plus original ni plus intéressant pour autant.

Jim

Si tu le résumes comme ça aussi…

99,99% des histoires que tu vois sont convenus alors aussi. (c’est le cas d’ailleurs, on n’invente plus rien de nouveau)

L’important c’est toujours pareil, c’est le traitement.
Et la, moi j’adhère totalement, la mise en scène calculée, les belles images, la musique envoutante et intradiégétique, la forme est ultra importante dans le film, si tu la met de coté, c’est sur qu’il ne reste plus grand chose.
Je comprend que l’on puisse passer à coté, notamment à cause du coté froid qui ressort du film, je vois ça un peu comme son Valhalla Rising (en moins abscons), c’est un trip dans lequel il faut rentrer, une atmosphère qu’il faut capter pour ne pas finir en dehors, ça ne facilite pas l’accès, Refn ne peut que s’en prendre à lui même si il fait une bide, mais j’aime bien ce genre d’approche.

(Et puis j’ai un gros faible aussi pour les réalisateurs qui préfère passer l’histoire par l’image plutôt que par le dialogue).

[quote=“Guy Gardner”]…]
C’est pourtant tout le sujet du film (quand je lis Jim qui dit que c’est convenu, je me demande s’il n’est pas passé à coté aussi), parce que ce n’est pas un film de braquage, ça c’est accessoire dans le film, le sujet, c’est le personnage, dont on ne sait pas grand chose et dont on a pas besoin de savoir, on comprend qu’il a trempé dans des sales trucs vu ses fréquentations et qu’il a du fuir pour se réfugier à Los Angeles et recommencer sa vie.
Et il rencontre la lumière avec le personnage de Carey Mulligan qui lui offre un espoir auquel, il va s’accrocher pour ésperer sortir de l’ombre, seulement voila, tout ne se passe pas comme prévu et sa nature reprend le dessus (la fable du scorpion donc), le personnage est violent, il a beau cacher sa nature, elle peut resurgir et forcément quand la situation l’exige, Refn n’expose pas cette situation, il l’a traduit par la mise en scène, par exemple, Gosling est toujours filmé sur des couleurs froides des fond métalliques, Carey Mulligan des couleurs chaudes la nature pour appuyer l’opposition iconique des deux personnages qui ne peuvent se rejoindre malgré leur attirance, on voit aussi des jeux d’ombre de plus en en plus appuyé sur Gosling au fur et à mesure que sa violence resurgit et le comble étant la scène de l’ascenseur qui appuie un coté irréel à l’amour des deux à travers un baiser hors du temps, qui sera leur dernier, leur dernière seconde ensemble, le perso de Carey Mulligan découvre juste après la bête qui sommeille en lui, il ne fait pas juste que se débarraser du type, il le massacre littéralement, c’est ses pulsions qui resurgissent devant elle qui se rend compte enfin de ce qu’elle avait sous les yeux tout le long.

Le personnage a échoué, il essaye de bien finir ce qu’il a commencé car il a tout de même un bon fond et s’enfuit dans un état de mort vivant pour peut être retenter sa vie ailleurs, le film finit la ou il a commencé, tel une malédiction sans fin pour le héros.

En premier lieu je précise que je ne discute pas l’analyse que tu fais du film, puisque je pense que chacun d’entre nous voit un film différent au travers de sa propre subjectivité. Du reste quand je lis ce que tu écris je ne peux que me désoler de ne pas voir vu le même film que toi.

Non, ce que je discute ce sont les arguments : le Mal avec une majuscule, ce n’est pas anodin (et je n’ai pas vu ce Mal justement). La fable du scorpion: je n’ai rien vu de tel car le scorpion s’en prend à celle qui l’aide. En outre l’animal exprime son instinct au contraire du personnage qui, si je me souviens bien répond à une attaque. Mais ma mémoire peu me faire défaut.

[quote=“Guy”]99,99% des histoires que tu vois sont convenus alors aussi. (c’est le cas d’ailleurs, on n’invente plus rien de nouveau)

L’important c’est toujours pareil, c’est le traitement.

…][/quote]

Absolument d’accord avec ça. Absolument.

Drive est le premier film de Nicolas Winding Refn que j’ai vu (depuis, j’ai également découvert la trilogie Pusher). Refn a ici pris la décision de réaliser une série B de manière “artistique” (comprenez : d’utiliser un scénario de film de genre le plus banal, épuré, … qui soit et de tout miser sur le reste) avec un cachet “années 80”. Ceci implique deux choses : d’une part, cela ne dispense le scénario d’être bien écrit. D’autre part, il faut que la partie “artistique” (réalisation, mise en scène, montage, son, interprétation des comédiens, …) soit particulièrement réussie pour accrocher le spectateur.

Malheureusement, Refn échoue sur les deux points.

