EL MARIACHI (Robert Rodriguez)

Le pitch :

Pendant qu’un mariachi arrive en ville pour vivre de sa musique, un autre, plus porté sur la mitrailleuse que sur la guitare, s’évade de prison pour faire payer son complice qui l’a trahi.
Celui-ci, mafieux local, va tout faire pour l’éliminer. Cependant, rien ne ressemble plus à un mariachi qu’un autre mariachi…

Mon Avis :

Exemple même du film fauché (tourné avec seulement 7000 dollars), « El Mariachi » n’en est par pour autant irregardable, bien au contraire.
Bon, l’image n’est pas impeccable, le jeu des acteurs (des potes à Robert Rodriguez et des présentateurs locaux qui ont tous tournés gratos) n’est pas toujours convaincant et on ne peut pas dire qu’ils débordent de charisme.

Cependant, cet hommage aux westerns italiens sent bon l’amour du genre et du cinéma d’action en général.

En transposant l’esprit du western dans le Mexique moderne, Robert Rodriguez remplace les colts par des automatiques, le riche propriétaire de ranch en trafiquant de drogue et le cow-boy solitaire en mariachi.
La formule fait ici ses preuves qu’il reprendra et développera dans Desperado (remake américain d’El Mariachi) et sa suite.
Grosses pétoires, humour et musique mariachi font bon ménage et on pardonne allégrement les baisses de rythme et les flottements dans les jeux des différents acteurs.
Une bonne tranche de cinéma direct, brut et sans complexe qui repose la tête, quoi.

Cependant, El Mariachi souffre d’un gros défaut. Si c’est bien lui qui a tout créé, Desperado n’étant qu’un remake (avec quelques modifications : il n’y a plus qu’un mariachi et l’histoire est sensiblement différente), on ne peut s’empêcher de le comparer à cette relecture plus friquée donc plus folle, plus bourrine, avec plus de seconds rôles et surtout avec des acteurs charismatiques à en crever (Antonio Banderas, Salma Hayek, Steve Buscemi,...).

Ce monsieur plus du cinéma occulte donc totalement l’original qui pourra ainsi paraître assez fade comparé à son illustre successeur.
Malgré tout, il reste un film plus qu’acceptable, sympathique et hallucinant pour un budget rachitique.
A montrer dans les écoles de cinéma pour que les étudiants voient ce qu’on peut faire quand on n’a pas de thunes mais qu’on a des idées.