La caractérisation du Driver est ratée : en fonction des scènes, il peut être interprété de trois manières antithétiques (candide tombant amoureux et découvrant que la mafia est cruelle, professionnel sachant que la violence est parfois nécessaire pour survivre dans un monde impitoyable ou bien psychopathe tentant de masquer sa vraie nature ?). Je ne pense vraiment pas que ce soit la dernière, mais ça ne peut pas être simultanément les deux autres non plus. Autre exemple symptomatique de la qualité d’écriture du scénario : le personnage de Ron Perlman se retrouve affublé d’une tirade nous expliquant le pourquoi du comment :unamused: .

Quant à la partie artistique, elle n’a rien de très original ou d’époustouflant. Refn recycle sans génie plusieurs films. Ainsi, il reprend l’intrigue de L’Homme des vallées perdues (Shane) : un étranger blond aux yeux bleus, à l’air angélique, arrive dans une ville et se lie d’amitié avec un enfant et ses parents. Puis, on découvre que cet étranger n’est pas si propre que ça. Il tue les bandits qui pourraient s’attaquer à la famille précitée et, finalement, part (grièvement blessé ou mort). De plus, il emprunte le style du Michael Mann des années 80 : par exemple, la scène au supermarché évoque clairement Le Sixième sens (Manhunter). J’ai également lu beaucoup de gens citer Le Solitaire (Thief) à ce niveau. Le problème, c’est qu’il mélange ce style avec des éléments incompatibles, comme les accès de violence des films de mafia scorsesiens ou encore le fantastique à la Halloween.

La réalisation, le montage, … n’ont rien d’exceptionnel (le Driver filmé dans son rétroviseur, les flashbacks/flashforwards lors du dîner, la scène gore au ralenti, … bof). Les acteurs sont loin d’être tous brillants : Ryan Gosling est fade, Ron Perlman, mauvais comme un cochon, Carey Mulligan se contente d’être jolie. Par contre, Albert Brooks et Bryan Cranston son très bons (il faut dire que leurs personnages sont bien plus intéressants que les principaux…). La musique pseudo-80s, elle, restitue efficacement l’ambiance de l’époque.

Une réplique de Drive synthétise bien ma pensée, comme si Refn se rendait compte de la valeur de son film : I used to produce movies. In the 80s. Kind of like action films. Sexy stuff. One critic called them European. I thought they were shit. Sur la même note d’intention et sorti peu de temps auparavant, je vous recommande plutôt The American d’Anton Corbijn.

Il y a plus d’éclairages sur son passé dans le roman. Roman dont l’intrigue est loin de la linéarité du film.Mais c’est un détail.

[quote=“Guy Gardner”]
L’important c’est toujours pareil, c’est le traitement.[/quote]

Justement, le traitement ne me semble pas convaincant du tout, justement à cause de tous ces silences et de tout ces mystères qui ne servent à mon sens à rien, si ce n’est créer un personnage monolythique sans expression.
C’est sans doute ce que je reproche le plus à ces deux films (et qui me dissuade de faire des efforts pour découvrir les autres), c’est ces personnages qui n’existent pas, qui sont pour moi des fonctions, voire des symboles, mais rien d’autre. Pour moi, il n’existent pas. Et dans Drive, c’est frappant, parce que d’autres personnages existent (ceux d’Albert Brooks ou de Ron Perlman). Accessoirement, ce sont des personnages qui disposent de dialogues. Ça les sort du champ du symbolique pour les faire rentrer dans le champ de l’humain, et ça les sépare du héros, mais bon…

Justement, si je trouve l’exercice intéressant, je suis toujours plus intéressé par les auteurs capables de filmer des dialogues, et donc des personnages qui vivent. Même si j’adore l’approche d’un Leone où les silences sont essentiels à la définition des personnages.
C’est pareil en BD : je considère que si l’on parvient à bien faire parler un personnage, on parvient à bien le faire vivre. Exister devant le lecteur. C’est risqué, c’est casse-gueule, trop écrire et trop dialoguer a ses défauts aussi. Mais dans la perspective de raconter une histoire avec des personnages, les dialogues sont importants. Je suis bien conscient que c’est mon approche de scénariste qui parle, mais bon, quand même.

Après, c’est lié à ce que l’auteur cherche à faire, bien évidemment. Et de ce que je découvre de Nicolas Winding Refn en voyant ses films et en lisant les posts ici et là, je comprends bien que ce n’est pas son envie de faire exister un personnage “humain” en le faisant parler. Il crée des figures surhumaines qui sont décalées par rapport aux systèmes sociaux où ils s’agitent. Et donc il ne travaille pas dans le but de les rentre “attachants”, je comprends bien.
Dès lors, moi, ce que je vois, c’est un récit orienté polar, qui aligne plein de clichés dans une intrigue déjà vue, dont les personnages n’ont aucune existence, avec une mise en scène qui me fait penser à du Terrence Malick crapoteux. Autant dire que là, y a vraiment rien pour que ça me parle.

Jim